Rendez-moi ma bouée.
21 mars, 2009
Les gens s’étonnent souvent de voir que les médecins ne sont pas toujours d’accord entre eux.
Deux conduites à tenir, deux traitements et deux discours face à une même plainte, à un même diagnostic, c’est troublant.
Mais c’est que la médecine n’est pas un long fleuve de jolies petites cases tranquilles.
Les situations clairement codifiées et unanimes, celles devant lesquelles n’importe quel médecin, de n’importe où et de n’importe quel âge, ferait exactement la même chose que son copain d’à côté sont exceptionnelles.
Mieux, les situations clairement codifiées devant lesquelles tous les médecins devraient faire la même choses sont exceptionnelles.
Pour le reste, il y a de vagues directions à prendre, quelques chenaux flous, de fausses cases aux bords hachurés qui se superposent, et beaucoup de conviction intime.
Il reste quelques îlots bien nets d’interdictions formelles, de conneries universelles, de bêtises indémodables, dont on sait néanmoins qu’elles se démoderont peut-être un jour. (Demandez à vos grands-parents qu’on a couchés sur le ventre…)
Et, entre eux, on navigue à l’envie, comme on peut, de phares bancals en phares en ruines.
Prenons mes supers copains les anti-hypertenseurs, par exemple.
L’hypertension, on se dit que bon, quand même, c’est archi connu, archi fréquent, et que ça doit être sacrément balisé en belles étapes codifiées.
Vous me voyez venir, et je vous le confirme en lançant ce cri : « Que nenni ! »
C’est la foire.
Pour avoir une idée des meilleures molécules, des meilleures indications (pour quels types de patients donner quels types de médicaments ?), des meilleures associations, et de ce qu’on va écrire, à la fin, sur notre foutue page blanche d’ordonnancier, de la pointe de notre bic assuré, il y a des centaines d’études qui s’accumulent, se contredisent, se révèlent parfois fausses, biaisées, corrompues, incomplètes, se révèlent parfois étouffées quand elles disent des choses qui dérangent les porte-monnaies.
On essaie de faire le tri, de revenir aux bases, aux consensus visiblement admis.
Qui nous disent, par exemple, que pour un patient lambda, sans profil particulier, sans autres maladies interférentes, on peut choisir indifféremment une molécule dans n’importe lequel des cinq grands groupes de médicaments.
Super fastoche.
Mais heu, là, là maintenant tout de suite, avec Monsieur Tendu en face de moi qui fixe mon bic, je prends lequel ?
Et dans le groupe, une fois que je l’aurai choisi dieu sait comment, je prends quelle molécule ?
Et une fois que j’aurai choisi la molécule, je prends quel médicament ? (Parce que oui, parfois, il y a plusieurs médicaments pour une même molécule, avec pour chaque médicament une fille en mini-jupe qui essaie de vous convaincre deux fois par trimestre que c’est elle qui a la plus courte. )
Ne vous étonnez plus que les médecins aiment les cases, elles sont trop rares.
Le médecin de base rêve de cases, fantasme sur les algorithmes et se masturbe sur les arbres décisionnels.
Il y a dans cette inondation d’informations une double complexité, et on patauge dans un fleuve à deux affluents : celui des informations validées et fiables, déjà trop nombreuses, et celui des informations biaisées, des fausses véritées perverties et des propagandes laborantesques.
L’idéal voudrait donc que le médecin vérifie chaque information, la reprenne à sa racine, la critique, avant de l’intégrer, ou pas, à sa pratique.
Or, et c’est une vérité à peu près prouvée de source sûre et sans conflit d’intêret, les journées n’ont que vingt-quatre heures.
Il faut donc mettre en place des stratégies alternatives.
L’une d’elle est de ne pas chercher à valider chaque information individuellement, mais de trouver quelques sources fiables d’informations, et de formation.
De gens en qui ont a foi, dont on partage la vision des choses, à qui on confierait notre grand-mère. Et on se forge notre petit catalogue de Dieux De la Délivrance. En trois D et en un clin d’oeil.
Je la trouve payante, reposante, et c’est celle que j’applique.
Sous mes manichéennes couettes, je range l’information « Eux Gentils. Eux Copains. Eux dire bonnes choses. ».
Information qui implique dans mes manichéens neurones : « Moi pouvoir faire quoi eux disent, les yeux presques fermés. »
Mon meilleur copain que j’ai, c’est bien sûr Prescrire. J’y ai été abonnée avant même de savoir nouer mes couettes.
