Ça fait sept ans que j’ai envie de vous parler de Mme Sissoko. Plein de fois. Et puis je pouvais pas. Elle était trop vivante, elle venait trop de sortir de mon cabinet, ses enfants étaient trop présents, j’avais trop peur de la trahir.
Et en sept ans, du coup, j’ai engrangé pas mal de Mme Sissoko.

J’ai rencontré pour la première fois M. Sissoko la première semaine de mon début de remplacement chez le Dr Carotte.
Mettons en 2007, s’il faut situer.
J’avais eu envie de vous en parler parce que j’ai détesté immédiatement M. Sissoko. De toutes mes tripes. J’étais en retard, j’étais paniquée, j’étais pleine de couettes et de certitudes.
Il était venu entre deux rendez-vous, et je l’avais déjà détesté un peu. Il ne parlait pas du tout français, et je l’avais détesté encore plus. Il voulait une « feuilladent » et je n’en avais plus fini de le détester.
– C’est ma femme, la maison, l’a diabétique. La feuilladent !
– HEIN ??
– C’est la femme, la maison, la diabète, diabète ! Faut la feuilladent.
Je vous jure que j’avais tout cherché. La feuille de soins ?? La feuille de quoi ? Un clou de girofle ??
Je vous jure que j’avais tout essayé. J’avais demandé quinze fois, il avait répété quinze fois « La feuilladent ». J’avais montré des papiers, des feuilles de soin, des arrêts de travail, des feuilles A4. J’avais essayé de mimer un clou de girofle. Il répétait « La feuilladent, la feuilladent », et ma salle d’attente était trop pleine, et j’avais craqué.
J’avais fini par foutre M. Sissoko à la porte. Sans feuilladent. Déjà de une on vient pas entre deux sans rendez-vous, et en plus encore moins pour une personne qui n’est pas là, et si JAMAIS on vient entre deux sans rendez-vous pour une personne absente, on s’assure de parler français, merci monsieur, je ne peux rien faire pour vous.

Et puis j’ai fini par rencontrer Mme Sissoko. Amenée par son mari qui ne parlait pas français, ou par ses enfants qui parlaient un peu plus mais ne comprenaient pas grand-chose à ce que je racontais à l’époque.
Mettons en 2008, s’il faut situer.
Elle avait 60 ans, elle était diabétique déjà bien compliquée comme il faut, elle avait un Alzheimer déjà bien cogné.
Ses fils l’amenaient en fauteuil roulant parce qu’elle avait un pied de travers. Ils avaient bien compris que j’avais râlé qu’on fait pas une consultation entre deux pour une personne absente.  Moi, je ne comprenais pas pourquoi elle avait un pied de travers à ce point. On aurait dit qu’elle s’était fait rouler dessus par un cheval. Son pied et sa jambe faisaient un angle improbable pas du tout prévu comme ça par Dieu. J’avais essayé de comprendre depuis quand, si elle s’était pogné la gueule, mais j’avais fini par renoncer. Elle avait un pied de travers depuis des années et c’était comme ça. D’ailleurs y venaient pas pour ça. Y venaient pour la feuilladent.
Au début, en 2008, son Alzheimer était juste bien avancé. Elle ne répondait pas aux questions, elle répétait les deux derniers mots de la dernière phrase prononcée en rigolant de tout son peu de dents.  Elle me reconnaissait et disait « Docteur ! Docteur ! » en souriant tout ce qu’elle pouvait.
Comme elle était très grosse, c’était pas une sinécure pour ses gosses de la traîner jusqu’à devant mon bureau. Il fallait venir en fauteuil roulant jusqu’aux pieds de mon cabinet pas aux normes, la faire boitiller jusqu’à la salle d’attente, la faire asseoir (pas une mince affaire), la faire se relever quand était venu son tour (une grosse affaire), la faire cheminer en slalomant jusqu’à mon bureau pas aux normes, la faire se re asseoir sur la bonne chaise alors qu’elle voulait tout tripoter comme le gamin de 3 ans de la consultation d’avant, l’empêcher de tamponner mon bureau avec le tampon posé sur le bureau, la faire se rerelever pour cheminer jusqu’à la salle d’examen (une très grosse affaire) et la faire enfin se hisser sur ma table d’examen en grimpant le petit marchepied de deux marches (une affaire obèse).
Moi, je restais un peu là les bras ballants à côté, genre je gère et je suis le médecin, je tends les bras au cas où elle se vautre (comme quand j’étais externe et que je devais rattraper des brancards) mais ils étaient tellement plus compétents que moi pour la faire se lever et marcher et grimper des marches. Parce qu’ils faisaient ça toute leur vie, vous comprenez. Alors que moi je la voyais entre un nourrisson de deux mois, une meuf de trente ans avec une gastro et une diabétique de cinquante ans alerte qui parlait bien français.
Bref elle montait sur la table, et ça avait pris quatorze minutes pour la mener là, et ma salle d’attente était toujours pleine et je m’en voulais vaguement mais je les détestais encore un peu.
Et puis je faisais à peu près semblant de bien l’examiner, et puis je rédigeais la feuilladent, avec l’insuline et l’antihypertenseur et la statine, et puis je prenais la carte vitale avec la CMU et je leur disais voilà, bonne journée.

 

Et puis j’ai fini par assez bien connaître Mme Sissoko.  Ils venaient toujours au cabinet et encore aujourd’hui je me demande comment. Il fallait l’aide de trois autres personnes de la salle d’attente pour réussir à l’amener à moi. Et il y avait toujours au moins trois personnes pour aider. Son pied de Charcot (car c’était un pied de Charcot, point de cheval) ne s’arrangeait pas. Son carnet de dextros et son Alzheimer non plus. Elle ne parlait plus. Elle souriait.
On était en 2010, s’il faut situer.
Son mari commençait à s’épuiser un peu. Le boulot sur le chantier, laisser sa femme à la maison avec des cadenas partout et une pointe de culpabilité, parce que sinon elle allait au frigo et mangeait tout (le fromage, la mayonnaise, les œufs, les yaourts, le beurre), obliger ses enfants à passer quand ils pouvaient le midi ou à la récré de 16h, c’était pas une vie.
Un infirmier passait 3 fois par jour à la maison pour les insulines. Il fallait organiser un tour de garde pour lui ouvrir. Les tantes et les cousines s’étaient mises sur le coup. Je faisais la feuilladent pour les médicaments, la feuilladent pour le passage infirmier, je proposais des aides à la maison (peut-être, un peu ?), et voire un jour qui sait, une hospitalisation pour remettre les choses à plat et permettre aux gens de se reposer quelques jours. Mais ce n’étaitjamais le moment.
Je passais la carte vitale en ALD parce que la CMU n’avait pas grand-chose à voir là-dedans, et je disais bonne journée.

