Point de croix.

30 avril, 2010

Table en verre Ikéa 1 – 0 Vous.

C’est malin, vous avez tout crabouillé le tapis bleu avec votre sang rouge.
Direction les urgences, où vous allez attendre un petit peu avant de rencontrer un type au sourire franc, qui ressemble au Dr Carter et qui va se bétadiner les mains pendant 4 vraies minutes de vaporeuse mousse jaune avant de vous emmener dans une pièce lumineuse carrelée de blanc et de vous poser 8 jolis points de suture, bien propres, bien alignés, derrière un champ bleu stérile, en vous faisant même pas mal ou si peu. Vous ressortirez avec un beau pansement, bien propre, bien blanc, bien sec.

Voilà pour la fiction.

La réalité, c’est Bagdad.

La réalité, c’est que dans le kit de suture de l’hôpital, vous avez un porte-aiguille une fois sur deux, et la mauvaise pince quatre fois sur cinq.
Vous avez un joli champ bleu stérile, pré-troué d’un trou qui fait toujours la même taille, avec du collant tout autour du trou et une bande à enlever pour faire coller le collant, comme sur les enveloppes. Vous avez en face de vous un patient qui a une plaie qui ne fait pas la taille du trou, située à un endroit où vous ne pouvez pas coller le collant.
De toute façon, le collant, une fois sur deux vous devez le découper pour agrandir la taille du trou, et vous vous retrouvez avec un champ collant qui ne colle plus.
L’autre fois sur deux, le trou est trop grand, et pour cibler la plaie, vous avez le choix entre laissez à jour l’oeil, les cheveux et / ou l’oreille du patient.
Et puis comme vous n’allez pas lui coller le bouzin au travers de l’oeil ou en plein dans les cheveux, vous ne le collez pas.
Ou bien il y a 4 ou 5 plaies les unes à côté des autres, et pour en isoler une, il faudrait coller le champ en plein sur les autres, donc vous ne collez pas non plus.
Exit la problématique du collant, donc.

Vous voilà donc avec un joli champ bleu stérile, pré-troué et non collant.
Comme le patient (idiot qu’il est) n’est ni parfaitement plat ni parfaitement horizontal ni parfaitement immobile, ça glisse. Vous lui posez vaguement le trou autour de la joue et  il y a un jour d’un bon 3 centimètre entre la peau et le champ, là, près du nez.
Par ailleurs, depuis le temps que vous vous débattez avec le champ, le patient, les ciseaux et le brancard, le champ n’est plus stérile depuis bien longtemps.

Vous voilà donc avec un joli champ bleu.
Comme il est non stérile, et comme il n’isole absolument pas la plaie du reste du corps, on peut légitimement se demander à quoi il sert.
C’est très simple : il sert à cacher le patient en dessous. Ce qui présente un double avantage très net.  Le premier, c’est que vous ne voyez plus le patient. C’est bien pratique quand on est en train de s’apprêter à enfoncer une aiguille dans quelqu’un. Le deuxième, surtout, c’est que le patient ne vous voit plus.

S’il devait vous voir encore, le problème sera vite réglé, puisque vous allez lui vider une demi bouteille de Bétadine rouge dans l’oeil.
Souvenez-vous : le champ vaguement posé sur la joue, avec un jour 3 cm. Toute la Bétadine que vous versez sur la plaie pour faire semblant de travailler dans des conditions d’asepsie rigoureuse, donc, coule gaiement le long de la joue pour finir dans le nez et dans les yeux.
« Fermez les yeux, monsieur ! » que vous dites…

Puis vient le temps de l’anesthésie. Vous avez une petite bouteille de Xylocaïne, une petite seringue, deux petites aiguilles. La seringue, vos mains gantées et les aiguilles sont stériles. La bouteille de Xylocaïne ne l’est pas. Dans les films, et au bloc opératoire, il y a une infirmière ou un gentil co-externe qui vous tend la bouteille, pour que vous puissiez y planter l’aiguille et aspirer le liquide en restant stérile. Dans la salle de suture, il y a vous, le patient, le champ bleu non collant non stérile et votre désespoir. S’en suivent 10 minutes de solitude extrême, pendant lesquelles vous essayez de résoudre le casse-tête.
Vous pouvez essayer de planter l’aiguille dans la bouteille posée sur la table, en visant bien droit et bien vertical pour que tout ne se casse pas la gueule. Vous aspirez environ 0,2 mL de xylo avant que l’aiguille ne soit trop courte pour atteindre le fond de la bouteille. Ingénieux que vous êtes, dans un mouvement rapide et habile, vous retournez la bouteille, qui reste plantée au dessus de votre aiguille, pour en aspirer un peu plus, c’est à dire jusqu’à ce que cette fois l’aiguille soit trop longue. Ensuite, vous voilà avec l’aiguille fichée dans la bouteille non stérile. Vous retirez  la bouteille en vous servant de votre main gauche que vous dé-stérilisez au passage. Vous essayez d’en profiter pour réaspirer un petit peu, mais comme vous n’avez plus qu’une main pour le faire, c’est moyen facile. Au final, vous vous servez de votre main droite toujours stérile pour poser la seringue sur la table sur laquelle vous aviez déposé champ bleu stérile n°2, kit de suture et fils.

