Rendez-moi ma bouée.

21 mars, 2009

Les gens s’étonnent souvent de voir que les médecins ne sont pas toujours d’accord entre eux.
Deux conduites à tenir, deux traitements et deux discours face à une même plainte, à un même diagnostic, c’est troublant.
Mais c’est que la médecine n’est pas un long fleuve de jolies petites cases tranquilles.

Les situations clairement codifiées et unanimes, celles devant lesquelles n’importe quel médecin, de n’importe où et de n’importe quel âge, ferait exactement la même chose que son copain d’à côté sont exceptionnelles.
Mieux, les situations clairement codifiées devant lesquelles tous les médecins devraient faire la même choses sont exceptionnelles.

Pour le reste, il y a de vagues directions à prendre, quelques chenaux flous, de fausses cases aux bords hachurés qui se superposent, et beaucoup de conviction intime.
Il reste quelques îlots bien nets d’interdictions formelles, de conneries universelles, de bêtises indémodables, dont on sait néanmoins qu’elles se démoderont peut-être un jour. (Demandez à vos grands-parents qu’on a couchés sur le ventre…)
Et, entre eux, on navigue à l’envie, comme on peut, de phares bancals en phares en ruines.

Prenons mes supers copains les anti-hypertenseurs, par exemple.  
L’hypertension, on se dit que bon, quand même, c’est archi connu, archi fréquent, et que ça doit être sacrément balisé en belles étapes codifiées.
Vous me voyez venir, et je vous le confirme en lançant ce cri : « Que nenni ! »

C’est la foire.
Pour avoir une idée des meilleures molécules, des meilleures indications (pour quels types de patients donner quels types de médicaments ?), des meilleures associations, et de ce qu’on va écrire, à la fin, sur notre foutue page blanche d’ordonnancier, de la pointe de notre bic assuré, il y a des centaines d’études qui s’accumulent, se contredisent, se révèlent parfois fausses, biaisées, corrompues, incomplètes, se révèlent parfois étouffées quand elles disent des choses qui dérangent les porte-monnaies.
On essaie de faire le tri, de revenir aux bases, aux consensus visiblement admis.
Qui nous disent, par exemple, que pour un patient lambda, sans profil particulier, sans autres maladies interférentes, on peut choisir indifféremment une molécule dans n’importe lequel des cinq grands groupes de médicaments.
Super fastoche.
Mais heu, là, là maintenant tout de suite, avec Monsieur Tendu en face de moi qui fixe mon bic, je prends lequel ?
Et dans le groupe, une fois que je l’aurai choisi dieu sait comment, je prends quelle molécule ?
Et une fois que j’aurai choisi la molécule, je prends quel médicament ? (Parce que oui, parfois, il y a plusieurs médicaments pour une même molécule, avec pour chaque médicament une fille en mini-jupe qui essaie de vous convaincre deux fois par trimestre que c’est elle qui a la plus courte. )

Ne vous étonnez plus que les médecins aiment les cases, elles sont trop rares.
Le médecin de base rêve de  cases, fantasme sur les algorithmes et se masturbe sur les arbres décisionnels.

Il y a dans cette inondation d’informations une double complexité, et on patauge dans un fleuve à deux affluents : celui des informations validées et fiables, déjà trop nombreuses, et celui des informations biaisées, des fausses véritées perverties et des propagandes laborantesques.

L’idéal voudrait donc que le médecin vérifie chaque information, la reprenne à sa racine, la critique, avant de l’intégrer, ou pas, à sa pratique.
Or, et c’est une vérité à peu près prouvée de source sûre et sans conflit d’intêret, les journées n’ont que vingt-quatre heures.
Il faut donc mettre en place des stratégies alternatives.

L’une d’elle est de ne pas chercher à valider chaque information individuellement, mais de trouver quelques sources fiables d’informations, et de formation.
De gens en qui ont a foi, dont on partage la vision des choses, à qui on confierait notre grand-mère. Et on se forge notre petit catalogue de Dieux De la Délivrance. En trois D et en un clin d’oeil.
Je la trouve payante, reposante, et c’est celle que j’applique.

Sous mes manichéennes couettes, je range l’information « Eux Gentils. Eux Copains. Eux dire bonnes choses. ».
Information qui implique dans mes manichéens neurones : « Moi pouvoir faire quoi eux disent, les yeux presques fermés. »

Mon meilleur copain que j’ai, c’est bien sûr Prescrire. J’y ai été abonnée avant même de savoir nouer mes couettes.
Bénis soient-ils.
Sans Prescrire, point de salut.
Amen.

