AVH

22 février, 2009

Comme tous les étudiants en médecine de France, j’ai passé beaucoup de temps aux urgences. Peut-être même plus que la moyenne d’entre eux, parce que j’aimais vraiment bien ça. Entre les stages d’externat, les stages d’internat et les gardes, j’ai vu pas mal de services.
Parmi les nombreux points communs de tous les services d’urgences, il y a les gars-bourrés.
Et, avant de rentrer dans le vif du sujet, laissez moi partager avec vous la fine analyse que, dans ma grande sagacité, j’en ai faite.

Préambule :

Il y a, pour résumer outrageusement, quatre grandes catégories de gars-bourrés aux urgences, selon deux critères majeurs : ceux qui font peur (ou pas) et ceux qui sont chiants (ou pas).

Pour nous faire plaisir, rangeons les dans de jolies petites cases :

Cliquez dessus pour voir en grand.

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Dans l’usage, la catégorie 4 est rare.
A vue de nez, je dirais que la distribution de gars-bourrés, dans un service d’urgences traditionnel, ressemble à :
- 80% de C1 – C3
- 15% de C2
- 5% de C4

Les gars-bourrés peuvent se ranger dans quatre endroits distincts :
- les chambres normales
- les « chambres de dégrisement »  (Ca ressemble à une chambre normale, sauf que c’est raisonnablement à portée de la salle où s’affairent les blouses blanches, qu’il n’y a pas d’ordinateur, pas de table, pas de chaise et des liens attachés d’avance au brancard)
- le couloir
- le box de réa

Nous voyons vite que les chambres de dégrisement sont réservées aux catégories 2, alors que le box de réa est l’apanage des catégories 4.
Un soigneux ballet est ensuite orchestré, fonction de la nuit, de la place, et du nombre de gars bourrés.
Un C1 pourra être rangé dans une chambre de dégrisement, s’il y a de la place, parce qu’on craint son passage en C2. Si sur ces entrefaites arrive un autenthique C2, on passera le C1 en chambre pour laisser sa place au C2.
Le couloir est traditionnellement réservé aux C3 et aux nuits chargées.

Un même gars-bourré peut bien sûr nous être livré sous différentes formes, et changer de catégorie à mesure que la nuit avance.
Le classique C1 -> C2 -> C3 -> C4 est rarement observé.
Le plus souvent, le cycle est simplifié en  C1 -> C3 ou C2 -> C3.
La possibilité d’un C3 -> C2 est toujours à craindre, surtout si le C3 avait été diagnostiqué trop hâtivement et entreposé dans le couloir, entre un brave j’ai-tordu-ma-cheville et une naïve j’ai-perdu-mon-tampon, qu’on ne reverra pas aux urgences de sitôt.

Les situations rencontrées peuvent donc revêtir une grande variété, malgré une base de départ simple et bien codifiée.
L’histoire que je voudrais essayer de raconter est celle du passage de C1 en C2.

Histoire :

Je vais essayer d’illustrer mon propos avec un exemple. Le choix est vaste, l’histoire se répète et les exemples sont nombreux. Prenons une C1 au hasard.

Une C1 nous est aménée par les pompiers.
La soirée et le début de nuit ont été lourds, les box sont pleins. Son arrivée imminente nous est annoncée par un coup de fil,  et commentée de lourds soupirs de l’équipe soignante.
Putain, encore une. Bon, on va mettre le C1 de la 7 dans le couloir, maitenant qu’il a viré C3, et on la mettra à sa place en chambre de dégrisement.

La C1 est bien connue du service, elle y est passée souvent, toujours dans les mêmes circonstances.
Figurez-vous que la C1 s’appelle Mme Torchet. C’est délicieusement cynique.
Mme Torchet a 45 ans, dont 45 de vie triste.
Elle a enchaîné les merdes et les coups du sort dans un outrage permanent aux lois de la statistique. Toutes les merdes qui peuvent arriver à quelqu’un, croyez bien qu’elle les a connues.
Aujourd’hui, elle a des enfants, un mort et d’autres qu’elle ne voit plus, quelques hommes qui sont partis, un boulot qu’elle a perdu. Elle habite 2 mois chez une amie, un mois à la rue, puis deux mois chez un type qu’elle a croisé et qui voulait bien l’héberger en échange de vagin. Elle fait ce qu’elle peut le long de sa vie, et, régulièrement, elle boit un peu plus que d’habitude et elle finit aux urgences du coin. Encore.

Elle arrive en sentant l’alcool et en pleurant entre deux fous-rires, à moitié nue sur la chaise roulante poussée par le brave pompier.
Motif de détresse sur la feuille des pompiers : « Une femme de 45 ans est sur le trottoir  »

C’est un infirmier que j’aime plutôt bien qui fait l’entrée.
Un type qui bosse relativement bien, qui est plutôt sympa avec les externes, un peu déconneur, qui fait des blagues un peu lourdingues mais rigolotes quand même de temps à autres. Qu’on préfère voir, quand on arrive pour sa garde, que la pimbêche coupée au carré qui râle parce qu’il y a encore quelqu’un qui a mis le kit de suture dans la mauvaise boîte pour la désinfection.

- Allez ma ptite dame, qu’il dit en récupérant la chaise roulante, c’est reparti pour un tour.
Il l’amène dans le box 7, la chambre de dégrisement dont la porte donne directement sur la salle des soignants.
Il la déshabille la porte ouverte, il lui colle une blouse qui ferme dans le dos et qu’il ne boutonne pas.
- Allez, on se couche, maintenant, qu’il dit, le médecin va venir vous voir.
Il sort, et, la porte encore entrouverte, il dit « Roh putain mais elle pue mais grave ».
Il entasse ses affaires en grimaçant dans un grand sac qu’on lui remettra demain matin au moment de partir. Il en fait l’inventaire, et il le note sur la feuille qui va bien. 1 T.shir 1 pull 2 chaussettes 1 chaussure 1 portefeuille 7,50 euros.

Le médecin qui va venir la voir, c’est moi.
J’y vais surtout pour vérifier qu’on n’est pas au bord de la C4, et pour dire de mettre quelque chose dans l’observ.

