Le rhume à toto

9 novembre, 2007

Le stage qui a failli me faire arrêter la médecine, et retourner à mes anciennes ambitions de dresseuse d’ours.
Extraits de mails envoyés à l’époque à mes proches, je n’ai pas le courage de raconter à nouveau…
C’est long et passablement déprimant, faites-le vous en plusieurs fois… ;)

La rhumato, c’est super facile :)

- Quand une petite dame de 82ans dit « Ce matin, j’ai eu un peu mal à la poitrine« , on arrête là l’interrogatoire (qui n’a que trop duré), et on demande une tropo, un ECG et un avis Cardio.

- Quand quelqu’un a mal à x, y, n et z, on demande des radios et/ou un scanner de x, y, n et z. Sans oublier le profil, le 3/4 et les autres incidences qui existent. Ce qui permet d’affirmer sans hésitation que l’arthrose de Mme Gémaltoutpartout n’a pas tellement-tellement évolué depuis son dernier bilan en ville il y a 15 jours.

- Quand une IRM d’un patient s’annule, il faut paniquer très très vite. Parce qu’on a 4 créneaux IRM par semaine et qu’il FAUT les utiliser. Alors, on cherche parmi nos patients hospitalisés s’il n’y en a pas un qui traîne et qui n’aurait pas encore eu d’IRM. Tiens, Monsieur Machin a mal à la main, ça tombe rudement bien.

- Le self est très très bon. On choisit ce qu’on veut et même qu’il y a des frites tous les jours. Sauf le mardi. Parce que le mardi, on déjeune en salle de conférence avec le laboratoire du mardi, et ça, c’est chouette, parce que ça fait économiser un ticket repas. Un jour, je voulais des frites, et j’ai demandé à ne pas assister au topo du labo. Interdiction formelle de ma chef de service.

- L’autre jour, j’ai reçu Mme R. pour une lombocruralgie déficitaire.
65 ans, vive, dynamique, souriante, en pleine forme, un bonheur de patiente.
Au scanner (oui, parce que bon, quand même, des fois, on en demande des qui servent à quelque chose) des métas osseuses absolument partout. A la visite du lendemain, (la grande visite du jeudi avec la grande chef de service), j’explique à la grande chef de service que Mme R. a eu son scann la veille au soir et qu’elle n’est encore au courant de rien.
Et je m’entends expliquer qu’ il ne faut rien lui dire avant les résultats anapath écrits d’une biopsie osseuse qui sera faite un jour prochain, soit quelque chose comme dans 2 semaines au mieux. Mais qu’en attendant, il faut lui faire un scanner thoracique et une mammographie. Et ah oui, prendre un rendez-vous avec l’oncologue du service.
J’essaie d’expliquer mon enthousiasme modéré à l’idée de dire à cette femme qu’on va lui faire une mammo pour une douleur de la jambe, elle me répond qu’il n’y a qu’à dire « On doit faire plus d’examens » et que voilà. Elle m’interdit au passage de dire quoi que ce soit moi-même à la patiente.

- Le chef de clinique se dévoue : « J’irai lui annoncer la mauvaise nouvelle cet après-midi ».
L’après-midi même, il sort de la chambre de Mme R et me raconte : « Bon, ça y est, je lui ai dit. Je lui ai dit qu’elle avait une inflammation sur le rachis et qu’il fallait faire d’autres examens. Elle n’a pas tiqué »
Elle n’a pas tiqué ??? Vraiment ?? Ah, tiens donc…
J’ai dû appeler le médecin qui nous l’avait adressée pour qu’il passe lui parler.
Le matin de son IRM, elle s’est fracturé le col sur une méta, et elle a été transférée en chirurgie.Tout le monde n’a parlé que de cette triste histoire pendant une semaine.(Par triste histoire, j’entends le fait qu’elle ait été transférée et que par conséquent tout le bénéfice de son séjour chez nous soit gagné par l’orthopédie.)

- Hier, la grande chef de service m’a fait infiltrer une colique hépatique.
Typique, magnifique, tous les signes des livres, et l’écho qui confirme les calculs.
De signes de sciatique, aucun. Mais vraiment aucun.
Je ne suis pas plus maligne que tout le monde, c’est juste que cliniquement, le doute n’était pas possible. J’ai piqué, j’ai sorti l’aiguille, j’ai vidé l’aiguille dans la poubelle, et j’ai écrit dans le dossier « Ce jour, épidurale L5-S1″.