Pour les quatre du fond qui débarquent, Prescrire, c’est LA revue médicale française sans pubs de l’industrie pharmaceutique, qui livre une guerre permanente aux conflits d’intêret et aux dealers d’opinion.
En plus, ça m’arrange drôlement, parce que c’est vachement plus simple de retenir la médecine de Prescrire.
Comme, en caricaturant à peine, ils disent que 90% des médicaments sont des bouses au mieux inutiles, au pire nocives, ça nous en laisse 10% pour soigner, et c’est ça de gagné pour ma mémoire.

Une autre de mes source, loin, loin en aval, certes, mais quand même, c’était les recommandations de la HAS.
La Haute Autorité de Santé.
Reprenons ensemble l’impressionnante formulation, ô combien savoureuse pour un médecin barboteur en manque de cases, en décomposant bien les mots :   
> Haute
Autorité 
> de Santé
> Qui fait des Recommandations

Autant dire qu’avec un pedigree pareil, on peut s’autoriser à se poser le cul dans la belle et bien flottante bouée des recommandations, et y attendre sereinement le déluge.
- « C’est ce que la Haute Autorité de Santé recommande, Madame ! »
- « Ah, bon, ok, d’accord ! »

Et soudain, c’est le naufrage.

Le Formindep, qui serait mon encore-plus-meilleur copain que Prescrire s’il s’occupait aussi de me dire quoi faire en jolies recommandations, au lieu de seulement dénoncer ceux qui le font mal, annonce ce qu’on soupçonnait déjà en voyant les glitazones en bonne place dans les recommandations diabète, mais qu’on faisait semblant de ne pas vraiment voir tant il était intellectuellement et jurisprudencellement reposant de s’en remettre à la Haaaaute Autoritééééé de Santééééé, le Formindep l’annonce, disais-je donc avant de m’ensabler dans les méandres sournois de mes aigreurs égarées entre deux virgules si éloignées du début de ma phrase que voila-t-il pas que je ne sais plus de quoi je cause ((c) Desproges), avec des arguments fermes et détaillés : ça dessous-de-table ferme par là-haut aussi.

Autant dire qu’avec un pedigree pareil, on peut s’autoriser à se poser le cul dans la belle et bien flottante bouée des recommandations, et y déposer un serein étron, avant de repartir vaquer à d’autres plus instructives instructions.

Me voilà donc contrainte de rétrograder la très hââute, du neurone :
- « Eux pas forcément au top du top de l’EBM, mais eux pas dire de trop énormes conneries, et eux écoutables si moi avoir pas meilleure source sous la main »
à celui de :
- « Moi pas pouvoir savoir si grosse connerie ou pas, donc moi pas faire. ».

Hop, un gué de moins dans mon fleuve.
Rendez-moi ma bouée.

 

PS : Docteur Coq ? Tu me prêterais Jak le temps de me dessiner une miss à Couettes surnageant péniblement au milieu de sa bouée « Prescrire » dans un fleuve rempli de piranhas-Diantalvic-Art50-Acomplia-Vioxx-Champix-Pseudoephédrine, et bataillant pour une bouée « HAS » contre une sirène en mini-jupe ?
Merci d’avance. Bisous.

52 Réponses à “Rendez-moi ma bouée.”

  1. docteursachs Dit:

    Tiens cest drôle, j’attrape au vol un article tout juste écrit (privilège du 1er com!) et il est daté de demain, bon je sais, il est 23h18, mais quand même.
    D’où écris-tu Rrr, de la quatrième dimension en avance d’une heure?

  2. whatever Dit:

    lemonde.fr
    Un « Dr Madoff » de la pharmacie

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/03/20/un-dr-madoff-de-la-pharmacie_1170578_3244.html

  3. clo Dit:

    Et du coup qu’est ce donc qui est la mode en ce moment? coucher les bébés sur le ventre ou sur le dos?
    Pour le reste, bon courage, moi je contente de croire ce que me dit mon médecin (sans couettes mais avec des bouts d »humain à l’intérieur d’elle).

  4. Niluje Dit:

    Tu a fais un magnifique labsus (ou est-ce volontaire ?) en parlant de « dealers » d’opinions.

    C’est pour moi un plaisir de te lire. Ça me fait un bien fou, t’as pas idée.

