Bérikoïde

4 juin, 2008

Je ne sais pas trop si je vais réussir à vous mettre dans l’ambiance, sur celle-là.
Moi-même, quand j’y repense, j’ai du mal à me remettre dans l’ambiance.

La première année de médecine, c’est un peu un truc de psychopathe.
Un monde à part.
Une petite bulle, entre la réalité-vraie et la folie-douce.
Si on n’arrive pas à rentrer dans la bulle, on n’y arrivera pas.
Et quand on sort de la bulle, on n’est plus exactement le même qu’avant d’y entrer.

Ma mère m’a dit un jour que cette année m’avait changée. Que j’y avais laissé un peu de ma légèreté, un peu de ma folie, un peu de mon enfance.
Qu’elle avait attendu que ça revienne, et que ça n’était jamais revenu.
Qu’elle avait doucement fait le deuil de la fille qu’elle avait eue avant ça.

Il m’a fallu toute une première première année de médecine pour comprendre ce qu’on attendait de moi.
Je n’ai pas bossé. J’ai observé, et j’ai appris comment on voulait que j’apprenne.
J’ai appris à prendre des notes, j’ai appris à souligner en fluo le détail-à-la-mord-moi-le-noeud-de-l’exception-ultime, la formule-idiote-qui-n’a-pas-de-sens-mais-qu’il-faut-savoir-par-coeur, la protéine HBL463 qui se lie par le segment SS-BH1 au fragment C4 de la protéine LA17Z.

Après, il faut du temps pour désapprendre, aussi.
Il faut se souvenir que la première année est passée, et que, à présent, il faut comprendre, il faut avoir une vision globale, il faut retenir la règle et pas l’exception.

Le premier cours de médecine de ma vie, c’était un cours d’anat.
Le premiers cours de médecine de ma vie, c’était un cours d’anat sur le sphénoïde.
Ne me dites pas qu’ils ne l’ont pas fait exprès.
Ça aurait pu être le tibia, ça aurait pu être un cours de généralités, ça aurait pu être un cours de chimie ou d’histo.
Non, ça a été un cours sur le sphénoïde.

En arrivant dans l’amphi, je savais dessiner, mettons, les bonhommes à 20 doigts que je faisais avec application à Maman quand j’étais petite, et les cellules que j’avais appris à dessiner en première S. Un rond avec core un ptit rond dedans.
A la rigueur, un boa fermé, mais à peine.
Et me voilà face au sphénoïde.

Face au sphénoïde, et à ne pas savoir ce qu’était une coupe sagittale, ou un foramen.
Face au sphénoïde, que je devais reproduire sur ma feuille Clairefontaine en tirant la langue.
Face au prof, qui dessinait tranquillement son sphénoïde au tableau tout en parlant (« Le processus bérykohyde part du tiers inférosupérieure de la grandaile, en dedans et au dessous de de la fassorbitaire, au dehors et en arrière de… ») alors que je devais à la fois prendre les notes ET dessiner.

J’ai perdu trois bonnes minutes à comprendre le processus quoi ???
Le processus bérikoïde ? Le processus périgohide ? Déricoïde ? Bérryquoïte ?
Le temps d’amadouer le doublant d’à côté, de glisser un oeil sur sa copie, de lire « Ptérygoïde » et de le recopier, j’avais perdu le fil.
Quoi s’insère en dehors de qui ? Il qui ? Mais de quoi on parle ???

Une fois, plus tard, quand j’étais déjà en deuxième première année, un prof nous a refait un autre cours d’anat. Angéiologie de je sais plus quoi.
Tout en parlant, il a dessiné sagement la trame de fond, les os, les reliefs, la base.
Tout en parlant, il a rajouté à la craie la première couche, la plus profonde, avec ses muscles, ses nerfs et ses vaisseaux.
Tout en parlant, il a rajouté à la craie sur le même dessin la deuxième couche des autres muscles et des autres vaisseaux qui recouvrent le tout.
Tout en parlant, il a rajouté à la craie sur le même dessin la couche superficielle des autres-autres-muscles et des autres-autres-vaisseaux.

Pendant ce temps-là, à chaque nouvelle couche, il faut redessiner la base sur un deuxième puis un troisième dessin, redessiner les bouts de la couche d’en dessous qui se devinent encore, annoter, recommencer. Et prendre les notes de ce qu’il dit.
J’ai attendu le moment où il allait prendre une craie rose et une craie noire, dessiner un énorme carré sur son unique dessin et dire :
« Et ça, c’est la peau et les poils ».