Vous changez de gants. Vous changez d’aiguille. Vous enfoncez l’aiguille n°2 dans la berge de la plaie, pour injecter le précieux produit anesthésique. Vous poussez. Ça ne vient pas. Vous poussez un peu plus fort. Résistance dans l’aiguille. Vous bougez un peu l’aiguille de place (« J’en ai pour une minute, monsieur, ensuite vous ne sentirez plus rien ») et vous repoussez. Ça ne vient toujours pas. Vous poussez plus fort. La seringue se désadapte de l’aiguille  dans un geyser de Xylocaïne qui se répand dans la plaie, coule le long de la joue pour finir dans le nez et dans les yeux. (« Fermez les yeux, monsieur ! »). Vous auriez été bien avisée de suivre le même conseil, puisque l’explosion a atteint les vôtres.
Il faut changer l’aiguille. Vous allez en chercher une nouvelle dans le tiroir d’à côté et rechangez de gants.
L’interne passe sa tête par la porte : « Quoi ? Mais t’as pas encore fini ? Il te faut combien de temps pour faire 5 points de suture ?  »
Vous n’osez pas lui dire que vous n’avez pas encore commencé.

Avec un peu de chance, il vous reste suffisamment de Xylo dans la seringue pour réitérer la manœuvre un centimètre plus loin. Sinon, vous êtes reparti pour l’étape précédente.
A la fin, vous avez injecté à peu près un petit cinquième de ce qui était prévu dans la peau du patient. Le reste s’est réparti un peu partout ailleurs. De toute façon, là où vous avez réussi à injecter, le patient aura mal tout pareil qu’ailleurs. Tout ce que vous avez réussi à faire, c’est de déformer les berges pour rater votre point parce que les berges sont pas déformées pareil d’un côté et l’autre et que vous n’allez  plus savoir où piquer pour faire symétrique.

Vous commencez enfin la suture. Le fil fait environ 3 mètres de long, soit 2 de plus que la plus grande longueur du champ. Pendant que vous en enfilez une extrémité dans le monsieur, l’autre extrémité vit sa vie et folâtre. Sur le champ, sur le brancard, dans les cheveux du patient. Autant pour le fil stérile.
Vous faites un point. Avec votre pince qui ne pince pas et votre porte-aiguille qui n’accroche pas, ce n’est pas terriblement évident, mais vous vous en sortez honorablement.
Vous avez serré ni trop, ni trop peu, en bonne Boucle D’Or que vous êtes.
Vous répétez l’opération encore 7 fois. Vous changez de gants une fois ou deux, rapport aux gants de l’hôpital qui sont fournis avec leur propre système de transpiration autonome intégré.

Fini ! C’est fini. Avec un soupir contenu de soulagement, vous allez chercher un pansement.
Pour vous retrouver devant l’exacte même problématique de taille et de collant-qu’on-ne-peut-pas-coller que tout à l’heure. Il vous faut 20 minute de bricolage approximatif pour avoir un truc qui ne recouvre pas l’œil et qui colle à peu près. Pas partout, parce que le bord du haut, on peut quand même pas décemment  le coller sur les cheveux, mais du moins suffisamment pour que le pansement tienne et cache la plaie. C’est tout ce que vous demandez pour laisser le patient s’exposer à la vue de sa famille et de l’interne.

Et puis à mesure des gardes aux urgences, vous découvrez toute la panoplie des combinaisons rigolotes.

La réalité, c’est les plaies en double M inversés avec des bouts de peau arrachés et déjà à moitié morts que vous savez plus comment relier ensemble.
La réalité, c’est la plaie au milieu des cheveux que vous êtes censés raser avant de suturer. (Faites l’effort d’imagination requis, s’il vous plaît, pour vous visualiser en train de passer un rasoir Bic sur une plaie. Et pour imaginer l’état de la plaie après, avec tous ses petits bouts de cheveux qui trainent dedans)
La réalité, c’est le patient bourré qui fait des bonds à intervalles réguliers en jurant.
La réalité, c’est mon collègue à qui on avait demandé quand il était externe de faire les premiers points de sa vie sur la joue d’un enfant de 5 ans.

La réalité, c’est pas les pieds de porc.

64 Réponses à “Point de croix.”

  1. oups Dit:

    Le flacon de betadine ds l’oeil! morte de rire. ça a ravivé des souvenirs ça :) ceci dit recement g encore bien merdé qq sutures. non parce qu’une fois interne après une assez lgue periode sans garde avec sutures on oublie un peu. et puis en se retrouvant ds un autre hopital qui n’a pas les mm kits de suture ça fait découvrir de nouveaux trucs. comme le kit avec le porte aiguille qui porte que dalle que c du bonheur pour la suture du doigt du maçon avec peau de rhino ou l’absence de ciseaux dans le-dit kit ( ah on t’a pas dit? il faut que tu prennes un bistouri ).
    Merci pour tous tes posts!

  2. kitry Dit:

    j’avais les larmes aux yeux tout au long de la lecture du post, en faisant des pauses entre 2 fou-rires pour reprendre ma respiration, tellement ça décrit bien la réalité du terrain. que de souvenirs !
    et puis après, on découvre la vie, la vraie, en cabinet de campagne avec le fil de suture d’un côté, les pinces/ciseaux/porte-aiguilles dans la boîte métallique qu’on passe au stérilisateur, pas forcément de xylo, sûrement pas de plateau à suture ni de champ / gants stériles. et finalement, on s’en sort quand même :p

  3. Les tweets qui mentionnent Point de croix. | Juste après dresseuse d'ours -- Topsy.com Dit:

    [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par JFGirmens, Jaddo. Jaddo a dit: Blog (tout arrive) : Point de croix. http://bit.ly/cFjq0a [...]