- L’autre a remis ça avec son histoire d’inflammation… A un homme qu’on traîne d’examens en examens depuis plus de trois semaines, qui nous disait clairement qu’il n’en pouvait plus d’attendre ce fichu diagnostic, qui nous disait qu’il « voulait savoir la vérité même si c’était un cancer« , dont la femme est morte d’un cancer du poumon il y a trois ans, qui a eu une fibro avec biopsie dont il savait qu’on attendait le résultat anapath et qui va être transféré en cancéro…
Bin il a réussi à se pointer dans sa chambre et a lui dire qu’on avait les résultats anapath et que c’était une inflammation du poumon.

- L’infirmière vient nous voir parce que la dame du 16 a mal au ventre. Interrogatoire ? Examen ? Que nenni, qu’existe-t-il qui ne se résolve pas avec un bon ASP ??
(Un ASP, c’est un « Abdomen Sans Préparation » : une radio du ventre. Qui, contrairement à ce que croient certains patients, ne permet pas du tout de « voir ce qui se passe », mais qui peut aider à confirmer ou infirmer, mettons, 2 ou 3 diagnostics, parmi tous ceux qui peuvent donner « mal au ventre »)
L’ASP, oh, surprise, est normal.
Le lendemain, quand l’infirmière est venu nous voir pour nous dire que la dame du 16 avait TOUJOURS mal au ventre (oui, c’est étonnant, les ASP ne soulagent pas la douleur…) savez-vous ce qu’il a fait….??
Oui, vous ne rêvez pas, un autre ASP.

- La chef de service et la chef de clinique sont folles toutes les deux, et se haïssent cordialement.
Enfin, je dis « cordialement » pour le style. C’est à peu près tout ce qu’on peut imaginer d’anti-cordial.
Pas un jour ne se passe sans hurlements ou rendez-vous chez le directeur de l’hôpital.
Elles ne font plus le tour ensemble.
Elles prescrivent systématiquement l’inverse de ce que l’autre a prescrit, avant même de voir le patient.
Au bout de l’ordonnancier, moi.
Elles me préviennent chacune que, si je prescris l’examen que l’autre a demandé, et si ça tourne mal, je serai seule au monde face aux juges et qu’il n’y aura personne pour me défendre.

13 Réponses à “Le rhume à toto”

  1. Anonymous Dit:

    Bonjour,
    Ces morceaux de vie à l’hôpital sont des récits extraordinaires tant ils décrivent avec beaucoup de justesse ce qui s’y passe et peut-être surtout ce qui ne s’y passe pas.
    Bravo pour tous ces textes et merci de tant de dynamique humanité.

  2. lnbaudry Dit:

    le problème du transport c’est que la sortie après juste un passage aux urgences n’est pas remboursée sauf si on jure sur la tête (du patient de préférence:-))que celui ci ne peut voyager que allongé, ou que ce transport est en rapport avec 1 ALD… enfin, je crois.
    et tout cas, ce blog est formidable, je voudrais vous connaître, on dirait le petit Nicolas de Goscinny qui aurait grandi…(ou mille fois mieux) fantastique. Merci pour les fou-rires

  3. Rrr Dit:

    A Anonyme : Un grand merci. Je ne sais pas ce qui se passe aujourd’hui, mais je croule sous les compliments.
    Et oh ! Surprise, c’est très agréable ;-)

    A Hélène : Moi je vous connais un peu, je lis silencieusement MGliste depuis quelques mois… ;-)
    Et il me semblait que les entrées et sorties d’hospitalisation étaient prises en charge, mais ce n’est peut-être pas le cas effectivement pour les urgences… Le problème reste entier : il n’existe pas de façon adaptée de faire rentrer les gens chez eux…
    En tous cas, merci beaucoup pour vos encouragements, encore…

  4. Docteur B.R. Dit:

    Bonjour l’ambiance à l’hôpital !
    Lorsque j’avais lu le bouquin de Martin Winckler « Les 3 médecins » je m’étais fait cette réflexion : « cette ambiance c’était dans les années 70 mais ça a bien changé ! » Eh bien, à te lire, je constate qu’il n’en est rien ! Dire que j’ai failli devenir PH en CHU ! Ouf, j’ai échappé à ce panier de crabes !
    Mon parcours n’a pas commencé par l’envie d’être dresseur d’ours, mais il s’est terminé de la même manière que le tien est en train de le faire : généraliste ! Quel bonheur !

