A notre santé

7 septembre, 2008

Les patients qui fument, qui boivent et qui mangent n’importe quoi, ils sont bêtes.
Ils auront un cancer du poumon, une cirrhose et un infarctus.
Ils sont bêtes, et en plus ils sont méchants.
Ils se fichent bien de tous les efforts qu’on fait pour qu’ils soient en bonne santé.

Alors, une partie de notre travail, c’est de faire en sorte qu’ils ne fument pas, qu’ils ne boivent pas et qu’ils mangent des haricots verts.
Et, pour cette partie là de mon travail, je suis particulièrement nulle.

Ce n’est sans doute pas tout à fait étranger au fait que je fume, que je bois trop, que je me nourris essentiellement de pâtes, de crême fraiche et de burgers, et que le seul sport que je pratique, c’est mes 10 heures hebdomadaires de raid dans WoW.
Mais ce n’est pas que ça non plus. Je ne crois pas. Je ne sais pas.

J’ai eu un prof dont c’était le dada.
Ses yeux pétillaient à chaque fois qu’il disait les mots « prévention » ou « motivation ».
Les patients, il fallait leur faire comprendre.

Leur faire comprendre que c’est mal de manger du saucisson ; leur faire comprendre que c’est mauvais pour la santé, la bière ; leur faire comprendre que pas fumer, c’est super vachement chouette.
Leur faire comprendre.
Il était plein de bonne volonté, à nous raconter comment on fait comprendre aux gens. Et qu’il faut pas culpabiliser, et qu’il faut pas menacer, et que ouhlala les entretiens motivationnels c’est trop bien.
Il nous expliquait en long et en large qu’il ne faut surtout pas se mettre dans la position du sage détenteur du savoir qui regarde d’en haut le pauvre pêcheur en brandissant l’index et en fronçant les sourcils de l’air mécontent et déçu du bon paternaliste.
Et, à côté de ça, il disait qu’il fallait leur « faire comprendre ».

« Ah mais pourtant on y fait comprendre, hein, docteur, au petit, qu’il faut bien travailler à l’école !« …
Sic.
Je ne sais pas trop ce qu’il arrivait à faire comprendre à ses patients, mais moi, de l’écouter 10 min, ça me donnait sauvagement envie d’allumer une clope.
Ou comment expliquer qu’il ne faut pas être paternaliste tout en suant le paternalisme à grosses gouttes.

J’en ai eu un autre aussi, qui disait à ses patients qu’arrêter de fumer, c’était vraiment pas la mer à boire. Que tout ce qu’il fallait, c’était de la VO-LON-TÉ, de celles qui séparent les syllabes. Il refusait de donner des substituts, même quand le patient le demandait, parce qu’il suffisait de la vo-lon-té, et que les patchs, c’était jamais qu’une cigarette plate qu’on se colle sur le bras pour engraisser les laboratoires. (lui qui prescrivait de l’Acomplia et de l’Art 50 à tout va, sic-again…)
Parce que, ajoutait-il : « Arrêter de fumer, c’est vraiment pas compliqué quand on compare à d’autres choses. Vous vous rendez compte qu’il y a des gens qui font le tour du monde à vélo ? A-VÉ-LO ! Vous vous rendez compte de la vo-lon-té qu’il faut pour faire ça ? » (Ai-je déjà dit « Sic… » ?)

Ok, n’empêche que moi, après toutes ces heures de cours et de démonstrations de haute volée, je ne sais toujours pas comment on fait comprendre aux gens.

Quand je m’écoute prescrire un régime (« Prescrire un régime »… Une formulation presque aussi belle que « Faire comprendre »…), la part de moi qui m’observe hésite entre ricaner et me foutre une paire de baffes. Histoire de me faire comprendre…
« Hé bin ma jolie, si avec ça il se met à faire le moindre effort, ce sera vraiment parce qu’il l’aura décidé tout seul, hein… »

Je fais tout ce qu’il ne faut pas faire.
Déjà, j’explique mal, parce que la nutrition, ça me gave et je n’y connais rien. Je saurais comment y mettre de la bonne volonté que je ne saurais pas quoi dire.
J’ai bien cru comprendre qu’en théorie, y a le régime pour les diabétiques, celui pour les triglycéridiens, celui pour les mauvais cholestéroliens. En pratique, quand je lis dans mes bouquins les différents régimes, à la fin du chapitre, je me dis « Ouais, bon, moins de sucres, moins de gras, pis plus de légumes. Un régime, quoi… ».
Dans ma tête, les régimes alimentaires sont aux dyslipidémies ce que les dermocorticoïdes sont à la dermato : de toute façon, ça finit toujours pareil.

Ensuite…
Bin ensuite je ne sais pas trop.
Quand j’explique les « règles hygiéno diététiques » (voui, on appelle ça comme ça, faire la morale, en médecine. On dit Règles hygiéno diététiques. Je ne sais pas vous, mais moi, une formulation avec « règles » et « hygiénique » dedans, je trouve pas ça super sexy.), je n’arrive pas à rentrer dedans.
Je n’y crois pas.
Le type, en face, il a pas attendu 50 ans qu’une fille avec des couettes viennent lui expliquer que c’est mieux de manger des haricots verts que des pizzas, et que fumer ça donne le cancer du poumon.
A la rigueur, je veux bien lui donner des chiffres et des faits. En toute neutralité. Lui raconter que le mauvais cholestérol, ça augmente le risque d’accidents cardio-vasculaires, et que c’est lié en partie à l’alimentation, et que tels ou tels types d’aliments augmentent, ou pas, ce damné LDL.
Lui mettre en main les clés de l’équation.
A lui de savoir s’il veut essayer de la résoudre ou pas.

Peut-être que je deviendrai meilleure avec l’âge.
Peut-être que je deviendrai meilleure quand j’arrêterai de fumer.

72 Réponses à “A notre santé”

  1. anita-médecin de prévention Dit:

    Comme j’aime très bôcoup ce que tu écris , je vais te livrer ce que je considère comme ma meilleure histoire de prévention:
    Un vieux couple vient de mourir, ensemble, parce que ça aurait été trop cruel de les séparer. Ils arrivent au Paradis et s’arrêtent, émerveillés :
    « C’est beau, hein, dit Monsieur
    -Oh ouiiiii, dit Madame.
    - C’est comme on l’avait rêvé…
    -Oh oui, exactement », redit Madame.
    Alors Monsieur, pris d’un accès de rage, se tourne vers sa femme et hurle:
    « Quand je pense que sans ta saloperie de bouffe macrobiotique, ça ferait déjà trente ans qu’on serait là!!!! »

    Bon, en fait, l’idée, c’est gzactement comme tu dis: prendre le temps de savoir où les gens en sont de leurs contradictions et si on peut faire pencher la balance…
    Y a des choses qui te donnent envie d’arrêter de fumer? (à part l’illusion que ça rend meilleur médecin de prévention, pasque ça, huhu….)

  2. LeDoc Dit:

    Faut jamais oublier que même avec des couettes, c’est le médecin qui le dit.