  4. Mlle Lune Dit:

    Merci, c’est bon la jaddothérapie je me sens moins seule!
    Moi j’ai des champs troués en tissu qu’on ne découpe sous aucun prétexte, non collants mais assez grands pour recouvrir tout le patient. Et une fois sur deux, il n’y a pas de gants stériles à ma taille, c’est rigolo de suturer avec des gants trop grands, et puis à la fin comme ça je suis sure que le sparadrap est collé sur mes doigts et que le pansement va être aussi laborieux que la suture.
    Après on se demande encore pourquoi j’adresse les paupières déchiquetées à l’ophtalmo…

  5. hey Dit:

    Excellent, comme toujours.

    Par contre désolé de soulever des grands débats éternels mais dit on : « Autant pour le fil stérile » ou « Au temps pour le fil… » ?

  6. elo Dit:

    moi aussi j’ai beaucoup rigolé….puis a la fin je me suis dit que du coup c’etait certainement une tres bonne idée de glisser mon nez regulioerement dans les salles de suture ou mes internes sevissent (eh oui j’ai pas d’externe) et de debriefer regulierement leurs gestes….ca tombe bien uen nouvelle fournée arrive lundi!

  7. Monsieur Poireau Dit:

    Je débarque. Je comprends tout à fait pourquoi je n’ai jamais voulu faire médecine !
    :-))

  8. Kyra Dit:

    Souvenirs!
    il y a 3 dizaines d’années, FFI dans un petit hôpital de province, j’ai connu un médecin (retour de quelques années en Afrique) qui ne faisait ses sutures que avec des aiguilles à coudre (si,si, de couturière!) et du fil DMC (il tenait beaucoup à la marque) , le tout ayant macéré dans l’alcool, et sans champ stérile.
    Et bien y a jamais eu de problèmes…cicatrices superbes.
    jamais osé en faire autant…j’attends le jour où je n’aurais rien d’autre sous la main.
    Enfin lui il regrettait je ne sais quelle sorte de grosses fourmis à grosse pinces qui faisait des agrafes imbattables, mais qu’on ne trouve pas en climat tempéré…
    Pour le reste j’ai bien reconnues mes 1eres gardes!

  9. Bruno Dit:

    Mort de rire !!! et la nostalgie* en plus …

    Pourtant l’histoire de la suture merdique de l’externe on la voit arriver gros comme une maison et « un peu facile » pour tout dire.
    Mais la façon « hellzapoppin » de l’écrire balaye tout cela et encore une fois bravo.

    PS: sincèrement quelqu’un peut me donner une preuve scientifique de l’intérêt de travailler stérilement aux urgences pour recoudre une plaie superficielle ?? Perso. je le sens bien comme la défunte stérilisation des biberons : en demander trop pour en avoir un peu (de l’hygiène)

    *c’est un machin qu’arrive aux vieux quand ils croyaient ne plus se souvenir puis qu’ils réalisent avec un peu d’aide qu’ils se souviennent encore

  10. idem « Pierre-Marie BERTRAND Dit:

    [...] idem 1 mai 2010 j’ai peur que tous, nouas ayons eu la même éducation… [...]

  11. Marie Dit:

    C’est le thème de mon prochain post : l’horreur des premiers points de l’externe. L’externe tout seul à qui on a montré une fois, de loin, sur un patient bien endormi. Et cette Xylo qu’il utilise sans savoir qu’il est sensé aspiré avant pour voir s’il est pas dans un vaisseau, ou alors s’il sait, de toute façon y’a du sang partout et un patient qui hurle…
    N’empêche, me sens moins seule, la réalité, c’est le même Bagdad pour tout le monde !

  12. Rrr Dit:

    Le truc, c’est tout pareil à la centième suture, c’est tout pareil une fois interne.
    Les seules différences, c’est qu’à la fin, on se rase plus les cheveux, on met du pchit pchit de xylo en pchit pchit histoire de rassurer tout le monde (le patient et soi-même), et on n’a plus la certitude angoissante que chaque faute d’asepsie est le gage d’une redoutable infection nosocomiale à venir.
    Bref, le même sketch, les mêmes Pierrericharitudes, avec seulement la sérénité en plus ;-)

  13. Rrr Dit:

    PS : sérieux, vous avez déjà réussi à aspirer pour voir si vous n’étiez pas dans un vaisseau, vous ?
    La Xylo en pchit pchit, y a qu’ça d’vrai moi j’dis.

    Double PS : même question pour les vaccins. En vrai de vrai, au fond des yeux : vous aspirez, vous ?

  14. ambre Dit:

    tient, je me suis retrouvée dans la problématique de la xylo… par contre, nos sets de suture du périnée sont très bien, très complets et avec des pinces qui fonctionnent… mais des fois, c’est vrai qu’on est perplexe pour savoir qui va avec quoi…;)

  15. Claire Dit:

    Bonjour !

    Tout d’abord, félicitations pour votre blog que je suis assidument. Je ne suis pas médecin mais simple infirmière à l’hôpital, et pourtant la plupart des situations me parlent et j’en vient même à avoir de la compassion avec ma généraliste (qui me le rend bien, ayant exercé mon métier il y a quelques années).
    Bref, tout ça pour dire que vous lire est un vrai plaisir, ça ne change pas les idées mais après tout, est-ce vraiment nécessaire ?
    J’aimerai terminer avec mon expérience personnelle : bien sûr je ne suture pas, mais il m’arrive de devoir travailler avec un champs stérile toute seule (les infirmières n’ont jamais personne pour les servir…) : Pour la xylo, je la verse dans une cupule stérile avant de tout commencer ou alors, je l’ouvre et j’aspire le contenu avec un trocart puis je change d’aiguille. Pour le pansement, je le colle après avoir enlevé le champ. Et si ledit champs a un trou trop petit ou pas adapté, je colle plusieurs champs non troués autour de la plaie pour l’entourer.
    En espérant que ces quelques trucs vous faciliteront votre prochaine garde aux urgences.
    Bonne journée.

