Beyrouth.

26 septembre, 2009

En fait, j’aime pas les malades.

J’aime bien les gens en bonne santé. J’aime bien les jeunes de 32 ans avec leurs biceps et leurs sourires et leurs certificats de Taekwondo. J’aime bien les femmes enceintes qui viennent parce qu’elles sortent de leur tête à tête avec leurs deux lignes roses dans la salle de bains, et qui m’écoutent à peine, parce qu’elles sont pleines d’images d’avenir. J’aime bien les certificats de bonne santé, j’aime bien les jeunes, j’aime bien les vaccins.
J’aime bien donner des conseils pour moucher le petit et passer vingt minutes à expliquer qu’il faut s’essuyer d’avant en arrière pour éviter les cystites.

Les malades sont nuls. Ils puent la souffrance et la peur, ils me vident de mon énergie, ils m’aspirent, ils m’effraient.
Ils sont un trou noir. Comme d’effroyables petits Shadoks : ils pompent, ils pompent, ils pompent, alors que j’ai si peu d’énergie à moi.
Ils ont mal et je ne suis pas une fée, ils veulent vivre alors qu’ils vont mourir, ils veulent comprendre et ils ne comprennent rien, ils ont peur et j’ai peur avec eux, ils ont mal et j’ai mal avec eux. Je n’ai pas tant d’énergie à donner, je n’ai pas assez de force vitale pour tous, et j’en crève.

Sauf les bons malades, que je peux supporter.
Le bon malade est poli. Il arrive à l’heure à son rendez-vous, il me dit bonjour Docteur avec un D majuscule. Il a mal avec le sourire, il affronte sa maladie le dos droit. Il m’écoute avec des grandes oreilles, il hoche la tête et il me fait des compliments sur ma façon d’expliquer les choses. Il pose des questions auxquelles je sais répondre, et il comprend les réponses. Il sait bien que je ne suis pas une fée, il me donne du Docteur à chaque coin de phrase et il m’écoute en silence.  Il ne se plaint pas. Il est reconnaissant du peu que je fais pour lui, il accepte les examens, il accepte les incertitudes. Quand je lui propose un traitement, ça marche bien. Il n’a pas d’effets secondaires et le traitement fonctionne. Ou, si ça ne fonctionne pas, il me le cache parce qu’il sait qu’il me doit bien ça.
Le bon malade guérit. Il a une maladie bien propre, bien carrée, que je comprends et que je connais, et pour laquelle j’ai des médicaments qui marchent dans mes tiroirs à médicaments.

La mauvaise malade débarque à 19h sans rendez-vous, avec ses yeux de cocker battu et sa souffrance qui empeste  ma salle d’attente. Elle a huit maladies graves en même temps qui se battent pour savoir qui aura raison de ce corps chétif, elle est idiote, elle me fixe de ses yeux hagards et elle se fait frapper par son fils. Elle n’a pas pris les médicaments parce qu’elle n’avait pas de sous, elle n’a pas le compte rendu de l’hôpital de sa dernière hospitalisation, elle ne comprend rien et elle a mal partout. Elle ne pose pas de questions parce qu’elle est trop bête pour en poser, elle ne sait pas répondre aux miennes, elle est sale et elle a les dents grises, elle boite sans que je sache pourquoi, avec sa béquille qu’aucun des antécédents notés dans les jolies cases de son dossier ne justifie.

Et alors que je suis capable de passer 35 minutes avec une jeune fille belle et enceinte, je raccourcis tout ce que je peux la consultation avec elle. Je botte en touche, j’envoie au diabéto, j’envoie au cardio, j’envoie au centre anti-douleur. Je lui parle mal, je l’engueule parce qu’elle devrait bien savoir que le vendredi c’est sur rendez-vous, je secoue la tête en soupirant quand elle ne sait plus quel médicament on lui a donné à l’hôpital, je rédige la lettre pour le diabéto en quatre longues minutes de silence. Je ne souris pas, jamais. Je ne demande pas si son fils a arrêté de la cogner parce que j’ai trop peur de la réponse.