Bénis soient-ils.
Sans Prescrire, point de salut.
Amen.
Pour les quatre du fond qui débarquent, Prescrire, c’est LA revue médicale française sans pubs de l’industrie pharmaceutique, qui livre une guerre permanente aux conflits d’intêret et aux dealers d’opinion.
En plus, ça m’arrange drôlement, parce que c’est vachement plus simple de retenir la médecine de Prescrire.
Comme, en caricaturant à peine, ils disent que 90% des médicaments sont des bouses au mieux inutiles, au pire nocives, ça nous en laisse 10% pour soigner, et c’est ça de gagné pour ma mémoire.
Une autre de mes source, loin, loin en aval, certes, mais quand même, c’était les recommandations de la HAS.
La Haute Autorité de Santé.
Reprenons ensemble l’impressionnante formulation, ô combien savoureuse pour un médecin barboteur en manque de cases, en décomposant bien les mots :
> Haute
> Autorité
> de Santé
> Qui fait des Recommandations
Autant dire qu’avec un pedigree pareil, on peut s’autoriser à se poser le cul dans la belle et bien flottante bouée des recommandations, et y attendre sereinement le déluge.
- « C’est ce que la Haute Autorité de Santé recommande, Madame ! »
- « Ah, bon, ok, d’accord ! »
Et soudain, c’est le naufrage.
Le Formindep, qui serait mon encore-plus-meilleur copain que Prescrire s’il s’occupait aussi de me dire quoi faire en jolies recommandations, au lieu de seulement dénoncer ceux qui le font mal, annonce ce qu’on soupçonnait déjà en voyant les glitazones en bonne place dans les recommandations diabète, mais qu’on faisait semblant de ne pas vraiment voir tant il était intellectuellement et jurisprudencellement reposant de s’en remettre à la Haaaaute Autoritééééé de Santééééé, le Formindep l’annonce, disais-je donc avant de m’ensabler dans les méandres sournois de mes aigreurs égarées entre deux virgules si éloignées du début de ma phrase que voila-t-il pas que je ne sais plus de quoi je cause ((c) Desproges), avec des arguments fermes et détaillés : ça dessous-de-table ferme par là-haut aussi.
Autant dire qu’avec un pedigree pareil, on peut s’autoriser à se poser le cul dans la belle et bien flottante bouée des recommandations, et y déposer un serein étron, avant de repartir vaquer à d’autres plus instructives instructions.
Me voilà donc contrainte de rétrograder la très hââute, du neurone :
- « Eux pas forcément au top du top de l’EBM, mais eux pas dire de trop énormes conneries, et eux écoutables si moi avoir pas meilleure source sous la main »
à celui de :
- « Moi pas pouvoir savoir si grosse connerie ou pas, donc moi pas faire. ».
Hop, un gué de moins dans mon fleuve.
Rendez-moi ma bouée.
PS : Docteur Coq ? Tu me prêterais Jak le temps de me dessiner une miss à Couettes surnageant péniblement au milieu de sa bouée « Prescrire » dans un fleuve rempli de piranhas-Diantalvic-Art50-Acomplia-Vioxx-Champix-Pseudoephédrine, et bataillant pour une bouée « HAS » contre une sirène en mini-jupe ?
Merci d’avance. Bisous.
21 mars, 2009 à 0:21
Tiens cest drôle, j’attrape au vol un article tout juste écrit (privilège du 1er com!) et il est daté de demain, bon je sais, il est 23h18, mais quand même.
D’où écris-tu Rrr, de la quatrième dimension en avance d’une heure?
21 mars, 2009 à 1:06
lemonde.fr
Un « Dr Madoff » de la pharmacie
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/03/20/un-dr-madoff-de-la-pharmacie_1170578_3244.html
21 mars, 2009 à 1:30
Et du coup qu’est ce donc qui est la mode en ce moment? coucher les bébés sur le ventre ou sur le dos?
Pour le reste, bon courage, moi je contente de croire ce que me dit mon médecin (sans couettes mais avec des bouts d »humain à l’intérieur d’elle).
21 mars, 2009 à 2:13
Tu a fais un magnifique labsus (ou est-ce volontaire ?) en parlant de « dealers » d’opinions.
