Lézard

6 mai, 2008

Au début, on croit que la vie est simple. Binaire. Manichéenne.
Il y a les malades et les feignasses.

Dans le monde des feignasses, la vie est belle.
On fait passer un kyste synovial du poignet en accident de travail (J’vous jure Msieur l’Juge, j’étais au travail, tranquillement, à travailler, et pouf ! Rendez-vous compte !), on fait prolonger l’arrêt une première puis une deuxième fois, puis encore un peu par gourmandise, puis encore un peu pour la route, puis encore un peu mais c’est la dernière, et à la fin, on n’a pas travaillé pendant deux ans. Sept cent trente jours.
Pas parce qu’on a besoin de son poignet au quotidien, hein ! Non, on est agent de surveillance. Mais mettons qu’un jour on soit dans l’obligation de castagner un peu quelqu’un, on ferait mal son travail et on ne veut pas imposer une telle incompétence à la société…

Dans le monde des malades, la vie est une chienne.
Elle bosse tout ce qu’elle peut, parce qu’elle doit, parce qu’il faut bien, parce qu’elle n’a pas le choix. Elle enchaîne les boulots ingrats. En France depuis peu, elle n’a pas beaucoup de formation, beaucoup de courage et la certitude qu’un boulot, c’est précieux.
Oui, « Elle arrivait de Somalie, Lily », vous y êtes.
Il lui a fait des gentilles remarques au début (Bienvenue !!), puis il lui a effleuré les fesses, puis il l’a choppée dans un couloir vide. Et là, elle ne se sent pas d’y retourner. (Tu m’étonnes…)

Et en fait, il y a tout un monde, entre le monde des feignasses et le monde des malades.

Celui qui chiale parce que vous comprenez Docteur, il est étouffé par le quotidien et il aurait voulu faire autre chose, et le bilan de sa vie à son âge, hein, c’est pas ce qu’il aurait voulu, et lui il a besoin de s’épanouir, et pour s’épanouir, il a besoin de sortir et de voir des gens, et un travail comme ça ça l’aide pas à s’épanouir, et il en peut plus parce que c’est pas une vie tout ce quotidien, et là son arrêt de travail s’arrêtait ce matin mais il a pas eu la force d’y retourner parce que c’est pas tenable, voyez, rendez-vous compte…

Ah ?
Ah.
Ok alors moi on dirait que pour m’épanouir, j’aurais besoin que tu te taises pour commencer, pis j’aurais besoin de bosser deux jours par semaine en gagnant plein de sous à soigner des gens en bonne santé et de bonne humeur, pis j’aurais besoin de passer tout le reste du temps à jouer à Wow en fumant des clopes.
Comme quoi, hein…

Y a celle qui n’en peut plus d’avoir des horaires pareils, rendez-vous compte, 9h-18h TOUS LES JOURS, avec une heure seulement le midi, et même que l’autre jour ils l’ont fait travailler UN DIMANCHE, c’est pas possible des conditions pareilles,  on finit par craquer, forcément, rendez-vous compte.

Y a celle qui travaillait à la caisse et que sans crier gare ils l’ont mise au service des cartes, mais elle y connaît rien au service des cartes, elle a pas été formée, et elle était bien à la caisse, depuis 32 ans qu’elle y travaille, pensez, mais ils font ça à toutes les anciennes, pour les faire craquer et pour qu’elles partent avant la retraite, parce que forcément, elles leur reviennent plus cher que des jeunes, 32 ans rendez-vous compte, si c’est pas du harcèlement moral, pourquoi ils l’auraient changée comme ça de poste si c’était pas pour la forcer à partir, parce qu’au service des cartes c’est pas pareil et c’est exprès pour la faire craquer, pensez…

Je ne pense pas, moi. Je ne sais pas, je ne me rends pas compte de l’enfer du service des cartes.
Y a pas marqué prud’hommes.

Alors bien sûr, je suis censée convertir tout ça en médical. Chercher et trouver (ou pas) des signes tangibles d’à quel point c’est plus supportable. Des signes de surmenage, des signes d’anxiété généralisée, des signes de dépression.
Mais entre ceux qui en rajoutent des tonnes, ceux qui vous racontent une situation qui vous paraît terrible en serrant les dents et en disant que ça va, ceux qui vous racontent une histoire qui vous paraît trois fois rien en pleurant tout ce qu’ils peuvent, ceux qui mentent, ceux qui connaissent le système administratif mieux que vous, ceux qui dramatisent, ceux qui minimisent…
Allez faire la distinction entre le malade et la feignasse…
Peut-être que cette femme, ça la rend VRAIMENT malade, cette situation qui me paraît triviale ?