  16. Medicine Men Dit:

    Les instruments de suture doivent être stériles.

    L’anesthésique local à injecter doit être stérile dans la seringue stérile.

    Les cheveux doivent être éventuellement coupés.

    L’intérieur de la plaie doit être nettoyé par irrigation au sérum physio stérile, à l’eau stérile, ou à l’eau du robinet. L’antiseptique doit désinfecter la peau autour de la plaie.

    Jusqu’à preuve du contraire, pour pratiquer une vacination ou une anesthésie locale on doit tirer le piston pour s’assurer qu’on injecte au bon endroit.

    Raser les cheveux = augmenter le risque d’infection.

    Verser l’antiseptique dans la plaie = augmenter le risque d’infection.

    Poser la question  » même question pour les vaccins. En vrai de vrai, au fond des yeux : vous aspirez, vous ?  » = suggérer que tu ne le fais pas et à moins que tu aies la preuve que tu ne prends pas le risque d’annuler la vaccination = suggérer que tu prends le risque d’annuler la vaccination.

     » La réalité, c’est mon collègue à qui on avait demandé quand il était externe de faire les premiers points de sa vie sur la joue d’un enfant de 5 ans.  » . Tu n’as pas précisé si on lui avait demandé de les faire seul ou assisté par un prof. Et ça ne me semble pas déraisonnable qu’un étudiant en médecine se dise que pour faire ses premiers points de suture il doit être assisté par un prof, a fortiori sur un enfant.

    Moi je dis ça, je dis rien.

  17. Rrr Dit:

    Seul.

  18. Marie Dit:

    J’ai vacciné pendant toute la grippe A sans savoir qu’il fallait aspirer tout pareil.
    Honte.

  19. Borée Dit:

    Bah, pour la stérilité, c’est pas trop un souci surtout avec tout le matériel à usage unique. On a assez d’études qui montrent que l’usage de gants stériles ne change rien par rapport à des gants propres standards.
    C’est surtout une question de bon-sens et de « propreté » plus que de « stérilité ».
    Par contre, je ne rigole pas avec les instruments qui ont été en contact avec des substances biologiques et que je réutilise : ils passent à l’autoclave. (J’ai vu une fois un confrère qui « stérilisait » dans le four familial…).

    Enfin, concernant l’aspiration avant de faire une IM, j’ai longtemps cru que c’était une légende, un truc qu’on apprenait aux étudiants pour les emmerder et qui ne se fondait sur aucune preuve. Jusqu’au jour où j’ai eu un magnifique reflux sanguin dans ma seringue d’IM. Ça a dû m’arriver deux fois en dix ans mais c’est une réalité : cette mesure-ci, ce n’est pas JUSTE pour nous emmerder.

  20. doclili Dit:

    bon bah, je suis une grosse nulle… j’av.. euh je veux dire j’aspire pas avant d’injecter (sauf dans les fesses, sans jeux de mots).
    J’ai lu il y a quelques années (dans prescrire ?), que pour injecter dans les cuisses des ch’tites nenfants, aspirer était inutile(je ne sais plus pour quoi…)
    Pour ceux qui voudraient chercher…

  21. Dr A. Dit:

    A propos de Prescrire … Il y est fait mention d’une étude sur les sutures (hors bloc opératoire) qui montre l’absence de différence en terme d’infection entre 2 groupes : L’un avec gants stériles, l’autre avec gants non stériles …
    (si vous êtes sages, je vous donne la référence)
    Donc oui, au cabinet comme aux urgences, désinfection, propreté maximale, matériel stérile à usage unique si possible : c’est déjà pas mal ! (plutôt que stérilité à tout prix à toutes les étapes.)

    Je rejoins MM sur le fait qu’il faut toujours aspirer avant d’injecter …
    Oui, je le fais systématiquement. Même que ouai …

  22. Kti Dit:

    Brrr avec mes 3 garçons que je fais recoudre régulièrement, je comprends mieux maintenant les différents fonctionnements, les petits « dérapages » ! Mais oups, à vous lire, j’en ai l’estomac tout retourné comme quand j’y suis… sauf que là, je peux vraiment rigoler !
    Merci pour votre humour, vos histoires passionnantes et hilarantes. Même quand on n’est pas du milieu médical.

  23. Dr A. Dit:

    Ba voilà, vous avez été sages : Prescrire N°281 (Mars 2007) pages 214-215

  24. gregoire Dit:

    oui, l’apprentissage des gestes medicaux et chirurgicaux est toujours difficile et vous me rappelez de sacrés souvenirs et des situations vécues similaires.
    C’est vrai aussi que l’obsession de la stérilité nous fait oublier parfois que la simplicité suffit. Avec du matériel stérile, mieux vaut peut-etre aller vite que chercher à faire des acrobaties pour respecter une asepsie somme toute théorique.
    …. j’oubliais de préciser, je suis vétérinaire (donc juste avant dresseur d’ours…) et bravo pour votre blog; des démêlés avec l’Urssaf aux attitudes des propriétaires d’animaux qui doivent être les même que celles vos patients, tout y est, merci.