C’est pour moi un plaisir de te lire. Ça me fait un bien fou, t’as pas idée.
21 mars, 2009 à 3:43
allez allez, Prescrire répond à toutes tes interrogations au sujet des antihypertenseurs !
la règle n°1 c’est prescrire en DCI
la règle n°2 : diurétiques en 1ère intention, et seul l’hydrochlorothiazide est disponible en France
la règle n°3 : si on doit prescrire un autre hypertenseur, choisir dans les différentes classes ceux qui ont démontré une diminution de la morbi-mortalité (peu nombreux …)
relis le N° de mars 08 et exorcise-toi des mini-jupes ;-)
quand aux recommandations de l’HAS, Prescrire les étudie à la loupe également, tu peux donc conserver les rares qui sont marquées de leur sceau
Amen.
bon ben j’attend avec impatience le dessin de Jak :-) c’est qu’il fut un temps où je prescrivais larga manu diantalvic, art50 et pseudoephedrine :-o
21 mars, 2009 à 8:47
j’suis assez prêteur, mais pas propriétaire… J’y transmet ton papier; je sais seulement qu’il a beaucoup beaucoup de demandes et pratique assez peu la saillie extra conjugale. Tu verras si tes couettes l’excitent…
Pour info, rarement je lui ai demandé un dessin que j’avais pensé moi-même, et c’est toujours très décevant, au début du moins tant j’avais imaginé le décors et tous les détails… Au bout d’une demi-journée, je me dis à chaque fois que c’est beaucoup mieux comme il a pensé lui-même le truc.
Le Jak est un animal sauvage qui n’en fait qu’à sa tête et c’est tant mieux.
beau papier en tout cas, encore une fois…
bisous
21 mars, 2009 à 9:02
Bonjour, bonjour,
Oh mais non non non !
Non, c’était juste parce que l’image m’avait traversé la tête et que je la trouvais rigolote, et que je voulais vous la faire imaginer aussi.
Le coup du Coq et du Jak, c’était pour le clin d’oeil ;)
C’était pas une vraie demande de vrai prêtage :)
21 mars, 2009 à 10:08
Dur de faire de la médecine complètement sereinement avec toutes ces recommandations, tous ces scandales, tous ces conflits d’intérêt!
Parfois il faut voir les effets secondaires de visu pour se faire une opinion et c’est très dommage d’en arriver là pour les patients.
21 mars, 2009 à 11:09
Bonjour JADDO,
je te présente mes plus sincères excuses concernant l’instabilité dans laquelle tu te trouves plongée en découvrant que décidément, on ne peut plus faire confiance à personne, et surtout pas aux autorités, alors que, oui franchement, face à la difficulté de soigner, des planches pour se raccrocher, on en a foutrement besoin.
Je ne sais pas quoi te dire pour te consoler, sinon que pour moi aussi, depuis que j’anime le Formindep, je tombe de désillusions en désillusions et que plus j’avance dans la connaissance des mécanismes qui régissent l’information et plus je me trouve déstabilisé et de plus en plus conscient que, comme le disait l’autre (je n’aurais pas la pédanterie de nommer ce philosophe grec) « la seule chose que je sais c’est que je ne sais rien ».
Evidemment, en arriver à cette seule certitude de son ignorance, alors qu’aux yeux de soi-même (on en a fait des études pour ça) et des autres, se retrouver affublé du titre de docteur, ça veut dire par définition qu’on est savant (de Marseille), ce n’est vraiment pas une position confortable, et je la partage.
Mais c’est ainsi. Là où moi j’ai mis près de 50 ans à réaliser mon ignorance, et celle des autres, toi il t’en aura fallu, grâce au Formindep, beaucoup moins. Tu ne peux pas savoir le temps que tu vas gagner et le service que tu te rends à toi-même et à tes patients.
Celui de la connaissance de ses limites, de la modestie et de l’humilité.
Maintenant, toi et moi, pouvons mettre sur nos plaques que nous sommes les docteurs les plus humbles du monde, ayant pris conscience de nos limites.
Heu, je m’arrête là, parce que l’humilité étant la seule qualité qui disparaît dès qu’on sait qu’on la possède, je pense que l’on arrive à une aporie, signe encore de notre incapacité.
Pour résumer ma pensée, je dirais que quand je vois ce que je vois et que j’entends ce que j’entends, je ne regrette pas de penser ce que je pense.