Elle est où, mon objectivité à moi, entre mon « sens clinique » et mon « intime conviction » ?
Quelle légitimité j’ai, moi, moi-être-humain avec mes propres limites, ma propre histoire, mes propres forces et mes propres failles, à décider de ce qui est ou pas une situation de travail intolérable ?
Parce qu’à force, c’est intenable à la fin toute cette pression permanente, voyez, c’est pas une vie à la fin, y a un moment où on craque rendez-vous compte…

30 Réponses à “Lézard”

  1. yangounet Dit:

    yes , il m’arrive souvent d’insister pour que le patient n s’arrête, vraiment, sinon ça va vraiment s’aggraver et durer beaucoup plus longtemps, et ensuite faire comprendre au n+1 que je suis pas dupe et qu’il faut qu’il arrête de se foutre de ma gueule avec sa flemmingite. Mais c’est pas une histoire de réflexion, plutôt du flair quoi. Comme le douanier qui vous laisse passer 50 fois sans même arrêter la voiture, et vous fouille tout à la 51ème, juste la fois où y a le stock de chianti classico dans le coffre…

  2. Rrr Dit:

    Voilà, « c’est une question de flair ». Et moi ça me perturbe de savoir que la société demande à mon « flair » un truc si important et si lourd de conséquences… :-/

  3. Avalo Dit:

    C’est comme ça que « dans le doute ça sera pas ma faute » beaucoup obtiennent des arrêts de travail pour des raisons bénignes et que d’autres qui devraient vraiment avoir une aide quotidienne et un traitement retournent au boulot tous les jours parce que « ça va je peux faire avec »…
    Faut trouver le juste milieu entre ceux qui grugent et ceux qui ont un vrai problème au fond, une façon de rendre la justice en somme. Pas un travail facile où la conscience professionnelle et personnelle doivent s’entendre. Bon courage.

  4. Fabienne Dit:

    Bien sure, la responsabilité médicale est curieusement engagée à travers le pouvoir de délivrer un arrêt de travail pour répondre à des problèmes médicaux (c’est relativement facile) et à des problèmes de société, et ce, de plus en plus je crois.
    Faire remonter nos constatations de malaises grandissant dans la population active (à qui?) me parait plus raisonnable que de mettre en doute la « fatigue » de nos patients. Quelles ressources et quelles réponses peuvent-ils s’apporter eux même? Ont-ils beaucoup le choix? pour la plupart.
    L’abus reste exeptionnel et le sens d’un arrêt de travail est plus clair à distance quelque fois. Responsabiliser les gens et les renvoyer à leur malaise ne dispense pas toujours de les « arrêter » un temps. La souffrance au travail est sous estimée par notre profession, même si on souffre aussi à la place dont nous parlons.
    Le travail Balint, ça aide.
    A suivre…

  5. JeeP Dit:

    Vu il y a quelques mois une femme de 55 ans en burn-out professionnel, un jeudi. Situations de travail ayant changé, mais problème ponctuel. Ca devrait rentrer dans l’ordre… Non me dit-elle, car le chef a changé, et lui il est insupportable.
    Je lui conseille le yoga, elle me dit qu’elle en a déjà pratiqué; et de changer de boulot. Je lui fais un arrêt jusqu’au week-end pour qu’elle temporise. Je refuse de lui en faire un plus long, elle tique un peu.

    Je l’ai revue 4 ou 5 mois après (d’un bout à l’autre du stage!), pour un trauma de la jambe en faisant le jardin d’une amie. Je la reconnais, on discute, bilan: elle n’a pas voulu reprendre le yoga, par contre elle a changé de boulot sur mes conseils, et elle est heureuse. Toujours un peu hyperactive, mais elle a repris la peinture qu’elle avait laissé tomber depuis si longtemps.

    0 psychotrope, 1 jour d’arrêt de travail. Je me demande ce qu’il se serait passé si j’étais rentré dans la logique anxiolytiques/arrêts maladie longs. J’aime à penser qu’elle se morfondrait sur elle-même.
    Si j’avais été en position de libéral, je l’aurais reconvoquée pour faire le point à 15 jours ou un mois. On aurait rajouté 2 consults au coût total.