 

Un peu plus tard, j’ai fini par vraiment bien connaître les Sissoko. J’ai arrêté de leur proposer des visites à domiciles qu’ils refusaient toujours. Ils venaient le jour même, à la bonne heure du bon rendez-vous, en ayant pris un peu de marge parce que c’était compliqué, en arrivant 20 minutes en avance mais c’était mieux que d’arriver en retard.
Mme Sissoko ne souriait presque plus. Elle avait le regard vide sur le mur derrière moi, la bouche atone, et des fois, elle partait d’un fou-rire comme un enfant sur un déclencheur mystérieux.
Je faisais des feuilladents à qui mieux mieux, je proposais des aides à la maison toujours refusées (« On s’arrange ») et je signais des feuilladents de lit médicalisé et de chaise percée. On était en 2011, s’il faut situer.

 

En 2012, s’il faut situer, on a quand même fini par se mettre d’accord que j’allais venir à domicile. Ça devenait ridicule.
M. Sissoko devenait vraiment fatigué. Il était passé à mi-temps, parce qu’il y avait beau avoir des cadenas sur les portes du frigo et des placards, ce n’était plus suffisant et il fallait l’attacher à son fauteuil.
Il avait accepté enfin une hospitalisation de répit.  (On dit « une hospitalisation de répit » quand on hospitalise quelqu’un pas tellement pour lui, mais surtout pour sa famille qui s’épuise et qui n’en peut plus.)
Ravie de pouvoir faire enfin quelque chose, j’avais promis à M. Sissoko une hospitalisation rapidement.
Et puis j’avais appelé les hôpitaux. La diabéto en voulait pas parce qu’elle était démente. Ils avaient pas le personnel pour.
La neuro en voulait pas parce qu’elle était diabétique. Ils avaient pas le personnel pour. La gériatrie en voulait pas parce qu’elle avait pas encore 70 ans. Ils avaient pas l’agrément pour. Personne, jamais.
Mes lapins, si je peux vous donner un seul conseil : ne devenez pas dément avant vos 70 ans.
J’ai passé, au bas mot sans mentir, une petite centaine de coups de fil. Oui je sais elle est jeune. Oui je sais elle est démente. Oui je sais elle a un mal perforant plantaire.
Personne, jamais.
Et puis un jour, le miracle. Je ne sais plus quel service me dit que oui, sur le principe, pourquoi pas. Qu’ils rappelleront dès qu’ils auront une place. Je donne mon numéro de portable perso, je donne le numéro de la famille, je donne le numéro de l’amie-voisine-de-la-famille qui parle super bien français.
Deux semaines plus tard, sans nouvelles, je rappelle.
– Ah bah oui on avait une place, mais ils ont pas rappelé.
– Mais… Vous aviez dit que vous appeliez ?
– Ah bah bon on a appelé mais c’était impossible de comprendre, son mari parle pas un mot de français !
– Mais… Mais déjà son mari parle TRÈS BIEN français (fluente que j’étais devenue en M. Sissoko) et ensuite je vous avais donné le numéro de sa voisine…
– Mais ce n’est pas la procédure !
On a un peu réussi à détourner la procédure, ça m’a valu vraiment beaucoup de temps en appels téléphoniques, et surtout encore beaucoup plus de maîtrise de moi-même pour ne pas dire au téléphone : « Ça y est ! On a trouvé une place ! J’ai eu VRAIMENT BEAUCOUP DE MAL ! Parce que vous savez, votre femme, PERSONNE EN VOULAIT ! »
J’étais si fière d’avoir réussi, et surtout si fière de ne pas dire à quel point j’étais fière.

 

Et puis Mme Sissoko est sortie d’hospitalisation, au bout de deux mois, comme c’était prévu. (J’ai reçu une lettre au bout de sept mois qui me racontait l’hospitalisation et qui me disait qu’au bout de deux mois, comme c’était prévu, on la renvoyait à la maison.)
J’ai reçu au bout de deux mois et deux jours un coup de fil de M. Sissoko qui m’annonçait que sa femme rentrait à la maison et qui me demandait de passer.
Pour la première fois. Parce que jusque-là, on l’avait évoqué, mais je n’étais jamais vraiment venue à la maison.
15 rue Jeanne d’Arc. En route.
Ce n’est pas si loin du cabinet. Tant mieux.
J’essaie de me préparer mentalement à la violence de la visite à domicile. Aux odeurs, à la pauvreté, à la maladie, à la détresse.
J’arrive quand la fille de Mme Sissoko la fait lever de son lit médicalisé pour l’emmener au salon.
Elle a 17 ans. Elle est radieuse. Elle sourit de toutes les dents blanches que sa mère n’a plus.
Elle soutient tout le poids de sa mère qui rit aux anges, demi-pas après demi-pas, et elle est belle comme un orgasme simultané.
On dirait Shéhérazade en noire.
Elle s’excuse que son père ne soit pas encore là, en portant sa mère, centimètre par centimètre, le long du très long couloir qui mène de la chambre au salon. Elle sourit et elle radieuse. Et l’appartement sent bon le propre et le repas de midi qui mijote.
On est en 2013, s’il faut situer.
On assoit Mme Sissoko au salon, qui se tourne immédiatement vers la télé qui diffuse « Un cas de divorce » ou « Tribunal » ou en tout cas je ne sais quoi avec de mauvais acteurs qui jouent dans un mauvais tribunal.
Le père arrive bientôt. On discute. Le transit, ça va. Elle tousse toujours. Elle mange un peu trop mais comme on l’attache ça va mieux.
Je lui demande s’il faut la feuilladent, il me dit que oui. Je la fais.