J’essaie de l’amadouer.
Et j’ai l’impression d’y arriver un peu.
Sans doute beaucoup mieux qu’en vrai, certes. Sans doute un peu naïvement.
En tout cas, je l’appelle par son nom, je la laisse finir une phrase complète sans la couper, au moins une fois sur deux, j’essaie d’avoir des gestes doux, j’essaie de la traiter en Mme Torchet et pas en C1.
Pour la clope qu’elle me réclame depuis que je suis rentrée dans sa chambre, je négocie. J’explique les vraies raisons pour lesquelles on ne peut pas là tout de suite, pour laquelle on ne pourra pas autant qu’elle le voudrait, je donne un vrai délai dans lequel je m’engage à venir l’accompagner, une seule fois, j’explique ce que je crois qu’il va vraiment se passer si elle continue à réclamer toutes les cinq minutes quand je serai partie, et que je n’ai pas envie qu’il se passe. Je lui dit qu’elle a tout à gagner à rester calme en attendant que je tienne ma promesse et que je l’accompagne pour une vrai clope. Qu’elle en aura une, si elle me fait confiance, et que si elle en réclame dix en hurlant, tout porte à croire qu’elle n’en aura pas et qu’elle finira attachée au brancard.
Carotte et bâton, dont je ne suis pas très fière, mais qui ont le mérite d’être strictement vrais.
Naïvement, j’ai l’impression que ça a marché.
« D’accord, d’accord », elle me dit.
Evidemment, ça tient quinze minutes, mais on ne pourra pas me retirer que ça a tenu quinze minutes.

Elle se remet à réclamer. Sa clope surtout, mais aussi un coup de fil, sortir, rentrer chez elle.
Elle reste sur son lit, mais elle appelle.
On ne lui répond pas, on ne la regarde pas. Personne ne lui parle.
Quand elle demande qu’on l’accompagne pisser, l’infirmier soupire, se lève et dépose un bassin au coin de sa chambre. Chambre qui donne directement sur la salle de soins, avec des fenêtres, pas de draps, une blouse mal fermée et un bassin posé au sol.
Curieusement, elle ne pisse pas. Elle continue à appeler, de plus en plus souvent à mesure qu’on ne lui répond pas.
La septième fois, l’infirmier crie, depuis sa chaise :
- Bon ça suffit, hein, on n’est pas à l’hôtel ! Elle se prend pour qui, elle ?
La huitième fois, il ne dit rien, se lève, va jusqu’au box, ferme la porte, tourne le verrou.
Elle tape à la porte, elle demande pourquoi on a fermé.
- Va te coucher, princesse ! crie l’infirmier à travers la porte, avant d’aller se rasseoir devant son PC.
Elle tape plus fort.
Elle se met à crier.
Il revient, tourne le verrou, entre dans la chambre, la saisit par les deux bras.
- Bon maintenant tu te calmes ! Tu la fermes !
Il l’assied de force sur le lit, sort de la chambre, prend son collègue à témoin :  « Putain mais elle cherche ou quoi la pétasse, là ».
La pétasse se met à hurler :  »Connard ! Fils de pute ! Est-ce que je t’ai insulté, moi ? Laissez moi sortir ! »

L’infirmier regarde ses collègues.
Hochement de tête.
Ils sont cinq, ils se lèvent, ils entrent dans la chambre.
Sans dire un mot, ils la saisissent, il la tirent vers le lit, ils la couchent.
Elle se débat, elle hurle, elle griffe.
« Putain !! », dira le griffé.
On la couche, un sur les bras, un sur les épaules, un à chaque jambe, un qui noue les liens, une idiote arrivée sur le tard qui lui maintient la tête inutilement et qui n’aide pas beaucoup.
Frissons dans l’assemblée.

Elle restera attachée à son lit, hurlant, bavant, pleine de soubresauts de rage, essayant de défaire ses liens.
De temps à autres, une blouse blanche passera la tête de sa porte toujours verrouillée pour réclamer en hurlant le silence.
On parlera d’elle jusqu’à la fin de la nuit, dans la salle d’à côté, en soupirant, en se prenant à témoin (« T’as vu, elle m’a griffé la salope ! » « Moi j’ai failli me prendre un coup de boule ! »), en maudissant son boulot de merde, en maudissant les médecins qui sont restés au chaud derrière leur ionogramme, en pouffant sur l’externe, qui, au milieu de la cohue, faisait semblant de lui tenir la tête et lui caressait la joue en chuchotant « Calmez vous Mme Torchet, s’il vous plait, calmez vous. Là, là, ça va aller… »

Et probablement que mes beaux discours de confiance mutuelle et de contrat de clopes étaient perdus d’avance.
Probablement que j’étais idiote, à caresser la joue d’une furie parce que je ne savais pas quoi faire d’autre.
Probablement que je ne sais pas ce que c’est, d’être seul au front, une nuit sur deux, avec les mêmes histoires qui reviennent et les médecins qui font semblant de ne pas voir.
Probablement que je ne sais pas l’épuisement qui s’accumule.
Mais on ne m’ôtera pas de la tête que cette femme n’aurait pas viré C2 si on ne l’avait pas aidée.
A force de petites humiliations, à force de petits mots glissés assez forts pour être entendus, à force d’espoir malsain de déclencher la tempête, pour pouvoir jouer de ses beaux muscles, avoir quelque chose à raconter à l’équipe de relève, être un homme, mettre quelques coups à la pauvre ivrogne et être plus tranquilles une fois les liens attachés.

Et ça, c’est pas pour dire, mais c’est pas loin de la perversion.

68 Réponses à “AVH”

  1. doclili Dit:

    Bravo tout simplement…
    Je retrouve mon impuissance devant cette situation jouée d’avance.
    merci

  2. Do Dit:

    Et dire que quand c’est un quidam qui dénonce ce genre de pratiques, le bloc médical se soude :(
    Merci Jaddo…

  3. cardiologue de brousse Dit:

    probablement que C1 n’avait rien à faire aux urgences
    probablement qu’elle aurait été mieux chez Paulo, à cuver son spleen et roupiller la clope au bec en essayant de ne pas foutre le feu au canapé
    probablement qu’à partir du moment ou une C ou YZ de 0 à trentedouze sur l’échelle de Perlemuter franchie la porte de quelque  »URGENCES » que se soit, elle devrait être prise en charge, juste PRISE EN CHARGE
    ici, il n’y pas que  »Darling » Torchet qui va mal, mais tout le service.
    et que dire des services de gériatrie où des vieux ( pardon ! des  »séniors » ) qu’on pourraient classer de V1 ( radote gentiment ) à V4 ( hurle toute la nuit en se pissant dessus ) sont traités avec la même in-humanité ( ça va faire plaisir à MM !)
    que dire ?
    rien…
    car à ce stade c’est déjà le miroir de nos propres renoncements et celui de ceux et celles qui ont en charge le fonctionnement de telles structures:  »responsables mais pas coupables » dicton médical ; il est temps alors de changer de métier, ou de changer tout court…

  4. dJe Dit:

    Ce qui est heureux, c’est qu’on constate aisément ici que si le respectable pragmatisme dont tu fais preuve pourrait horrifier n’importe quel philanthrope compulsif, il n’est rien face au volume qu’occupe l’histoire.