  6. yahel Dit:

    Je comprends la difficulté de ou de la praticienne.
    Perso j’ai mis 5 ans à comprendre ce que me disait la mienne, puis, en ‘tenant’ parce que je ne saisissais vraiment pas où était le pbme, j’ai sombré.
    3ans pour dépression, vloush.En suite de quoi, j’essaie de remonter.
    Pour ce faire faudrait changer de boulot.
    J’y suis toujours, sans espoir d’en changer (j’ai essayé).
    Comme on peut le constater aisément, les cabinets de psys des entreprises qui soi-disant se soucient de la souffrance au travail, il s’agit , en thérapie, pour ces pys là (ils n’ont pas le choix, en fait) de faire intégrer au – à la patient-e une adaptabilité aux conditions et non de se bouger (à plusieurs) pour les changer, autrement dit, il s’agit de rendre l’individu malléable sur son minimum vital psychique (autrement dit, jouer sur du conditionnement, cf les TCC) au lieu de travailler sur les pbmes sociaux-économiques (ou bêtement ergonomiques) de l’emploi occupé.
    Alors c’est sûr, vu comme ça, nos gouvernants peuvent s’en soucier de la souffrance au boulot..
    heu pardon je suis hors sujet, un peu..
    Bon courage aux toubibs…

  7. dJe781 Dit:

    Si je peux me permettre une petite remarque de comptoir parachutée d’une (mé)connaissance parfaite du domaine en question : les profiteurs et les « profités » existeront toujours.
    Il y a ceux qui palpent, et ceux dont on emboutit le bouclier arrière. C’est social, c’est comme ça, on y peut rien.
    Même si nos consciences de gens bizarres « que même qu’on a des idéaux » (rendez-vous compte !) nous dictent de pester à propos de ces profiteurs, remercions le grand barbu (qui a le poil doux et luisant) de nous épargner de devoir faire un tri plus draconien, dans un panier franchement plus nuancé qu’il ne l’est déjà.

    Il y a ceux qui débarquent, qui prennent, et qui partent avec plus que prévu, et toujours pour de ~bonnes~ raisons. Il y a ceux qui débarquent, qui donnent, qui prennent peu ou pas, et qui partent sans ce à quoi ils ont pourtant droit.

    Là où ça devient franchement dérangeant, c’est qu’une fois qu’on a bien retourné le problème dans tous les sens, et qu’on a bien maudit les méchants autant que c’était nécessaire, on finit par s’apercevoir qu’à notre échelle on fait aussi partie de ceux qui profitent. Pas nécessairement à ce propos, il s’entend, mais on est tous le profiteur d’un autre.

  8. maubousss Dit:

    « Elle est où, mon objectivité à moi, entre mon “sens clinique” et mon “intime conviction” ?  »
    Quelle légitimité j’ai, moi, moi-être-humain…/… ? »

    Bonnes questions que je me pose aussi tous les jours.
    Rassure moi, tu donnes les réponses dans le prochain épisode?

     » y’a pas ecrit prudhomme »
    Tres bien vu
    Je vais me faire un badge comme ça :-)

  9. Julien Bezolles Dit:

    ce texte est magnifique, mais la question posée n’est peut-être pas la bonne : distinguer entre feignasse ou malade ?
    On n’est pas dans le médical là. On est dans le jugement de valeur, par rapport à soi, qui consiste à poser la question de cette autre façon : « tu me manipules ou tu me manipules pas ? »
    Or en fait c’est pas le problème. Si tu me manipules c’est ton problème, c’est pas le mien.
    Le problème, c’est que tu viens me voir en me disant que t’as un problème. Et la question c’est : est ce que c’est un problème qu’un soignant peut aider à résoudre ? En résumé : tu souffres ou tu souffres pas ?
    Là aussi, dans cette question, on est renvoyé à la subjectivité, et à chercher les signes de souffrance.
    Si on n’en trouve pas, on n’en trouve pas. Ca veut pas dire qu’il y en a pas, mais on n’en trouve pas. Alors la parole de celui qui vient peut être suffisante ou pas. Question de confiance. Ah, la confiance ! On se retrouve alors au départ. Il me dit qu’il souffre, j’ai rien d’autre à me mettre sous la dent pour savoir s’il souffre que ce qu’il me dit. Donc dans quelle mesure je lui fais confiance ?
    Parce qu’il est riche, parce qu’il est pauvre, moyen riche, moyen pauvre, parce qu’il est blanc, noir, jaune, vert ? Parce que sa gueule me revient, me revient pas ? parce qu’il a un métier choisi, pas choisi, de merde, pas de merde ?
    Impossible d’avoir des éléments objectifs pour faire confiance. Alors ma réponse (la mienne, seulement la mienne, pas plus) c’est de dire : « je te fais confiance jusqu’à ce que j’ai des preuves que je puisse plus te faire confiance. » Voilà.
    Donc tu me dis que tu souffres, a priori je pense donc que t’es le mieux placé pour le savoir. Donc ta demande me concerne.
    Maintenant la réponse en tant que souffrologue diplômé. Et la nouvelle question pour répondre c’est alors : « est ce que l’arrêt de travail, ça va t’aider à moins souffrir, à trouver des moyens pour mieux souffrir ? » Est ce qu’en te donnant un arrêt de travail, je pose un acte de soins ? oui, non, peut-être ?
    Là encore, pas de preuve, ni de certitude, juste des impressions, parfois plus fortes, des fois jusqu’à la conviction ? mais va savoir.
    Donc : tu souffres, tu souffres pas ? l’arrêt, ça va t’aider à moins souffrir, ou ça va pas t’aider ? Voilà les deux questions auxquelles j’essaye de répondre quand je joue au soignant devant un souffrant. Facile en théorie. En pratique…