    Et certaines personnes ont besoin d’entendre encore et toujours la même chose, surtout si c’est le docteur qui le dit. Ca pousse dans la bonne direction, c’est tout.

    De toutes façons, il faut bien se dire qu’on n’est pas là pour changer les gens. On leur donne des conseils, c’est tout. A eux de décider ce qu’ils veulent.

  3. Dominique Dupagne Dit:

    Quand j’avais ton âge, j’étais remplaçant.

    Je vois arriver en consultation un sanglier de 120 kg pour 165 cm…

    Diabète, cholestérol, hypertension : full-option.

    D’un air docte, avec mon beau noeud papillon, je lui dis

    « Monsieur Sanglier, il va falloir maigrir »

    Il me regarde alors d’un air torve, comme si je lui avait demandé de faire 20 pompes tous les matins.

    Percevant le malaise grâce à ma subtilité naissante, je lui demande
    « Vous ne voulez pas maigrir ? »

    C’est alors que rassemblant tous ses neurones et les essorant de l’alcool qui les imbibait, il me déclare

    « Y’a un gars au hameau.
    Et ben il a maigri.
    Et ben il est mort ».

    Je suis resté sans voix une bonne vingtaine de secondes.

  4. lutinelle Dit:

    oui ben même si c’est « le docteur » qui le dis, ca change rien. On le sait que « c’est pas bien » mais nous non plus on a pas que ca a foutre que d’avoir de le vo-lon-té. Le gars qui rame, il a que ca a foutre de ramer. Nous en plus d’avoir le vo-lon-te d’arreter de fumer ou de semettre au regime on a notre vie, qui elle s’en fou completement qu’on a besoin de toute notre energie pour arreter de fumer ou de manger…
    Moi ca me rassure qu’il y ai des toubib comme nous, qui savent, mais qui savent que savoir ca suffit pas et que c’est pas si facile

    et merci Rrrrr pour ton humour.

  5. becel Dit:

    Cela me rappelle cette histoire que je racontais volontier à mes patients :
    « - Docteur, que dois-je faire comme prévention ?
    - D’abord arrêter le tabac, ensuite faire un sérieux régime alimentaire, et ne pas boire d’alcool, enfin éviter les excitations dues à la luxure.
    - Et si je suis vos conseils je vivrais plus longtemps ?
    - Ce n’est pas certain, mais le temps vous paraitra plus long. »

  6. dJe781 Dit:

    « Leur faire comprendre que c’est mal de manger du saucisson »
    Je ne peux pas cautionner de telles inepties. La saucisson, c’est BON.

    Sinon, un jour, quelqu’un (activement accompagné de deux autres personnes dont l’une était sa soeur) s’est bien marré face au fait plutôt cocasse qu’un père avait choisi comme thérapeute une de ses ex-femmes pour s’occuper régler ses problèmes de couple.
    Ce quelqu’un, il avait pas besoin d’avoir une vie nickel chrome bien roulée, avec des légumes dans les cheveux, pour choper des crampes aux abdominaux en entendant une telle ânerie.

    On n’a pas besoin d’être soi-même à l’image d’un idéal pour prêcher la bonne parole, ni même d’être capable de lui faire honneur.

    J’ose dire, du haut de ma longue expérience de la vie, qu’en fin de compte il s’agit surtout de parvenir à se dégouter de son état actuel. C’est souvent la première étape. Enfin je crois.

  7. Tom Rakewell Dit:

    Quand j’avais 17 ans, j’ai été plaqué par ma copine, j’ai déprimé, j’ai picolé et j’ai compensé sur la bouffe (non, ça n’arrive pas qu’aux filles). Au bout de quelques mois, j’étais passé de plutôt mince et sportif à gros glandeur. Je ne faisais pas attention, et mes potes ne me disaient rien. Le médecin du bahut m’a dit un jour que j’étais obèse (techniquement, ce n’était pas vrai, mais bon). Je ne peux pas dire que je l’ai bien pris, et je me suis traîné chez mon généraliste pour lui demander conseil. 8 mois plus tard j’avais perdu 15 kg (que je n’ai jamais repris) et je m’étais remis au sport. Il ne m’a pas spécialement fait la leçon ni filé de régime bizarre, il m’a juste dit, en gros, « moins de sucres, moins de gras, pis plus de légumes ». Ça a marché essentiellement parce que j’avais confiance en lui (je le connais depuis que je suis tout petit et c’est une sorte de figure paternelle pour moi) et que je ne voulais pas le décevoir. C’est con, mais à chaque fois que j’étais tenté par un truc (genre pain au chocolat ou kebab), j’avais une vision de mon médecin l’air déçu. D’ailleurs, c’est arrivé en cours de régime : j’ai craqué et repris du poids. Mon médecin ne m’a pas engueulé, il m’a encouragé à poursuivre et à ne pas me laisser abattre, mais ça m’a traumatisé. Un peu comme si j’avais loupé le bac et que mes parents m’avaient expliqué : « ça n’est pas grave, on t’aime quand même ». L’horreur. Du coup, j’ai bien fait attention ensuite. Comme quoi, un peu de paternalisme ne nuit pas toujours…

  8. Tom Dit:

    Petite curiosité : Tu joue réellement à WoW ou c’était juste pour l’article?

  9. Rrr Dit:

    Tom : « Les histoires d’une jeune généraliste, brutes et non romancées. Sinon c’est pas rigolo. » ;-)

    Djeh : zut, j’espère que la marrade (certes, c’était cocasse, j’avoue…) n’a blessé personne…

    Anita : pour l’instant, pas grand chose. Enfin si, mais rien qui dépasse la frousse que j’ai d’arrêter ;-)

    Dominique : « Y’a un gars au hameau.
    Et ben il a maigri.
    Et ben il est mort.
     » Ahahah j’adore !

    A tous : merci, encore, toujours, de tous vos messages.

  10. le RrretouRrr Dit:

    Rrr je kiffe tes histoires, je trouve celle-ci particulièrement claquante, pour les commentaires, mention spéciale à “Y’a un gars au hameau.
    Et ben il a maigri.
    Et ben il est mort”.

    Parce que moi c’est de rire que je suis au bord d’être mort en ayant lu ça

    Donc merci les gars et merci les garces

  11. le RrretouRrr Dit:

    Tiens c’est marrant ton post Rrr est apparu entre le moment ou j’ai commencé à écrire le mien et celui ou j’ai cliqué poster

  12. Pascale Dit:

    Je n’ai pas tout bien compris ce que dit « dJe781 » mais je suis assez d’accord avec sa conclusion. Nos efforts de prévention, nos propres motivations pour convaincre sont bien plus efficaces lorsque nos patients ressentent un certain dégoût de leur situation.

    Lorsqu’elles veulent pouvoir se regarder en passant devant leur reflet dans une vitre, lorsqu’ils ont envie de paraître plus beau, plus jeune, plus sportif, lorsqu’ils voient leurs amis détourner la tête ou éviter leurs baisers parce qu’ils ont l’haleine de cendrier froid… ça donne des ouvertures.