Je pense que tu ne pourras que partager cette analyse.
A quand ta cotisation au Formindep ? ;-)
Amicalement.
21 mars, 2009 à 11:35
Je compatis pleinement.
J’ai connu un médecin qui faisait ses propres expériences:
« Tu m’as l’air dépressif, tiens, essaie ce médicament, c’est nouveau et chez plein de gens ça fait des miracles. »
Et puis quand 3 jours après, on maudit le médecin au téléphone parce que le médoc en question nous a rendu malade, il répond:
« Ah, toi aussi, ça me rassure, je ne suis pas le seul. »
Quant à l’affirmation:
« Ne vous étonnez plus que les médecins aiment les cases, elles sont trop rares.
Le médecin de base rêve de cases, fantasme sur les algoryhtmes et se masturbe sur les arbres décisionnels. »
Une amie fournit la preuve du contraire: http://www.ophiuchus.org/flore/index/2007/11/15/191-les-medecins-et-les-cases-a-cocher
21 mars, 2009 à 11:57
coucou jaddo,
en tant qu’étudiante, je dois malheureusement me contenter d’apprendre les recommandations officielles même si des fois… y a des choses bizarres… on apprend à décrypter un peu ça en LCA, mais c’est pas assez… bref, je verrai après l’ENC pour me sortir de ma mouton-attitude (oui paske je veux avoir une bonne note donc je vais éviter de me la jouer rebelle !!)
sinon une petite question : en tant que remplaçante, tu essayes de prescrire au mieux, mais c’est pas frustrant de se dire que le médecin « officiel » peut casser ta prescription à tout moment ?
et vive les couettes !!!!!!
21 mars, 2009 à 13:41
Des démarcheuses en mini jupes? Ben quoi, sont pas fichus de faire de la personnalisation et de présenter aux médecins femmes des Appolon au regards de braise et à la lippe boudeuse, des dieux du stade à la musculature saillante à peine dévoilée par une chemise en soie sauvage, des Bruce Wayne polis et glaciaux qui mettent en pamoison nos émois féminins?
Excusez moi, je m’égare.. ;)
Mais ils devraient faire un effort quand même..
Bonne journée
21 mars, 2009 à 15:49
»LA » phrase choc des walkyries en jupettes ( en baissant lentement leur visuel pour que je mate avantageusement leur décolleté affriolant…):
»…essayer le donc ( le médoc bien sûr ! )Docteur, pour vous faire une idée… »
comme si à l’échelon individuel je pouvais faire mieux que les grands Professeurs qui ont tellement étudié et dit de bien sur LEUR molécule ?
comme si j’essaie les médicaments comme les paires de chaussures…
alors quoi ?
des règles simples :
1/ vérifier la réalité de l’HTA par MAPA ( assez souvent )et si possible en dehors de tout traitement
2/si confirmé, l’intégrer au »risque cardio-vasculaire global du patient » ( la prise en charge ne va pas être la même entre l’hypertendu jeune diabètique fumeur et l’octogénaire alerte asymptômatique )
3/ débuter empiriquement par une classe de son choix ( Hé oui, trou trou am stram gram …)en essayant quand même de coller aux autres pathologies cardio-vasculaires associées si elles existent ( bloqueurs du SRAA si insuffisance cardiaque, bêta- bloquants si coronaropathie, bloqueurs du SRAA chez le diabétique etc…)
4/ les thiazidiques en monothérapie de première intention ne me paraissent pas forcemment les plus adaptés, mais bon why not ?
5/ ne pas hésiter à passer rapidemnt à des bi-thérapies SYNERGIQUES ( BB/ anticalciques , bloqueurs du SRAA/ anti-calciques , thiazidiques/bloqueurs du SRAA )
6/ ne pas jeter la vieille règle qui dit qu’une tri-thérapie anti-hypertensive se DOIT de comporter un diurétique ( en général thiazidique, et non du furosémide comme on le voit trop )
7/ refaire une MAPA sous traitement si cette » FICHUE TENSION » ( comme la nomme 9 patient sur 10 ) ne VEUT pas baisser ( quelle salope !) avant de changer quoi que ce soit ( 3 fois sur 4 la fichue tension est parfaitement corrigée )
8/ respecter les contre-indications, toujours croire le patient sur les effets secondaires même si on n’y croit pas et changer le produit, car l’OBSERVANCE est la clé du succès à long terme
9/ ne pas oublier que l’HTA est de nos jours un FACTEUR de RISQUE plus qu’une MALADIE, et que l’urgence hypertensive- la vraie- ,les HTA secondaires sont rares ( mais à ne pas négliger bien sûr ! )
10/ …et j’arrête là car j’ai comme l’impression que je vous gonfle sévère depuis le 3/ avec mes 10 »commandements »
TOUT ça pour dire que l’on est tout à fait autorisé,et qu’il est tout à fait possible, à mon sens, de faire sa petite cuisine tout en respectant les GRANDES LIGNES des recommandations HAS
merci de m’avoir lu jusqu’au bout !