  25. zigmund Dit:

    ce genre de post rappelle plein de souvenirs.
    pour les plaies de paupières , effectivement mieux vaut laisser faire l’ophtalmo sinon un décalage est vite arrivé et après c’est larmoiement picotements et galère.
    je crois que la stérilisation à outrance est une erreur, et qu’elle est à l’origine de certaines infections nosocomiales.
    pour ce qui est d’aspirer qd on fait une IM je l’ai toujours fait sans me poser de questions et sans trop regarder parce que je suis (pt être) le seul médecin à « avoir peur des piqûres « !
    c’est un grand plaisir de vous lire

  26. trop sérieuse Dit:

    je ne pratique pas dans la brousse
    donc les plaies profondes, les plaies de doigts, les plaies de paupières, tout ce qui peut bénnéficier d’un avis chirurgical est adressé aux services d’urgences du voisinage (15 à 20 min de voiture par temps clair) avec infirmière pour servir…
    pour le reste : matériel stérile, compresses fils seringues aiguilles à usage unique (pour mon 1er remplacement j’avais peur de casser les seringues en verre du cabinet…), champs aléatoire (et oui…) lavage de main rigoureux et long à la Bétadine Scrub, rinçage tout aussi long, séchage avec essuie-main (quand je n’ai pas oublié d’en acheter…)et gants non stériles (et après eczéma de rigueur! j’envisage de ne plus mettre de gants, non c’est pour rire!)
    j’assure le SAV : je demande au patient de revenir pour enlever les points; pas de surinfection jusqu’à présent (mais je reste vigilante!)

    et c’est avec un infirmier du service des urgences de mon 2e stage d’externe que j’ai appris à suturer (reconnaissance éternelle) : points simples, en X, de Blair-Donati et enrouler le fils sur ma main gauche (je suis droitière) pour qu’il ne traine pas partout

  27. bbubulle Dit:

    Ben justement, je viens d’en finir une il y a 15 minutes…le fil qui traîne sur la hanche pcq le champ a glissé, les IDE pour servir (reconnaissance ++), le gant stérile qui touche la table, qui touche la cuisse du jeune homme…et moi qui tremble, toujours, éternellement, mais uniquement lors des sutures.

    Pour les IM, je le faisais au départ, le coup de l’aspiration, mais ne voyant jamais rien remonter, j’avais arrêté…puis repris en voyant le reflux lors d’un stage en libéral…

    J’ai bien rigolé, devant mon ordi, et à 3h30 du matin, c’est bien rare, Merci encore !!

  28. Poison Ivy Dit:

    Pareil que tout le monde, pliée devant mon écran. Moi aussi je croyais que j’allais avoir un gros procès si je faisais une faute d’asepsie et puis un jour, j’ai commencer à suturer sur la table de la cuisine, sans gant, avec un torchon de vaisselle comme champ stérile, à la demande de la maman de ma nièce lourdement handicapée qui faisait une crise d’angoisse à l’idée d’emmener sa gamine aux urgences. Résultat, jamais vu une si belle cicatrice, pas un poil d’infection. Bon d’accord, pour la puissance statistique, je repasserai, mais faut se détendre avec la stérilisation du matériel…

    Merci pour ce bon moment…

  29. Emer Odd Dit:

    Ma pratique en cabinet de médecine générale :
    désinfection plaie à la betadine sur compresse (jamais en versant direct du flacon), anesthésie locale comme tu dis mais avec les mêmes précautions que pour un vaccin, et pendant que l’AL « prend » : lavage soigneux des mains à la povidone iodée 10 %, essuyage dans sopalin pas sterile, alcool à 60° sur les mains et là je prend la boîte poupinellisée, le fil sterile et un champ troué qui, s’il n’est pas adapté, sert juste à « recevoir le fil.
    Quelques « trucs » pratiques :
    - injecter de l’air dans le flacon de xylo permet d’aspirer ensuite plus facilement
    - rasage cheveux avant suture plaie de scalp inutile à remplacer par « coiffage » à la betadine pommade (ça fait comme du gel fixant) pour dégager les berges.
    - couper le fil avant quand on prévoit que les deux mètres de fil ne seront pas indispensables aux 3 points nécessaires.
    - pansement facultatif, il en existe en spray comme de la laque mais mon expérience est catastrophique.

    Sinon merci et bravo pour le réalisme de ton récit, que nous avons tous -sutureurs et sutureuses- vécu.

  30. ptit docteur Dit:

    et j’te dis pas quand tu tires sur le fil avec les dents pour serrer le noeud !!…;))

  31. Borée Dit:

    Ah oui, c’est bien ça ! Et puis on peut le faire juste après avoir mouillé l’aiguille en crachant un peu dessus pour que ça glisse mieux ! ;)

    Blague à part, merci à Emer Odd pour le truc de la pommade dans les cheveux : je n’y ai jamais pensé et c’est vrai que ça a l’air pas mal.

  32. cardiologue de brousse Dit:

    A l’heure où la médecine fait le grand écart entre techno-sciences et humanisme, où le compagnonage est sacrifié sur l’autel de la mutualisation des moyens et le morcellement des tâches, le petit champ bleue avec son trou obscène ne m’a pas fait rire, l’ayant sans doute moi aussi trop pratiqué; pour tout dire je ne pensais pas qu’il avait survécu aux accréditations diverses et variées dont l’administration hospitalière a le secret; il est donc toujours là le petit champ bleu, pour le plus grand malheur des externes et de leurs patients, cobayes moyennement consentants des Docteurs Jekkyl en herbe…
    c’est dans ces moments là qu’on ne regrette pas d’avoir quitté le navire hospitalier, Titanic qui sombre aux commandes de technocrates formés à l’école de Rennes appliquant scrupuleusement les règles de l’économie de santé bien tempérée apprises sur des simulateurs d’indices de satisfaction et de rapport  » qualité-prix  »
    Bon ! sinon c’est un bon billet quand même, mais juste sur la fin, quand la réalité vous revient en pleine gueule.