    Je crois que les discours du genre :
    « Vous savez bien que vous risquez tout plein de maladies horribles : le cancer, les accidents vasculaires, le diabète… » sont déjà bien connus par la plupart d’entre eux et, à moins d’avoir eu bien la trouille et l’épée de Damoclès au dessus de la tête, c’est toujours « pour plus tard », ou c’est toujours « pour les autres ».

    Moi, ma motivation, je l’ai eue à force de voir ma fille de neuf ans qui planquait mes briquets et jetait mes cigarettes dans les chiottes et qui un soir est rentrée en pleurant parce que le « papa de Juliette » venait de mourir d’un cancer du poumon. Ce soir là, je j’ai vu lire la phrase « Fumer donne le cancer » sur mes clopes et monter sans plus rien dire dans sa chambre. Ce soir là, j’ai tout jeté et cet instant a été le bon pour enfin m’arrêter.

    Je crois que chacun trouve sa motivation, à un moment ou à un autre. C’est ce moment qu’il ne faut pas rater. Il faut prévenir nos patients qu’ils pourront compter sur nous lorsqu’ils l’auront décidé, et être là pour les aider à changer leurs habitudes alimentaires, à arrêter de fumer.

  13. doclili Dit:

    Bouhouhouhouh !! snirff, Rrrr fume ! Mon monde s’écroule ! La perfection n’est donc pas de ce monde !
    Je cours brûler ton effigie (poupée ourse avec couettes et taches de rousseur)….

    Naaan, j’rigole.
    Je suis non fumeuse et je pense avoir un impact nul dans mes pseudos messages de prévention et la nutrition, bah ça me gave profondément !
    Bises

  14. cardiologue de brousse Dit:

    La question qui est posée si je comprends bien, c’est un peu à quoi sert un médecin , et quelles missions  »on » ( comprenez la société ) lui attribue, non ?
    d’abord à soigner les vrais malades
    puis à soigner les faux – gros boulot aussi -
    empêcher les faux de devenir des vrais ?
    pourquoi pas ?
    mais alors, il faudrait un gros coup de pouce du magicien d’Oz pour que les Mac’Do s’évaporent, le pinard se change en eau et la clope en fumée d’encens; que tout monde ait un boulot sympa, bien payé,pas de chef sur le dos, du temps pour faire ses 3 footing par semaine, du macramé le dimanche à moins que ce ne soit de la peinture sur soie, et cultive ses légumes bio: le monde de OUI-OUI quoi ! pas de la compétence du médecin en tout cas.
    en cardio, on parle de prévention primaire, comprenez ce qu’y faut pas faire pour devenir cardiaque,
    et de prévention secondaire quand manque de bol on a raté la première étape et qu’on est quand même devenue cardiaque, comprenez ce qu’y faut faire pour éviter que ça recommence.
    hé bin, c’est curieux mais les messages de prévention secondaires passent bien mieux que les autres, comme quoi le vent du boulet, ça peut aider.
    personnellement, j’informe -assez longuement en général-dans les deux situations, mais toujours en tentant de faire comprendre au patient que c’est un choix personnel de sa part, dans la mesure ou les  » bonnes  » attitudes relévent d’une prise de conscience et d’une volonté – souvent difficile à mettre en oeuvre – afin de changer radicalement ses habitudes de vie; la prévention, cardio-vasculaire ou générale , implique toujours une remise en cause globale de son mode de vie ; et qui sommes nous – nous médecins – pour dicter les modes de vie de nos patients ?
    aidons en revanche à promouvoir par tous les moyens les messages positifs et laissons de grâce le libre choix à l’individu, qui de toute façon ne nous demanderas pas notre avis.

  15. MBS Dit:

    pas mieux. proposer mais sans examen de conscience sinon …
    « le gars du hameau » il avait qu’à pas mourrrrrir , bordel.
    tres bon RRR , ca fesait longtemps… je trouve une patte plus « généraliste » moins étudiante.. c’est cool de te lire

  16. le RrretouRrr Dit:

    Cardiodebrousse c tro 1 intello^^
    Chu sûr ke dan la brousse y comprenn rien a ski di

  17. Gwadadoc Dit:

     » Faites ce que je dis, pas ce que je fais!! », c’est ce que je dis a mes patients quand je les croise en dehors du cabinet et qu’ils me voient avec une cigarette a la main (voire des fois je cumule en associant un verre, et la c’est la cata, plus aucune credibilite!!!)> Desolee pour les accents mais je suis en vacances aux USA et il n’y a pas nos chers accents sur les claviers americains…..! Bref, c’est sur que ca n’est pas facile de convaincre les gens, d’autant plus quand nous aussi on fume et qu’ils le savent ou qu’on ne rechigne pas a manger une bonne tranche de saucisson ( bon ok, la moitie du saucisson!!!). Cependant, concernant la cigarette notamment, et ayant deja arrete de fumer (pendant 8 ans, et j’ai repris il y a 2 ans…..oui, je sais, c’est bete!!!!, je pense etre peut etre plus a meme de comprendre ce que peut ressentir le patient et de pouvoir « partager » avec lui des trucs de « futur-ancien-fumeur » pour l’aider a tenir bon!! En tout cas, ce que tu ecris Rrrr est extra, et j’ai l’impression que j’aurai pu ecrire exactement la meme chose (enfin concernant les anecdotes, car ton style est inimitable!!); je pense d’ailleurs qu’on doit etre sensiblement du meme age….. enfin, comme quoi, on vit vraiment tous les memes choses et du coup on se sent moins seuls!!!!

  18. cardiologue de brousse Dit:

    pour RrretouRrr : fô pa croire ke dans la brouss y son touss z’idiot…

  19. Raymond Dit:

    « Ouhlala les entretiens motivationnels c’est trop bien »
    Je suis assez d’accord.
    C’est en effet à ce moment là que les gens nous mettent les bâtons dans les roues et qu’ils finissent par faire ce qu’ils veulent (en ignorant nos conseils) !
    C’est aussi grâce à cela que l’on ne devient pas le Docteur Knock.
    Mais il faut l’admettre, je ne suis pas sûr que les « préventionistes » voient ainsi la chose ;-)

  20. charles Dit:

    C’est toujours le même problème peut t’on faire faire a quelqu’un une chose qu’il a pas envie de faire.
    Est ce qu’on peut « forcer » (manipuler, faire comprendre…) la motivation des gens ?
    Et la je me dis est ce qu’on peut « forcer » les gens a acheter une lessive qui lave plus blanc que blanc.
    est ce que l’on peut nous « forcer » à prescrire des médicaments dont on ne sait même pas s’il fonctionne … (n’y voyez pas la une critique de la visite médicale).
    On peut donc forcer les gens a faire des chose qu’ils n’aurait pas fait spontanement?
    Etiquement, c’est difficile d’utiliser les techniques marketing pour precrire nos produits !
    Moi il m’arrive d’utiliser qq technique pour accroître l’observance des traitements et des règle hygieno dietetique ! technique d’entretient motivationnelle.
    je vous conseille de lire ce livre : « petit traité de manipulation a l’usage des honnetes gens » : ca permet de moins se faire avoir dans la vie courante et de mettre un peu plus de chance de son coté .
    Sinon tu es libre de fumer et de boire, c’est ton choix.
    pour répondre avec humour a ceux qui disent mon médecin y fume et il me dit d’arreter : un jour un confrère a répondu : « il y a bien des gynéco qui baise » : a méditer.