  5. Rrr Dit:

    J’ai déjà eu des retours du même genre : la consternation de voir que non, rien n’a changé.
    Qui sait, nous y arriverons peut-être un jour ?
    Mais je dois bien dire que, une fois n’est pas coutume, je suis assez pessimiste sur le sujet. Je me dis qu’il faut continuer la lutte, à grands coups de minuscules actions, qui feront peut-être, peut-être, un jour le nombre.

  6. Okita Dit:

    C’est marrant moi aussi j’ai fait un stage en rhumato qui a failli me faire rebrousser chemin…J’ai l’impression qu’on a vécu la même vie!
    Merci de me faire rire en tout cas!

  7. cardiologue de brousse Dit:

    j’avais pas encore lu ce post sur les paniers de crabes.ça me rappelle un anecdote:
    en début d’installation,vers la 3 ou 4 éme année, j’ai vu arriver un charter de patients assez semblables:
    - »bonjour Docteur je viens vous voir parce que le cardiologue de l’hôpital qui me suivait tous les trois mois est parti et qu’il voulait me voir TRES reguliérement »
    -Ha bon! et pourquoi vous suivait-il tous les trois mois cet homme là ?
    -pasque j’ai, (au choix ):-une fuite prolapsée de la valve principale ( Ha bon…)- une maladie de Vouvray ( ha oui effectivement… )- une grave tension paroxystique ( Oh la la )
    Bon ! après examen je ne trouvais que des prolapsus mitraux mineurs quant ils n’étaient pas illusoires, des crises de Bouveret bénignes qu’on avait jamais expliqué au patient et des HTA labiles sans retentissement aucun.
    le plus dur a été de faire admettre à ces patients le caractère bénin de leur  »pathologie » et le non intérêt d’un suivi aussi rapproché; en fait je suis passé à leurs yeux pour le méchant Docteur qui ne prends pas au sérieux ses patients, contrairement au regretté  »Docteur de l’Hôpital » qui lui les avait si bien soigné.j’ai eu le fin mot par mes confrères hospitaliers:
    estimant ne pas avoir de patients en nombre suffisants pour ces consultations par rapport à ces autres collégues hospitaliers, ce médecin faisait revenir tous les 3 ou 6 mois les patients dès lors qu’un  »problème » avait été identifié, gonflant ainsi sa consultation et se donnant sans doute de l’importance à ses yeux et , malheureusement aussi, à ceux de ses patients.
    j’ai su aussi que mes collègues hospitaliers avaient béni le jour de son départ…
    pas facile cependant de rattraper le coup par la suite auprès des patients

  8. Med'celine Dit:

    Rhumato, connais pas. Par contre, j’ai eu un choc en gastro lors d’une visite en grande pompe, chef de service, chef de clinique, interne, panoplie colorée d’externes et étudiants IDE et autres. On arrive dans la chambre d’un patient. Le chef de service demande à un externe (faut bien qu’ils se forment, hein?) de lui faire un TR, là, à cru, devant tout le staff. Une lueur d’incrédulité lui est fugacement passée dans le regard, il a hésité, mais l’autre a tenu bon et il a dû s’exécuter… J’ai détesté ce stage, et l’amour de la médecine m’est venu une fois l’hosto loin derrière moi…