Je suis médecin depuis deux jours et demi, j’ai vingt-huit ans, et je ne supporte déjà plus les gens malades.

283 Réponses à “Beyrouth.”

  1. Guybrush Dit:

    « enjoy »
    :s

  2. Medicine Men Dit:

    Félicitations pour ta thèse

  3. cardiologue de brousse Dit:

    la vraie vie des salles d’attente…
    total respect : 28 ans et presque tout comprite
    mais tu n’es qu’une passeuse, pas une fée, mais ça aussi tu l’as déjà comprite.
    Alors, bon courage et surtout ne coupe jamais tes couettes…
    trés confraternellement

  4. Grr Dit:

    Oooo, ça pue le futur Médecin Inspecteur de Santé Publique, tout ça!

  5. stephane Dit:

    Il est très tentant de faire des théories à partir de cette très belle note. Parfois je me demande pourquoi les médecins bloguent. La catharsis est elle efficace, est ce que ça va mieux après l’avoir écrit?
    J’ai failli être pédiatre, je me suis longuement posé la question. Un jour j’ai vu un petit garçon trop mignon, avec un grosse rate, diagnostic de LA, facile et j’ai été trop dans l’empathie, j’ai souffert avec lui et j’ai su que jamais ne pourrai faire ce métier, ce que j’aimais c’étais les petits qui allaient bien, faire l’examen clinique systématique faire joujou avec eux et les nourrissons j’adorais, les pas graves, ceux qui avaient des petits poids et qu’on regardait grandir et grossir et changer. J’aimais vraiment la pédiatrie, mais je sais que j’aurai cramé rapidement avec ce métier. Alors je suis allé soigné des grands que de ceux avec huit pathologies et de préférence dans la misére sociale, de ceux qui vous traite de roi des cons alors que vous les tenez à bouts de bras depusi 6 ou 8 ans. Je comprends qu’on ne supporte pas et je trouve encore plus admirable qu’on puisse le dire. Vous ferez certainement un bon médecin généraliste, bon courage et parlez, évacuez, ça permert de rechargez les batteries pour affronter la douleur de l’autre.

  6. Pas important Dit:

    Je confirme Grr.

    Faudrait voir à postuler comme médecin du travail, médecin scolaire ou autre chose dans le genre. Pour limiter les nuisances…

    A moins que relire « Corps et Ames » de Maxence Van der Mersch ne sauve la vôtre.

    Bienvenue dans la vraie vie hein? celui qui fait médecine en pensant ensuite bosser à Disneyland n’a visiblement que la mémoire pour obtenir son diplôme mais pas le QI.

    C’est fini d’obtenir le diplôme pour finir en « notable ».

    La médecine, c’est s’occuper des corps pourris, moches, vieux, handicapés, souffrants, de gens pauvres car les riches vu leur qualité de vie sont moins malades, ils peuvent se nourrir de produits de meilleure qualité qu’au Lidl du coin, ils se font pas pourrir 10 h par jour au travail, ils ont pas des cheffaillons odieux dont le stress induit décompense un tas de pathos mal identifiables, et surtout ils ont des médecins qui ne jugent pas leur vie car ils ne savent pas ce qui les a amenés là, ils n’ont pas des médecins à moitié en érection de joie en s’entendant donner du « Docteur » avec un grand D (parce que leurs parents ont pu leur payer des études) et surtout les gens riches peuvent se permettre de changer de crèmerie quand ils ont en face d’eux un médecin de merde qui s’est gourré de vocation.

    Votre cabinet c’est visiblement pas la Cité de la Joie.

    A quand des UV sur la psychologie, le respect, l’EMPATHIE, la pitié pour ne pas dire la piété dans vos cursus?!

    Ah! dernière idée: recyclez vous en médecin d’équipes sportives: pognon, gloire, beauté, corps pas malades auxquels vous pourrez prescrire moult dopants avec la satisfaction de jouer les Faust.