  21. docteursachs Dit:

    Mais voyons, Rrr, tu ne connais pas la nouvelle solution? PLus besoin de régime! Le médicament miracle existe désormais : lors d’un des derniers remplacements que j’ai fait dans un obscur trou du c… coin de campagne (là même où j’ai décidé de faire un blog tellement je m’emmerdais), le connar… médecin que je remplaçais m’a brieffé sur l’Acomplia, reservé normalement aux diabétiques obèses avec traitement au bout du bout, mais que lui s’enorgueillisait de prescrire à tous ses patients gras en se justifiant ainsi:
    « c’est hors AMM, mais pas grave, ils ne sont pas remboursés, ils sont prêts à payer 80€ par mois pour perdre leurs 10 kg! »
    Et moi de lui demander quid de l’arrêt du traitement…
    « Ah ben ils reprennent leur 10 kg mais pas grave, toi, tu leur a fait perdre 10 kg à un moment, alors ils sont contents de toi! »
    Putain qu’est-ce que j’étais content de savoir que j’allais bientôt m’installer pour ne plus avoir à rempacer ce genre de con… médecins là!

    Quand on gars qu’a maigri dans son hameau pis qu’est mort, j’aurai une pensée pour lui parce qu’il m’a bien fait rire…

  22. doudou Dit:

    Les clopes et l’alcool ça passe encore.
    Mais un médecin qui porte des couettes, qui passe son temps libre à épancher sa conscience en prenant le pauvre monde entier à témoin (à l’aide d’un blog par ailleurs passionnant, on ne le dira jamais assez) ou à étriper des orques sans défense, ne peut pas être crédible en matière de prévention.

    Celui qui me fera arrêter de fumer ou de boire, qui me fera maigrir ou faire du sport aura plutôt un noeud papillon ou un tailleur (ou mieux, une blouse) et passera son rare temps libre à remplir les tests de lecture de « Prescrire » ou à organiser des sessions de FMC.

    Par contre, je n’aurai pas envie de partir en vacances avec ou de l’épouser (encore que les couettes…)

  23. Flo Dit:

    Petite question qui me taraude : In-game aussi tu est healer?

  24. Cocotte Dit:

    Je découvre et j’adooorre ce blog. Je me sens BEAUCOUP moins seule!! Parce que moi, je suis diététicienne (bah oui, personne n’est parfait). Je mange du saucisson, je bois de la bière, j’adore les chips et gateaux apéro, le pâté (même que j’en fabrique moi même des fois, ouais)…et que au boulot, et ben je vois des gens à qui un doc m’a demandé de leur « faire comprendre ». PArce que moi, comme je suis la diététicienne, et ben le saucisson, je leur en parle du saucisson. Parce que moi je m’y connais en saucisson et cochonnailles. Du coup, après ben ils s’y connaissent mieux en saucisson et même qu’on s’échange des adresses pour en trouver du bon saucisson. je fais un métier formidable non? Bon, d’accord, ils sont toujours en surpoids, diabêté, cholestévérolé et tout. Mais ils sont heureux, c’est déjà ça…une chose à la fois.
    « Au hameau, y’a un gars qui a maigrit, et ben il est mort » ça, il faut absolument que je le recase!!!

  25. Lavrenti Dit:

    Je vais voir un médecin une ou deux fois par an.
    Comme je suis très bordélique, je m’adresse une fois sur deux à un toubib inconnu après consultation des pages jaunes.
    A quelques nuances près, la même situation se reproduit toujours dans les mêmes termes.
    - Donc vous êtes diabétique ?
    - Oui.
    - Vous fumez ?
    - Oui.
    - Holala ! (sourcils froncés, bouche en anus de gallinacé) Avec ce que vous avez !
    - Ha ? Le fait du fumer a-t-il une incidence sur l’évolution du diabète ou sur sa conduite au quotidien ? (58 kilos et absence complète de tout élément vasculaire, graisseux ou cardiaque négatif)
    - (légère déstabilisation du praticien, hésitation, reprise du discours) Hé bien heu … cancer …cœur … diabète … Holala ! (sourcils froncés, bouche en anus de gallinacé) Avec ce que vous avez !

    Pendant des années, je suis parti du principe qu’en m’adressant à un médecin lors d’une consultation, j’avais accès à un savoir faire technique, à une expérience dans ce domaine et à un point de vue beaucoup plus large et pondéré que celui que je peux avoir en vivant les choses sans forcement les comprendre en profondeur.
    Force est de constater que dès lors que le tabac entre en jeu, on quitte le domaine de l’investigation physiologique pour entrer dans celui de l’incantation shamanique : on ne s’adresse plus à un médecin mais à un prêtre.

    A mon sens, ce type de comportement entache fortement la crédibilité du médecin qui s’y livre car il constitue une tentative de manipulation malhonnête dans laquelle le spécialiste technique utilise son statut pour intimider et influencer sans justification.

    Soit on reste dans le domaine médical, on informe, on renseigne, on indique et on explique.
    Soit on passe au domaine de la morale et des bonnes mœurs mais dans ce cas il vaut mieux accrocher un symbole religieux sur la porte et un tronc à la sortie, pour éviter les ambiguïtés.

    Il est peut être nécessaire, par soucis de simplification, pour être à la portée de l’interlocuteur de caricaturer les choses ou de les présenter d’une manière outrancière, aucune doute là dessus. Mais je ne vois pas l’intérêt de créer des fables ou de se faire le chantre d’un discours infondé sur le seul principe que certaines choses sont supposées être bonnes et d’autres mauvaises.

  26. jpeR Dit:

    « pas de saucisson, pas de vin, pas de tous ce qui est bon, autant me mettre tout de suite entre quat’ planches » c’est ce que j’entends systématiquement après chacune de mes tirades « hygiéno diététiques » (oui apparemment les cercueils n’ont que 4 côtés, faut le tenir vachement bien à l’horizontal); mais faut les dire quand même, sinon  » on leur avait jamais dit tout ça »; mais ça ne nous empêche pas de faire ce qu’on a envie de faire , comme eux ! sinon je suis plutôt FPS bien bourrins, ça me défoule avant les consults.

  27. Thomas, un infirmier... Dit:

    Ben moi une docteure qui bute des orcs une clope au bec, un verre de rouge à côté de la souris, tout en refaisant ses couettes ça me plaît!