  33. MademoiselleK Dit:

    Je n’ai rien à voir avec la médecine, mais je trouve ce blog vraiment excellent, drôle et humain. Merci!

  34. tico Dit:

    Ma petite expérience de suture (mais qui date, qui date…) est tout à fait là, avec les détails. Après 8 gardes de traumato, j’ai fini par prendre le pli. C’est vrai que le double M inversé, je l’ai laissé à mon interne, qui d’ailleurs adorait ça (venait un soir après son boulot pour demander à son chef d’assister aux opérations de la nuit…)
    Mes très compétents internes m’ont appris à prévoir la cupule pour la xylo, à ne pas être trop regardant sur l’asepsie (c’est vrai qu’on ne mettait pas de surblouse) etc. En particulier les plaies du cuir chevelu, c’était absolument IMPOSSIBLE de suturer stérilement. Alors on contourne chaque follicule avec son fil, ou alors on s’amuse à le tirer in extremis d’en-dessous du noeud dans lequel il est en train de se prendre (ce qui foutait en l’air le beau ballet manuel patiemment appris en imitant le grand professeur de Chir Plastique).
    Bref, que du vécu. Je sais pourquoi je fais psy!

  35. leonie Dit:

    Ce que dit Cardio de Brousse est tellement vrai. Le monde marche sur la tête.
    C’est la fin des points de croix à l’ancienne, c’est la fin des faillots en fait.

  36. Douchka Dit:

    Jaddo je t’aime!!!! merci merci de transcrire formidablement ce que tant parmis nous ressentons ou avons ressenti!!

  37. toubibe des champs Dit:

    tout ceci me conforte dans ma decision de ne plus faire de points au cabinet
    et bravo pour le blog
    comme quoi notre vie n’est pas triste!!

  38. SoleilDeMarseille Dit:

    Perso, je fais :
    1) désinfection
    2) AL
    3) je passe au stérile pour suturer

    Jaddo, tu n’as pas dis qu’une fois sur deux même avec une Kocher même en suivant les flèches sur la bague métallisée, on n’arrive pas à ouvrir cette foutue bouteille de m… de xylo Grrrrr

  39. solène Dit:

    garden breche, t’es malade….

  40. Dr Viovio Dit:

    Depuis l’article de Prescrire sur les gants stériles ou pas, je me prends moins la tête. Par contre j’aspire quand je mets la xylo et quand je fais des IM. Je fais fréquemment des sutures à mon cabinet où bien sûr je n’ai pas d’aide et jusqu’à présent je n’ai jamais eu d’infection ! Par contre j’ai eu plusieurs fois le malaise vagal de la maman qui tient la main de son gamin… Encore heureux que ma secrétaire est aussi pompier volontaire !!!

  41. Pierrot Dit:

    Séquence nostalgie des urgences…
    Bon on faisait moins les malins quand on y était.
    Surtout pour les premières sutures sur des enfants.
    Vous avez déjà suturé la langue d’un gamin de 4ans ?
    Munissez vous d’un gourdin et assommez le,pendant que l’infirmier ligote les parents au radiateur.
    Ou alors lors du premier point laissez une longueur de fil suffisante pour pouvoir lui tirer la langue dehors, car c’est certain, il n’ouvrira la bouche qu’une seule fois.

    Enfin le méopa (protoxyde d’azote = c’est le gaz qui fait rire) c’est vraiment une belle invention. Ajoutez y un masque qui sent la fraise tagada, une infirmière maître zen blonde avec des couettes, et la suture devient un moment de rigolade.
    Un jour une gamine de 8ans tellement détendue pendant la suture s’est mise à raconter les surnoms dont s’affublaient ses parents dans l’intimité… mon roudoudou d’amour … ils en sont devenus tout vert.

    Rien de tel qu’une petite suture de l’arcade bien facile à deux heures du matin aux urgences pour se détendre. Tu ferme la porte de ton box, tu mets un peu de musique comme si tu étais dans nip tuck, en oubliant tous les autres box pleins à craquer et le lit-porte qui est déjà plein.
    Et là tu savoures. Le type a un peu picolé mais pas trop, il a un peu honte de s’être vautré, et il te dit que tu fais un métier formidable : « OH OUI ! ENCORE ! »

    Merci à tous les infirmières et infirmiers qui m’ont aidé quand j’étais interne. JE VOUS AIME !!!!!

  42. Douchka Dit:

    @Pierrot: lol j’avoue que le coup de la suture -pretexte pour fuir le reste des urgences bondés, je lai pratiqué souvent! mea culpa!! :D

  43. C@line Dit:

    Je me suis toujours demandée à quoi servait un champ.
    Maintenant, je sais, ça sert à faire paitre les vaches et picétou !
    Et plus directement, Dr, si demain, je me découpe la figure, où dois-je me rendre pour me faire recoudre correctement, au moins du point de vue esthétique ?

  44. Sixloups Dit:

    Ce post est tout simplement parfait.
    Merci =)
    Signé une ESI qui se sent tout de suite beaucoup moins conne.