    La solution facile serait de s’offusquer, le coeur empli d’une indignation guerrière. De la bave aux lèvres et toutes griffes dehors, oui, c’est inadmissible.

    La solution facile n°2 serait d’accepter l’idée selon laquelle le personnel infirmier fait face à une pression qui justifie à elle seule le comportement que tu décris.

    La solution facile suivante serait de revenir au premier constat, et de s’offusquer que, bordel de merde, si on ne fait pas ce job pour prouver au moins un peu au monde qu’on relève la moyenne de la bienveillance humaine, alors on reste chez soi et on achète une friteuse sur eBay (n’en déplaise aux acheteurs de friteuses qui, j’espère, ne seront pas incommodés de se retrouver en dommages collatéraux).

    Si l’histoire laisse planer un sentiment d’amertume profond, c’est surtout un peu désabusé que je pense à la causalité de tout ça.

  5. Rodrigue Dit:

    Question bête, qui ne prétend rien rêgler: cette femme n’avait demander à uriner initialement ? Pourquoi n’a-t-on pas « traité cette demande-là » ? Car poser un bassin sur un coin de meuble ça ne rêgle pas vraiment la question, qu’en pensez-vous ?

  6. Radéchan Dit:

    Commentaire du dessus plussoyé (comme disent les jeunes des banlieues, enfin je crois qu’il disent cela ? Pas sûr. Hum.)
    Moi aussi j’ai fait principalement de l’urgence, j’ai eu le clodo décedé de son sous-du dans la nuit (qui n’a pas une histoire comme cela ?), car venir voir s’il s’enfonce ou pas, quand le patient pue à 10 mètres, est couvert de gale, de pisse et de merde, quand il n’essaie pas de vous taper ou de vous mordre, ben, ça refroidit vite les meilleurs ardeurs humanistes ;) et on finit par le faire, hum, à minima.
    C’est insoluble, tant que l’hospital prendra en charge ce qu’il ne sait pas et ne doit pas prendre en charge à lui seul (la misère psycho sociale…).
    Exemple cette nuit, j’étais de garde à la maison médicale, j’ai vu des gens normaux (ou quasi), et en allant chercher mon Coca light puis mon Raider, j’ai croisé la faune des urgences (hospitalières): je n’ai vu que des OH. Le dernier, un record, attaché couché sur le ventre avec les mains croisées dans le dos, technique que j’ignorais, comme quoi c’est bien de « passer » de temps en temps à l’hospital, on apprend des trucs (ironie powa, comme disent, ou pas, les blousons noirs).
    Bien content de ne plus voir et d’avoir à gérer cette misère.
    Bonne continuation à Jaddo.

  7. Radéchan Dit:

    Heu, pardon, le commentaire plussoyé est celui de Dje. (un pseudo de rappeur. un gars de la banlieue. un blouson noir j’imagine ?)

  8. yahel Dit:

    Pardon, mais qu’est-ce qu’un ‘OH’ et un ‘sous-du’ ?
    Autre question: dans le cas raconté par Jaddo, les zhoms plein de muscles auraient-ils ‘réagi’ par l’attachement (ha les liens, quelle affection..) aussi vite si Mme Torchet avait été un Mr Torchet?

  9. Godwin's law Dit:

    OH, oxygène hydrogène, un atome de chaque, le ‘groupe alcool’en chimie, sous-du, hématome sous-dural …

  10. Rrr Dit:

    Oh, oui, ça aurait dérapé aussi vite pour M. Torchet.
    Plus peut-être.
    Plus, même, sans doute.

  11. lorna Dit:

    ça aurait effectivement plus vite…

    cet article me rappelle tout à fait une aide soignante, qui, chaque fois qu’un patient sonne dit : encore! oh ben il ou elle va attendre!!!!

    sans savoir ce que la personne veut et surtout même si elle a le cul dans sa chaise!!!

    burn out epuisment… mouais!!! et bien changez de metier…

  12. LFC Dit:

    Tellement vrai, qu’irréel…

    Et AVH ? Alcoolisé, Vomissant, mais Humain ? A moins que ça ne soit Alcoolisé, Vociférant mais néanmoins Humain ?

  13. doclili Dit:

    AVH : accident de la voie hospitalière ?! (moi jaime bien)

  14. LFC Dit:

    Ou Accident de Vie Humaine. :)

  15. Rrr Dit:

    J’attendais la question pour ce titre particulièrement obscur…
    AVH pour Accouchement par Voie Haute.

    http://www.jaddo.fr/2008/10/05/la-force-de-la-perversion/
    J’avais cette(ces) histoire(s) en tête
    depuis longtemps, mais un peu de mal à l’accoucher.

    Mais j’aime bien vos propositions aussi :)

  16. Lolot Dit:

    Merci Jaddo. Pour le fond, la forme et ta plume talentueuse qui me rappelle celle d’Anna Gavalda.