  28. doudou Dit:

    ça c’est parceque t’es un pervers

  29. Thomas, un infirmier... Dit:

    probablement

  30. Bande passante Dit:

    Lavranti:

    Des maladies desquelles certains médecins disent après étude que le développement a été favorisé par l’action de fumer du tabac se sont développées aux dépens de personnes en l’ »absence complète de tout élément vasculaire, graisseux ou cardiaque négatif » observé

    Certains médecins disent après étude que cesser de fumer favorise que ces maladies cessent de se développer

  31. souris de bibli Dit:

    Ah , que de mensonges racontés pour le bien des autres …le patient , comme un gamin en faute devant son médecin…
    Un médecin généraliste qui expliquait qu’il fallait manger plus de légumes a vu son ptient sourire et lui dire , « Docteur , je suis smicard …si la sécu veut me rembourser des haricots verts extra-fins du luxueux magasin de l’Avenue , en hiver ..moi j’ai pas de problèmes…je pourrai en manger autant que vous voulez !!!

  32. Rrr Dit:

    Dans le désordre (ou pas) :

    - Non. IG, je prends les coups pour les autres, surtout. Et je tape, secondairement. J’ai été healeur, à une époque far far away, puis j’ai respé feral, et je n’arrive plus à re-respé.

    - Fumer n’aggrave pas le diabète. Mais le diabète augmente le risque d’accidents cardio-vasculaires, et fumer augmente le risque d’accidents cardio-vasculaires. C’est pour ça qu’on n’aime pas bien voir les deux en même temps.

    - Pervers vous-mêmes.

    - J’ai failli faire un post sur tous ces moments où je ne suis plus cachée derrière ma blouse, où j’arrête d’être médecin. Le moment de solitude, quand je croise un patient dans la rue, la clope au bec et l’Ipod aux oreilles, en faisait partie.

    - Traducmed est une vraie perle. Je ne sais plus si je vous avais déjà répondu (c’est l’alcool, les trous de mémoire, toussa…), mais je ne manque pas une occasion de lui faire de la pub.
    Tiens, d’ailleurs, je l’ajoute à mes liens.
    Merci pour le travail phénoménal accompli.

    - Merci. (encore)

  33. Prof Chaos Dit:

    QUOI?! La bière c’est mauvais? On m’aurait menti?!

    *désespoir*

  34. Tom Dit:

    Je jouais Drood feeral aussi avant de rentrer en P1 (ouai, là obligé de stoper net…). Donc je vois que je suis dans la bonne voie pour devenir medecin ^^

    Au passage, merci pour ton blog : C’est extra !

    (petite question indiscrète : tu joue sur quel serveur? et hordeux ou allianceux?)

  35. Docteur Peuplu Dit:

    Si ça peut t’aider, il y a une formule simple :
    Il faut varier les poisons.

  36. Dominique Dupagne Dit:

    J’ai oublié de vous rappeler ce dialogue merveilleux de la Grande Vadrouille.

    L’aviateur américain moustachu est planqué dans un lit aux hospices de Beaune. La mère supérieure fait la visite.
    Et après avoir appuyé sur son ventre, ce qui fait sauter en l’air notre aviateur florissant, elle a avec lui cet échange magique par sa brièveté et sa puissance :

    - Vous aimez ce qui est bon ?
    - Euh, oui…
    - C’EST TRÈS MAUVAIS !

  37. Guillaume Dit:

    Tout est poison, rien n’est poison, ce qui fait le poison c’est la dose… ( Théophrastus Bombastus von Hohenheim, dit Paracelse)

  38. agc Dit:

    Ahh là là ! Accomplia + « y’a un gars au hameau… », il n’en faut pas plus pour me rappeler cette petite histoire..
    Un homme de 50 ans, fumeur, alcoolique, diabétique, hyperlipidémique (alors là, déjà, il a droit à 27 séances d’entretiens motivationnels pour tout ça… !).
    Bref, il consulte pour une pneumonie qui n’avait pas passé avec les antibio que son médecin de ville lui avait prescrit.
    Alors bon, je commence à lui poser consciencieusement mes questions :
    vous fumez ? combien ? depuis quel âge ?
    et le diabète ? vous faites des prises de sang régulièrement ? et les glycémies, elles sont comment les glycémies ??
    et l’alcool ?
    et patati, et patata…
    Et sinon, vous toussez ? enfin, je veux dire, avant la bronchite-pneumonie-on-sait-pas-trop…? Ah bah oui, il toussait… depuis 6 mois…
    Bon… c’est embêtant d’entendre ça chez un fumeur…
    Et vous avez perdu du poids récemment ?
    Ah ça oui docteur que j’ai perdu du poids : parce qu’avec le diabète, le cholestérol, toussa, ben mon médecin, il m’a prescrit de l’Accomplia il y a 4 mois. Et même que ça marche VACHEMENT bien : depuis 3 mois, j’ai perdu 19 kilo !!!!

    Ben voilà, c’est l’histoire d’un gars, il a perdu du poids, et il est mort.

  39. jiem Dit:

    De la même veine que l’histoire d’agc, je vous livre un proverbe de dialyseur :
    « Quand les gras maigrissent, les maigres sont morts. »

  40. jiem Dit:

    continuer Rrrr, ca fait rrrire.

  41. jiem Dit:

    continuez pardon !

  42. Tam Dit:

    c’est vrai que c’est embetant la prévention, un peu ça va, mais quand on sait qu’en face le patient s’en fout de ce que tu dis… alors maintenant les fumeurs, je ne leur fais plus la morale, je me contente de dire « vous savez que c’est maaaal de fumer, vous êtes grand, vous faites ce que vous voulez, mais si vous voulez arrêter, il existe des aides pour ça » et stoooop j’ai fait ma B.A. -_-

    sinon depuis que WOW existe j’ai monté pleins de perso, je devais être en quoi en P1 quand j’ai commencé ? 1er perso : une pretresse, hihihihi… ouais on se refait pas… et puis la période altruiste est passée et maintenant je fous les coups moi-mm avec wawa, voleur, démo… c + rigolo ! c’est pas ça qui me fait avancer pr mes révisions, mais ça défoule… mais je raid pas, j’aime pas ça…

  43. Isabelle Dit:

    Le moins que l’on puisse dire, vu le nombre de commentaires, c’est que tu as fait un tabac, avec ce billet-là ;-)

    ***déjà dehors***

  44. cestquoimonpseudo-déja-merdalors? Dit:

    « Dans ma tête, les régimes alimentaires sont aux dyslipidémies ce que les dermocorticoïdes sont à la dermato : de toute façon, ça finit toujours pareil ».
    Ben y’a pas que dans votre tête; à moyen terme les régimes alimentaires ont un taux de succès qui tourne autour de de 10% selon les études. On peut manger « sain » quand même (quoi que la notion de ce qui est « sain » change à peu près une fois par trimestre) mais c’est pas ça qui fera maigrir.
    Et puis pour arrêter de fumer il faut de la motivation, pas de la volonté. C’est pas pareil.