39 Réponses à “Bérikoïde”

  1. Thomas Dit:

    Une craie *noire* ? Je connaissais pas… Ils ont de ces trucs, en Médecine… C’était il y a combien d’années, tout ça ?

  2. mbs Dit:

    je te relis demain en forme mais ca semble « tellement vrai » (Fabrice. La Classe. Fr3)

  3. Quietlaugh Dit:

    “Et ça, c’est la peau et les poils”
    Ah oui!!! Trop fort! :-)
    En temps qu’anciene ingenieur, moi ce que j’ai bien aime, c’est quand le prof de physique est passe du modele de l’atome de Bohr aux bases de physique quantique en 15 s chrono. Quand je me suis retournee apres avoir repondu a une question de quelqu’une derriere moi j’ai cru que je m’etais endormie deux heures… Clairement la comprehension des concept est pas le but recherche par le profs en P1…

  4. Tom Dit:

    Etant un petit P1, cette ambiance je connais par cœur. Les cours viennent de finir, on attend les résultats et on a l’impression de ne plus être le même, une sorte de sentiment de vide (c’est pas vraiment explicable). Bosser 24h/24h 7j/7 pendant 1 an, ça laisse des traces. Surtout que je suis surement repartis pour un autre tour gratuit…
    Par contre, vous n’avez pas eu de bol, parce que nous, on a commencé par des cours plus généralistes comme histo, chimie, biophysique. Et notre premier cours d’anat était un cours plutôt généraliste avec explication des différentes coupes etc etc…
    Bon par contre ça n’enlève pas le fait qu’on apprend bêtement des choses dont on sais pertinemment que la plupart ne nous serviront jamais…
    Ahh sélection, sélection….

  5. Mkdkart Dit:

    Je comprends le désarroi que tu avait du avoir ce jour là! Mon premier cours c’était aussi sur les os du crâne. Mais toi tu avais déjà la chance de savoir dessiner les « bonhommes à 20 doigts ». Moi j’ai jamais su. Heureusement que j’avais une bonne binôme.
    En tout cas, on est bien content quand on a passé ce cap, ça laisse de bons souvenirs… ou pas! :)
    @ Thomas : Oui j’ai déjà vu des craies noires. x)
    Les profs d’anat en général c’est quand même des gros balèzes qui dessinent tout ce qu’il veulent les yeux presque fermés. Moi je suis sûr qu’en leur donnant 20 kg de steak haché, il refont un boeuf.

  6. agc Dit:

    Oh ça oui qu’ils sont balèzes… il nous avait sacrément étonnés aussi, ce prof, en P1… parce que s’il n’avait pas 20 doigts comme tes bonhommes, en tout cas il avait 4 bras, pour dessiner à une vitesse pareille !
    C’est durant ces cours là que tu te dis en toi-même (tout en essayant de suivre tant bien que mal…) que si tu avais un strabisme qui te permettrait d’avoir un oeil sur ta feuille et un autre qui regarde le tableau, tu n’aurais pas loupé le plan intermédiaire pendant que tu dessinais le plan profond !
    Enfin, ce qui m’a marqué aussi, c’est l’autre prof d’anat, le gentil qui allait juste à la vitesse qu’il faut (celle où tu as le temps de tout noter, mais où tu te rends compte à la fin du cours que quand même, 10 planches d’anat et 4 coupes transversales, pour un seul cours, ça fait beaucoup tout de même…), et qui nous a dit, à la fin de son dernier cours : « Eh bien je vous souhaite bon courage pour le concours, et j’espère que vous l’aurez tous ! »
    Ahhh… merci Mr V !

    En tout cas, ses encouragements ont porté ses fruits, puisque me voilà en toute fin de D3.

    Cela fait un moment que je te lisais en silence, chère dresseuse d’ours (finalement, c’est un peu ce que tu fais avec certains de tes patients… ;)), mais cette fois-ci, j’ai eu envie de te répondre. De te dire que depuis quelques temps, l’idée d’être médecin généraliste (projet ô combien dénigré par mes pairs) me trotte dans la tête… et si je n’ai pas perdu tout espoir d’y avoir trouvé les raisons pour lesquelles j’ai un jour décidé d’être docteur, c’est peut-être aussi, un peu, grace à toi… à ton regard ni tout à fait utopique, mais pas encore tout à fait désabusé. A la bienveillance que tu as a parler de certaines choses de la vie.
    Merci à toi,
    Continue de nous raconter celle que j’espère être un jour, à ma manière.