  5. javelor Dit:

    allez allez, Prescrire répond à toutes tes interrogations au sujet des antihypertenseurs !

    la règle n°1 c’est prescrire en DCI
    la règle n°2 : diurétiques en 1ère intention, et seul l’hydrochlorothiazide est disponible en France
    la règle n°3 : si on doit prescrire un autre hypertenseur, choisir dans les différentes classes ceux qui ont démontré une diminution de la morbi-mortalité (peu nombreux …)
    relis le N° de mars 08 et exorcise-toi des mini-jupes ;-)

    quand aux recommandations de l’HAS, Prescrire les étudie à la loupe également, tu peux donc conserver les rares qui sont marquées de leur sceau

    Amen.

    bon ben j’attend avec impatience le dessin de Jak :-) c’est qu’il fut un temps où je prescrivais larga manu diantalvic, art50 et pseudoephedrine :-o

  6. dr coq Dit:

    j’suis assez prêteur, mais pas propriétaire… J’y transmet ton papier; je sais seulement qu’il a beaucoup beaucoup de demandes et pratique assez peu la saillie extra conjugale. Tu verras si tes couettes l’excitent…
    Pour info, rarement je lui ai demandé un dessin que j’avais pensé moi-même, et c’est toujours très décevant, au début du moins tant j’avais imaginé le décors et tous les détails… Au bout d’une demi-journée, je me dis à chaque fois que c’est beaucoup mieux comme il a pensé lui-même le truc.
    Le Jak est un animal sauvage qui n’en fait qu’à sa tête et c’est tant mieux.
    beau papier en tout cas, encore une fois…
    bisous

  7. Rrr Dit:

    Bonjour, bonjour,

    Oh mais non non non !
    Non, c’était juste parce que l’image m’avait traversé la tête et que je la trouvais rigolote, et que je voulais vous la faire imaginer aussi.

    Le coup du Coq et du Jak, c’était pour le clin d’oeil ;)
    C’était pas une vraie demande de vrai prêtage :)

  8. docteur vincent Dit:

    Dur de faire de la médecine complètement sereinement avec toutes ces recommandations, tous ces scandales, tous ces conflits d’intérêt!
    Parfois il faut voir les effets secondaires de visu pour se faire une opinion et c’est très dommage d’en arriver là pour les patients.

  9. Philippe FOUCRAS Dit:

    Bonjour JADDO,

    je te présente mes plus sincères excuses concernant l’instabilité dans laquelle tu te trouves plongée en découvrant que décidément, on ne peut plus faire confiance à personne, et surtout pas aux autorités, alors que, oui franchement, face à la difficulté de soigner, des planches pour se raccrocher, on en a foutrement besoin.

    Je ne sais pas quoi te dire pour te consoler, sinon que pour moi aussi, depuis que j’anime le Formindep, je tombe de désillusions en désillusions et que plus j’avance dans la connaissance des mécanismes qui régissent l’information et plus je me trouve déstabilisé et de plus en plus conscient que, comme le disait l’autre (je n’aurais pas la pédanterie de nommer ce philosophe grec) « la seule chose que je sais c’est que je ne sais rien ».

    Evidemment, en arriver à cette seule certitude de son ignorance, alors qu’aux yeux de soi-même (on en a fait des études pour ça) et des autres, se retrouver affublé du titre de docteur, ça veut dire par définition qu’on est savant (de Marseille), ce n’est vraiment pas une position confortable, et je la partage.

    Mais c’est ainsi. Là où moi j’ai mis près de 50 ans à réaliser mon ignorance, et celle des autres, toi il t’en aura fallu, grâce au Formindep, beaucoup moins. Tu ne peux pas savoir le temps que tu vas gagner et le service que tu te rends à toi-même et à tes patients.

    Celui de la connaissance de ses limites, de la modestie et de l’humilité.

    Maintenant, toi et moi, pouvons mettre sur nos plaques que nous sommes les docteurs les plus humbles du monde, ayant pris conscience de nos limites.

    Heu, je m’arrête là, parce que l’humilité étant la seule qualité qui disparaît dès qu’on sait qu’on la possède, je pense que l’on arrive à une aporie, signe encore de notre incapacité.

    Pour résumer ma pensée, je dirais que quand je vois ce que je vois et que j’entends ce que j’entends, je ne regrette pas de penser ce que je pense.

    Je pense que tu ne pourras que partager cette analyse.
    A quand ta cotisation au Formindep ? ;-)

    Amicalement.

  10. Eric D Dit:

    Je compatis pleinement.

    J’ai connu un médecin qui faisait ses propres expériences:
    « Tu m’as l’air dépressif, tiens, essaie ce médicament, c’est nouveau et chez plein de gens ça fait des miracles. »
    Et puis quand 3 jours après, on maudit le médecin au téléphone parce que le médoc en question nous a rendu malade, il répond:
    « Ah, toi aussi, ça me rassure, je ne suis pas le seul. »

    Quant à l’affirmation:
    « Ne vous étonnez plus que les médecins aiment les cases, elles sont trop rares.
    Le médecin de base rêve de cases, fantasme sur les algoryhtmes et se masturbe sur les arbres décisionnels. »
    Une amie fournit la preuve du contraire: http://www.ophiuchus.org/flore/index/2007/11/15/191-les-medecins-et-les-cases-a-cocher

  11. Tam Dit:

    coucou jaddo,

    en tant qu’étudiante, je dois malheureusement me contenter d’apprendre les recommandations officielles même si des fois… y a des choses bizarres… on apprend à décrypter un peu ça en LCA, mais c’est pas assez… bref, je verrai après l’ENC pour me sortir de ma mouton-attitude (oui paske je veux avoir une bonne note donc je vais éviter de me la jouer rebelle !!)

    sinon une petite question : en tant que remplaçante, tu essayes de prescrire au mieux, mais c’est pas frustrant de se dire que le médecin « officiel » peut casser ta prescription à tout moment ?

    et vive les couettes !!!!!!