 

Visite à domicile. Mme Sissoko sort d’une hospitalisation pour sa quatrième pneumopathie de déglutition : comme elle est couchée la moitié du temps, elle avale de travers.
A l’hôpital, avec l’eau gélifiée (et un peu les antibiotiques), ça va tout de suite très mieux. Mais l’eau gélifiée, c’est pas remboursé par la sécu. Ni en CMU, ni en ALD. Alors Mme Sissoko n’en a pas, parce que ça coûte 6€ par jour et que c’est pas possible. Du coup ça fait 4 hospitalisations de 8 à 12 jours en 6 mois, aux frais de la sécu, pour pneumopathies de déglutition. À pas loin de 900 euros la journée d’hospit. C’est vrai que c’est bien pensé.
On discute un peu parce que M. Sissoko est contrarié. « Elle mange son fauteuil ».
– Elle MANGE SON FAUTEUIL ??
Je pense que j’ai dit ça comme M. Le Quesnoy dit « ILS SENTENT DE LA COLLE ? »
Ouais, elle mange son fauteuil, il me confirme.
Il commissure. Je commissure. On se regarde et on passe au fou-rire. Intarissable.
J’essuie une larme. Il en essuie une. Et puis deux. Il pose la main sur mon épaule, il dit  : « Y faut bien rire, si on peut pas pleurer. »
On est en 2013, s’il faut situer.

 

Visite à domicile. Mme Sissoko ne quitte plus son lit. Le trajet du lit au fauteuil est devenu trop compliqué.
Elle ne mange plus son fauteuil, elle mange le lit, et le mur, et ses couches.
M. Sissoko a arrêté de travailler, parce que les sous qu’il payait pour l’auxiliaire de vie c’était encore plus que son salaire. Alors bon, tant qu’à faire.
La fille revient du collège pendant qu’on règle les derniers détails de la feuilladent.
Le père et la tante se regardent, je sens que je gêne un peu mais qu’ils m’oublient vite, ils sortent de sous la table une espèce de faux sac minable en faux cuir avec un faux logo Chanel dessus. Ils lui tendent, et ses yeux s’illuminent, et Shéhérazade s’allume de l’intérieur. S’il était dieu possible de s’illuminer encore plus. Elle est belle comme un orgasmes simultané en buvant du Petrus. Elle serre le sac contre son cœur et c’est le plus beau cadeau qu’on lui ait jamais fait. Elle vient d’avoir 18 ans.
On est en 2013, encore, s’il faut situer.

Et puis Mme Sissoko est morte.
Au décours d’une énième hospitalisation pour une pneumopathie de déglutition, ou pour un mal perforant plantaire, je ne sais plus.
Je n’ai pas revu M. Sissoko depuis. Je ne suis pas son médecin traitant. Je lui ai fait une ordonnance, une fois, sur un coin de table pendant une visite parce qu’il me racontait entre deux un truc qui méritait une ordonnance ; une seule fois je lui ai fait une ordonnance et une lettre pour son médecin traitant à lui.
Je ne l’ai pas appelé.
Parce qu’il a beau parler très bien français, au téléphone, sans l’avoir en face de moi, je n’aurais pas pu dire tout ce que j’aurais voulu lui dire. Parce qu’au téléphone on n’aurait pas pu pleurer et commissurer et rire quand même.

De toute façon, même en face, tout ce que j’aurais voulu, je n’aurais pas pu lui dire.
De toute façon ça aurait été une connerie incommensurable de lui dire, parce que sa femme est morte et qu’il s’en fout bien que je suis devenue médecin généraliste grâce à lui.
Mettons en 2014, s’il faut situer.

83 Réponses à “Mme Sissoko, la médecine générale et autres gnangnanteries.”

  1. docteursachs Dit:

    Si un jour dans un lieu improbable on a pu se questionner sur les blogs qui s’épuisent, je me rassure en te lisant, car même si elles sont plus rares, tes histoires sont toujours aussi belles, touchantes, écrites avec le cœur et les tripes, larmalœillisantes, et pas du tout gnagnantes malgré l’avertissement.

  2. Gélule Dit:

    En tant que lectrice, j’ai ri, j’ai retenu une grosse boule dans la gorge, j’ai savouré les tournures de phrases.
    En tant que généraliste, j’ai soudain encore plus aimé mon boulot.
    En tant qu’enseignant-newbie, je me suis rappelé que je voulais conseiller la lecture de ton blog aux étudiants, et aux internes.
    Et pour tout ça, merci. Tellement merci.

  3. Viviane Dit:

    Au début je vous aimais pas de pas aimer M Sissoko. C’est vrai qu’ils n’avaient pas grand chose d’aimable. Moi je l’ai aimé tout de suite. Mais j’ai pas de feuilladant à faire et pas de salle d’attente pleine, facile pour moi quoi. Merci dame Jaddo.

  4. gaelle Dit:

    Ce texte et cette expérience me font penser à La Vie devant soi de Romain Gary, et ça m’a autant touchée…

  5. martine bronner Dit:

    J’ai peur que ce que je dise soit « gnangnan »…c’est carrément trop difficile à exprimer et il faut avoir une sacrée plume pour être à la hauteur….

  6. Doclili Dit:

    Putain, ça valait le coup d’attendre…

    Merci, merci, merci, merci

  7. hipparkhos Dit:

    En fait je pense que tu as raison. Ta parole sur ce blog se fait rare. On attend des mois, on râle, un peu. Mais pourquoi ce petit truc que tu twittes tu n’en as pas parlé sur le blog ? Mais non c’était pas trop petit, trop léger pour un billet.

    Et puis vlan. Le billet qu’on attendait, dense, riche. On le lit en pleine nuit. Le matin au réveil on a envie de le relire, et puis on se dit qu’on va le relire encore. Un billet bien écrit, avec plein de toi dedans, de ton métier que tu aimes, des gens dont tu prends soin, et beaucoup de talents. Oui, au pluriel. Et avec le bon dosage de réflexion, de recul, et de tripes.

    Ne change pas, on peut attendre un an pour le prochain billet s’il est comme celui-là.