  7. Tryptophan Dit:

    Ah, souvenirs… Une ambiance que je n’ai connu que trop bien, pour l’avoir subi deux ans de suite.
    Bientôt externe, je regrette un peu le temps béni du concours, ou la seule motivation de réussir me faisait ingurgiter des polycopiés entiers (je recrachais les agraffes ensuite). L’après-concours, c’est plat, trop calme, beaucoup trop.
    Personne pour nous filer des coups au derrière ou nous forcer à apprendre les cours, si ce n’est le redondant croquemitaine de septembre.

    Vivement les ECN, que je redevienne intelligent. Ou pas.

  8. maduixa Dit:

    Oh les cours d’anat à couches !! de grands moments ! Nous on avait deux profs d’anat. celui qui suivait quasi à la lettre les bouquins de Chevalier, qui nous faisait la neuro-anat, et les membres, et l’autre, un grand un beau un doué, que s’il avait pas été chirurgien on lui aurait donné le diplôme des beaux-arts !
    Il maniait les craies comme un Dieu, faisait baver les filles, et pleurer tous les étudiants à l’heure du cours où il rajoutait des couches et des couches en parlant à toute vitesse et avec beaucoup de technique !
    Lui, c’en est un qu’on n’aime qu’à partir de la D1, quand les cours d’anat sont finis, et qu’on ne se souvient plus que de son beau sourire à la fois sérieux e mystérieux, son regard sombre et son aura de très bon chir…
    J’avais fini par me faire une raison, sur le tableau tout fonctionne alors que sur le papier, ça donne vraiment du grand n’importe quoi… facile ! suffisait donc d’acheter une ardoise et des craies couleur ! Ben vous me croirez ou pas, mais tout n’est pas dans les craies ! :P

    Mon premier cours à moi, c’était un cours de biologie cellulaire avec un prof trèèèès revêche, pas sympa pour deux sous ! Il faisait ses cours sur diaporama power point, et les dix premières diapos, comme il entamait le bal pour les petits nouveaux P1, portaient sur des généralités de comment bosser (venir en cours parce que la mémoire auditive s’ajoute à la mémoire visuelle, ne pas se contenter d’apprendre, mais comprendre pour l’économie de neurones… … …). La première diapo de vrai cours de P1 que j’ai vue, traitait très rapidement de la maladie de Minkowski-Chauffard ( microsphérocytose congénitale), de ses signes cliniques et de sa physiopathologie, pour nous expliquer les applications et l’utilité d la biologie cellulaire…
    La maladie de Minkowski-Chauffard n’est jamais tombée dans une question d’examen. Certains médecins ne se souviennent pas ce que c’est, parce qu’elle est relativement rare… Je peux vous jurer que tous ceux qui ont fait leur P1 à Caen s’en souviendront toute leur vie ! :P

    >mkdkart : un petit boeuf alors… :P

  9. CafGirl Dit:

    C’est marrant ta réflexion sur le fait que ta première année t’a fait perdre de ton enfance, de ta légèreté et de ta folie.
    j’ai la même sensation et je ne suis pas médecin…
    je dis souvent à mon mari que, les années allant, je suis de moins en moins fofolle… il me répond que ce n’est pas le cas avec lui !
    mais moi je le ressens vraiment !
    je pense que c’est plus lié au fait de grandir d’un coup, de se sentir propulsé dans un monde de « grands »…

    mais t’inquiètes pas, tu as toujours ta petite folie et ta légèreté, crois moi.
    ne grandis pas trop vite !

  10. Hérisson Dit:

    Toujours ravie de te lire!!
    Moi j’ai eu de la chance, ma première P1 j’ai eu le prof d’anatomie le plus merveilleux de l’univers, pour sa dernière année avant la retraite. Il nous racontait la vie des grands anatomistes entre deux croquis, et non seulement on avait le temps de tout noter et dessiner, mais en plus on avait tout retenu à la fin du cours. Je me rappellerai toute ma vie de ce que ce grand monsieur nous a appris… D’ailleurs l’anat a été ma seule note correcte cette première P1 (gnark!)

  11. Tom Rakewell Dit:

    C’est encore pour la remarque naze du néophyte : un bon coup de zoom de l’appareil photo du portable, ça ne le fait pas ?