  10. isabelle Dit:

    y’a pas de réponse à mon avis, tu ne peux réellement appréhender que les gens que tu connais un peu à force, pour les autres c’est aussi difficile de dire à quelqu’un « vous n’êtes pas harcelé » ou « votre arrêt n’est pas jsutifié  » que de dire « vous n’avez pas vraiment mal » … on ne peux jamais se mettre à la place des gens tout à fait, je dirais même mieux ce n’est pas à nous de trier les arrets c’est au médecin de la sécu juste il ne faut pas « bidouiller » les motifs pour que çà ai l’air de….avec certains médecins de la sécu on peut meme en discuter .. attention j’ai dis avec certains ….

  11. Marie Dit:

    Et est-ce que ce serait pas justement le fait d’être « un simple être humain », avec ses doutes, ses failles, ses limites, qui nous permet de poser ces actes, ces arrêts, de donner ces conseils… ou de ne pas le faire, d’ailleurs ?
    Est-ce que ça ne vaut pas mieux la subjectivité d’un être humain plutôt que des critères normés, fixés, une machine à savoir si c’est intenable ou pas, cette situation ?
    De toute façon, on pourra toujours se tromper. C’est dans la règle du jeu, le contrat de départ. Mais parce qu’on est des êtres humains, on a ce droit là, et plein de richesses en plus.

  12. nom Dit:

    Je cherche Killme (yeah), ça fait un moment (yeah baby) que je l’ai pas vu (roll over, yeah baby yeah) et je crains qu avec ses rhumatismes (yeah) il a pas pu se lever (baby) de sa chaise (yeaaaaaaaaaaah), je m inquiètes (yeah) beaucoup (yeah baby)

  13. Rrr Dit:

    A tous : je ne réponds pas encore, parce que vos commentaires me passionnent, m’interrogent, m’enrichissent, et que je dois digérer tout ça avant.
    Merci en tout cas.

    A Nom : Nom, vous avez encore oublié vos gouttes.

  14. Isabelle Dit:

    Bonjour,

    Point de vue de surmenée du boulot qui se bat systématiquement avec son généraliste pour refuser les arrêts et dotée d’un « collègue » spécialiste de la maladie professionnelle :
    Ce qui me fait vraiment du bien quand le « burn-out » menace ? Aller voir ma gynéco. Elle ne m’a jamais arrêtée (ça va plutôt bien de ce côté, merci) mais on passe depuis douze ans le temps de la consultation à échanger des propos sur la vie et le monde qui me font sortir de son cabinet complètement requinquée… et elle aussi !
    Ca n’empêchera jamais les cas de conscience devant les manipulateurs patents, mais je suis sure que tu as tout pour jouer de cette corde-là : « et si je vous arrête, que se passera-t-il à votre retour ? » Bref, mettre (et faire mettre) des mots sur les maux… sans se prendre pour un psy.