  12. Adeline Dit:

    Des démarcheuses en mini jupes? Ben quoi, sont pas fichus de faire de la personnalisation et de présenter aux médecins femmes des Appolon au regards de braise et à la lippe boudeuse, des dieux du stade à la musculature saillante à peine dévoilée par une chemise en soie sauvage, des Bruce Wayne polis et glaciaux qui mettent en pamoison nos émois féminins?
    Excusez moi, je m’égare.. ;)
    Mais ils devraient faire un effort quand même..
    Bonne journée

  13. cardiologue de brousse Dit:

     »LA » phrase choc des walkyries en jupettes ( en baissant lentement leur visuel pour que je mate avantageusement leur décolleté affriolant…):
     »…essayer le donc ( le médoc bien sûr ! )Docteur, pour vous faire une idée… »
    comme si à l’échelon individuel je pouvais faire mieux que les grands Professeurs qui ont tellement étudié et dit de bien sur LEUR molécule ?
    comme si j’essaie les médicaments comme les paires de chaussures…

    alors quoi ?

    des règles simples :

    1/ vérifier la réalité de l’HTA par MAPA ( assez souvent )et si possible en dehors de tout traitement

    2/si confirmé, l’intégrer au  »risque cardio-vasculaire global du patient  » ( la prise en charge ne va pas être la même entre l’hypertendu jeune diabètique fumeur et l’octogénaire alerte asymptômatique )

    3/ débuter empiriquement par une classe de son choix ( Hé oui, trou trou am stram gram …)en essayant quand même de coller aux autres pathologies cardio-vasculaires associées si elles existent ( bloqueurs du SRAA si insuffisance cardiaque, bêta- bloquants si coronaropathie, bloqueurs du SRAA chez le diabétique etc…)

    4/ les thiazidiques en monothérapie de première intention ne me paraissent pas forcemment les plus adaptés, mais bon why not ?

    5/ ne pas hésiter à passer rapidemnt à des bi-thérapies SYNERGIQUES ( BB/ anticalciques , bloqueurs du SRAA/ anti-calciques , thiazidiques/bloqueurs du SRAA )

    6/ ne pas jeter la vieille règle qui dit qu’une tri-thérapie anti-hypertensive se DOIT de comporter un diurétique ( en général thiazidique, et non du furosémide comme on le voit trop )

    7/ refaire une MAPA sous traitement si cette  » FICHUE TENSION  » ( comme la nomme 9 patient sur 10 ) ne VEUT pas baisser ( quelle salope !) avant de changer quoi que ce soit ( 3 fois sur 4 la fichue tension est parfaitement corrigée )

    8/ respecter les contre-indications, toujours croire le patient sur les effets secondaires même si on n’y croit pas et changer le produit, car l’OBSERVANCE est la clé du succès à long terme

    9/ ne pas oublier que l’HTA est de nos jours un FACTEUR de RISQUE plus qu’une MALADIE, et que l’urgence hypertensive- la vraie- ,les HTA secondaires sont rares ( mais à ne pas négliger bien sûr ! )

    10/ …et j’arrête là car j’ai comme l’impression que je vous gonfle sévère depuis le 3/ avec mes 10  »commandements »

    TOUT ça pour dire que l’on est tout à fait autorisé,et qu’il est tout à fait possible, à mon sens, de faire sa petite cuisine tout en respectant les GRANDES LIGNES des recommandations HAS

    merci de m’avoir lu jusqu’au bout !

  14. cardiologue de brousse Dit:

    PS, si t’as pas de bouée,Rrr, apprends donc à nager…

  15. Mograine Dit:

    Et bien,

    Joli billet. J’me disait bien que les étudiants infirmiers qui piquent de l’avlocardyl pour les MSP n’étaient par les premiers… mais un médecin qui vole de la drogue.
    J’ai repensé ensuite à la légende urbaine qui court dans les IFSI (et ailleurs) sur les étudiants en médecine qui partent tous au moins une semaine dans le larzac pour sodomiser des chèvres et je me suis dis que la dame aux couettes ne pouvait de toute façon pas être si innocente que ça !