  12. agc Dit:

    je ne sais pas pour les autres, mais à l’époque, nos téléphones portables n’avaient pas tous un appareil photo, alors de là à avoir un zoom !!! (non non, je ne suis pas siiii vieille…)

  13. docteursachs Dit:

    Chez nous, on commençait par la main. Autant le sphénoïde est compliqué, autant le scaphoïde est désespérément simple, au point de se demander comment on peut le dessiner, une espèce de cylindre avec une bosse sur un côté, faut juste se rappeler laquelle.

    Nous avions aussi un prof de biochimie ambidextre, qui dessinait les molécules au tableau, effaçant une partie d’une main pour écrire de l’autre la molécule suivante, je peux vous dire que le cycle de Krebs, il m’a fait faire des cauchemars un moment…

  14. maduixa Dit:

    euh… dans un amphi où il y a dans les 500 étudiants, souvent plus, à moins d’avoir couché devant la fac pour avoir les premiers rangs (enfin dans ma fac personne ne faisait ça, mais au moins arriver avec 1/2h ou 3/4h d’avance), même un appareil photo numérique, à moins d’être bon, n’avait pas la qualité nécessaire…
    (mais je sais que la technique avance plus vite que moi, je suppose que les P1 actuels utilisent la photo-méthode plus que souvent maintenant ;))

  15. Mkdkart Dit:

    @Tom, les photos quand j’étais en P1, ça se faisait déjà oui.
    Mais d’une il faut être en amphi prof. De 2, il faut quand même avoir les annotations. Et de 3, j’ai entendu dire que les années qui ont suivi, les P1 doublants s’amusaient à effacer le tableau dès le cours fini pour empêcher les primants d’aller prendre des photos.
    Saine ambiance, n’est-ce pas!

  16. Tom Dit:

    ça a pas mal changé maintenant. En tout cas à la fac de médecine d’Angers, on a un système de retransmission des cours sur internet. Il faut pas en abuser, mais c’est quand même bien pratique quand on a pas eu le temps de dessiner un schéma, de prendre les légendes d’un autre, ou qu’on veux réécouter 10min d’un cours un peu trop rapide.
    Sinon, l’appareil photo en amphi est très très utilisé. Quand 400 personnes prennent en photo le schéma/la molécule (et autre joyeuseté du genre, ça donne un effet « Paparazzi » assez étrange…

  17. dJe781 Dit:

    Après avoir lu tout ça attentivement (à titre d’indication, crois moi, on est déjà sacrément dans le bain lorsqu’on a lu le billet « je tombe, je pleure et je retourne bosser » / « j’ai une coupe transbidulageale du pied dans ma douche ») :
    Question de béotien… ça existe vraiment les gens qui ont le concours du premier coup ?

  18. maduixa Dit:

    oooh oui ça existe… Ce sont ces gens qui, malgré ta mention au bac, te font sentir comme une vraie petite m…
    ça existe, malheureusement (ou heureusement pour eux, bien sûr)…
    dans mon année, ils étaient la moitié de primants… le major était un primant d’ailleurs (parait que c’est souvent le cas)…
    M’enfin, qu’on ne me croit pas amère… après quelques années, on n’en a vraiment plus rien à faire qui était primant qui était doublant…

  19. CafGirl Dit:

    mmmmm
    ma cousine était primante (c’est comme ça que l’on dit?)
    je crois 230 ème environ même…
    j’ai un énorme respect pour vous tous de toutes façons…primants ou doublants !!
    quelle persévérance !!

  20. CafGirl Dit:

    ah non pardon, 230ème pour l’internat…
    primante cela dit…

  21. maubousss Dit:

    RAAAAAA excellent
    Le cauchemar des plans dessinés les uns par dessus les autres à la craie, et il cause en meme temps, je croyais qu’il n’y avait que moi que ça avait marqué : 25 ans plus tard je le revois en train de faire disparaitre le plan profond, que j’ai pas fini, sous le plan moyen, tout en dictant d’un ton monocorde « bla bla bla qui passe en arriere et en dehors debla bla bla »

    Le plus drole c’est que j’ai tenu à assister moi meme à tous les cours pour bosser sur mes propres( c’est beaucoup dire) notes et que 1 mois avant l’examen, j’ai oublié mon sac dans le train :-(

  22. P'tit poisson Dit:

    Je suis sortie de mon 1e cours d’anat comme de mon 1e jour de maternelle, du feutre plein les mains…
    Avant que j’y passe, il y avait un merveilleux prof d’histo en 2e, fameux pour ses dessins qu’il faisait des deux mains sur les deux côtés du tableau, en même temps! En les commentant évidement. Comment suivre?!?