  45. PERECil Dit:

    En tant que gros Alsacien, je vais te donner des dictons de feu mon grand-père et de mon oncle

    « Quitte à crever, autant crever l’estomac plein! » (ce brave homme avait fait la guerre, ai je besoin de plus d’explications ? :) ).

    « Quand les gros maigrissent, les maigres meurent. » (Corollaire du rationnement).

    Bref, de toute facon dans la vie on mourra de quelque chose; certains meurent parce qu’ils sont trop cons (genre « prendre la bagnole bourré en sortant de boite ») d’autres se tuent à petit feu avec leur drogue (que ca soit alcool, tabac, ou même la bouffe en général, hein faut pas se leurrer, le fait de manger apporte une sensation de plaisir).

    Perso, je suis en surpoids (pas encore obèse, j’ai un ICM de 28+), mais je m’en fiche. Je ne bois pas je ne fumes pas. Je fais pas le con en général dans ma vie, mais j’aime bien manger; et le pire c’est que je mange « presque » équilibré; mon problème c’est que je mange juste des quantités astronomiques. Résultat: Triglycérides et un peu de cholestérol (ma pharmacienne de copine m’a dit « peuh, un alsacien sans trigly et cholé, ca existe pas :D »).

    J’avais pris des bonnes résolutions: J’ai pris Dancing Stage et WiiFit, mais ca me fait chier, je ne vois aucune amélioration. Donc je suis retourné à TeamFortress 2 :P.

  46. Poison Ivy Dit:

    Une unique expérience, pour la significativité statistique on repassera, mais ma jeune soeur a réussi son sevrage tabagique à la 3ème ou 4ème tentative (après patch et autres Zib..) grace à une technique ou il faut réussir à se dire que c’est formidable la cigarette qu’on n’a pas fumée, plutôt que qu’est-ce-qu’elle serait bonne cette cigarette que je voudrais bien fumer. Avec derrière une intense motivation liée à un désir de bébé, je suis d’accord avec « c’estquoimon…etc », un fumeur heureux de fumer peut pas s’arrêter…

  47. tropserieuse Dit:

    ton patient, tu ne culpabilisera pas :
    faire maigrir les gros en bonne santé ne les fait pas vivre plus vieux!
    c’est dans La Revue Prescrire mars 2007/Tome 27 N°281.pages 197-201

    mais c’est pas vrai pour le tabac!

  48. Totoche Dit:

    C’est pas Reiser qui a écrit un truc du genre « Ceux qui n’auront pas le cancer du poumon auront le cancer du trou du cul » ?
    Il est mort d’un cancer des os.

  49. Totoche Dit:

    Ça joue à WoW, les filles ? J’ai un doute, là.

  50. Emeraude Dit:

    eh ben les enfants (ça pose un peu son grand-père de commencer comme ça) c’est riche. Bravo pour la mise au point de Rrr sur l’association des facteurs de risques, c’est exactement ce qu’il fallait répondre à mon avis au diabétique qui fanfaronne en disant que le tabac n’aggrave pas le diabète. Non, mais c’est comme rouler à gauche et les yeux fermés : t’as plus de chance de te gaufrer sévère… ;-)
    Merci à Rrr qui nous remercie tout le temps.
    Tiens je vais y mettre un cierge pour qu’elle arrête de fumer. Trop bête de perdre une telle perle.
    A vous lire encore et encore…

  51. J'te l'dis quand meme ... Dit:

    C’est riche. Ouais. Du coup merci Emeraude d’avoir trouvé ces trois mots.
    C’est riche ce qu’on vit.
    Je vire pathétique, merci Rrr de partager tes récits qui me replongent encore un peu plus profond dans mes études de médecine

  52. Lavrenti Dit:

    @Emeraude

    Tut tut.

    Nulle fanfaronnade ici.
    C’est exactement le type de réponse que j’attend : sucre+clope=risques accrus de complications à terme.
    Ce qui me herisse c’est le discours anti-tabac traditionnel associé à avec ce que vous avez trois points de suspension.
    Comme j’ai derriere moi trente ans d’efforts multi-quotidiens pour vivre equilibré, j’attend autre chose de la part du praticien auquel je m’adresse.
    Je ne suis pas une statistique.

  53. Free Man Dit:

    -I am not a number ! I am a free man !!

  54. ML Dit:

    je découvre ton blog et je le trouve rempli de profondeur et de réflexion +++

    AU sujet de la prévention, on se rejoint. Pas évident. J’ai appris récemment qu’il existait des formations que l’on appelle je crois de motivation , justement pour apprendre à apprendre aux autres à être parfaits.

    Je reviendrai te lire. ML

  55. Olivier Dit:

    Les filles qui jouent à des mmorpg ou qui sont médecins, ça compte pas ou alors juste pour draguer…
    ^^

  56. Singe! Dit:

    On appelle ça passer sa vie à la rallonger.

  57. Léonie Dit:

    Je l’avait pas encore lu ce post, encore du bon. Merci à Singe de l’avoir remonter.
    Au delà de passer sa vie à la rallonger ou la raccourcir (liberté chérie), il reste le fait de ne pas pourrir la vie des autres.
    Qu’est ce qu’un médecin peut penser d’une jeune mère qui brûle son nouveau né de quelques jours parce qu’elle l’allaite en fumant, ou cette autre mère occupée à fumer le bébé dans les bras, qui manque de chuter, lâche le bébé (mais pas la clope) qui finit aux urgences dans un état de détresse respiratoire parce que le lait qu’il vient de boire est passé dans les poumons, qui le récupère sauvé in extrémis et continue à l’enfumer, parce que des mères qui enfument leurs bébés à longueur de journée c’est pas ce qui manque, mais c’est normal, puisque cela fait partie de « sa liberté », mais le bébé, lui n’a aucune liberté, juste le droit de subir la liberté de ses parents.
    Et la souffrance des jeunes obèses qui n’arrivent plus à maigrir parce que c’est trop dur et parce que trop tard (certains maudissent leurs parents qui les ont gavés comme des oies), que leur dit on ?
    On peut profiter de tout quand on le fait raisonnablement, mais c’est le raisonnablement qui a disparu de la tête des gens à cause du lavage de cerveau subi depuis des décennies et le manque d’esprit critique.
    Le problème à la base n’est peut être pas de moraliser les fumeurs et les obèses, parce que pour la plupart, ils ont jeté l’éponge (trop tard le mal est fait), mais d’arrêter de fabriquer des obèses et des toxicos sur le dos desquels les grosses firmes (agro alimentaire – tabac, drogue, médicaments inutiles et qui font aussi grossir) et l’état s’enrichissent. La société fabrique des malades et des maladies, il n’y a qu’à voir les obèses aux Etats-Unis (A voir le film : Super Size Me, un voyage au bout de l’enfer culinaire).
    (Super Size Me ». Le film est une enquête personnelle de Morgan Spurlock, qui révèle le lien entre les problèmes de l’obésité et McDonalds. Le documentaire signale comment McDonalds fait un lavage de cerveau aux personnes, surtout les enfants). C’est édifiant.
    Le problème à la base n’est peut être pas de moraliser les fumeurs et les obèses, parce que pour la plupart, ils ont jeté l’éponge (trop tard le mal est fait), mais d’arrêter de fabriquer des obèses et des toxicos sur le dos desquels les grosses firmes (agro alimentaire – tabac, drogue, médicaments inutiles et qui font aussi grossir) et l’état s’enrichissent. La société fabrique des malades et des maladies, il n’y a qu’à voir les obèses aux Etats-Unis (A voir le film : Super Size Me, un voyage au bout de l’enfer culinaire).
    (Super Size Me ». Le film est une enquête personnelle de Morgan Spurlock, qui révèle le lien entre les problèmes de l’obésité et McDonalds. Le documentaire signale comment McDonalds fait un lavage de cerveau aux personnes, surtout les enfants). C’est édifiant.