  9. Lya Dit:

    Cette histoire me rappelle ce qui m’a fait fuir de France lors de mes études d’infirmières.
    A l’époque petite jouvencelle d’à peine 19 ans, je débute mes études d’infirmière dans un IFSI public, je vous passe les premiers stages, je vous raconterai peut-être une autre fois si je trouve un message s’y prêtant, mais revenons au stage en neurologie.
    La neurologie, ce n’est pas pour les élèves de 1e année, c’est trop difficile, en 1e année on est à peine sensée apprendre à faire le travail des aides soignants et de toute façon, les infirmiers ont autre chose à faire que de s’occuper de 1e année qui leur sont inutiles.
    J’arrive donc dans ce service, toute intimidée et je fais la connaissance de l’équipe, sans surprise, les infirmiers ne veulent pas s’occuper de moi et on me confie donc aux aides soignants.
    Seul hic, eux non plus ne veulent pas s’occuper de moi, il y a une telle guerre (voire même haine) entre aides soignants et infirmiers dans ce service que lorsque le groupe IDE rentre dans une pièce, le groupe AS en part aussitôt pour respirer un air meilleur.
    Se passe une semaine comme ça où les AS m’envoient paitre dans une autre chambre et m’évitent toute la journée et puis je me dis que ce n’est tout de même pas normal, que j’ai une évaluation sur ce stage, que j’aimerais quand même qu’on me confie mon patient afin que je puisse commencer mon dossier de 15 pages inutiles et que, quand même, j’aimerais bien parler à des gens et qu’on me réponde (des fois).
    Je décide d’aller parler à ma référente de stage de mon soucis afin qu’elle intervienne comme c’est son devoir (avant qu’on ne demande un changement de stage), devant mes propos, elle s’insurge et va voir celle qui (je l’apprends au passage) est sa meilleure amie : La Responsable d’Unité.
    Autant dire que j’en ai pris pour mon grade et que j’ai terminé mon stage totalement seule. Le patient que l’on doit suivre durant toute la durée du stage afin de pouvoir faire un dossier complet m’a été confié la veille de mon évaluation, il était hors de question que je présente l’un des deux dossiers que j’avais soigneusement préparés auparavant malgré l’absence totale d’aide.
    L’homme en question avait fait un AVC relativement sévère, il avait deux drains qui traversaient son crâne et délirait complètement. J’ai malgré tout pris mon courage à deux mains et me suis occupée de lui toute la matinée pour comprendre ses besoins, j’ai passé mon après midi et la moitié de ma nuit à préparer puis rédiger le dossier.
    Le lendemain, jour de mon évaluation, Mr D (pour Délirant) était dans le couloir, attaché, il hurlait et avait passé la nuit ainsi, il n’avait même pas de drap pour le couvrir (et pas non plus de vrai pyjama, comme de juste). J’ai passé mon évaluation dans des conditions catastrophiques, outre le fait que tout était mal (la RU et ma référente ne cessaient de me reprendre), l’homme était lui-même fatigué et n’avait vraiment pas envie qu’on le fasse suer alors qu’il avait clairement envie et besoin de dormir. Elles ont pilonné mon dossier, ce qui était prévisible, elles s’étaient enfermées avec moi dans un petit bureau, s’étaient mis toutes les deux en face de moi et ne cessaient de me couper la parole pour me faire comprendre que je racontais n’importe quoi et pour me reprendre sur le fait qu’il était anormal qu’à mon 4e stage je sois incapable de savoir la totalité des effets secondaires de l’aspirine et des interactions avec ses 10 autres traitements.
    Je suis sortie de là, j’ai pris mes affaires et j’ai quitté le service. Je ne suis même pas venue voir le zéro pointé qu’elles ont du me mettre, à la place je suis restée un mois prostrée chez moi à me demander comment des gens aussi inhumains pouvaient faire une profession qui demande pourtant énormément d’humanité.

  10. Fibi Dit:

    Oh putain le choc, moi qui croyait que c’était spécifique au service de rhumato ou je bosse parfois, ça me rassure!Infirmière, en rhumato et traumato/ortho, les rhumatologues m’hérissent les poils!
    Les prises de sang : lundi bio complète, mardi cholesterol, mercredi immmuno, jeudi vitamines, tout ça chez un même patient. Pas moyen de décaler au lendemain parce que non, les résultats ont les veut aujourd’hui donc le bilan n’attendra pas que l’on groupe avec d’autres prises de sang…et le patient qui ne comprend pas trop pourquoi son bras se transforme en gruyère…
    Le patient qui chauffe à 39° depuis trois jours, qui a déjà eu 12 paires d’hémocs, et que les médecins oui, ils veulent encore des hémocs, non, toujours pas de paracétamol ( quand il aura 40° on pourra espérer une vessie de glace…)
    Le patient qui a passé 14 clichés de radio hier et aujourd’hui, joie, tu dois te démerder pour qu’il ai une radio du thorax, bah oui on y a pas pensé avant et oui, on la veut pour aujourd’hui.
    Le patient de 80kg qui souffre la rage, perfusé, Non on ne le titrera pas à la morphine parce que dans le service ça ne se fait pas, donne lui plutôt un petit actiskenan 10mg ( et pourquoi pas un doliprane 500? tant qu’on y est).
    Et certaines infirmières qui cautionnent…et les patients dans tout ça qui ne se rendent pas vraiment compte et qui continuent à sacraliser les médecins, même si ils trouvent quand même que ça fait beaucoup d’examens, et que les médecins ils leurs ont pas communiqué les résultats, et que de toute manière quand on leur expliquera ce sera avec des mots bien compliqués, et comme c’est la grande visite le pauvre malade il préférera poser la question à toi la petite infirmière!
    Heureusement les rhumatos ils sont pas tous comme ça, et parfois on arrive à leur faire entendre raison, parfois…