  23. O_Lyne Dit:

    C’est pour ça que j’ai refusé de continuer ma prépa véto …
    Première année sympa, où j’ai découvert plein de choses que je ne connaissais pas sur moi … mais pas par rapport au boulot, non ! J’ai découvert tout ces fêtes et ces soirées que je n’avais jamais faites avant … Le côté amusant de la vie, quoi ! Malgré le peu de boulot comparé à ce que la prépa demande, j’étais autorisée à passer. Evidemment, à vue d’oeil il m’aurait bien fallu deux deuxième années pour ne serait-ce que tenter ce concours avec un minimum de chances …
    Qu’importe, je ne me suis pas réinscrite. Je ne voulais pas perdre ce que je venais de découvrir, je ne voulais pas rentrer dans ce moule « prépa » … Je n’en suis pas fâchée aujourd’hui !

    Ah oui, et sinon, pour notre premier cours de deuxième année à la fac (la première ayant été du type « lycée +1″ = physique, chimie, maths, bio classique, juste un peu plus poussées …) –> physiologie. Après les recommandations de base (venir en cours etc) on entame le cours proprement dit :
    « L’hémiplégie laryngée entraîne t’elle une dyspnée ? » … Enjoy ^^’

    (bon, maintenant c’est évident :p mais sur le coup, il a eu beau répèter, l’amphi est resté muet ^^’)

  24. Hérisson Dit:

    Sorry, rien à voir avec ton post, je voulais juste savoir si je peux mettre ton blog en lien sur le mien (en construction pour l’instant). Merci d’avance!

  25. lou Dit:

    avec le recul, je suis plus que contente d’avoir presque échappé à l’anat en P1 (je dis presque, parce qu’ils ont introduit 10h d’anat à ma 2ème P1)… et du coup, je me souviens de ce TD d’anat en P2, où l’assistant nous faisait le cours sur l’oreille : vous me croirez ou pas, il dessinait tellement mal qu’on a mis 10 minutes à comprendre qu’il venait de dessiner l’oreille externe au tableau (ça vous donne un aperçu de ce qu’on a vécu quand il a été chargé des cours sur les os du crane ;)… enfin, je pense que j’aurais aimé m’en souvenir plus il y a 10 jours devant ma copie d’ECN (rire jaune)…

    et à propos de maladies que personne ne connais, notre prof de bio cell (qui tapait sur la tête des étudiants au premier rang avec un long baton, n’utilisait jamais de micro, parlait vite et bas) nous parlait à l’époque de la maladie de gaucher et de celle de tay-sachs, tellement marqué que je m’en souviens 6 ans plus tard ! (c’était le meme prof qui dans son épreuve de QCM mettait EXPRES des coquilles, qui rendaient les propositions fausses… )

  26. Rrr Dit:

    > Thomas : c’était il y a plein d’années ;)

    > Mbs : Fabrice ? La classe ? Lapincompris.

    > Quietlaugh : visiblement, le but, c’est la sélection. De toute façon, en même temps, quelle que soit la compréhensibilité du prof, la sélection est la même. J’ai du mal à comprendre, du coup, pourquoi ils mettent autant de coeur à décourager les étudiants…

    > Tom : non non, l’impression de vide, rassurez-vous, même si ce n’est pas explicable, c’est très compréhensible. J’ai passé 2 mois à pleurer tout ce que je pouvais après la fin des examens, après même avoir su que j’étais prise. Je saaaaaaaais paaaaaaaaaaas pourquoooooooooooi je pleeeeeeeeeeeure, que je disais à ma mère… C’est juste l’effet cocotte-minute…

    > MkdKart : justement, moi, c’est à ça que m’a servi la première année : savoir que pour les cours d’anatomie, il fallait un binôme, et savoir que pour le cours de bioch, il fallait le poly. Je ne sais pas comment ont fait les primants…
    Et les profs d’anat ne sont pas de gros balèzes. Ce sont des types qui ont appris trois dessins par coeur et qui aiment à faire croire qu’ils le sont.

    > Agc : je l’ai eu, ce prof-là, aussi. Il nous a fait le coeur, et c’est la seule fois de ma vie que je suis sortie d’un cours en ayant une idée précise, en 3D, de l’aspect de la chose. Il était adorable, il était bon, il était bienveillant. M. B, vous êtes mon meilleur souvenir de P1. (Hop, hommage)
    Et sinon, que dire de la fin de ton message ?
    Un exponentiel de merci, peut-être. Il me rend irraisonnablement (ça existe si je veux) fière. Et très émue.