21 mars, 2009 à 15:51
PS, si t’as pas de bouée,Rrr, apprends donc à nager…
21 mars, 2009 à 17:24
Et bien,
Joli billet. J’me disait bien que les étudiants infirmiers qui piquent de l’avlocardyl pour les MSP n’étaient par les premiers… mais un médecin qui vole de la drogue.
J’ai repensé ensuite à la légende urbaine qui court dans les IFSI (et ailleurs) sur les étudiants en médecine qui partent tous au moins une semaine dans le larzac pour sodomiser des chèvres et je me suis dis que la dame aux couettes ne pouvait de toute façon pas être si innocente que ça !
Et c’est pas de la curiosité malsaine mais, j’serai quand même super curieux de savoir ce qui vous passait par la tête/ écoutiez/ faisiez/ pensiez etc quand vous avez écrit le paragraphe commençant par: » Le Formindep, qui serait mon encore-plus-meilleur copain « … ouch.
Après l’avoir lu deux fois, j’me suis dis que c’était vachement plus drôle de pas le comprendre entièrement, et du coup, le billet est encore plus sympathique !
Et merci pour le site « Formindep », n’étant « sue » IDE je ne suis pas sûr qu’il me serve des masses ni que j’en tire ce qu’il y a à en tirer mais… à voir !
21 mars, 2009 à 20:16
Cadeau pour les mots de patient, je viens de lire sur un site de patients la « carence en fer féérique ». Ca me fait réver :)
A Tam: je suis pas rempla, mais interne de MG en stage en libéral, et donc parfois seul. Et j’en avale des couleuvres… Mon maitre de stage a une tendance à antibioter tous les nez qui coulent, alors si c’est une première fois je résiste, mais quand je vois dans le carnet de santé qu’à chaque coup il y a eu une prescription, et bien je prescris aussi. Je me dis que si je ne le fais pas le patient va penser que je suis mauvais, et que si je justifie ma non prescription, dans ce cas c’est mon maitre de stage qui est désavoué.
Alors je me dis que quand j’aurai ma patientèle à moi, je l’éduquerai bien, et qu’ensemble on fera une meilleure médecine. Mais que pour le moment, je dois faire abstraction.
21 mars, 2009 à 20:23
Oh et en relisant cardio de brousse, j’ai envie de rajouter que je renouvelle également avec horreur mais docilité les ignobles prescriptions de Furosémide introduits pour hypertension… Je pense à la liberté que m’autorisera ma future plaque, ça me permet d’avoir moins mal en signant.
21 mars, 2009 à 20:57
Bon ben voilà. Ce qui devait arriver arriva, et me voici avec un article qui dit tout pareil, le même jour, mais en vachement moins bien… Les couettes, ça a décidément plus la classe que les bouclettes, va falloir que je m’y fasse !
Ceci dit, j’ai encore du mal quand je lis « Amen et Béni soit Prescrire » qui surgit de tous ces claviers de lecteurs endurcis… mais faut m’excuser, je viens d’une famille de pasteurs protestants où on j’ai grandi avec la règle « On n’adore que Dieu », alors forcément je vous vois comme des fanatiques que vous n’êtes dans doute pas!
Vivement l’après-internat, que je puisse apprendre à nager dans ce long fleuve pas tranquille, tiens…
21 mars, 2009 à 20:58
Ce que décrit Jeep sur remplacement/nez qui coule/antibio on l’ »a tous fait » et je trouve ça proprement dramatique. Ce blog est l’occasion pour un nombre certain d’entre nous de se lacher un peu et de déballer des choses « inavouables », ce sur quoi je n’ai pas encore d’opinion définitive puisque j’ai une certaine conception du secret médical, ingrédient pour moi primal de l’Etiquette de mon art et métier de médecin.