    Juste un témoignage : un jour, je me suis retrouvée aux urgences, pas en tant que C1, C2, C3 ou C4, mais dans une situation de détresse comparable.
    Des mois, des années d’errance entre la fin de mon résidanat et la soutenance de ma thèse m’ont menée à la TA (tentative d’autolyse).
    Peu de souvenirs de mon passage aux urgences mais beaucoup de souffrance au réveil en UHTCD (unité d’hospitalisation de très courte durée = service attaché aux urgences pour les patients en transit).
    Je me suis éveillée, nue, grossièrement habillée d’une blouse d’hôpital non boutonnée dans le dos…
    J’avais envie d’uriner : personne.
    J’ai sonné : personne.
    J’ai attendu : personne.
    J’ai tenté de me lever car j’avais très envie d’uriner et je suis tombée : un des capteurs s’est arraché, un moniteur s’est mis à biper et enfin, quelqu’un est venu en hurlant. Je ne comprenais rien car dans mon esprit, tout était encore confus.
    On m’a remise dans dans le lit et installée sur un bassin qui me martyrisait le bassin !
    J’ai attendu sans pouvoir uriner et ai demandé de l’aide pour aller aux toilettes : “Pas question, vous avez le bassin ! Et ah, au fait, je vous passe le téléphone : c’est votre mère. Dites-lui d’arrêter de nous appeler tout le temps. On n’a pas que cela à faire…”
    Quelques heures plus tard, je me réveille de nouveau car ma main est douloureuse : il y a une perf qui ne coule plus et ma main est oedématiée.
    Je sonne : personne.
    Je parviens à me lever et avance avec hésitation dans le couloir :
    L’infirmière : “Que faites-vous là, vous ? C’est quoi votre nom ?”
    Moi : “Mme X-Y, c’est la perfusion, elle me fait mal, vraiment mal”
    L’infirmière : “Mme quoi ? Non, votre nom c’est Mme Y, c’est ce qui est marqué dans votre dossier”
    Elle s’éclipse et j’entends “C’est Mme Y, sa perf lui fait horrrriblement mal, ah ah !!”
    Je retourne dans ma chambre, personne ne vient, j’ai mal : j’arrache tout et je remonte dans mon lit.
    Un peu plus tard, quelqu’un entre dans la chambre et hurle : “elle est folle, elle a tout arraché, il y a du sang partout, il va falloir tout nettoyer !!”
    Les heures passent, j’ai froid, j’ai honte, je suis toute nue dans ma blouse d’hôpital qui ne me cache ni les fesses, ni les jambes pleines de poils (eh oui ! dépressive, je m’étais laissée aller, mais là j’avais honte) : je demande mon slip, mes chaussettes et mon pantalon.
    “Non, vous allez vous sauver”
    Non, je ne veux pas me sauver, je veux juste pouvoir m’habiller un peu. Je suis seule, je pleure.
    Fin de l’histoire. Seul mon mari a perçu ma détresse et a refusé de signer l’hospitalisation sur demande d’un tiers, pour une prise en charge ambulatoire.
    J’aurais aimé avoir une Jaddo à mes côtes !

  17. yahel Dit:

    Merci pour les réponses sur OH et Sous du :-)
    @ Lolot: merci pour votre témoignage, ça me ‘rassure’ qqpart que des gens osent dire, posément, sans pathos, leur vécu, mon expé de passage dans un service d’urgence, même si moins grave, a eu ce même genre d’aspect très humiliant (je ne parle pas du manque des temps des gens qui y bossent mais bien de cette non considération de l’être humain doté de langage et qui souffre et qui pourtant n’emmerdait personne… j’en étais venue à la conclusion que quand on souffre, faut gueuler sinon personne ne vous prend en compte. Puis je me suis dis que l’aspect humiliant des choses aurait été pire.
    On se sent déjà très dépossédé-e de soi-même quand on est un-e patient-e, mais aux urgences, ça paraît pire.Enfin au bout de 5 heures de douleur la morphine est arrivée.. ouff…)
    Désormais, si je dois à nouveau fréquenter un service d’urgences, j’irai dans celui d’une clinique de ma ville réputée pour plutôt qu’à l’hosto.
    Et pourtant, j’y crois, au service public.
    Mais là…
    Ahem, pardon pour le HS.
    Donc.. l’alcool..pardon OH… :-)

  18. lorna Dit:

    merci pour ce témoignage, lolot…

    ça pourrait me donner envie de faire mon metier encore mieux… et en fait ça me donne envie de tourner les talons…

    je suis blasée par le fonctionnement des services de soins. même si un infirmier fait bien son travail, il suffit qu’il y en ai un qui soit inhumain, irrespectueux et, nature humaine oblige, il ne resteras au patient, de son sejour à l’hopital que le négatif!

  19. Radéchan Dit:

    En général ce sont des commentaires qui disparaissent, mais sur ce blog ce sont des articles !

    http://www.lecravatier.com/image-047.jpg

    décontrach’té !

  20. yahel Dit:

    From lorna : « il suffit qu’il y en ai un qui soit inhumain, irrespectueux et, nature humaine oblige, il ne resteras au patient, de son sejour à l’hopital que le négatif »=> oh non, on peut différencier quand même.
    Lors d’un autre séjour hosto (non urgent :-) et nettement plus long) dans le roulement des infis, j’ai repéré celles à qui je ne pouvais rien dire/demander et celles avec qui c’était possible, sachant bien qu’elles prenaient sur du temps qu’elles n’ont pas et qu’il me fallait, moi, ne pas être chronophage pour elles.
    Au final, j’ai fini par apporter une boîte de choco au service (entier donc) une fois remise sur pied, x temps plus tard.

  21. lorna Dit:

    c’est rassurant…

    ce que je voulais dire surtout c’est que l’être humain retient mieux ce qui est négatif que le reste…

    j’ajouterais que imaginez vous bien que souvent le « mauvais » soignant est un mauvais collègue

  22. ksk Dit:

    Le pire, être le ou la collègue refractaire à ce genre « prise en charge » (NON pas celle-celui qui tient la tête !).
    Conscience professionnelle où es-tu ?

  23. ksk Dit:

    J’ai eu bien plus de chance lors de mes séjours aux urgences (pas pour OH). Le corporatisme y a sans doute joué…

  24. Lolot Dit:

    Corporatisme, mon c.. !
    Aux urgences, je n’ai pas crié sur les toits que j’étais médecin : pour les soignants, j’étais avant tout une suicidante, donc une emmerdeuse potentielle. Le médecin qui m’a prise en charge ne m’a pas reconnue pour 2 raisons :
    - mon nom, utilisé dans le dossier, n’était pas mon nom d’usage (cf le post de Jaddo sur les personnes âgées que l’on appelle par leur nom de jeune fille)
    - j’étais méconnaissable et dans un état pitoyable
    Bref, je n’étais pas en état de me faire respecter.