    > Tryptophan : mais kessonNenahafoutre de septembre ? Profite ! Sors ! Vas au ciné ! L’internat arrivera bien assez vite. Il y a toute une vie à vivre à côté de tout ça, et on la mérite pendant le répit entre la première année et les dernières.

    > Maduixa : on m’a chuchoté à l’oreille que vous étiez une fille formidable. Je veux bien à l’occasion un petit topo sur la maladie de Minkowski-Chauffard. Et je veux bien que vous continuiez un peu votre blog, j’ai plaisir à vous lire et ça manque de post… ;)

    > Cafgirl : on ira ne-pas-grandir-trop-vite autour d’un verre un de ces soirs, si ça te dit ;)

    > Hérisson : vous avez beaucoup de chance d’avoir connu ça, et encore plus de chance d’avoir connu ça en P1. Tous mes profs d’anats me détestaient. Et je le leur rendais bien. (Sauf M. B)
    Et oui, vous pouvez me linker sur votre blog, avec plaisir (même si je sais que c’est déjà fait). En règle générale, on ne s’embête pas à demander avant de le faire. A moins d’atterrir linkée sur une page de porno-pédophiles, je ne râlerai jamais ;)

    > Tom et les suivants : on en avait un, de gars, dans l’amphi, qui sortait une espèce d’appareil tri-dimensionnel pour prendre les dessins en photo. Il se faisait huer à chaque fois. Probablement un peu de jalousie dans des temps pas encore tout à fait 2.0…
    Je n’ai pas connu l’effet « paparazzi ».

    > DocteurSachs : j’ai haï la main et le pied justement pour leurs fausses simplicités. Une pauvre heure de cours pour les deux réunis, et l’impression de ne connaître aucun des deux… Encore aujourd’hui, j’écris « douleur en regard du carpe », bien incapable de dire de quel os il s’agit…

    > Djeh : oui, ça existe. Je ne sais pas comment ils font.

    > Maubouss : Je suis bizarrement heureuse de savoir que c’était la même chose il y a 25 ans… Et je suis très, très flattée de vous avoir pour lecteur, moi qui vous lis le plus souvent en silence sur une liste de généralistes.

    > P’titpoisson : mieux vaut du feutre plein les mains que des larmes plein les joues ;) Les profs d’anat sont des frimeurs. (sauf M. B)

    > Lou : je me souviens de celui qui a dessiné sa clavicule à l’envers sous la huée des étudiants… (C’était pas M. B)
    Et des QCM avec les doubles négations ( Parmi ces propositions, laquelle n’est pas fausse ? ) où les profs se plantaient eux-mêmes dans leurs corrections, qu’on mettait du coup 3 mois à avoir…

    > Tous : je réponds un bordel incompréhensible à tout le monde en même temps avec des fautes SI JE VEUX.

  27. Une futur carré Dit:

    Tiens c’est marrant de tomber sur ce post un jour aprés mes résultats , je comprend totalement ce qui est écrit sur la P1 depuis cette année j’ai l’impression que quelque chose en moi c’est brisé je sais pas quoi , bref ce que je déplore en P1 c’est « l’abrutissement » apprendre ce que dit le prof même si c’est une connerie , ça me dépasse assez.
    Mon premier cours ça a été la biologie cellullaire avec un prof qui allait tellement vite , un glot de paroles ou on entend microscope , glycosaminolglycanes sans savoir l’écrire , les premiers jours font vraiment peur .

  28. Monsieur J Dit:

    1er cours de P1 : thermodynamique.
    Des équations plein le tableau que j’ai du mal à distinguer. Ceci m’a permis de me rendre compte que j’étais myope et que le prof effaçait des bouts d’équations et ré-écrivait par dessus!!
    Le + beau : un P1 qui pour impressionner une fille lache « l’entropie c’est vachement simple : tiens, si je te dis entropie +12 par exemple, tu vois ? c’est simple! »
    Le regard de stupéfaction de la fille nous fait encore rire mes potes et moi, 10 ans après…
    Le mec doit être charcutier quelque part en France (en tout cas pas « thermodynamicien! »)