Cependant, tant les récits de l’Hôtesse que ceux et les commentaires des aficionados projettent des anicroches dont je ne saurais accepter de prime abord qu’on me convainque qu’elles ne sont pas si graves qu’elles m’apparaissent .
Je souhaiterais m’exprimer davantage à ce sujet mais loin de vouloir m’épandre, j’invite qui le veut bien à proposer ses idées
21 mars, 2009 à 21:19
tiens c’est marrant je viens juste de poster sur un sujet similaire là
http://docteur-coq.over-blog.com/article-28480286-6.html#comment39292696
rigolo ça !
21 mars, 2009 à 22:28
Tiens ! C’est marrant ! Quasiment en même temps ! http://leblogdudocteurv.blogspot.com/2009/03/les-recodu-ventre.html
Rassurez vous les jeunes ! On peut bouffer et même bien vivre en faisant la « médecine de Prescrire ». Ne nous gâchez pas l’avenir en faisant la médecine des vieux cons.
23 mars, 2009 à 13:50
C’est bien tout ça…
Je suis abonnée à Prescrire… mais, sincèrement « abonnée » ne veut pas forcément dire « lectrice assidue »…
Souvent je trouve leurs conclusions trop brutales et tranchées, les articles y sont trop éloignés de ma pratique et traitent surtout de produits que je n’utilise jamais. Bref, je survole le numéro, je lis les trucs qui me parlent (rare) et je classe le journal avec les autres en pensant que, peut être qu’un jour, j’en aurai besoin… Ya de ces piles chez moi !!!
Mais je vais en formation, souvent. J’en prépare, j’en anime et je ne reçois plus les labos.
23 mars, 2009 à 17:46
tiens, c’est marrant, je me souviens encore de la tête du CCA qui voulait me prescrire du célébrex ( qui venait d’être mis sur le marché français ) pour une tendinite d’épaule à qui , jeune externe alors, j’avais répondu façon petite-souris » c’est gentil, mais non merci … »
ps Pascale, si tu veux bien me prêter qq numéros pour que je me fasse une idée … ( non, je plaisante … quoique, si tu es phocéenne … )
re ps : je limite les labo à 2/semaine et 50% d’entre eux sont des hommes !
23 mars, 2009 à 21:08
tiens, au fait, … ça gagne combien un pharmacien?
23 mars, 2009 à 21:12
Mon patron gagne 15 000 euros par mois, je gagne 2000 en tant qu’employée.
24 mars, 2009 à 0:06
Parce que, tu fais semblant ou t’es naturellement con ?
24 mars, 2009 à 0:09
Tu changes de page par plaisir ?
26 mars, 2009 à 23:12
(rien à voir : vide ta boite GZ)
27 mars, 2009 à 0:32
Bin c’est fait, mais j’ai eu super du mal !
27 mars, 2009 à 21:42
Ce blog va finir de me convaincre que je peux m’installer…
Déjà je découvre que d autres pensent ce que je pense, et ça fait vraiment du bien…En plus, je vois que des Dr V. peuvent dire que l’on peut bosser avec la Prescrire attitude….
Un jour alors , peut être…..Enfin, si les politiques se calment un peu , coté « je t’esclavagise parce que t es médecin et t’as qu’a morfler »…
30 mars, 2009 à 1:17
« algorithmes » bordel pas « algoryhtmes ».
(Sinon c’est bien – continue)
30 mars, 2009 à 1:21
Oh mon dieu merci !! oO
Je ne savais pas.
8 avril, 2009 à 23:44
Haute Autorité de Santé : ça veut dire qu’elle sait tout d’autorité et que les patients n’ont plus qu’a se pastiller le guide HAS sous l’oeil bien veillant de leur toubib qui après l’avoir parcouru avec le plus grand sérieux va leur expliquer à quoi il sert?
22 avril, 2009 à 9:11
21 mars… 22 avril! Un blog qui s’endort est un blog qui meurt ??? Au secours Jaddo, réveille toi!!!
22 avril, 2009 à 12:44
Hé oui, nous sommes »accRrrro » à Jaddo, mais c’est à un test d’autogestion Blogueuse qu’elle nous soumet depuis un mois !
Bon ! maintenant ça suffit !
même Medecine man est triste…
ne vois tu pas nos petits doigts boudinés s’agiter en vain sur nos claviers afin d’attirer ton attention ?
plus poétique : » …on est responsable de ce qu’on apprivoise… »
moins poétique : fait chier… rien depuis un mois !