    Moi, j’ai été médicale en médecine humaine et médecine vétérinaire: les mains dans la diarrhée, les vomis, la souffrance, l’euthanasie, la gériatrie, la psychiatrie, les utérus qui vous pètent à la gueule car dilatés par le pus à l’ouverture de la ligne blanche, les plaies à l’odeur charognarde envahies de vers qui n’en finissent pas de bouffer le nécrosé, et ce qui a toujours guidé mon esprit et mes mains c’est la certitude que tous mes malades, humains et animaux auraient souhaité être à ma place plutôt qu’à la leur, en bonne santé, bien nourris, respectés, bien habillés, assez futés niveau QI pour saisir n’importe quel concept, bref de l’autre côté de la barrière.

    Le pompon étant d’envoyer « les pots d’pus » aux confrères qui coûteront la peau des c.. fesses à la sécu en examens inutiles, tout ça parce que le « D »octeur a pas envie de soigner des trucs pas jolis et que moins il est confronté à des choses pas chouettes mieux sa journée se passe….

    Le « D »octeur ne jouït en son cabinet que des jeunes beaux en bonne santé sportifs qui viennent demander un certif de capacité pour exercer telle activité de loisir: le « D »octeur, il aime beaucoup moins se pencher sur les ulcères variqueux de la petite vieille honnête mais abandonnée de tous qui s’est usé les mains sa vie durant au service des autres.

    Ce « D »octeur là, je le cloue non pas au pilori, mais sur le mur de ma salle de bains, à la place du Moltonel, place et utilité qu’il n’aurait jamais dû quitter.

    Un consolation: la certitude que tout ce que l’on fait dans la vie nous est rendu à la même échelle, tôt, …ou tard…

  7. Dr A. Dit:

    Chere Jaddo,
    Je suis médecin généraliste installé depuis 2 ans, j’ai fait pas mal de remplacements avant ça.
    C’est toujours un grand plaisir de te lire.
    Je me décide enfin à prendre mon clavier pour commenter un de tes billets car je ressent à te lire une pointe de détresse sous-jacente.

    Il faut que tu comprennes qu’on a tous ce genre de patient (oui tu n’es pas seule ! ) et que tous nous sommes exaspérés de ne pouvoir comprendre ou faire comprendre. C’est fréquent.

    Tu ne supportes pas les patients qui ne se prennent pas en charge, qui ne respectent pas les regles.
    Tu ne supportes pas de ne pas pouvoir comprendre.
    Tu ne supportes pas de ne pas pouvoir faire comprendre
    Tu ne supportes pas de ne pas pouvoir aider.

    C’est normal ! (moi non plus)
    Pour moi un mauvais médecin est un médecin qui s’en fout.
    Ce n’est pas ton cas, et je ne doutais pas.
    Dans le cas de cette patiente, tu as fait ce que tu as pu et c’est déjà énorme.

    Il faut juste que tu apprennes à prendre un tout petit peu plus de recul … (un peu seulement, sans jamais perdre tes couettes)

    Bon courage à toi

  8. anita Dit:

    Je trouve très important d’aimer les gens en bonne santé. Simplement, avec le temps, en s’en veut un peu moins de ne pas pouvoir soigner les huit maladies, alors on peut regarder la dame ou le monsieur un peu plus longtemps, voir même écouter en eux ce qui n’est pas complètement malade. Ce qui est très bon pour leur santé.

    Juste un petit message à pas d’importance :

    médecin scolaire, j’en suis un. Je vais peut-être détruire ce qui, en vous, avait la place d’un petit hâvre de paix, mais tant pis. Ces deux derniers jours, une petite fille vient de dire que son grand père abusait d’elle, une jeune adolescente me parlait de son bac que son lymphome ne lui laissera peut-être pas le temps de passer, et ce grand con bagarreur a fini par me dire comment il porte depuis l’enfance cette mère alcoolique inutilisable comme mère à partir de 17h.

    C’t’aute chose, voyez-vous. Mais ça en fait quand-même. Des choses.

  9. Tadou Dit:

    Bonjour Docteur,

    Un docteur qui n’aime pas les malades et l’affirme, cela fait peur et on se dit qu’il ferrait mieux de changer de métier.