  29. Vince Dit:

    Je crois que dans le fond pour ma première année en première année , j’observe aussi… J’observe tout ceux qui pensent simplement qu’en bossant 8 heures par jours il y arriveront alors que la connerie des choses fait que celui qui bossera un peu moins et ne sera pas mort de stress le jour J aura presque plus de chance.
    J’observe aussi le Gachis humain qu’est la P1, tout ces gens qui après t’avoir banané la tronche pendant 35 mn en te parlant de je sais plus quel cours de Bio-cell te coupe quand tu parle pour te dire ,
     » C’est quoi une PL ?  »
     » Bah c’est une ponction lombaire , désolé j’ai abregé , j’ai …  »
     » C’est quoi une ponction lombaire…? »

    Tout les autres aussi , ceux qui m’insuportent , ceux que j’ai réellement envie de frapper de mettre dans un coffre avant de jeter la voiture du haut d’une falaise, ceux pour qui le malade  » C’est dégueux « …
    Du haut de leur petit
     » Moi je veux faire médecine , mais bon , je vais faire ça , parce que sa doit être une spécialité de planqué et puis j’ai pas envie de voir des malades tout les jours. »
     » Moi je veux faire kiné , mais je vais faire kiné sportif. » Ce à quoi je réponds ,  » Ah bon , pourquoi ?  » j’aurais du m’attendre à la réponse  » T’imagine pas que je vais faire kiné ? Toucher des vieux et tout ? Ah et puis je supporte pas les gens qui toussent , c’est sale , putain , mais va cracher autre part quoi !  » …

    Voila le gachis humain qu’est la P1, la moitié de ceux qui feraient de très bon médecins vont rester à la porte.
    Dans 20 ans, le généraliste sera une légende urbaine entre le manque de médecins ( avec les Numerus qui baissent sa va arranger les choses bien entendus messieurs les successifs et incapables ministres de la sant ) et la dévotion qu’il faut pour accepter de faire un métier Psychologiquement plus éprouvant et financièrement moins bien payé, sans oublier qu’il est moins valorisé au sein des médecins et des patients eux mêmes ( Parce que j’ai rarement vu un patient dire

     » Euh , Mr le Chir , moi je veux ça et votre truc sa marche pas sur moi j’en veux pas. »

    Enfin bon de toute façon , c’est pas comme si on était dans une société qui plaçait la santé devant l’économie …

    Alors j’observe,
    Je me dis qu’il faut tenir, s’accrocher , adhérer à ce vomitif esprit de compétition ouverte dans lequel si t’est faible ==> Tu crêve.
    Je me dis que j’ai deux ans HEURESEMENT , et que je prends du retard , que je devrais être entrain de bosser , Qu’après tout si ils veulent pas de moi comme médecin dans 10 ans c’est leur souci pas le mien.
    Mais je reste là et je m’accroche.
    Vincent.

    Merci pour le post ;-))

  30. La P1, la foi Dit:

    … La P2, le foie !!!

    Ah que de souvenirs nostalgiques de ce très cher cours d’aéro-anatomie ! A Toulouse, il y avait une sorte de mythe autour de ce prof et du sphénoide :

    « …qui a la forme… d’un aviron bi-plan », et Olééééé ! 500 avions en papiers partant du coin des doublants, arrosant l’amphi dans un vacarme assourdissant ! Puis chansons, tape sur la table si tu aime Lauwerssss, puis chansons…

    Puis le sphénoîde… Long, costaud !

    Mais un tel bonheur cette P2… Dommage qu’elle soit déja terminée ! (On me siffle dans l’oreillete qu’il me reste encore la D1, alleluya !)

  31. maxene Dit:

    Moi aussi c’était le sphénoïde qui ressemble à un avion biplan! L’os était même figuré sur le bureau par une boite de craie, avec le couvercle pour faire des ailes, et d’autres petits accessoires dont je ne me souviens plus (c’était en 1995…) Le prof était bon (neurochirurgien), j’avais pas si mal compris… En tout cas, pas d’avions en papier des redoublants, ils bossaient comme les autres!

  32. Entrer dans la bulle | Poumpoumpidou ! Dit:

    [...] j’aime particulièrement cet article du blog de [...]

  33. Magoo Dit:

    Ah… Je m’y revois encore… Quelle galère cette P1!!! J’adore cet article!!!

  34. Maboule49 Dit:

    Deux étudiants en première année, le premier de n’importe quoi, le deuxième est en P1.
    Consigne donnée en cours: apprendre par coeur l’annuaire
    Le premier: pourquoi ?
    L’étudiant en P1 : pour quand ?

  35. La grâce du P1 « une catho à l'hosto Dit:

    [...] Par exemple, Jaddo, qui est aux médecins ce que Koztoujours est aux cathos, en parle très bien ici ou là. Et puis, il y a aussi Georges Zafran, Dr Milie, lui qui y consacre carrément tout son [...]