Bon ! en manque d’inspiration ou amoureuse je (nous) te souhaite(ons) un prompt rétablissement dans tes facultés ( et talents ) épistolaires
22 avril, 2009 à 15:06
un passage par jour, des fois que jaddo se serait reveiller de sa treve printannière…
jaddo ouhouh!!!! reveins!
22 avril, 2009 à 15:36
Roh, oui, je sais, pardon.
Ca fait au moins deux semaines que je m’en veux, vous êtes drôlement plus charitables avec moi que moi…
J’en ai un sur le feu, là, un long, gros, dur à écrire. Et la dernière fois que j’en ai eu un dur à écrire, il était pas bien quand je l’ai eu écrit, alors je suis prudente…
Mais je suis là. Ca se travaille.
Merci à vous en tout cas. En fait, c’est vrai que c’est vous qui faites vivre tout ça.
22 avril, 2009 à 21:20
prends ton temps , nous ne sommes plus a une heure prés :-)
22 avril, 2009 à 21:45
Salope
23 avril, 2009 à 8:46
On en a tous rêvé, Medecine Men l’a fait !
23 avril, 2009 à 19:14
[...] contrairement à d’autres blogs qui glandent, j’assume et j’écris des trucs [...]
24 avril, 2009 à 0:50
j’adore Cardio de Brousse :))
24 avril, 2009 à 17:45
Et une petite cérémonie des googlars ?
21 août, 2009 à 15:13
En réponse à la modestie et à l’humilité de Philippe Foucras, affichée avec tambours et trompettes ces jours-ci à la Réunion
JADDO, j’espère que vous garderez votre indépendance, parce que passer d’un lobby à un autre n’a rien d’éthique…
Combattre les conflits d’intérêts est indispensable. La France, comme les pays francophones, est très en retard sur ce point.
Cependant, il convient aussi de s’interroger sur ceux qui s’affichent partout comme les chevaliers blancs venus sauver l’honneur d’une profession médicale corrompue. Le Dr Philippe Foucras est-il vraiment exemplaire, lorsqu’il va demander à d’autres confrères de respecter les lois et leur donne des leçons d’éthique?
Certaines actions de Philippe Foucras ainsi que de plusieurs autres membres du Formindep ne respectent en rien l’éthique.
Pour s’en convaincre, il suffit de consulter les listes de diffusion de cette association qui se dit citoyenne, et où les simples citoyens n’ont pas grand-chose à dire. On y trouve des discours haineux, des attaques à la personne tenant lieu de critiques, des signes d’un culte de la personnalité, des discours de rejet de toute revendication éthique, de toute référence à l’éthique, et bien d’autres choses qui n’ont rien à voir avec le discours médiatique des représentants de ce qui se veut un « mouvement éthique, vertueux et respectueux des personnes ».
Il faudrait que les journalistes aillent vérifier la crédibilité des leaders du Formindep, comme ils le font pour toute personne qui accapare la scène médiatique.
La censure, l’exclusion et le harcèlement moral de ceux qui osent poser des questions, discuter certains aspects des dogmes du Formindep, est monnaie courante. Philippe Foucras pousse à la sortie ou fait taire ceux qui pensent hors du cadre de la pensée unique mis en place par lui-même. Il est significatif, à ce titre, que des membres de sa propre association l’appellent parfois « le Président » (avec majuscule), ou « le monarque Foucras », ou encore « notre bulldozer ».
Le pouvoir, il n’y a pas que par des conflits d’intérêts que certains cherchent à l’avoir; le statut de minorité exemplaire luttant contre les pourris de la profession médicale et encensée par les médias confère lui aussi beaucoup de pouvoir… Surtout lorsqu’il se forme un petit clan qui a des liens étroits avec certains journalistes et certains hommes politiques, ainsi que le soutien de la revue Prescrire, pour une publicité réciproque. Ces liens devraient être connus du public.
Pourquoi Philippe Foucras n’a-t-il pas déclaré ses liens personnels, ainsi que les liens du Formindep, avec les réalisatrices du film « Les Médicamenteurs », par exemple?