    Et c’est pas de la curiosité malsaine mais, j’serai quand même super curieux de savoir ce qui vous passait par la tête/ écoutiez/ faisiez/ pensiez etc quand vous avez écrit le paragraphe commençant par:  » Le Formindep, qui serait mon encore-plus-meilleur copain « … ouch.

    Après l’avoir lu deux fois, j’me suis dis que c’était vachement plus drôle de pas le comprendre entièrement, et du coup, le billet est encore plus sympathique !

    Et merci pour le site « Formindep », n’étant « sue » IDE je ne suis pas sûr qu’il me serve des masses ni que j’en tire ce qu’il y a à en tirer mais… à voir !

  16. JeeP Dit:

    Cadeau pour les mots de patient, je viens de lire sur un site de patients la « carence en fer féérique ». Ca me fait réver :)

    A Tam: je suis pas rempla, mais interne de MG en stage en libéral, et donc parfois seul. Et j’en avale des couleuvres… Mon maitre de stage a une tendance à antibioter tous les nez qui coulent, alors si c’est une première fois je résiste, mais quand je vois dans le carnet de santé qu’à chaque coup il y a eu une prescription, et bien je prescris aussi. Je me dis que si je ne le fais pas le patient va penser que je suis mauvais, et que si je justifie ma non prescription, dans ce cas c’est mon maitre de stage qui est désavoué.

    Alors je me dis que quand j’aurai ma patientèle à moi, je l’éduquerai bien, et qu’ensemble on fera une meilleure médecine. Mais que pour le moment, je dois faire abstraction.

  17. JeeP Dit:

    Oh et en relisant cardio de brousse, j’ai envie de rajouter que je renouvelle également avec horreur mais docilité les ignobles prescriptions de Furosémide introduits pour hypertension… Je pense à la liberté que m’autorisera ma future plaque, ça me permet d’avoir moins mal en signant.

  18. Marie Dit:

    Bon ben voilà. Ce qui devait arriver arriva, et me voici avec un article qui dit tout pareil, le même jour, mais en vachement moins bien… Les couettes, ça a décidément plus la classe que les bouclettes, va falloir que je m’y fasse !
    Ceci dit, j’ai encore du mal quand je lis « Amen et Béni soit Prescrire » qui surgit de tous ces claviers de lecteurs endurcis… mais faut m’excuser, je viens d’une famille de pasteurs protestants où on j’ai grandi avec la règle « On n’adore que Dieu », alors forcément je vous vois comme des fanatiques que vous n’êtes dans doute pas!

    Vivement l’après-internat, que je puisse apprendre à nager dans ce long fleuve pas tranquille, tiens…

  19. Développer Dit:

    Ce que décrit Jeep sur remplacement/nez qui coule/antibio on l’ »a tous fait » et je trouve ça proprement dramatique. Ce blog est l’occasion pour un nombre certain d’entre nous de se lacher un peu et de déballer des choses « inavouables », ce sur quoi je n’ai pas encore d’opinion définitive puisque j’ai une certaine conception du secret médical, ingrédient pour moi primal de l’Etiquette de mon art et métier de médecin.

    Cependant, tant les récits de l’Hôtesse que ceux et les commentaires des aficionados projettent des anicroches dont je ne saurais accepter de prime abord qu’on me convainque qu’elles ne sont pas si graves qu’elles m’apparaissent .

    Je souhaiterais m’exprimer davantage à ce sujet mais loin de vouloir m’épandre, j’invite qui le veut bien à proposer ses idées

  20. cleo Dit:

    tiens c’est marrant je viens juste de poster sur un sujet similaire là

    http://docteur-coq.over-blog.com/article-28480286-6.html#comment39292696

    rigolo ça !

  21. Docteur V. Dit:

    Tiens ! C’est marrant ! Quasiment en même temps ! http://leblogdudocteurv.blogspot.com/2009/03/les-recodu-ventre.html
    Rassurez vous les jeunes ! On peut bouffer et même bien vivre en faisant la « médecine de Prescrire ». Ne nous gâchez pas l’avenir en faisant la médecine des vieux cons.

  22. Pascale Dit:

    C’est bien tout ça…
    Je suis abonnée à Prescrire… mais, sincèrement « abonnée » ne veut pas forcément dire « lectrice assidue »…
    Souvent je trouve leurs conclusions trop brutales et tranchées, les articles y sont trop éloignés de ma pratique et traitent surtout de produits que je n’utilise jamais. Bref, je survole le numéro, je lis les trucs qui me parlent (rare) et je classe le journal avec les autres en pensant que, peut être qu’un jour, j’en aurai besoin… Ya de ces piles chez moi !!!
    Mais je vais en formation, souvent. J’en prépare, j’en anime et je ne reçois plus les labos.