  45. maduixa Dit:

    à 21 jours de l’internat, ayant fini mon quotat de garde en tant qu’externe, je n’aurai fait, en tout et pour tout, qu’une seule suture… et ça fait longtemps !!
    j’avoue que j’ai un peu honte et qu’à mon premier poste d’interne, je vais filer voir le responsable du labo d’anatomie pour m’apprendre les sutures… :s
    enfin ma première a été sympa : un collègue externe pour m’aider (je n’étais pas de garde, j’arrivais en touriste pour au moins en avoir fait une), et un patient accidenté de la route qui avait une grosse entaille affreusement pas belle, droite et symétrique, mais qui avait le mérite d’être sur l’arrière de la cuisse, une cuisse poilue comme celle de king-kong… la cicatrice ne se serait jamais vue ! ;)

    quand au reflux dans les vaccins, j’ai justement une question… ça ne m’est encore jamais arrivé (mais je tire tout le temps sur le piston), mais si il y a reflux… la seringue de vaccin pleine de sang, on l’injecte quand même en IM, ou on va acheter un autre vaccin ?

  46. SoleilDeMarseille Dit:

    je suppose que l’excipient à base d’alcool ( par ex le phénoxyéthanol) limite l’aggrégation plaquétaire donc laisse une petite fluidité au mélange. Par contre en théorie, il faut une nouvelle aiguille au bout de la seringue et ça ça dépend du vaccin.

  47. SoleilDeMarseille Dit:

    bien sûr s’il y a plus de sang que de vaccin, je pense qu’il faut changer, je vais poser la question en mail au médecin responsable du centre vaccinal de MArseille et je vous tiens au courant.
    NB : il me semble bien que pour la grippe A chez les Américains, la vaccination passait la muqueuse nasale, alors qu’ici il fallait absolument injecter. Pourquoi une telle différence de galénique ?

  48. Tête D'ORange Dit:

    Et voilà pourquoi quand ma fille s’est ouvert le front il y a 15 jours, j’ai préféré utiliser les strips Certes il aurait fallu un point mais finalement j’avais pas envie que ce soit fait par l’externe du coin…

    Perso c’est une externe plus ancienne qui m’a appris à suturer en stage de garde (ce que je trouve inadmissible, et les chefs qu’est ce qu’ils foutaient?)mais bon au final je m’en suis à peu près bien sortie.

    Ce qui m’a le plus marqué : la suture de pompiers quels chochottes, la suture sur gamin, merci à l’aide soignante qui sait tenir le môme, mais mon pire souvenir restera les 40 points de suture au visage sur un jeune de 20 ans qui s’était mangé le pare brise. J’avais pourtant demandé qu’on reveille le chir plastique vu l’étendu des dégats mais en tant qu’externe je n’avais pas fait le poids. Il doit maudire le service d’urgence encore aujourd’hui (même si je me suis appliquée)…

    Par contre le champ troué bleu, je l’ai pas trouvé si nul…

  49. Sage-femme Dit:

    haaaa, quel plaisir de lire ce magnifique post.
    Moi (nous) en tant que sage-femme, la couture du périnée c’est en général sous APD donc joie et bonheur de faire de la « haute » couture , points en X, blair-donati, surjet intra-dermique à l’aiguille droite. je m’applique.
    Par contre, sans anesthésie, la xylo en spray cela ne sert à rien, et injecté cela fait mal, et provoque un magnifique oedeme…
    Mais j’aime bien les sutures.

  50. charlyne Dit:

    rrrahhh moi j’aime pas twitter, alors reviens plus regulierement, tes histoires me manquent…

  51. SoleilDeMarseille Dit:

    Bonjour j’ai la réponse du médecin responsable du centre de vacination.Il dit :
    « Si la seringue vaccinale est « inondée » de sang, et pas juste teintée d’une goutte de sang, notre pratique est de jeter le vaccin, quelque soit le vaccin ; si on a affaire à une « goutte », « l’habitude » est d’injecter le vaccin sans repiquer, en modifiant la profondeur de l’aiguille pour être sur de ne plus se trouver dans un vaisseau.

    Donc en gros, pas de problème d’aiguille car soit vous injectez malgré tout, soit vous changer le vaccin.

    Commentaires :
    1) c’est une excellente question, pour laquelle ma réponse pratique nécessite d’être validée par une recherche bibliographique.
    2) c’est un évènement très rare : dans notre centre (après questionnement des IDE) cela doit arriver une fois tous les 2 ans par injecteur ; or nous faisons globalement pas loin de 12 à 13000 injections par ans !
    3) les sites d’injections (deltoïde et face antéro latérale de la cuisse pour les BB) sont pertinents en raison de leurs faibles vascularisations et vaisseaux de moyennes importantes, et aussi en raison de leurs faible densité en graisse (injecter un vaccin inerte dans de la graisse rend le vaccin peu efficace). »
    Voilà.
    Bonne journée.

  52. La vie (où est le) mode d'emploi (?) Dit:

    En tant que patiente potentielle, je m’efforcerai désormais, la prochaine fois que je perdrai un combat contre une table basse Ikea, de me transformer en pied de porc parfaitement rasé et bien plan avant de me rendre aux urgences.
    Jaddo, tu m’as fait pouffer une fois de plus.

  53. cvaufrey Dit:

    Aaaaah, mais voilà un billet que me rappelle des choses très, très précises ! Surtout l’épisode Bétadine et celui des bouts de peu arrachés et déjà à moitié morts. Je précise que j’étais côté patient, et qu’il a fallu tout recommencer deux semaines après, tellement c’était infecté (à cause des bouts de peau, précisément… enfin, bref). Maintenant, j’ai une magnifique cicatrice très très visible sur le poignet, on dirait que je passe ma vie à me tailler les veines (alors que le fautif, c’était bien Ikea, mais avec un bocal, pas une table).