  15. sophie Dit:

    Bonjour Rrr!
    Je découvre ton blog et j’adore! Je crois que beaucoup de généralistes doivent se reconnaitre dans ton parcours. En tout cas, moi je m’y retrouve parfaitement, la virtuosité épistolaire en moins! Ton humour, ta sensibilité, une certaine humilité et ton respect du patient laissent présager le praticien que tu promets de devenir. J’espère pour tes patients que tu ne passeras pas totalement du côté de l’écriture et que tu leur garderas une petite place.
    En attendant, avant de faire un commentaire approprié au sujet, je me régale autant de la lecture de tes textes que des réponses … tout cela faisant réfléchir!
    Longue vie à ton blog!

  16. docteursachs Dit:

    Je ne suis pas très doué pour les compliments alors je vais la faire courte : bravo et merci pour ces quelques articles aussi drôles que bien écrits.

    Si ça peut te rassurer (ou pas), ce n’est que le début, et ce sera de pire en pire.

    Il y a quelques temps, j’ai reçu un pizzaiolo en consultation dans un cabinet où je remplaçais. Au détour d’un autre problème, il me dit qu’il a un peu mal dans les épaules, pas suffisamment pour s’emmerder à prendre des « cachets », mais si je pouvais l’arrêter 15 jours, peut être que ça passerait tout seul…

    Il est reparti même pas vexé de mon refus, il avait essayé, des fois que ça aurait marché…

  17. Anonyme Dit:

    mon medecin generaliste exerce depuis 7/8 ans je dirais. je vais la voir depuis 2 ans environ et jusqu a cet hiver, elle avait du me voir 2 fois
    il y a quelque temps, je vais la voir pour -une douleur a l estomac qui venait me souler de temps en temps depuis quelques semaines et gross fatigue-, c est pas mon genre mais la vraiment c etait pas le pied.
    j arrive et je lui dis que j ai mal a l estomac blablabla. elle m osculte, me dit qu on va faire quelques analyses et je lui place qu au taf ca va pas, que je suis fatiguee par tout ca (les larmes aux yeux parce que comme d hab je suis trop dans l emotion)
    elle me demande si je veux qu elle m arrete pour prendre du recul sur tout ca. je lui reponds « ca servirait a quoi les problemes seront tojours la a mon retour, il faut les affronter », ce a quoi elle me repond « ca m aurait etonne tiens »…

    tu vois avec quelques annees d experience… elle a du ma voir 2/3 voir elle m avait bien cerne!!
    tu me fais pense a elle.
    je ne me fais pas de soucis pour toi, tu as les qualites humaines pour faire un tres bon generaliste

  18. CafGirl Dit:

    oupsi
    c etait moi au dessus, j ai clique sans mettre mon pseudo dans la case…
    edit comments…

  19. p'tite maikress Dit:

    Au moins tu n’es pas à demander « je vous arrête combien de temps ? » pour te faire une clientèle et plus de fric…
    Tu te remets en question, il parait que c’est ce qui fait une bonne prof, je pense que c’est aussi ce qui fait un bon médecin…
    Bonne continuation

  20. lutinelle Dit:

    Moi je suis d’une espèce intermidaire j’en ai peur car pire. Je n’arrive pas moi même à savoir si je suis en etat de faire ou non mon boulot…
    Du coup je vais voir ma toubib lui expose avec le moins d’emotion possible ce qui ne vas pas et comment je me sent et à elle de juger… Je sais pas sympa… Mais je suis pas bonne juge je le sais (sauf quand j’ai telement mal au dos que j’en pleurerai, la je vais au boulot parce que les sieges y sont telement bon que ca passe 3 fois plus vite la bas… si si veridique!)

  21. joseph Dit:

    Chère amie, Avez vous contacté le médecin traitant de la maman?
    PS: je suis plein d’admiration de votre talent de narratrice.
    Amicalement.

  22. joseph Dit:

    Chère amie, Avez vous contacté le médecin traitant de la maman?
    PS: je suis plein d’admiration pour votre talent de narratrice.
    Amicalement.

  23. audrey Dit:

    Je suis tombée ici par hasard et j’crois que vous devriez écrire un bouquin, vous avez un réel talent de raconteur d’histoire.
    Merci pour la langue française!

  24. Opale Dit:

    Tiens, j’ai pas lu tous tes articles ? Je découvre celui là via le blog du docteur Sachs…et ça me parle.