  8. Docteur Gécé Dit:

    Voilà, j’avais dit que j’voulais dire un truc malin et impérissable et puis finalement, je suis là à riglotter devant mon écran.
    Parce que là, en te lisant, je me souviens de quand j’étais externe, et que tu étais déjà avec moi à cette époque-là, et que si ce sont nos patients qui nous font devenir généralistes, ce sont des gens comme toi qui nous aident à dire bien fort (et avec une once d’éffronterie – voire un « eh ouais, connard ») que c’est ce qu’on voudra faire quand on sera plus grand.
    Même si visiblement on doit être comme les diplodocus qui grandissent toute leur vie parce qu’en 2014, t’es devenue généraliste.
    Des bisous et merci.

  9. Dr Fatima Dit:

    Tu m’as foutu la larme à l’oeil…
    RIP Mme Cissoko

  10. docteurmilie Dit:

    jsuis pas sure de t avoir deja laissé un commentaire . Que dire de plus que les autres .
    Attend j essuie mes larmes .
    Tout comme gélule en tant que lectrice, médecin et enseignante newbie.
    Je rajouterai mon avis de fille de malade compliquée de moins de 70 ans dont aucune structure ne veut (sauf que je suis pas orgasmique moi:-) :t as ptet l impression d avoir juste rempli des feuilladents mais Jpense que tu t imagines même pas a quel point ca a tout changé pour eux d avoir qq capable de passer des centaines de coup de fils pour eux … Tu es devenue un généraliste grâce à eux mais eux dans leur malheur,de t avoir eu comme médecin auprès d eux,c est inestimable…
    Ét Sachs a raison,tu es précieuse pour nous aussi!

  11. und4enpause Dit:

    Il y a beaucoup de pauses inutiles qu’on regrette quand on bosse les ECN
    et puis il y a les pauses ou on tombe sur ce texte et qui motivent plus que tout à passer cette fichue année pour pouvoir vivre des choses comme ça
    merci

  12. drmalikmichou Dit:

    magnifique…c est aussi grâce à toi que j ai choisi la MG parce que te lire la raconter est juste vrai

  13. docteurmilie Dit:

    je suis pas sure de t avoir deja laissé un commentaire
    Que dire de plus que les autres ?
    Attend j essuie mes larmes
    Tout pareil que gélule en tant que lectrice,médecin,enseignante newbie.
    Je rajouterai en tant que fille (non orgasmique:-) d une malade compliquée de moins de 70 ans dont aucune structure ne veut, que t as ptet eu l impression de juste remplir des feuilladents mais avoir eu qq capable de passer des centaines de coups de fils,c est inestimable pour eux,Jpense pas que tu puisses te rendre compte à quel point. Tu es peut être devenue généraliste avec eux mais ils ont eu la chance dans leur épreuve de t avoir auprès d eux …
    Ét sachs a raison, tu es précieuse pour nous aussi …

  14. Cesslasanguine Dit:

    Le problème de la dépendance chez le « jeune » est un vrai challenge.
    Comme jeune gériatre, je trouve dur de dire non, juste pour l’âge (selon les centres, l’âge varie : à des endroits 70, à d’autres 65, à d’autre 75…).
    Depuis l’hôpital on rencontre des situations difficiles mais on ne se rend pas toujours des réalités que cela recouvre à domicile !

    Merci !jaddo

  15. Laurence Dit:

    Et « feuilladent », c’est quoi finalement ?…

  16. Dr Stéphane Dit:

    Il est magnifique ce billet jaddo.
    Merci d’exprimer si bien la magie de ce métier.
    (Bordel, je suis tellement fier de te connaître, tu n’as pas idée)

    Des bisous.

  17. cube Dit:

    Merci pour ce billet émouvant.
    Merci de nous redonner une petite place qui me fait chaud au coeur, à nous, pauvres généralistes, pas simplement distributeur de feuilladents, mais aussi acteurs…. Au fil des ans, parfois on se blase, ces blogs redonnent du moral et de la motivation.
    Chapeau pour la ténacité des coups de fils… j’aurais craqué bien avant j’en ai peur…

  18. docmam Dit:

    « J’étais si fière d’avoir réussi, et surtout si fière de ne pas dire à quel point j’étais fière. » <3 <3

    Et moi des fois j'ai tellement l'impression de sauver le monde quand dans mon petit hôpital je prends les gens dont personne ne veut, et surtout pas le gros CH là. C'est un peu mon côté Ginette là, limite j'ai envie de dire "personne n'en veut ? Bah puisque c'est ça je le prend moi !" Et ma Ginette intérieure se rengorge de fierté et de sensation de sauver le monde, et se rengorge encore plus de pas le faire remarquer à tout le monde.

    Il méritait d'être mijoté 7 ans celui là, c'est comme le boeuf bourguignon, plus ça mijote longtemps, meilleur c'est.
    Et je revois tellement d'autre M. Sissoko que j'ai pu détester parce qu'ils venaient entre deux là, pour quelqu'un qu'était pas là, et qu'ils parlaient même pas français.

  19. Molly Dit:

    Tu nous as manqué Jaddo :)
    je t’embrasse !

  20. MaxEgerivem Dit:

    Lu au reveil par hasard, je le relis avec autant d’émotion.
    On m’a offert ton bouquin par hasard et j’ai tout de suite accroché, maintenant je decouvre ton blog avec cette même touche de vrai et sans ces barrières froides que l’on nous apprend à utiliser dans nos stages d’externat.
    C’est ça la médecine p*tain.
    On devrait te coller au programme des D4 de ma fac, tu m’aides beaucoup par tes textes à plancher jour et nuit sur des cours qui en deviennent vide de sens.
    Le vrai c’est les patients et leur vie. C’est bon de s’en rappeler. Ca donne envie de se remettre au boulot !

  21. J Dit:

    Je te lis depuis 5 ans, je ne pense pas avoir été si émue par un billet de toi depuis. Je suis infirmière et en burn-out, et de lire ça, ça m’aide à me dire qu’en fait, j’en ai ptet pas terminé avec le soin. Vive les couettes et merci, Jaddo.

  22. L'homme qui aimait les hérissons Dit:

    Merci pour ce très beau billet qui est drôle à en pleurer (de rire). Il y a néanmoins une coquille à l’avant dernier paragraphe que je me permet de relever : « Je n’ai pas revu M. Sissoko depuis. (…) Je lui ai fait une ordonnance. »

    Il me semble, du point de vue sémantique, que le terme « feuilladent » aurait été plus adéquat.
    Simple précision de langage.
    En attendant votre prochain post.