  36. lisouye Dit:

    voilà quelques jours que j’ai découvert ton blog dont je me délecte!!
    mon histoire à moi est que je suis « fille de ». « fille de médecinS », alors quand je te lis, j’ai un peu l’impression d’un repas du dimanche à la maison!
    mon autre histoire est que je suis une amoureuse de ce petit bonhomme que st Ex a rencontré un jour dans le désert…
    je réagis donc à ce post, non pas pour parler de sphenoide (je ne sais pas ce que c’est!), mais pour te dire simplement que si tu sais encore dessiner un boa fermé, alors c’est que tu n’as pas entièrement laissé l’enfant que tu étais en première année de médecine….
    parenthèse refermée, je reprends ma lecture… :-)

  37. Une P2 qui vous doit beaucoup Dit:

    Bonjour Jaddo,

    Je suis étudiante en P2 et cela fait longtemps que je veux vous raconter ceci, mais je ne prenais pas le temps. Et puis c’est pas très intéressant et puis je ne savais pas où vous le raconter. Du coup j’ai choisi cet article parce qu’au moins on reste dans le thème, et tant pis s’il y a des chances que vous ne lisiez plus les commentaires sur un post aussi ancien…

    Lorsque j’étais en terminale, cela faisait déjà plusieurs années que je voulais faire médecine ; a priori la route était toute tracée, et tout le monde était content : mes profs, mes parents, et moi.
    Mais comme on ne se lance pas dans médecine sans se renseigner un minimum avant, eh bien je me suis renseignée, de ci, de là, sur internet principalement. Et là, l’horreur : la P1 c’est encore plus ignoble que ce que je pensais, je ne vais jamais y arriver, ohmondieu mais comment on peut choisir de s’infliger ça et y survivre, mais c’est pas possible je vais faire une dépression me faire interner me suicider rater ma vie. Et même si j’y arrive, plus tard je serai esclave de mes chefs de mes patients de mon boulot, et jamais j’arriverai à gérer la mort la souffrance l’impuissance la pression la hiérarchie hospitalière l’erreur la peur l’épuisement professionnel.

    Bref, c’est la catastrophe : à quelques semaines de la date butoir des inscriptions en études supérieures, la lycéenne modèle que j’étais n’était plus du tout sûre de vouloir faire médecine.

    Et puis en lisant le blog de Boulet, que je suivais depuis longtemps déjà, je découvre l’existence du vôtre. Je l’ai dévoré en quelques jours, avant de m’intéresser à vos liens et de découvrir l’ampleur de la blogosphère médicale. Et les blogueurs médicaux en général, et vous en particulier, m’avez fait découvrir ce qu’était vraiment la médecine. Vous n’avez pas démenti mes peurs, mais y avez ajouté l’intime conviction que la médecine est le plus beau métier du monde, qu’il existe mille manières différentes de l’exercer et que je saurai trouver la mienne, et vous m’avez rappelé que c’était cela et rien d’autre que je voulais faire de ma vie.

    Aussi, si après une P1 bien moins horrible que ce que l’on m’avait fait croire (et qui restera même un plutôt bon souvenir, si si, c’est possible) je suis passée en P2 et suis désormais plus déterminée que jamais à devenir médecin, et même médecin généraliste, c’est en partie grâce à vous.
    Pour cela, merci du fond du cœur, Jaddo.

    Signé : une P2 qui vous doit beaucoup.

  38. Etudiant en médecine Dit:

    Je profite de ton message pour signaler que sans doute la P1 s’est arrangée depuis le temps (dû à la réforme des programmes de 2010 ? Aucune idée car je ne suis pas renseigné sur le sujet).
    Moi aussi j’ai des bons souvenirs P1, je trouvais les cours globalement intéressants (par rapport à l’idée qu’on m’en avait donné…). J’ai été agréablement surpris de ne pas avoir de grosses matières de brutes avec des tonnes de détails inutiles et irretenables !
    Et on même commencé l’anatomie par 3 cours de présentation sur ce qu’est l’anatomie, les différentes manières d’observer le corps humain et la morphologie générale…

  39. Jaddo Dit:

    @UneP2… Bonjour Une P2,
    Je pense que de toutes les choses au monde qu’on pourrait m’écrire, bien peu me ferait plus plaisir que celle-là.

    You made my day.
    Pour cela, merci du fond du cœur vous-même.

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