  23. Soleil-De-Marseille Dit:

    tiens, c’est marrant, je me souviens encore de la tête du CCA qui voulait me prescrire du célébrex ( qui venait d’être mis sur le marché français ) pour une tendinite d’épaule à qui , jeune externe alors, j’avais répondu façon petite-souris  » c’est gentil, mais non merci …  »

    ps Pascale, si tu veux bien me prêter qq numéros pour que je me fasse une idée … ( non, je plaisante … quoique, si tu es phocéenne … )
    re ps : je limite les labo à 2/semaine et 50% d’entre eux sont des hommes !

  24. Escalope Dit:

    tiens, au fait, … ça gagne combien un pharmacien?

  25. eo Dit:

    Mon patron gagne 15 000 euros par mois, je gagne 2000 en tant qu’employée.

  26. eo Dit:

    Parce que, tu fais semblant ou t’es naturellement con ?

  27. marketplace Dit:

    Tu changes de page par plaisir ?

  28. Mouz Dit:

    (rien à voir : vide ta boite GZ)

  29. Rrr Dit:

    Bin c’est fait, mais j’ai eu super du mal !

  30. TITI Dit:

    Ce blog va finir de me convaincre que je peux m’installer…
    Déjà je découvre que d autres pensent ce que je pense, et ça fait vraiment du bien…En plus, je vois que des Dr V. peuvent dire que l’on peut bosser avec la Prescrire attitude….
    Un jour alors , peut être…..Enfin, si les politiques se calment un peu , coté « je t’esclavagise parce que t es médecin et t’as qu’a morfler »…

  31. ehsel Dit:

    « algorithmes » bordel pas « algoryhtmes ».
    (Sinon c’est bien – continue)

  32. Rrr Dit:

    Oh mon dieu merci !! oO
    Je ne savais pas.

  33. Léonie Dit:

    Haute Autorité de Santé : ça veut dire qu’elle sait tout d’autorité et que les patients n’ont plus qu’a se pastiller le guide HAS sous l’oeil bien veillant de leur toubib qui après l’avoir parcouru avec le plus grand sérieux va leur expliquer à quoi il sert?

  34. Pascale Dit:

    21 mars… 22 avril! Un blog qui s’endort est un blog qui meurt ??? Au secours Jaddo, réveille toi!!!

  35. cardiologue de brousse Dit:

    Hé oui, nous sommes  »accRrrro » à Jaddo, mais c’est à un test d’autogestion Blogueuse qu’elle nous soumet depuis un mois !
    Bon ! maintenant ça suffit !
    même Medecine man est triste…
    ne vois tu pas nos petits doigts boudinés s’agiter en vain sur nos claviers afin d’attirer ton attention ?
    plus poétique :  » …on est responsable de ce qu’on apprivoise… »
    moins poétique : fait chier… rien depuis un mois !
    Bon ! en manque d’inspiration ou amoureuse je (nous) te souhaite(ons) un prompt rétablissement dans tes facultés ( et talents ) épistolaires

  36. lorna Dit:

    un passage par jour, des fois que jaddo se serait reveiller de sa treve printannière…

    jaddo ouhouh!!!! reveins!

  37. Rrr Dit:

    Roh, oui, je sais, pardon.

    Ca fait au moins deux semaines que je m’en veux, vous êtes drôlement plus charitables avec moi que moi…
    J’en ai un sur le feu, là, un long, gros, dur à écrire. Et la dernière fois que j’en ai eu un dur à écrire, il était pas bien quand je l’ai eu écrit, alors je suis prudente…

    Mais je suis là. Ca se travaille.
    Merci à vous en tout cas. En fait, c’est vrai que c’est vous qui faites vivre tout ça.

  38. totoro Dit:

    prends ton temps , nous ne sommes plus a une heure prés :-)

  39. Medecine Men Dit:

    Salope

  40. cardiologue de brousse Dit:

    On en a tous rêvé, Medecine Men l’a fait !

  41. Le ridicule ne tue pas, mais il peut endormir. | Un infirmier Dit:

    [...] contrairement à d’autres blogs qui glandent, j’assume et j’écris des trucs [...]

  42. Medecine Men Dit:

    j’adore Cardio de Brousse :))

  43. Lala Dit:

    Et une petite cérémonie des googlars ?

  44. La vie (où est le) mode d'emploi (?) Dit:

    « manichéennes couettes »… c’est rassurant, ça, au moins.

  45. Cépupossib Dit:

    Je lis tout le blog depuis le début et ce n’est plus possible, ça doit cesser. Comment quelqu’un de psychorigide comme toi peut écrire « à l’envie » ? Je défaille, et je meurs à chaque fois que je le croise (au moins deux fois depuis le début te rends-tu compte).

    Reprends tes esprits, par pitié.

  46. Plouf Dit:

    @Cépupossib’

    Et bien non, tralalère. Cette fois ci, c’est bien « à l’envie ». Remplace « à » par « selon ».