  23. Opale Dit:

    Je VEUX te voir mimer le clou de girofle sinon je fais un caprice !
    Encore un superbe billet qui est tout simplement tellement toi, tellement eux…
    Et ces expressions « il commissure » , t’es géniale !
    J’aime celle que tu es, celle que je lis, celle que j’ai eu le plaisir de rencontrer !
    Bisous plein dame Jaddo :)

  24. Émilie Dit:

    Merci pour ce beau billet, qui m’a bien émue ce matin. et non, ce n’est absolument pas gnangnan, vu ta justesse de description des personnes, des situations et des émotions, ça ne verse jamais pas le larmoyant!
    comme d’autres lecteurs l’ont dit en commentaires, s’il te faut du temps pour nous livrer des textes comme celui-ci, je veux bien attendre longtemps! surtout qu’avec tes remarques, blagues et coups de gueule sur twitter, le temps passe plus vite!
    et en tant que patiente, je suis contente de lire des blogs de médecin, ça m’apprend des choses sur le « rôle » de patient et ça humanise les médecins. Comme le courant passe bien avec ma généraliste, j’aime bien l’imaginer avec des couettes, ça lui va bien!

  25. Phil Dit:

    jaddo, je t’aime :)

  26. Georges Zafran Dit:

    Hey ho ! l’engueulez pas trop ! moi ça fait 2ans que je n’ai pas écrit (oui, désolé, je me suis mis à Game of Thrones)
    En tout cas merci ! c’est très bien écrit, c’est vrai, c’est vivant, c’est concret, c’est la médecine à l’état pur.

  27. Loïs Dit:

    Qu’il est beau cet article, et que tu écris bien …
    Merci.

  28. Beatrix Dit:

    « Elle sert le sac contre son cœur » >>> elle serre, du verbe serrer, pas du verbe servir

  29. Plouf Dit:

    Ben, quoi ? Va le voir et dis lui, vous vous ferez du bien à tous les deux.

    Tu es un médecin de sa femme, tu lui as donné du temps et de l’attention, quelqu’un d’instruit et fort qui s’est intéressée à eux qu’on ne doit pas regarder souvent. Tu penses à eux même après tout ce temps et tu te déplaces, au lieu de l’oublier au milieu de tous tes autres patients de femme médecin importante.

    Tu vas le voir et tu lui dis ce que tu as écrit plus haut, pas plus : merci, c’est grâce à vous que je suis devenue médecin pour de vrai et il y a longtemps que je voulais vous le dire. Après, tu le laisses faire. Un mari dévoué et un père qui a élevé cette fille radieuse que tu as décrite ? tu verras s’il s’en fout…

    Un secret de marabout : pour avoir la lumière, il faut l’allumette et le grattoir ensemble. La lumière éclaire celle qui tient l’allumette et aussi celui qui tient le grattoir.
    Toute cette affaire t’encombre, et comme lui aussi vit dans le noir autant que tout le monde…

    Cette rencontre pourra même t’aider à trouver quoi faire des autres vieilles allumettes qui traînent dans ta poche. Et alors, peut-être que dans plein de plus tard, tu retourneras le voir pour ça aussi.

    S’il te plaît, arrête de te faire des noeuds au cerveau, Madame, va voir le monsieur.

  30. lebagage Dit:

    Merci de me faire pleurer au travail. C’est hyper bon pour ma crédibilitay.

  31. Gélule Dit:

    Ah tiens j’avais oublié pour l’eau gélifiée : ça existe en gros pot de poudre à mélanger avec de l’eau pour reconstituer soi-même son eau gélifiée, et du coup ça coûte moins cher que les petits pots déjà faits. Comme je savais pas si tu savais, je me dis, pour un.e prochain.e patient.e, qui sait…

  32. wain" Dit:

    Comme les autres : quel billet 100% Jaddo, les couettes se font rares ici mais qd elles pointent leurs élastiques, on sait pourquoi , inlassablement, on a guetté leur retour.

    PS : Georges, GaOfTh, ok, mais 2 ans!

  33. M.L. Dit:

    J’ai aussi une madame Sissoko que j’ai détesté rapidement. Elle a 55 ans et pendant des vacances en France chez son fils, on lui a découvert un énorme cancer du foie, de stade I, non opérable, mais traitable par chimio orale.
    Elle a passé des mois chez son fils, du coup, et on n’en pouvait plus, ni lui, ni moi, car elle se plaignait sans relâche. Et le traitement par chimio orale, eh bien, il marchait, c’était à peine croyable.
    Son fils a finalement réussi a se débarasser de sa mère, retour en Afrique. J’espère que personne de la CPAM lit, parce que c’est avec ma complicité. Tous les x mois, je fais (gratuitement, je précise) la feuilladent du médicament, et lui, il envoie les comprimés dans le lointain pays. Le traitement continue a marcher, c’est à peine croyable.
    A chaque feuilladent partie en Afrique, je reçois un cadeau. Des boucles d’oreille de marché africain qui se démontent au bout d’1/4 d’heure, des colliers qui craquent en 2 jours. Je garde tout bien précieusement. Un des plus beaux cadeaux, c’est un magnifique boubou rose vif et vert pâle, rebrodé, 10 fois ma taille. Je n’ose pas le mettre pour oonsulter.
    Ma madame Sissoko, je l’aime bien maintenant qu’elle est loin, qu’elle n’est plus à se lamenter dans mon bureau. Et puis madame Sissoko me fait de vrais cadeaux, des cadeaux qui ne servent à rien mais que l’on conserve , car ce sont des cadeaux de coeur.

  34. Ikalou Dit:

    Merci, pour me motiver dans mes études, pour me donner une ligne directrice, juste merci.

    Et moi aussi ce texte m’a beaucoup fait penser à La vie devant soi de Romain Gary… Et il m’a arraché une petite larme, et un grand sourire.
    À vous, à Momo, aux obèses diabétiques qui parlent mal français mais qu’on comprend avec le coeur.