  58. une ptite D2 Dit:

    Juste une anecdote que je tiens de mon père, médecin généraliste (et oui, c’est de famille!):
    « vous savez docteur, j’ai réussi à faire manger des haricots à mon fils! Du coup pour le féliciter je lui ai fait des frites! »

    Sinon merci pour ce blog, ça m’a fait beaucoup réfléchir sur les années à venir!

  59. Plouf Dit:

    La prévention du médecin, c’est un peu une rencontre, non ?
    entre un patient, un médecin et le bon moment.

    Il y a quelques paires d’années, j’avais une médecin généraliste, qui un jour me dit comme ça « Et si vous arrêtiez de fumer ? ce serait peut-être le bon moment, non ? »

    Pourquoi ce jour là plus qu’un autre, je ne sais pas. J’étais réticent, les complications de la volonté, les patches, les chewing-gums et dérivatifs divers, les frustrations et les sautes d’humeur, etc.

    Elle m’a expliqué le Zyban et la marche à suivre, froide, nette et précise comme elle était toujours, et va savoir pourquoi, j’ai marché. Un mois et demi plus tard je n’étais plus fumeur, pas plus compliqué ni plus cher que les patches.

    Finis les cheveux et les fringues qui puent ; finis les doigts jaunes et acides ; finie la bouffe sans saveur ; finis le teint de cadavre et l’essouflement dès le deuxième étage ; finies les questions diffuses et lâchement évincées autour de la maladie et de mon espérance de vie ; finies les filles qui mangent un cendrier quand elles m’embrassent ; fini d’être totalement absorbé par la question « quand c’est que je vais pouvoir m’en allumer une ? ». Etc.

    Le médecin n’a pas fait de morale, pas de chiffre, rien de tout ça. Cette femme était plutôt du genre « nous sommes entre grandes personnes, vous le savez et je le sais. Allons au fait ».

    Elle a su trouver le bon moment, la bonne méthode. Aussi, durant les trois années précédentes, elle s’était montrée d’une compétence en béton et d’une attitude neutre et discrète. Sa manière directe de poser la question était, du coup, à mille lieues de son comportement habituel fuyant (et même exaspérant)

    Avec le recul, je crois que ça lui avait demandé de l’investissement. Se mêler des affaires des autres ne lui était pas une affaire légère. Je parie que ce que j’appelle sa simplicité, elle le nommerait maladresse. Comme quoi, quand c’est le moment, même les malentendus sont constructifs.

    Il faut ajouter qu’elle avait environ 55 ans. Elle avait eu le temps de s’expliquer avec ses propres contradictions, ce qui aide pour approcher celles des autres, et aussi d’acquérir sa sûreté de décision.

    Petit à petit, ces années de consultations banales ont solidement planté son sérieux dans mon esprit. Et un jour, d’un coup elle a enfoncé tout le clou. Je ne crois pas qu’elle l’ait prémédité, je crois que par sa pratique, elle a su installer une confiance mutuelle, au moins pour ménager son confort de grande timide ; que ça aura engendré une ouverture, qu’elle aura su exploiter. Un mouvement, quoi, un mouvement d’ensemble.

    Je crois que la prévention, ce n’est pas du barratin ou des bons sentiments, je crois que c’est une action, une chasse au bon moment. La chasse, c’est d’abord attendre en silence, pour ne pas effrayer le bon moment, comme ça il ne s’enfuit pas. Sinon, il ne reviendra peut-être pas.

    De combien d’années a t elle prolongé ma bonne santé, cette redoutable chasseresse ?

    Combien de ces chasses au bon moment a t elle ratées, et combien de patients n’a t elle pas su soigner, avant d’y parvenir ?

    J’adore les bons médecins.

  60. LBV Dit:

    Moi j’aime bien cette idée de « bon moment ». « Faire comprendre  » quoi que ce soit à une personne si c’est pas le bon moment pour elle , ça ne marche pas. La question c’est comment avoir accès à ce bon moment?
    Il y a des jours ou je me dis  » celui là il faut vraiment que j’arrive à le convaincre d’arrêter de fumer sinon… » et sinon quoi?  » sinon il va mourir » m’a indiqué un jour un étudiant de 4eme année, encore assez pur et innocent pour croire que si on fait tout bien comme disent les grands docteurs on meure pas a la fin. En fait c’est plutôt « sinon je me sentirai super coupable de n’être pas arrivée a lui faire arrêter le tabac s’il fait ( au choix) un AVC, un infarctus, une ischémie d’un membre voire même comble du mauvais gout qu’il en décède. Donc quelque part je soigne ma propre peur? Parce qu’au bout du compte je sais bien que ce sera seulement le jour où LUi aura décidé que c’est le bon moment qu’il arrêtera de fumer… Peut-être trop tard aux yeux des médecins, mais avant il n’aurait pas pu. Mon rôle étant donc de vérifier régulièrement si « ça s’rait-y pas le bon moment aujourd’hui pour vous? » et que si il y a un frémissement m’engouffrer dans la brèche ( chouette , trop bien il a envie d’arrêter alléluia!). Après il y a aussi ceux qui aimeraient bien mais qui peuvent point, avec dépendance au tabac etc et c’est là que je maudis avec eux le jour où ils ont rencontré ce produit… Jaddo se demande si son statut de fumeuse joue dans sa problématique: dans des thèses que j’ai dirigé sur ce thème on avait retrouvé qu’en effet les médecin fumeurs incitaient moins a l’arrêt du tabac. En revanche ça doit pouvoir permettre de mieux comprendre les difficultés de ceux qui n’arrivent pas à arrêter?

  61. Plouf Dit:

    A propos de WoW, je suis perplexe. J’aurais juré que personne ne connaissait Wendy O Williams en deça de 35 ans, et en dehors des cercles heavy metal les plus affutés.

    Rrr, que tu consacres 10h par semaine à cette chanteuse punkisante et oubliée a quelque chose de fascinant. Si en plus tu fumes, bon sang, tu dois avoir une voix de camion.

    Boah, j’ai bien compris que tu parlais d’autre chose. Mais quand même, tout ce temps sur un seul titre de Kate Bush, même vocalement costaud, c’est un peu obsessionnel, non ? Un peu moins camion, par ailleurs, c’est vrai.