  25. Medicine Men Dit:

    Lolot « n’étai[t] pas en état de [se] faire respecter » .

    Selon une certaine conception, un médecin, un infirmier, un aide-soignant, doivent, eux, dans l’exercice de leur métier, respecter, ceux qui ne sont pas en état, eux-mêmes, de se faire respecter.

  26. Medicine Men Dit:

    Au fait, merci Cardio et Rrr

  27. Rodrigue Dit:

    Oui, Monsieur Médecine Men ! Il faut respecter même ceux qui ne sont pas en état d’être respecté! A quel niveau de coma est-on respectable! L’agonie est souvent pas très « respectable » pour tout dire assez dégeulasse ! Quant comprendrez-vous qu’il faut le faire POUR VOUS-MÊMES . .. Inouï, la bêtise de certains! Cela ne veut pas dire que l’on doive abdiquer et faire le larbin face au patient abusif. Mais bon sang, si on a pas appris, qu’il faut respecter les gens qu’a-t-on appris!!! J’ai vu a l’hôpital deux malades se faire des lésions vésicales à force de retenir leurs urines … Je n’en avais jamais vu en trente années d’exercice … Alors, je n’en tire pas de conclusion, peut-être est-ce juste dû aux difficultés de service. Finalement peu importe, ce qui compte c’est ce que l’on peut faire soi-même pour les patients, le reste n’a aucune importance ! Heureusement, qu’il existe encore des « dresseuses d’ours »!

  28. Medecine Men Dit:

    Quelque chose me dit, Rodrigue, que tu as compris mon post dans un sens différent de celui dans lequel je l’ai écrit

  29. docmimi Dit:

    rien a voir avec le sujet, mais le post suivant « dodo » n’est pas lisible directement sur le blog.est il réservé aus fans inconditionnels (qui ont accroché un fluxRSS)?

  30. Rrr Dit:

    Je l’ai posté à chaud, et je l’ai regretté le lendemain (pas travaillé, pas pensé, écrit-jeté).
    Il est rangé dans les brouillons pour le moment en attendant une sanction lors d’une prochaine relecture.

    Je n’avais pas prévu qu’il reste lisible par les bidules RSS auxquels je n’ai jamais compris grand chose, mais bon, tant pis, ce n’est pas un drame.

  31. Léonie Dit:

    Il me semblait qu’il avait des cellules de dégrisement pour les gars bourrés dans les locaux de la maréchaussée, pourquoi les envoient-ils au urgences? il y aurait-il un trop plein chez eux?

  32. jjk Dit:

    @Léonie
    Oui, il y a des cellules dans les commissariats pour les « ivresses publiques manifestes ». Au prix de l’amende pour IPM, ça fait d’ailleurs cher la nuit passée sur un banc.
    Mais d’une part, ça ne concerne que les OH « ramassés » par les forces de l’ordre: ceux « ramassés » par les pompiers ou le SAMU social viennent aux urgences (s’ils sont trop chiants/bruyants/agressifs et pas inquiétants médicalement parlant, on peut toujours appeler la police pour un passage par la case cellule).
    Et d’autre part, même ceux ramassés par la police (hors C1) passent par les urgences pour s’assurer qu’il n’existe pas de contre-indication médicale à une nuit en cellule. Et c’est très difficile d’engager sa responsabilité là dessus. Exemple: un type pas trop bourré obtient son ticket pour la cellule (le médecin signe le certificat de non contre-indication), se casse la gueule suite à une crise d’épilepsie, et se fracasse le crâne sur le sol du commissariat. Il n’est retrouvé qu’une heure plus tard à la ronde, dans le coma, du vomi plein le pull. La faute à qui?

  33. mirisa Dit:

    merci Jaddo,tu m’as fait passer du rire aux larmes.
    c’est là qu’il faudrait se pencher sur la notion de « bientraitance » dont la définition est:
    « culture inspirant les actions individuelles et les relations collectives au sein d’un établissement ou d’un service (qui) vise à promouvoir le bien-être de l’usager en gardant présent à l’esprit le risque de maltraitance »

    pour en savoir plus,un lien pdf http://webmail1b.orange.fr/webmail/fr_FR/download/DOWNLOAD_READ_PDF.html?IDMSG=2343&PJRANG=4&NAME=bientraitance.pdf&FOLDER=INBOX

    pour ma part,j’ai été confrontée à ce genre de situation,devoir attacher un type bourré-méchant,lui faire une injection à l’arrache pendant qu’il hurlait et crachait toute sa violence.
    et j’étais triste à en pleurer de me voir réduite à ce rôle-là:obligée de recourir à une forme de maltraitance pour contenir un pauvre type aux 35 années de rue,à la vie grise comme le plomb,désociabilisé…une misère.

    mais comment faire face autrement devant la violence de bouteille?
    dur,dur.

  34. mirisa Dit:

    désolée,le lien ne semble pas fonctionner

  35. mirisa Dit:

    sur ce lien-là,se trouve le document pdf à lire sur la notion de bientraitance
    http://www.famidac.fr/article1997.html

  36. Mograine Dit:

    Bonjour,

    Je suis absolument amoureux de tous vos billets ou quasi, bon peut-être pas amoureux, mais vraiment, j’aime, j’adore…. bref… j’aime assez le frétillement de vos couettes sur le clavier.

    Or là…. non. Outre le fait que, au moment où j’ai vu que ça partait sur les « gabourés », j’ai su que ça partirait mal et, et fur et à mesure de la lecture, le petit soignant en blanc qui est un méchant enfoiré qu’en fait j’ai un peu sauvé la dame, je l’ai vu venir de bien loin… en fait je pensais que ça serait un aide-soignant !

    Peut-être que j’déconne, que j’suis crevé ou je sais pas quoi, mais tout le reste fleur bon le bon-vivre, la gentillesse, je vous croiserais en remplacement dans le cabinet médical du coin que je vous proposerais sans doute un pineau mais là… je sais pas… ça coince, et pas parce que vous « tapez » sur un infirmier, parce que, ce post là, il résonne pas pareil que les autres dans mon tympan (que vous pouvez pas voir, haha :=D )…

    Au final, j’crois que c’est le trop plein de bon sentiments, des soignants qui respectent tous les patients, que même « ils sont de vrais être humains avec un petit coeur qui bat dedans et tout et que même j’aime les gens,et je dis merci à la vie je souris à la vie je chante la vie(sic) »…. la débauche de bons sentiments quand on parle d’un patient alcoolique chronique qui rentre dans un service d’urgence pour la énième fois, je n’y crois pas un seul instant. . .
    Je n’ai que 3 services d’urgences de mon département pour image menfin….