  35. Caf Dit:

    <3 (yep, j'ai que ça à dire :) )

  36. Alexandra Dit:

    Tu m’as donné les larmes aux yeux… Je ne suis pas du tout dans le secteur médical, mais pendant mes études j’ai été l’équivalent d’aide soignante (sans diplôme !). Premier jour, répulsion. Deuxième semaine, on s’attache. Fin de l’été on pleure de les quitter.

  37. N Dit:

    Merci et bravo pour cette très belle histoire.
    Voilà. Plus qu’à se moucher et retourner à une activité normale…

  38. imbestnbeihs Dit:

    une découverte grâce à guy birenbaum! bravo, un plaisir d’émotions..

  39. Grr Dit:

    Contente de te relire. Ce post tombe a point: cette année, je suis allée à plusieurs enterrements de clients – les propriétaires de mes patients. Mes patients n’ont pas d’enterrements: un sac au congélateur ou un trou au fond du jardin. Et donc, je me posais la question: Est-ce que les soignants des humains vont aux enterrements de leurs patients? Est-ce que vous témoignez de votre attachement/tristesse par rapport au défunt et sa famille? Comment faites vous? Parce que moi, ces clients et patients ne me laissent pas indifférente.

  40. Fred Dit:

    Encore une belle petite claque dans la face…
    Merci pour tous ces moments.

  41. rifa Dit:

    Gros coup au coeur ce matin, l’écriture de jado qui vous prend aux tripes, moi médecin et fille d’une maman qui a débuté une maladie de Mme Sissoko, il y a un an …mal qui s’accélère à vitesse grand V: elle a 74 ans , comprend son état puis oublie, quelques éclairs dans ses yeux ,quand aprés une ou deux secondes , elle me reconnait…ma soeur qui s’épuise, mon père qui souffre et ne peux pas admettre, mon frère qui se met à distance et moi qui habite à 5 heures de route.
    La route sera pourtant longue pour elle , pour nous, pour comprendre qu’une autre réalité l’habite et que nous pourrons l’aider à vivre dans son monde à elle.
    Elle n’aura pas une jado à ses côtés…merci pourtant et pour tout,pour ce billet qui m’éclaire et me travaille déjà.

  42. Un lecteur Dit:

    J’ai eu un proche qui avait besoin de feuilladent.
    Sa famille n’a pas craqué parce qu’elle avait les moyens de payer une garde malade, parce que l’hôpital de la ville avait organisé un système de suivi pour les malades en « fin de vie » (quelque soit leur âge), parce que la famille (cousins-cousines) était grande et à beaucoup aidé.
    Je ne sais pas comment une famille qui n’aurait pas tous ces avantages aurait fait. Un proche qui plonge, ça demande une présence active 24h/24h, c’est du boulot à plein temps.
    Le jour de l’enterrement une partie du personnel soignant est venu et c’était bien vu: depuis le temps, ils faisaient partie de la famille.

    Pour l’eau gélifiée vendue 6€/jour, c’est du vol.
    Pour en faire chez soi, une astuce. Utiliser de la gélatine ou de l’agar agar. Ca se prépare dans une casserole, c’est facile à faire, ça se stocke au frigo.
    La gélatine et l’agar-agar se trouvent au supermarché, rayon pâtisserie, mais le prix est un peu élevé. Je crois que les pharmacie peuvent en vendre en grosse quantité à un prix plus raisonnable (volume oblige). Juste vérifier que c’est une qualité bonne pour l’alimentation. Echelle de prix (pour l’agar-agar): 70€/1kg soit de quoi préparer 500litres d’eau gélifiée.

  43. Docteurqueen Dit:

    Moi, Jaddo, j’adore… Depuis qu’on m’a acheté le bouquin. Y a 3 ans si je dois situer. Je me suis tout refait, le blog, les com… J’ai la page ouverte en permanence sur mon iPhone.
    Du coup, de temps en temps, je regarde, j’espère… Au boulot, dans le train, dans la voiture, à la pub, quand je fais pipi…
    8 février, pfffff…
    Tout a l’heure, j’étais chez moi, c’était pas la pub,
    9 octobre!!!!!!!!!!
    Oh yes!!!!!!
    J’ai planté mari et enfants, me suis enfermée dans ma chambre!
    Trop trop trop contente… Et soulagée de te retrouver! Trop jalouse de ceux qui te connaissent, y en a plein dis donc!
    Mais trop contente que la date ait changé sur ma page favorite!!!!
    Welcome back Jaddo !

  44. Emmêlage | Journal de bord d'une jeune médecin généraliste de Seine-Saint-Denis Dit:

    […] je lis le dernier billet de Jaddo , je pense qu’il faudrait que tous les étudiants en médecine le lisent . Quand on débat autour […]

  45. marie Dit:

    Il me semble qu’ un coup de fil de courtoisie à m. Syssoko aurait été bienvenu.

  46. Michel Dit:

    Jaddo,

    Je précise puisque vu d’autres commentaires c’est nécessaire : je ne suis ni amoureux ni en admiration.

    Juste il faut bien le dire : c’est magnifiquement écrit, même pour un non initié (ce sont les ordis que je soigne moi, pas les humains). Vous dites être devenue généraliste, je suis convaincu que c’est vrai, et que cela le restera tant que vous garderez cette empathie et cette approche qui est la votre.

    Merci de partager votre expérience. Et de le faire avec toutes les nuances humaines que vous transcrivez à merveille, et avec cette sincérité et ce génie dans la transmission de vos émotions.

    Michel.

  47. Charly Dit:

    Mme Jaddo,
    Je vous décerne le prix Nobel de la meilleure histoire que j’ai jamais entendu.

  48. Julie Dit:

    J’ai vu passer ce billet sur Twitter. Je l’ai lu, parce que j’ai confiance en la qualité des goûts de la personne qui l’a partagé. Je l’ai lu d’une traite, et j’ai enchaîné sur la lecture intégrale du blog.
    Sept ans, c’est long, et ça m’a pris peut-être trois jours pour parcourir ces délicieux billets. Je ne sais pas quoi dire ; j’ai l’impression d’avoir à nouveau foi en l’humanité et un peu, d’avoir raté une carrière de médecin. Donc je ferai court : merci.

  49. Lady Dit:

    Quelle plume ! quelle honnêteté ! quelle lucidité !