    Bon, je vous quitte là, l’Atari a fini de chauffer et j’ai une revanche à prendre à Space Invaders.

  62. Choix de stage | Openblueeyes Dit:

    [...] avec nous, hein ? Suivi d’un clin d’œil complice…) et tous les jugements moraux (QUOI , tu fuuuuumes ? mais tu sais que ça fait le cancer ? et puis tu bois aussi ? mais … L’interrogation reste en [...]

  63. HIsoka Dit:

    « Peut-être que je deviendrai meilleure quand j’arrêterai de fumer. »

    Et si c’était le contraire ?

    C’est vachement bien, la clope en fait. Non ? La clope, c’est un peu le bonbon du plus grand. Parce que quand on est grand, on aime pas autant le sucre que quand on est petit. Petit, on en enfournait des camions, de bonbons, hein. Sauf que bon, à la fin, c’était la carrie. Bah fumer, ca donne des carries. Et si on se souvient bien, soigner une carrie, c’est vachement pas marrant…

    Ce qui n’empêche que les bonbons, bah c’est super bon. M’enfin en grandissant, on se rend compte que y’a d’autres choses qui sont bonnes, la seule différence avec la clope, c’est certainement qu’on ne grandit plus comme quand on passe de « petit » à « grand ». On a tendance à stagner un peu plus, on évolue plus lentement, on change moins. L’idée pour arrêter la clope, en fait, c’est peut-être de s’accrocher à toute pinces à son enfance ^^

  64. HariboDoc Dit:

    Ah les bonbons … j’en connais un rayon :-)

    C’est vrai qu’en grandissant, on se rend compte qu’il y a plein de « choses qui sont bonnes » !
    Et notamment la vie …

    Et le médecin vieillissant que je suis ne peut que constater que le meilleur moyen (d’ailleurs le seul validé pour ceux qui aiment l’EBM) de garder une bonne qualité de vie est ce qu’on appelle l’hygiène de vie…
    Bien manger, bien bouger, ne pas fumer, pas trop boire.
    Conserver un poids idéal.

    La plupart des exemples de personnes âgées « en pleine forme » pour leur âge sont des gens vetueux pendant toute leur vie!
    Après, il y a la faute à pas de chance: une maladie grave un cancer, un accident. Ce qui n’est pas prévisible; malgré tout ce que peuvent annoncer les médias.
    C’est le Loto de la vie! Déterminisme? C’est un autre problème.

    Merci à Hisoka de m’avoir fait (re)découvrir ce post que j’avais oublié.

  65. granny Dit:

    bon, j’arrive bien après la bataille mais je viens de découvrir ce blog, alors je rattrape le temps…

    j’avais moi aussi un sentiment étrange en prodiguant des conseils de « règles hygiéno diététiques » et autres.( je précise, je suis MG installée depuis 3 ans en rural)
    et puis je viens de lire un bouquin
    Pratique de l’entretien motivationnel : Communiquer avec le patient en consultation de Stephen Rollnick
    et là tout s’est éclairé, j’ai compris pourquoi ca ne marchait pas… maintenant il faut mettre tout ca en pratique, ce qui n’est pas le plus simple tant on est formaté dans notre discours!!!

  66. Midship Dit:

    http://www.youtube.com/watch?v=tb-Zwlb2Z9E

    Ça va très bien avec Bénabar, ce post !

    (sinon, ici, nous sommes en 2011, année finissante où j’ai découvert ce blog, que je remonte à contre courant comme un saumon, en partant du dernier post publié, en espérant atteindre le premier post avant la fin des vacances. J’en suis là et je suis accro !)

  67. bientot DR Dit:

    Ben en fait l’entretien motivationnel c’est des vrais techniques de jedi avec des principes simples mais à contre courant de ce que l’on pense. Du genre le patient il a le côté obscur de la force et l’autre côté aussi, bon ben faut l’aider à choisir mais avec ses propres arguments du genre : sa soeur est du bon côté de la force alors si il passait de l’autre côté ben il la perdrait c’est con, son père il est du côté obscur mais du coup il a pas de visage et il se fait traiter comme un esclave, et puis le côté obscur ça va un moment c’est sur, on se sent plus costaud tout ça on a pas de limites mais finalement on se retrouve vite à faire les 3 huit pour l’empereur à envahir des planètes qu’on a même pas le temps de visiter.
    Alors que si on lui dit, « le côté obscur c’est mal, faut pas y aller », on sait déjà quel côté il va choisir, le luke.

  68. Rrr Dit:

    Ahah, c’est très joliment résumé :)

  69. bientot DR Dit:

    Merci.Ce blog m’inspire.
    Et puis c’est tellement mieux que d’écrire ma thèse…

  70. camichka Dit:

    Bonjour,
    je suis ton blog en « sous-marin » depuis quelques temps, et je tombe sur cet ancien post… à l’heure où je devrais dormir !
    Je suis prof (de français), pas médecin, mais il me semble que sur la thématique du « faire comprendre », ça se rejoint… impossible de guérir un patient qui s’y refuse, impossible d’enfoncer des connaissances de force dans la tête d’un gamin pour qui « de toutes façon, M’dame, ça sert à rien tout ça ! »
    Et je réagis parce que pour moi la diététique et l’hygiène de vie, ce n’est pas forcément se condamner à une vie longue et triste… Je ne fume pas, je ne bois pas, parce que, par chance (mais d’où vient-elle, cette chance ?), je n’ai jamais développé de goût pour ces addictions… En revanche, j’adore manger – pas de charcuterie pour moi, merci, mais je suis incapable de résister à une bonne fondue/raclette… Simplement, je suis à l’écoute de mon corps, et quand mon estomac m’envoie comme signal « burp, c’est bon, là ! », et bien j’arrête, parce qu’il n’y a pas de plaisir à manger à s’en faire péter la panse, sans savourer… Et je crois juste que beaucoup d’obèses le sont parce qu’à un moment ou un autre, ils ont perdu le contact avec leurs propres sensations. Et que le rôle du médecin, ça peut-être simplement d’aider le dialogue à se rétablir, loin de tout régime prescriptif !
    Voilà, et je terminerai cette longue bafouille par cette phrase lue un jour, et que je trouve terriblement vraie : « il faut avoir plus de plaisir en changeant qu’en ne changeant pas »…

  71. C’est l’histoire d’un mec. | Docteur Gécé Dit:

    [...] post fait suite à un commentaire de Dominique Dupagne chez Jaddo, à propos de Monsieur Sanglier, et son mythique « Y’a un gars au hameau. Et ben il [...]

  72. Une P2 Dit:

    Je relis cet article et je ne peux m’empêcher de penser à un de mes profs de pneumo : « Non mais moi je trouve ça inacceptable les étudiants en médecine qui fument ! C’est vrai quoi, on se casse le cul à vous former pendant 10 ans, tout ça pour que vous chopiez un cancer des poumons à 40 ans ! »

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