  54. Cameron Dit:

    Un vrai plaisir de passer sur votre site, surtout lorsqu’on est en plein dans les révisions. Tellement vrai ce que vous écrivez! Vivement le prochain billet! :)

  55. al Dit:

    c’est vrai qu’est ce qu’on peut se sentir seule à recoudre une plaie à 3h du matin aux urgences, dans cette odeur si particulière des urgences, avec cette fatigue si particulière aussi aux gardes d’urgences!

    jpense que tous les externes ont vécu ça à quelques variantes près……….

    j’ai découvert le mot parage en ortho après avoir appris à suturer aux urgences! ah ouais des fois un parage ça peut servir…

  56. Poison Ivy Dit:

    Oui, en particulier avec une plaie par tronçonneuse, c’est bien machouillé sur les bords et on retrouve plein de choses dans la plaie, débris de bois, tissus, graisse de chaine et j’en passe…

  57. fxstbg Dit:

    C’est pas possible ! Tu étais derrière mon épaule Jaddo ?

    Ton blog est fantastique : on passe son temps à découvrir que tous ces petits moments de solitudes, que l’on osait dire à personne, persuadés que l’on était d’être les seuls à s’être schpritzé (en bon alsacien, comprendre « aspergé avec un bruit de schpritz »… je trouve pas mieux comme traduction) la xylo dans l’oeil, ou acharnés autour du trou de ce fameux champ qui-pourrait-être-collé-autour-de-la-plaie…

    PS : un p’tit truc pour les bouts de peau morte : on prend le scalpel, on coupe, et on en profite pour faire des berges régulières qui seront plus faciles à suturer après ;-)

  58. 1e garde aux urgences – partie 1 | Openblueeyes Dit:

    [...] raconter cette histoire. Alors même si Jaddo a déjà raconté la joie des points de suture ici, et que l’infirmier a parlé des urgences par là, j’avais envie d’en rajouter une couche [...]

  59. 1e garde aux urgences – partie 2 | Openblueeyes Dit:

    [...] fini par mettre mes gants stériles, installer le champ bleu pré-troué avec son collant qui ne colle jamais sur la tête, évidemment, et injecter le produit pour l’anesthésie locale, la xylocaine (si quelqu’un sait [...]

  60. SoleilDeMarseille Dit:

    C’était d’actualité cette question ( je pense que Rrr fait partie du comité de rédaction de Prescrire, hihihi !) donc à voir la réponse est là : La Revue Prescrire Juin 2010 Tome 30 n° 320 page 433 et suiv;
    et là : idées-force tirées de Prescrire jusqu’au n° 318 ( avril 2010 ). Merci au Dr Seyler pour son gentil mail et la communication de ces références.

  61. clémentine Dit:

    c’est exactement ça … le sketche de tout externe, puis interne …

  62. CD Dit:

    Nostalgie des urgences…
    Ca me fait penser à une externe que je laisse seule avec un monsieur, (très bien sur lui mais un peu beaucoup alcoolisé) et un rasoir pour nettoyer autour d’une petite plaie du scalp.
    1ere suture pour elle, idéale car facile, je lui fais un super briefing sur hygiène etc.
    Bref, je la laisse donc avec la consigne de m’attendre pour le premier point, appelée à faire autre chose, et je reviens qq minutes plus tard (pas beaucoup, hein, 5 min pas plus mais le temps passe vite aux urgences). Et là une magnifique tonsure de 6-8 cm de diamètre avec la petite plaie de 2,5 cm au milieu ,au sommet du crâne(attention hyper propre, plus 1 seul cheveux), si si si. Entre « au secours on fait comment » et « éclat de rire ». Et là, comment dire, on est trop contente que le monsieur soit très gai…et qu’il sorte des urg aussitôt après sa suture! Mais il faut reconnaitre qu’on a eu aucun problème pour coller le pansement cette fois!

    Pour le petit de 5 ans, c’est écœurant.

    Très sympa ce blog, à bientôt sûrement

  63. Loupinette DesIles Dit:

    Pourquoi ne pas utiliser une compresse stérile pour tenir le flacon de xylo ?

    Je dis ça, mais je ne suis pas médecin ! ;)

    Loupinette, IDE.

  64. lazlouz Dit:

    Ton blog est formidable, et ce post m’a bien fait rire!

    Je me suis reconnue dans ta situation, mais tu le décris bien mieux que je ne saurai le faire!

    Les collants m’ont toujours fait ch** , la malheureuse fois où j’ai tout bien fait en d2, ça s’est fini par une belle suture avec épilation surprise gratuite!

    Pour les cheveux pareil, c’est toujours pour moi la mamie qui est tombée à 3h du mat en allant pisser, ma seule solution pour ne rien couper, c’est la vaseline pour bien dégager le terrain et pas être emmerder! J’en mets pas trois tonnes parce pour l’enlever faut bien laver les cheveux ce que je déconseille pour la plaie, mais c’est une technique qui me plait!

    Et pareil, la xylo, ayant fini ma dernière garde aux urg y’ a dix jours, je suis rodée: je prépare mon champs sur ma petite table avec tout le matos dont une tite cupule dans laquelle je verse la xylo avant d’enfiler les gants et c’est nickel comme ça tu gères tout seul!

    Le seul truc qui m’ennuie encore, et ça…pas trouvé de remède, c’est que fréquemment l’ouverture « facile » de la xylo, c’est comme le paquet de prince, ça marche pas, et je ne compte pas le nombre de fois où je m’y suis écorchée le pouce, sympa avant de suturer!

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