    « On navigue selon l’envie [du moment]« , selon l’idée ou le goût – et même au pif si on est ORL – tel est le sens de la phrase telle qu’écrite.

    « A l’envi » signifie jusqu’à plus soif, sans vergogne ni scrupule. Ca n’aurait pas de sens dans le propos du Docteur Rrr.

    Mais bon, jdçjdr…

  47. La bonne nouvelle du jour… | Openblueeyes Dit:

    [...] Désolé chère dresseuse d’ours à couette, je viens de voir que nous avons le même sujet du jour, c’était pas fait exprès [...]

  48. Éleveur de hiboux Dit:

    Exemple d’illustration de la pertinence de notre administration concernant l’intérêt de tel ou tel médicament au sujet du (désormais fameux) Mediator, dans le Canard Enchaîné daté du 1er décembre 2010. En 2006 et à l’occasion d’une expertise mandatée par la HAS, les dangers avérés de cette molécule étaient connus ; le rapport final remis au ministre de la Santé(Xavier Bertrand à l’époque) se contentait d’en pointer l’inutilité thérapeutique ; à la suite de quoi le remboursement à 65% a été maintenu… Et ce 6 décembre, l’actuel ministre de la Santé (Xavier Bertrand) interrogé pendant la matinale de France Inter s’énerve parce que le journaliste souligne le soupçon, développé dans les media, de complaisance vis-à-vis du laboratoire Servier.

    En passant : merci Mme Jaddo pour les jolis mots que vous posez sur nos maux, la lecture de votre blog est toujours aussi plaisante qu’instructive. Le bibliophile que je suis accueillera votre enfant avec le plus grand bonheur.

  49. LBV Dit:

    Nan mais Xavier il a dit qu’il allait demander a l’IGAS de vérifier tout ça, même qu’en janvier il répondrait au journalistes et même que les journalistes y zy vont même pas voir sur le site de la HAS les résultat de la commission de la transparence c’est ceux qui disent qui sont même!et qui zy connaissent que dale les journalistes, même, alors qui zont qu’à la fermer! Alors que notre bon ministre de la santé qui l’était déjà comme tu le soulignes en 2006, lui c’est un expert de la santé et il ne veut pas que les français aient des doutes sur la balance bénéfice /risque des médicaments dont il autorise l’AMM ( a noter qu’il a dit ça après l’interrogation d’une auditrice a propos du Champix°: il a pas du non plus aller voir la balance pour celui là…j’imagine qu’il ne sait même pas qu’il existe Prescrire ou toute autre source indépendante ( rare …))
    Bref ce type est un faux cul de première et il trouvera toujours une pirouette pour expliquer qu’il a tout fait bien comme il fallait avec sa voix de bisounours qui me porte sur les nerfs…
    En même temps la santé c’est pas si important vu qu’il y a pas beaucoup de boulot à lui consacrer on en fait un super ministère avec l’emploi et le travail qui lui aussi est de tout repos c’est bien connu.Bref il y en a qui marchent vraiment sur la tête la haut…
    c’était mon coup de gueule du soir : ça doit être la neige qui m’énerve??

  50. Éleveur de hiboux Dit:

    @LBV
    Maintenant que la neige a fondu… Xavier Bertrand, il fait ce qu’il peut avec ce qu’on lui donne ; s’il pratiquait moins la xyloglosse j’ai la faiblesse de penser qu’un garçon intelligent comme lui reconnaîtrait volontiers son incompétence totale en matière de santé. En revanche la politique de santé publique relève ipso facto de la responsabilité du ministre désigné dans ce domaine, on se prend donc à rêver que ce portefeuille revienne à une personnalité ad hoc. J’abonde dans ton sens en pensant qu’il est irresponsable de confier à une seule personne des domaines aussi étendus que l’emploi, le travail et la santé ; il est également irresponsable d’accepter une telle mission.

    Sur la responsabilité du politique au sujet de la santé publique (et j’insiste sur cet épithète), le gouvernement et l’administration ont le devoir de prendre toutes les dispositions utiles au regard des avis des experts en santé (tout court). Il est d’une incompréhensible inconséquence (que ce soit pour la santé ou pour les finances publiques) que notre gouvernement maintienne le remboursement d’un médicament notoirement inutile – au mieux. Les media sont donc fondés, et c’est leur rôle, à interroger ce type de décision. Sur un autre exemple et quoiqu’elle ait été décriée, je considère que Roselyne Bachelot a eu raison de lancer (certes maladroitement… les médecins généralistes ont été honteusement déconsidérés) une campgne de vaccination massive l’hiver dernier, alors que des experts (que j’espère de bonne foi, mais c’est un autre débat) alertaient sur le risque d’une grave épidémie. C’était a posteriori une mauvaise décision, mais que dirions-nous si une épidémie se déclenchait sans que les autorités n’aient rien anticipé ?