  11. bientotDR Dit:

    Premier contact avec l’hopital en P2, on se fait coatcher par une CCA en pneumo complètement blasée. Probablement parce que le recrutement très « banlieue » de son hopital n’est pas assez bien pour elle.
    Elle a demandé à un collègue de faire un interrogatoire à une dame qu’elle savait complètement démente. Hilarité générale. Sauf moi qui était franchement consternée. « Tu vois parfois on fait le boulot de vétérinaire »
    Elle demande à une autre patiente qui parle mal le français ce qu’elle prend comme médicament. « Je sais pas y en a un qui est violet ». « Vous pouvez pas lire sur la boite? » « Je sais pas lire » « Vous voyez quand je dis qu’on est des vétérinaires ».
    Elle nous a proposé de nous entrainer pour les gazos sur un jeune homme de 20 ans tétraplégique suite à une chute d’un arbre. « De toute façon il sent rien ».
    Heureusement que mon sens aigu de la psychologie m’a fait diagnostiqué « une folle qui se venge sur les patients parcequ’ils sont pas assez bien pour elle » sinon j’aurais laissé tombé là je crois.
    Et j’ai vécu la même histoire de dingue autour d’un cancer chez un patient porteur du vih et du vhc ,dépressif et qui avait déjà fait 2 tentatives de suicide, hospitalisé en mal infectieuse. Découverte d’un lymphome. Personne dit rien jusqu’au jour du transfert en Onco. Là quand même la CCA décide de lui dire la vérité : à froid, pendant la visite devant 10 personnes médusées.

  12. Olivia Dit:

    1ère fois que je poste, mais je lis, je lis… Personnellement, je détonne ici, et je le sais bien par rapport à tous les commentaires que je lis sur tes articles régulièrement : tu as le même type de vision de l’hôpital que j’ai de la médecine générale… De ma petite expérience de remplacement, je ne vois que les 30 rhinopharyngite non fébriles qui entrent au cabinet par jour l’air abattu ou carrément annonçant « je vais mourir » et râlant en sortant parce que oui, paracétamol et pschitt dans le nez (quand je le prescris)…
    Je ne suis pas en train de dire que l’hôpital est parfait, loin de là, mais ça dépend beaucoup du service dans lequel on tombe, des PH avec qui on tombe, du fonctionnement global de l’hôpital en question, etc. Et bien sûr, de sa propre réaction par rapport à tout ça : « oh la la quelle horreur !! bouh l’hôpital !! » ou alors « bon, ok, on sait que ça marche comme ça, comment faire pour que le patient en profite au final », parce que quand même, c’est ce qui compte.
    Tout ça pour dire : tout n’est pas noir ou blanc ! Et il en faut bien quelques uns pour bosser à l’hôpital ! Et il y a des imbéciles partout… Certains patients sont adressés aux urgences en pleine journée pour « bilan et radio svp » écrit dans la lettre de leur médecin, quand il y en a une, sans aucun motif d’urgence…
    Voilà voilà, ma petite participation dans le monde merveilleux de la médecine générale décrit par Jaddo ;o) Mais je tiens à dire que je suis vraiment heureuse et pleine d’espoir qu’il y en ait plus, des « comme toi ». C’est l’exercice de la médecine générale tel que je l’entends et que je l’admire, même si ce n’est pas mon truc.

  13. berest Dit:

    salut
    j’ai 65ans je fais des remplacements en medecine
    generale
    le confrere tout fier de « carburer » à 60 actes par jour (
    et il termine à l’heure !!!!
    celui qui dechire l’ordonnance quand le patient n’a pas
    de quoi payer ce jour là
    celui qui fait revenir 3 fois et payer(un seul probleme à la fois) je pourrais ecrire un bouquin
    mais je suis encore trop triste
    je n’ai jamais appris à faire ça je ne sais pas faire

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