  50. emeric prof APA Dit:

    J’ai aperçu le début de l’histoire sur FB,
    Je suis passé par tous les états en lisant votre texte, travaillant en rééducation, on reconnaît forcément des patients, des familles, des aidants qui font tout pour une personne qui leur est chère !
    Un excellent moment de médecine :)

  51. mari Dit:

    la feuilladent est une expression qui restera longtemps dans ma mémoire. je découvre votre blog grâce à cet article et je vais m’empresser de lire les autres. Vous possédez une magnifique écriture.

  52. Patrice Dit:

    Bravo Jaddo.
    Je regarde de temps en temps si un texte arrive, et là bingo, du lourd. Un vrai regard sur la médecine générale. Merci. Tous mes internes/externes entendent parler de toi : pour moi, c’est un test pour voir leur ouverture à la MG. Continue, à ton rythme bien sûr et régale nous.

  53. Tanit Dit:

    Ça valait le coup de prendre son temps et de lire l’histoire, Merci.

  54. JL Dit:

    Merci pour ce témoignage de vie, la tienne et celle des autres.

  55. cardiologue de brousse Dit:

    accompagner dans la durée,épauler,réconforter, parfois soigner…
    c’est bellement raconté,

    mais les madames sissoko ne sont pas l’apanage des généralistes, nous avons les nôtres, insuffisantes cardiaques ou coronariennes qu’on a pris en route en s’installant et qui vieillissent  »tranquillement » avec nous tellement bien qu’on finit par se demander si ce n’est pas nous qui sommes leur patient (!)

    si peu qu’on se retrouve de l’autre côté du miroir…

    quelques courriers de la part de la famille, reçus après le décès de quelques madames sissoko, nous font toucher du doigt pourquoi  »aussi » on fait ce métier, mais elles ne remplissent pas un tiroir de médecin, fut il en secteur 1

    ravi de t’avoir relu en tout cas.

  56. Jak Dit:

    Juste un truc : l’eau gélifiée peut être avantageusement remplacée par un yaourt nature. De rien.

  57. Medicine Men Dit:

    Un matin, vers 4 heures, son infirmière me réveille :  » Votre frère vous demande. – Il se sent mal ?  » Elle ne répond rien. Je m’habille en hâte et rejoins mon frère. Il me dit d’une voix ordinaire :  » Je voulais te parler avant de mourir. Je vais mourir.  » Une crise nerveuse le crispe et le fait taire. Durant la crise, il fait  » non  » de la main. Et je ne comprends pas le geste. J’imagine que l’enfant refuse la mort. Mais, l’accalmie venue, il m’explique :  » Ne t’effraie pas… je ne souffre pas. Je n’ai pas mal. Je ne peux pas m’en empêcher. C’ est mon corps.  » Son corps, territoire étranger, déjà autre. Mais il désire être sérieux, ce jeune frère qui succombera dans vingt minutes. Il éprouve le besoin pressant de se déléguer dans son héritage. Il me dit :  » Je voudrais faire mon testament…  » Il rougit, il est fier, bien sûr, d’ agir en homme. S’il était constructeur de tours, il me confierait sa tour à bâtir. S’il était père, il me confierait son fils à instruire. S’il était pilote d’avion de guerre, il me confierait les papiers de bord. Mais il n’est qu’un enfant. Il ne confie qu’un moteur à vapeur, une bicyclette et une carabine. On ne meurt pas. On s’imaginait craindre la mort : on craint l’inattendu, l’explosion, on se craint soi-même. La mort ? Non. Il n’est plus de mort quand on la rencontre. Mon frère m’a dit :  » N’oublie pas d’écrire tout ça…  »

    Antoine de Saint-Exupéry

  58. Anne Dit:

    Toujours un plaisir de voir que tu as écrit un nouveau texte…
    Un moment d’émotion, un petit bonheur que je savoure d’avance
    MERCI !

  59. Embryon médical Dit:

    Merci pour cette histoire, je l’ai trouvé magnifique, comme toutes les autres d’ailleurs, mais celle la plus particulièrement. Te lire me donne envie d’être médecin généraliste, je ne suis qu’au début de mon externat mais je sais que ce métier ne se limite pas qu’aux « on dit ». Alors merci :)

  60. carnot Dit:

    un vrai bonheur votre blog. Merci pour ce regard à la fois humain, professionnel et drôle!
    Pour confronter/compléter/ouvrir vers un autre type de présence auprès des malades:
    http://www.vivantsensemble.com

  61. Simple patiente Dit:

    Bonjour,
    Je n’ai jamais aimé les médecins. Puis j’ai découvert ce blog. Un bonheur. Je l’ai dévoré en quelques jours. Et j’ai eu espoir à nouveau. Je me suis dit qu’il existe encore des médecins que souhaitent créer une belle relation médecin-patient.
    Du coup j’ai décidé de retourner chez le médecin, une nouvelle, et j’ai eu la chance de tomber sur une femme avec qui le contact est très bien passé. Je me plais à penser que c’est peut-être vous.
    En tout cas merci à vous d’avoir réussi l’exploit de croire à nouveau qu’il était possible de bien aimer son médecin.
    Et bien sûr j’adore votre plume. Par contre il va falloir arrêter de me faire pleurer au boulot maintenant !

  62. Renarde Dit:

    pffff tu racontes trop bien les choses

  63. pascal Dit:

    Ce blog est pas mal …mais bon, de plus en plus de médecins crées des blog similaires, j’ai l’impression que çà devient une sorte de mode.. il y a des tas d’histoires à lire, touchantes parfois, mais qui se ressemblent finalement la plupart du temps.
    Au final, c’est sympa de temps en temps, sinon à force, ont fait une indigestion.

  64. cardiologue de brousse Dit:

    putain, vous savez quoi ?!

    Grange Blanche arrête son Blog !!!!!!

    sale temps pour la cardio…

    PS : hé! Pascal, prends une dragée FUCA ça ira mieux…

  65. Marty Coogly Dit:

    Hahaha très bonne blague du cardiologue de brousse

  66. cardiologue de brousse Dit:

    non c’est vrai… Grange Blanche arrête son Blog !