    Amicalement !

    PS: serveur/pseudo? :=D

  37. Rrr Dit:

    Arf :-/
    Oui je sais. Pour ça qu’il a été aussi dur à accoucher, ce post, l’équilibre est dur à trouver.

    Bon, en même temps, s’il a fallu un post que vous n’aimiez pas pour venir me dire que vous aimiez les autres, je suis contente quand même.

    Et sinon, en vrai, je ne voulais pas dire qu’on peut et qu’il est facile d’aimer tous les patients du monde.
    Mais j’ai déjà vu trop souvent la petite torture inutile de soignants certes probablement épuisés, mais qui rendait les patients encore un peu plus difficiles à bon-sentimenter, et qui les faisait passer de patients difficiles à patient ingérables.

    Pardon pour la dégoulinerie :)

  38. pas très content Dit:

    non il était très bien ton post et tu n’as pas à t’excuser. en revanche tu as le devoir de présenter des excuses pour avoir employé l’expression indigne de qualification « accoucher » du post

    franchement, c’est dégoûtant et surtout c’est surprenant de ta part

    cependant je trouve aussi que tu as l’excuse facile parfois, c’ est au moins la seconde fois que tu présente des excuses du même genre, la précédente en mémoire étant au sujet de  » trois mois  »

    il est TRES bien ton post, TRES bien, il décrit parfaitement un type de scènes infect qui se répètent depuis des années

    dans ce post le chef des cons est un infirmier, dans la profession de qui les cons sont trop nombreux, mais rassurez-vous Infirmier, dans la profession de médecin aussi, nombreux sont les cons

    Mais surtout, surtout, ne dites pas que je vous ai dit ça.

    Les médecins et les infirmiers sont tous généreux et soignent toujours bien les gens. C’est ce que vous direz si on vous demande

  39. Medicine Men Dit:

    Quand est-ce que tu écris un mot qui commencerait par …

     » Elle s’est cassé la gueule dans sa salle de bain, comme ça peut arriver à tout le monde, elle s’ est fait un peu mal, on l’ a amenée aux urgences pour la soulager et pour voir s’il n’y avait pas trop rien de grave. Deux ambulanciers l’ont amenée aux urgences en brancard. Elle est un peu vieille. En même temps qu’ elle se faisait installer dans une salle de soin, une connasse d’infirmière a claironné dans le poste de soins:  » y’a un placement qui vient d’ arriver  » …  »

    qu’est-ce que tu pourrais nous écrire ?

     » Aux urgences, on installe les malades dans des boxes. Comme les chevaux …  »

    attends j’ en ai une qui me plaît là:

     » tout a continué avec les membres de sa famille en train de s’agiter, danser autour de son lit en lançant par saccades  » i va pa bien hein iva pa bien  » et tout a continué de continuer quand le blaireau de médecin appelé à domicile a composé les mots suivant  » Cher Confrère, M. Ducon présente une altération de l’état général  »  »

    Ca me dégoute tout ça franchement. On a fréquenté les mêmes services, on a supporté les mêmes conneries … les gros blaireaux de spécialistes hospitaliers qui pissent sur les généralistes et les pauvres cons de généralistes qui conspuent les spécialistes hospitaliers … les internes de merde qui ne comprennent rien à ce qu’ils font, les chefs de cliniques stupides qui ne comprennent pas davantage, et les chefs de service vaniteux. Les infirmières frustrées qui crachent sur les externes, et les surveillantes stupides qui polluent les services.

    Le CH.U. est une poubelle peuplée de cloportes

  40. Mograine Dit:

    Je ne dirai rien si on me demande mon cher « pas très content ». Je n’ai pas pour but de juger un bouquin à sa couverture, ni de forcer quelqu’un dont j’apprécie la prose à s’excuser.

    Je ne suis pas sur le zinc de « chez Michou », au bistrot du coin mais, c’est si grave que notre Dresseuse d’Ours s’excuse? C’est mal de s’excuser ? Ca fait paraître moins bien? Vaut mieux regarder dans le blanc des yeux et dire « va te faire, sitépakonten c’est pareil » ?

    J’pense pas. Y a pas besoin de travailler dans « le soin » (voir LE SOIN…. ayez une larme à l’oeil en lisant ce mot, et toute l’abnégation qu’on peut y retrouver, j’en mouillerai mon pantalon) pour être un con, on est tous le con d’un autre.
    Ca aurait très bien pu être un interne, ou qui que se soit d’autre, c’est juste le caractère téléphoné de la chose que je venais juste relever…. 1…. sur environ 150. J’aimerai pouvoir dire un jour qu’une personne parmi des dizaines, m’a montré, un jour, une erreur sur 150 actions effectuées.

    Alors, inutile de courir à la bastille une fourche à la main. Le con c’est vous, le con c’est moi, le con c’est lui ou elle, et tous les jours ça tourne, et ça tournera encore quand la terre elle s’arrêtera de tourner.

    Alors, notre dresseuse d’ours, j’aime ce qu’elle dit, j’aime énormément ce qu’elle dit (bon c’est une toubib faut relativiser :D )… sauf cette fois, na !

  41. pas très content mais bon ça va quand même Dit:

    Y’a pas d’erreur Mograine, c’est une question de goût, que chacun fasse ce qui lui plait

  42. cardiologue de brousse Dit:

    Ha ! je rêve, mais je me mets à aimer les posts de Médecine Men ! je suis happé par le côté obscur…
    à moi chubaka!

  43. cardiologue de brousse Dit:

    …ou chewbacka pour les puristes !

  44. Medicine Men Dit:

    <3 <3 <3 J’aime Cardio de brousse

  45. pupuce Dit:

    bah moi chais pas si les urgences c’est bien ou pas pour les OH mais quand j’y ai amené bôpapa pour suspicion d’infarct (mon gentil généraliste voulait se couvrir parce que bon tu sais jamais, patin couffin, faites y faire la piqûre et l’ecg on sera fixés), bin…
    on est ressortis il avait plus de suspicion mais plus de portefeuille non plus.
    lol?