    Je suis de l’autre côté de la barrière…pendant environ 2 ans j’ai dit non à tous ceux qui me conseiller de m’arrêter (état lamentable matin et soir , mais au taf je faisais bien semblant grand sourire grosse déconneuse) et puis un jour ça n’a plus tenu, premier arrêt puis courte hospi et big arrêt de 9 mois…culpabilité ++
    Retour boulot, collé dans un placard pour la peine, enfin ça bref, et 2 ans après rechute, re 9 mois d’arrêt (des CLM du coup ça traîne pour cause d’administration de merde) …reprise et 4 mois après rebelote..

    Le tout avec un toubib dépassé par les événements et dont je n’arrive jamais à savoir si il pense sincèrement que j’ai besoin de mes arrêts …moi de mon côté à me dire que je dois exagérer sûrement, que je mérite pas d’être arrêtée, je vais pas assez mal blabla (big dépression suite à révélation de 6 ans d’inceste..)

    Et là tout récemment demande de reprise à mi-temps thérapeutique parce que ben voilà il faut puis c tout, sauf que le médecin expert m’a posé des questions et m’a dit « ah non pas de reprise, prolongée de 6 mois » m’a sorti « vous souffrez en permanence » et moi de l’autre côté du bureau et après je me suis demandée ce que j’avais dit « de trop » pour qu’il me sorte ça et re-culpabilité genre « je mérite pas cet arrêt »

    Tout ça pour te dire que j’imagine comme ça doit être compliqué pour les médecins, car déjà en tant que patiente je suis incapable moi-même de savoir si mon arrêt est justifié (bon cela dit il paraît que je minimise tout alors bon…)

    voilà ça fait un peu 3615 je raconte ma vie mais c’était pour te donner mon expérience côté patient.

  25. Opale Dit:

    oups « conseillaient » c mieux

  26. Rrr Dit:

    Merci beaucoup Opale, c’est un éclairage très intéressant.

  27. Docmam Dit:

    Oui il y a des cas abberrants parfois…
    Je vois une ex-collègue sage femme en remplacement. Il y a quelques mois, suite à la goutte d’eau de trop, elle a craqué au boulot, son médecin l’a arrêté 1 semaine ou deux pour faire le point.
    Elle souhaitait y retourner mais il a fallu voir le médecin du travail. Qui a refusé son retour, en tous cas au contact des patientes.
    Elle a fait des démarches pour reprendre à mi temps parce qu’elle voulait vraiment y retourner.
    Toujours blocage avec le médecin du travail, elle souhaite le revoir, pour discuter avec lui du pourquoi, pourquoi il pense qu’elle est un danger pour les patientes… il refuse de la revoir en consultation.
    Le mi-temps qu’on lui propose, c’est 2-3 par jour mais tous les jours (elle habite à plus de 30km) et que de la paperasse.
    Pour un boulot qui lui plaisait, pour un arrêt qu’elle n’avait pas demandé.

    Ben du coup elle le demande, parce que là du coup, elle a vraiment pas envie d’y retourner.

  28. Emilie Dit:

    Je viens de découvrir ton blog Jaddo, et j’alterne entre rire et nostalgie, c’est juste un pur bonheur. Je pense que sur certaines des situations décrites ci-dessus, tu pourrais envoyer tes patients auprès de leur médecin du travail, qui, connaissant l’entreprise (le service des cartes par exemple), pourra peut être t’aider. Je prêche pour ma paroisse bien entendu puisque, après l’ECN, j’ai choisi « pour voir », la médecine du travail, et presque 4 ans après… j’y suis toujours.

    Et pour répondre à Docman, l’avis médical d’un médecin du travail peut être contesté auprès de l’inspection du travail, par le salarié comme l’employeur, et c’est alors le médecin inspecteur régional du travail qui tranchera. Je ne dis pas qu’il faut passer par ce biais systématiquement, mais si toute communication est rompue avec un médecin du travail et que l’on ne comprends pas l’avis rendu, c’est un recours possible.

  29. Moi Dit:

    Je viens de découvrir votre blog en lisant L’Express, on me promettait du rire et de l’originalité, je suis déçue. Finalement tout n’est que parisianisme, politiquement correct, vous essayez de passer pour différentes mais vous adoptez parfaitement le langage de la bien-pensante, vous essayez de faire « peuple » mais tout n’est qu’artifice, dommage…

  30. Oriane Dit:

    ??? On ne doit pas parler du même blog… C’est quoi, votre souci ? Et puis, vous n’êtes pas obligé de partager l’enthousiasme des lecteurs de ce blog, mais si jaddo ne vous plait pas, personne ne vous oblige à rester pour verser votre fiel ici, hein…

Répondre