  67. pascal Dit:

    « il faut savoir s’arrêter avant de ne poursuivre que par habitude » grange blanche le dit d’une façon plus élégante que moi, je dois le reconnaitre.
    Faut pas s’acharner ,surtout quand ce qui a été fait sur le blog était super !

  68. Priska Dit:

    « Y faut bien rire, si on peut pas pleurer. »
    Merci Monsieur Sissoko, merci Jaddo.

  69. Flo Dit:

    Je lis plus ton blog, parce que je sais que je me fais du mal à actualiser. Puis de temps en temps, quand même, je vérifie. Et j’ai des belles surprises.

  70. Aujourd'hui en France Magazine : les 30 blogueurs influents - SPECIAL MODESPECIAL MODE Dit:

    […] Mo pour un public qui aime la justice – Maître Eolas le journal d’un avocat- Jaddo qui nous content les histoires d’une généraliste- Damonx qui parle de jeux […]

  71. doc.plancher Dit:

    ben mince , je l’avais raté à force de l’attendre celui là.C’est mon petit cadeau de noel à peine en avance ,il brouille un peu les yeux, mais sonne tellement juste.Dis jado , tu crois qu’elle te lit marisol?
    Bonnes fètes

  72. Gaëlle Dit:

    Bonjour Jaddo,
    je découvre ton blog depuis hier et je ne le lâche plus!
    En tant qu’orthophoniste, je me permets de t’apporter ma petite contribution en te disant qu’on trouve très facilement sur internet des recettes d’eau gélifie à faire soi-même. C’est beaucoup moins cher et si tu as d’autres patients qui n’ont pas les moyens c’est bon à savoir.
    Voilà voilà! Je vais continuer ma lecture…

  73. Ari Dit:

    Génial

  74. Schuffi Dit:

    Recette :
    Pour fabriquer de l’eau gélifié pas cher :
    16 g de gélatine alimentaire en feuille par litre d’eau soit 8 feuilles de 2 g, aromatisation possible avec du sirop ( menthe, grenadine, citron, etc…)
    Mettre les feuilles à fondre dans de l’eau froide.
    Mélanger l’eau + sirop, en prélever une partie et le mettre à chauffer légèrement dans une casserole. Y ajouter la gélatine fondue et le reste du mélange froid. Répartir dans des ramequins en verre ou plastique jetables. Laisser 2h au froid.
    Préparation fragile sur le plan bactériologique, à conserver filmée avec du film alimentaire au froid et à consommer dans un délai de 24 h .
    L’eau peut être remplacée par tout autre boisson telle que lait, thé, café, bouillons de légumes froids.
    Trop tard pour mme Sissoko mais pour les autres …

  75. Ronald Dit:

    Chère Jaddo,

    Je lis régulièrement votre blog. Comme tous les autres, votre article est superbe. Je voulais juste préciser un point clinique. Mme Sissoko ne présentait sans doute pas une maladie d’Alzheimer, la symptomatologie étant assez atypique pour cela. Il s’agit vraisemblablement plutôt d’une démence fronto-temporale : l’âge correspond (60 ans avec une maladie déjà avancée est très tôt pour un Alzheimer), les problèmes de langage sont très marqués, alors que la mémoire semble plus préservée (elle se souvient de vous comme docteur semble-t-il), il y a un comportement désinhibé de manipulation des objets de votre bureau, des perturbations émotionnelles (fous-rires inappropriés) et la consommations d’éléments non comestibles (phénomène reconnu dans les démences fronto-temporales, mais que je n’ai jamais vu dans une maladie d ‘Alzheimer). Voilà bon, ça ne change pas grand-chose maintenant, c’est juste que l’histoire me semblait assez typique. A noter tout de même que contrairement à la maladie d’Alzheimer, la démence fronto-temporale a un caractère héréditaire dans 30 % des cas.

    Bien cordialement.

    Ronald

  76. Esthetique Contact Dit:

    Belle histoire, très bien écrite et « feuilladent » nouvelle expression à apprendre!

  77. Simon Dit:

    Ta parole sur ce blog se fait rare. On attend des mois, on râle, un peu. Mais pourquoi ce petit truc que tu twittes tu n’en as pas parlé sur le blog ? Mais non c’était pas trop petit, trop léger pour un billet.

  78. Doc Junior Dit:

    7 ans avant d’écrire ce billet ? Ça valait le coup d’attendre…

    Chère Jaddo, il y a quelques mois de ça je découvrais ce blog. Que j’ai savouré petit à petit, article par article. Et je ne regrette pas ! J’adore toutes tes histoires, touchantes et bien amenées. J’adore ton style d’écriture bien qu’il soit complètement opposé au miens.

    Je voulais te remercier pour ton blog génialissime !
    Et j’attends avec hâte le prochain billet !

  79. medicine men Dit:

    Ca va la lèche Junior ??

  80. docari Dit:

    chere jaddo

    je connais bien mme Sissoko
    et comme j’en avais marre de passer 100 coup de fil pour son hospi de repit, que j’en avais marre de retrouvé mme sissoko pleine d’escarre apres cette hospi de repit parce que mme sissoko est trop grosse a tournée pour faire la prevention d’escarre ou que que le matelas anti escarre avait du se degonfler, j’ai arreté les hospi mais sont venu les pneumopathies de déglutition et mince l’eau gelifiée est trop chere. alors j’ai trouvé une recette pour en faire beaucoup moins chere avec de l’agar agar.. avec un peu de citron ou de menthe mme sissoko a retrouvé un beau sourire sans dent.
    a toute fin utile, meme si ma mme sissoko est morte aussi et que je n’ai jamais revue M sissoko.
    c’est bon de ne pas se sentir seule merci de tes recits

  81. miroirdesports Dit:

    Bonjour

    j adore vos histoires de feuilladent. Je

    çà me rappelle une histoire de feuilles. Je repasse ce mercredi pour vous raconter cela.

  82. Alwosta Dit:

    Quelle plume ! quelle honnêteté ! quelle lucidité !

  83. Ginseng Tunisie Dit:

    Ta parole sur ce blog se fait rare. On attend des mois, on râle, un peu. Mais pourquoi ce petit truc que tu twittes tu n’en as pas parlé sur le blog ? Mais non c’était pas trop petit, trop léger pour un billet.

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