  46. Medecine Men Dit:

    Je crois que « malades », « bien portants », « patients », « médecins », nous devrons cesser de blâmer « le monde » pour nos « problèmes » et prendre la responsabilité de notre bien-être

  47. Medecine Men Dit:

    de notre bonheur

  48. MBS Dit:

    medecine men ,fais nous un contre-blog.. t’es bon.

  49. Léonie Dit:

    Medecine Men Dit:
    Je crois que “malades”, “bien portants”, “patients”, “médecins”, nous devrons cesser de blâmer “le monde” pour nos “problèmes” et prendre la responsabilité de notre bonheur.
    Le bonheur c’est quoi? parce que pour chaque être humain il a une connotation différente. Par ex. pour certaines personnes, le bonheur c’est faire du mal aux autres donc, elles ont tout intérêt à prendre la responsabilité de leur bonheur et les victimes de ce bonheur que ces personnes se procurent n’ont surtout pas intérêt à blamer « le monde » de leur souffrances.

  50. Walisse Dit:

    Bonjour madame la doctoresse (j’adore dire ça désolée)!
    Je découvre votre blog aujourd’hui par un total hasard et un peu de désœuvrement et une grosse flemme de travailler… Et je voulais vous dire que je le trouve très très chouette, très bien écrit et très poignant, et marrant. Je n’y connais fichtrement rien en médecine, je (ne) suis (qu’)une jeune graphiste qui sort vaguement de l’école, donc j’ai un peu l’impression de faire dans l’inutile quand je m’intéresse à d’autres professions autrement plus nobles comme la votre. (J’ai tendance à dire que mon boulot c’est un jeu) Cependant, j’ai eu deux grands-pères médecins généralistes alors j’ai une sorte de tendresse pour les médecins généralistes (je sais c’est stupide c’est comme si je disais « j’ai une sorte de tendresse pour les facteurs » je voulais juste dire que c’est une profession qui m’inspire beaucoup de respect, et de souvenirs en quelques sortes mais je m’égare^^). Et puis j’ai entendu à la radio ou chai pas où chez Martin Winckler peut-être qu’il y en avait pas assez des jeunes généralistes et que maintenant tout les jeunes médecins sont spécialisés et c’est pas bon pour nous autres les patients. Pour dériver sur des trucs que je connais, j’habite à la campagne et à la campagne y a pas beaucoup de médecins généralistes, et le médecin généraliste il est très important! Enfin bref je vais pas vous apprendre votre métier, hein, loin de moi cette idée, je voulais juste vous dire BRAVO, bon courage et je vous ai ajouté à mon flux RSS et même si je suis une (glam ;-) geek, je déconne pas avec le flux RSS j’y met pas n’importe quoi!
    A bientôt
    Alice

  51. Gabi Dit:

    j’ai eu l’occaz de revenir sur les lieux du crime, repasser dans mon ancien stage d’interne aux urgences, histoire de dire bonjour…
    j’ai halluciné…ah ouais waow, c’est comme ça qu’on traitait les gens!
    alors oui je suis toujours cloporte, mais pas aux Urgences…
    pourtant comme Jaddo, moi aussi j’aimais ça! (à la base).
    en outre, je trouve pas que ce post soit dégoulinant, t’as juste l’art et la manière de te détacher d’un contexte pour parler éthique (oups! encore un gros mot pour google?), merci encore Jad

  52. Medicine Men Dit:

    Apprenez à dialoguer puisque si vous n’apprenez pas à dialoguer, vous vous retrouverez tou(te)(s)(t) seul(e)(s)(es)

  53. Léonie Dit:

    On peut se contenter d’apprendre à écouter les autres un certains temps et analyser pour savoir si le dialogue sera possible ou non, histoire de ne pas user sa salive pour rien.

  54. Medicine Men Dit:

    Réserve ta salive pour quelque chose

  55. Léonie Dit:

    quoi?

  56. Medicine Men Dit:

    Use ta salive pour quelque chose

  57. Léonie Dit:

    ça au moins c’est du dialogue de sourds

  58. Medicine Men Dit:

    Muette

  59. Medicine Men Dit:

    Fluête

  60. Léonie Dit:

    non

  61. Medicine Men Dit:

    Flûte

  62. Léonie Dit:

    M’en vais dans les bras de Morphée, plus soft.

  63. Med'celine Dit:

    Bonsoir! Je découvre par hasard to excellentissime blog, je viens de me poiler pendant 10 min en décortiquant ton tableau de classification des mecs bourrés, et ça faisait vraiment longtemps que je ne m’étais pas déridé les zygomatiques comme ça: merci!
    Moi, j’avais eu à suturer un spécimen aux urgences du Mans à l’époque. Un papi de 75 ans, qui avait bu 1 bouteille de pastis dry avant de se suicider à coup de machette sur la tête… Résultat: 3 heures à suer comme un boeuf au dessus de sa tête pour 140 points de suture que je sais même pas comment ça pouvait tenir, tout ça dans les relents d’anis un poil vomitivés… Du grand art!
    Encore merci (et hop, je te mets en coulisse chez moi, pas question d’abandonner une si belle découverte!).

  64. Med'celine Dit:

    Et j’adore tes citations, dont certaines ne me sont pas inconnues… Seulement je ne les note jamais et les oublie au fur et à mesure. Faudra que je répare ça un de ces jours!
    Tu écris remarquablement bien, à quand un livre (si ce n’est fait)?
    Cordialement.

  65. La vie (où est le) mode d'emploi (?) Dit:

    Pfouh. Difficile de commenter l’émotion de ça. J’ai l’impression d’avoir assisté à la scène.
    Pour rester light, j’adore le tableau du début :o)

  66. Petite étudiante alitée pleine d'illusions Dit:

    Bonjour,

    Etudiante en seconde année de langues étrangères appliquées, j’ai dans ce cadre à rendre une sorte de « mémoire », qui doit présenter mes perspectives professionnelles futures.

    Or, en ce moment mes études sont en stand-by, souffrant d’un canal rachidien étroit qui me provoque des douleurs aux jambes et dans le bas du dos difficilement supportables et qui me contraignent donc à des efforts physiques réduits.

    J’ai consulté de nombreux spécialistes (neurologues, neurochirurgiens, orthopédistes, rhumatologues) qui pour le moment ne semblent déceler aucune anomalie significative.