Demandons à Stéphane Horel, l’une de ces réalisatrices, si le champagne a été bon. Celui du 23 mai, lorsque plusieurs composantes de ce clan se sont réunies au siège de la revue Prescrire, à l’initiative du Formindep, qui souhaitait les remercier pour leur concours. Concours important, si on songe qu’une journaliste envoie son papier d’abord à Philippe Foucras, avant de l’envoyer au « Canard enchaîné »… Et qu’on peut lire ce texte en avant-première sur la liste du Formindep, une fois qu’il convient au Dr Foucras.
Ce dernier conforte sa domination au sein de l’association et des signataires de la charte du Formindep en prenant soin d’évoquer régulièrement ses relations politiques et médiatiques. Ainsi, telle proposition de loi du sénateur François Autain n’aurait fait que le travail de Philippe Foucras et du vice-président du Formindep, Philippe Masquelier. (Selon le Président Foucras, les autres membres de l’association ne font rien, il l’a dit en toutes lettres dans un message récent). François Autain serait un membre du Formindep et aurait l’oreille de Philippe Foucras, qui se vante aussi de ses relations avec d’autres politiques tels Catherine Lemorton… Et de ses entrées aux journaux La Croix, L’Humanité, Le Canard enchaîné, et même Le Monde.
Si cela n’est pas du lobbying, on se demande bien ce que c’est. Nous protestons lorsque telle proposition de loi émane de tel lobby. Devrions-nous encenser le lobbying d’un groupe de médecins qui utilise de telles méthodes ? Car le membre du Formindep qui parlait de Philippe Foucras comme d’un « bulldozer », le disait au sens du « bulldozer » qui tire l’association vers l’avant, et appelait les autres à fermer les yeux sur les dommages collatéraux d’une telle marche en avant. La première victime étant l’éthique, qui reste réservée aux apparitions médiatiques.
En répondant à cet appel à laisser faire, le Dr Philippe de Chazournes, ne disait-il pas, lui aussi, qu’il en avait marre des discours éthiques ?
Le Formindep et Prescrire ont beaucoup de membres en commun, et même des membres du conseil d’administration. Les deux se font réciproquement de la publicité. Le projet DDI de l’URML de la Réunion est entré dans ce jeu, très profitable médiatiquement.
On peut ainsi lire l’article commun publié par Philippe Foucras et Philippe de Chazournes il y a quelques mois dans Prescrire, qui leur a aussi généreusement prêté sa salle de réunion en décembre 2008, lorsque Philippe de Chazournes est allé à Paris. (Prescrire a aussi prêté cette même salle pour la fête arrosée de champagne du mois de mai, comme pour des réunions du conseil d’administration du Formindep et certaines assemblées générales passées).
Belle preuve d’indépendance de tous ces acteurs, non ?
Comment s’étonner, dès lors, que personne de ce petit clan ne demande au directeur de la revue Prescrire, Bruno Toussaint, de respecter la même loi sur la déclaration des conflits d’intérêts ? Philippe Foucras a fermé les yeux là-dessus (aussi), lorsqu’il a commenté le film « Les médicamenteurs », dans lequel le Dr Bruno Toussaint, parle du Plavix sans dire s’il a ou non des conflits d’intérêts. Le même Toussaint a enfreint la loi aussi sur le plateau de France 5, dans l’émission C’est dans l’air, lorsqu’il a parlé du Tamiflu sans déclarer ses conflits d’intérêts.
Pourquoi l’UFC Que choisir et le Formindep ne portent pas plainte ? Pourquoi le Dr de Chazournes ne s’en plaint-il pas ? Où est la crédibilité de ce clan lorsqu’il demande uniquement à certains de respecter les lois et se situe lui-même au-dessus des lois ? N’y a-t-il pas là une sorte de « pousse-toi, que je prenne ta place », à l’aide de l’image de chevaliers blancs véhiculée par les médias ?
Le Formindep est-il vraiment crédible, lorsqu’on voit que l’un de ses membres fondateurs, largement médiatisé et intervenant entre autres pour critiquer le dépistage du cancer de la prostate, a un conflit d’intérêt majeur ?
Les journalistes devraient faire leur travail correctement et poser des questions, au lieu de présenter les choses en noir et blanc, d’être un moyen d’influence dans des luttes de pouvoir dans la profession médicale. Ces querelles ne sont pas non plus bénéfiques aux patients et à leur santé.
6 décembre, 2009 à 12:07
« manichéennes couettes »… c’est rassurant, ça, au moins.