    D’un point de vue plus général, il est sain que l’expertise et le pouvoir de décision appartiennent à des gens différents. À titre personnel mon métier consiste purement à gérer des compétences pour produire aussi intelligemment que possible, charge à moi (ignare par fonction) de solliciter toute l’expertise et le contradictoire nécessaire pour prendre mes décisions. Le seul bagage technique que l’on me demande – et qui fonde ma pertinence en qualité de décisionnaire – est le minimum de culture générale me permettant de dialoguer avec les sachants. C’est cette culture générale qui fait parfois (cruellement) défaut à nos gouvernants, pour autant qu’il sachent écouter…

  51. LBV Dit:

    @ Eleveur de hiboux
    Vu que ma culture générale à moi est assez limitée et je m’en indigne moi même , je suis allée a la recherche de la traduction de xyloglosse :ça m’a bien plu! et j’ai trouvé ce site qui m’a bien fait rire par la même occasion! http://www.cledut.net/xylo.htm

    Je suis assez d’accord avec toi sur plusieurs plans
    D’une part c’est vrai les ministres sont dans l’incapacité de tout savoir de leur champs de compétence quand il sont ainsi catapultés dans un ministère. Leur savoir faire doit être de trouver les bons conseillers et les bonnes personnes ressource pour pouvoir y comprendre rapidement un peu qq chose d’une part et prendre des décisions adequat d’autre part. En ce qui concerne la santé Je persiste à penser que le parcours de X Bertrand en grand patron d’assurance privée ne me laisse pas entendre qu’il pourrait être compétent en terme de décision d’amm pour quelque médicament que ce soit . En revanche il est responsable de la décision qu’il prend et c’est là le problème :il la prend comment? avec quel conseiller? qui lui souffle dans l’oreille « vas zy çui là c’est de la bonne ça va être trop bien pour la santé », alors que notoirement non? pourquoi n’aurait il pas les moyens de vérifier l’absence de conflit d’intérêt de ses conseillers car je ne vois pas autre chose que ça pour expliquer de donner envie de laisser l’amm et le remboursement à 65 % du Médiator° avec les évaluations qu’il avait…
    Mais il faut aussi que les médecins battent un peu leur coulpe: il existe des moyens d’information, il ne faut pas forcément appliquer avec un sourire béat les amm: nous avons le droit a la fois de prescrire hors amm et pourquoi pas si on peut le justifier, mais nous avons aussi le droit voire le devoir de ne pas prescrire des médicaments qui ont l’amm mais dont la balance bénéfice risque est franchement défavorable pour nos patients…
    Enfin en ce qui concerne la politique de vaccination ce n’(est pas la décision de vacciner à grande échèle qui m’a exaspéré c’est décider de le faire sans prendre appui sur ceux qui vaccinent chaque année des millions de personnes dans leur cabinet. IL aurait suffit de créer un forfait vaccination endémie pour l’ensemble des généraliste et les patients serait allé voir leur MT ou un autre et on aurait gagné du temps et de l’argent SURTOUT si l’épidémie avant été gravissime.
    Et toi finalement comment tu évalues la compétence de tes conseiller avant de les écouter ou pas pour décider?

  52. Éleveur de hiboux Dit:

    @LBV
    Merci pour cette votre réponse, et pour le rappel utile de la responsabilité individuelle des prescripteurs – on en revient aux états d’âme du docteur à couettes qui ouvraient cette discussion ; je propose néanmoins que l’on arrête de se passer rhubarbe et sénée sur le blog de Mme Jaddo, la conversation commence à s’éloigner de l’objet dudit…

    Pour répondre à votre dernière question (hors sujet donc : messieurs les censeurs, je ne vous salue pas) : il y a au moins deux façons complémentaires de jauger la pertinence de tel ou tel expert (dans mon cas, je préfère ce terme à celui de conseiller). Si c’est un jeune et à défaut d’autre chose, son bagage scolaire pourra me disposer favorablement, d’autant mieux qu’il sera correctement encadré par un vieux. Si c’est un moins jeune, l’expérience vaut tous les diplômes. Ensuite ma « culture générale technique » me permet de lever les plus énormes bêtises ; dans mon métier d’ingénieur les erreurs ne proviennent généralement pas d’un calcul fautif mais d’une mauvaise modélisation ou d’hypothèses incorrectes. Enfin et comme je le laissais entendre, je ne me contente dans toute la mesure du possible pas d’un seul avis : le contradictoire a de grandes vertus. La règlementation impose d’ailleurs un certain nombre de contrôles externes, bien utiles dans leur rôle de garde-fou.

    Avec toute mon amitié,
    EdHi

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