    Il ne s’agit pas ici de traiter de mon cas en particulier. Je m’intéresse à la prise en charge de la douleur physique et psychique des patients en général, toutes pathologies confondues.

    J’ai souvent eu l’impression d’être délaissée par le personnel médical, de ne pas être écoutée ni suivie avec attention, de ne pas pouvoir m’exprimer librement au cours d’une consultation. J’ai souvent eu le sentiment que les médecins s’attendent à des symptômes et des réponses stéréotypées, qui rentrent dans un cadre précis.
    Etant bien malgré moi une brebis égarée dans le paysage médical, cela rallonge d’autant plus le prise en charge.

    En discutant avec d’autres patients dans les salles d’attentes et les urgences que j’ai écumé, je me suis aperçue récemment que d’autres que moi ressentaient le même délaissement, la même incompréhension, et avez eux aussi constaté ce mur qui nous sépare du personnel médical.

    Je souhaite par la suite passer un diplôme d’art-thérapie (je pratique le théâtre depuis une dizaine d’année).
    Ce choix est orienté par le désir d’aider les autres à mon niveau, en essayant par une approche psychologique ou ludique de leur apporter la force nécessaire pour se battre et se libérer d’un corps qui constitue pour eux une prison.
    J’essaye donc d’axer mon dossier sur la prise en charge de la douleur physique tout d’abord, mais aussi et surtout mentale car les deux sont profondément liés.

    Au sein du milieu hospitalier et en tant qu’interne ou médecin, sur quelles bases évaluez vous la douleur d’un patient?
    Quels moyens manquent pour être en mesure d’assurer à chaque patient un suivi personnalisé et une véritable écoute de ses besoins, de ses souffrances?
    Quelles lacunes pensez vous que le personnel médical devrait combler, en supposant qu’il en ai, bien sûr, les moyens?
    Une assistance telle que l’art thérapie vous semble-t-elle bénéfique dans le cadre du suivi médical d’un patient?
    Avez-vous pu recueillir au cours de votre carrière des témoignages de patients se plaignant d’un sentiment d’abandon du personnel et de la médecine en général?
    Bref, j’ai besoin d’en savoir plus sur ce milieu que je n’ai, pour le moment, appréhendé que du point de vue de patient, en ayant le sentiment d’être un numéro assis sur une chaise de salle d’attente.

    Je sais bien que le personnel manque et tout être humain a ses faiblesses, mais votre témoignage et votre expérience pourraient me permettre à mon petit niveau de faire ressortir des besoins et de faire un petit point sur la situation actuelle.
    Vos commentaires et les informations que vous pourrez me fournir seront les bienvenus.

    Je vous remercie par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à ma requête,

    Cordialement,

    Mona LE MOIGNE

  67. Aurélie Dit:

    J’ai envie à la fois de pleurer et de vous dire merci. Parce que souvent, dans les salles, je suis confrontée à ces mêmes attitudes des soignants, et souvent j’ai envie de réclamer un peu d’humanité. Mais c’est vrai que ce n’est pas à moi d’emmener le patient pisser – de le nettoyer – de le recoucher – de le rhabiller (rayer la mention inutile). Donc je ne dis rien et je me contente de rassurer le patient, de lui parler doucement, de ne pas le traiter comme un animal.

  68. Lau' Dit:

    Juste envie de réagir, parce que ce billet fait écho à des souvenirs sommes toutes bien récents.

    Pas d’alcool en cause, mais beaucoup trop de Xanax. Pour faire cesser une crise d’angoisse qui refusait de passer.
    C’est pas moi qui ai gobé ces médics, c’est une amie, ma coloc. Alors je l’ai amenée aux urgences, et je suis restée avec elle.

    Et sincèrement, des infirmiers comme vous les décrivez là, y en avait. Trop. Le mec qui la parque dans un box. « un médecin va venir vous voir ». 3h après, toujours personne n’est venu la voir, il est quelque part au milieu de la nuit, elle est crevée, moi aussi. Elle demande à nouveau quand un médecin va passer. « Dans une demi heure », avec l’amabilité d’un fox terrier qui a une rage de dents. Elle fait remarquer que c’est ce qu’on lui a dit y a trois heures. Elle est en pleine crise d’angoisse (parce que non, même avec le trop de xanax gobé, la crise d’angoisse n’est pas passée), elle est à bout de nerfs. Elle essaie d’arracher sa perf’, elle veut se casser, elle en a marre. Moi je la retiens et je me mange sa colère (légitime vu la manière dont l’infirmier lui a parlé… Mais dans laquelle je ne suis pour rien).

    Je vais moi parler à l’infirmier, je lui signale qu’elle est un peu à bout, là, je lui demande s’il peut passer vers elle. Essayer de la rassurer, j’sais pas, un truc quoi. Un truc pour qu’elle arrête d’avoir l’impression d’être un meuble planté là…

    Le mec est en train de boire son café. Pas en train de courrir de droite à gauche, non, de boire son café et de parler du journal télé (je le sais, je les entends, la porte de leur bureau est ouverte). Pas surmené donc.
    « Non mais bon, on n’a pas que ca à faire, alors retournez vers elle, tenez lui compagnie » (le « Et ne nous faites pas chier » n’a pas été dit, mais il se lisait entre les lignes gros comme un autocar).
    Je lui demande à mon tour quand elle va voir le médecin, cette fois ci sur un ton agacé, parce que je commence à en avoir ma claque de cette soirée de merde.
    Sa réponse… « Non mais y a pas besoin de monter en pression ». Non non, y a pas besoin, ca fait juste trois heures et demi qu’elle attend, qu’elle angoisse comme une bête, que je me bouffe sa tension dans la gueule, et que vous buvez votre putain de café. Mais non,y a pas besoin de monter en pression, monsieur, c’est évidant.

    Au final, quelques heures plus tard (parce que ca a duré un bail cette plaisanterie là…) : elle a fini par péter un cable, arracher sa perf’, insulter un infirmier…
    Résultat : un agent de sécurité posté devant son box. Pour éviter qu’elle s’en aille, disaient-ils.

    Ben en fait, ca a été la meilleure nouvelle de la soirée : Ca a été la personne la plus sympathique et la plus humaine qu’on a croisé ce soir là.

    Flippant, non ?

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