    Sauf que ce texte ressemble aussi à une déclaration d’amour, d’un amour qu’on voudrait plus courageux, plus absolu, d’un amour qui se voudrait panacée universelle, d’un amour qui a peur de ne pas être à la hauteur. Et l’amour cela fait mal, aussi.

    Et non, vous n’êtes pas une fée. Vous êtes juste un médecin comme j’aimerais en rencontrer plus souvent, même si j’avais huit maladies graves et un cerveau en compote. Un médecin doté d’une plume exceptionnelle en plus… J’espère sincèrement que vous continuerez ces deux activités.

  10. caak Dit:

    et si tout ce magnifique texte était relu au second degré ça se rapprocherait beaucoup du commentaire précédent
    un ( presque vieux ) MG heureux dans la pratique son métier

  11. pupuce qu'est plus vm parce que les mg sont infréquentables ;-D Dit:

    chère Rrr
    Félicitations pour ta thèse, c’est rigolo médecine on a l’impression qu’on n’en finira jamais et pis un jour, paf, c’est fini, te vlà docteur.
    Tout le monde ne fait pas médecine par vocation. Même si on peut penser que cette faculté-là n’est fréquentée que par des gens qui sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche (et c’est pas si faux), être né de ce côté là de la barrière ne garantit pas plus qu’ailleurs la liberté de ses choix et la connaissance de soi. Mais peut être que tu ne t’es pas gourée de métier quand même. Certains mariages arrangés finissent bien.

    Tout le monde n’a pas le courage de prendre ce genre de personnes en charge, surtout à 28 ans, alors ma foi…tu n’es juste pas exceptionnelle (d’ailleurs si cette femme s’est échouée chez toi c’est bien qu’il n’y a jamais eu personne d’exceptionnel pour elle).
    Cela dit tu peux le devenir, exceptionnelle, tu as du l’être déjà, des fois. Et la patiente peut changer, aussi. On sait pas.
    Ce ne sont pas les gens qui sont anormaux ou fous, ou bons ou mauvais, ce sont les situations, et le situations ont ceci de bien (ou mal, ça dépend) qu’elles évoluent.
    c’était la minute philo de la visiteuse médicale, vous pouvez reprendre vos consultations normales.(qui a dit ouf?)

  12. Medicine Men Dit:

    J’ai failli répondre à une personne qui s’est nommée  » Pas important  » et je me suis rendu compte que son commentaire était bien intitulé, et vraiment  » pas important « .

  13. eosine Dit:

    Je pense qu’il y a plusieurs choses dans ce que tu écris.

    J’ai l’impression que ce qui t’énerve au fond, c’est l’impossibilité de la soigner…

    Parce que c’est impossible de soigner qq1 avec un vague diagnostic, qui ne connaît pas son traitement, qui ne le prend pas, qui sort du CHU sans compte-rendu… Que veux/peux tu faire dans ces conditions ?

    C’est un peu comme les gens de passage qui voudraient bien leur comprimé blanc là, pour la tension ou peut-être le diabète, dans la boîte bleue.

    Ca me fait drôle parce qu’à l’opposé j’ai l’impression d’agacer tout autant ma sage-femme, avec mes examens tout bien fait tous bien rangés…

    Comme quoi !

  14. Jacques-Marie Bichot Dit:

    Chère Madame,

    J’adore vos histoires ! Tout ensemble. Autant votre récit que les commentaires, surtout ceux qui sont engagés et argumentés comme «Pas important» plus haut.

    J’adore, parce que vous exposez un monde gigantesque qui m’est inconnu. La cinquantaine, cadre d’entreprise, je suis un de ceux que vous décrivez. J’écoute et mets en pratique vos bons conseils : pas de tabac, alcool rare, nourriture équilibrée, sport régulier. Je vous consulte une fois l’an à titre de prévention, dans la joie et la bonne humeur. C’est dire l’étendue de mon ignorance de votre parcours, de votre quotidien, de vos matériels, de vos collègues, de votre manière de penser et de votre style de vie.
    Je serai assurément confronté à votre univers ; demain par accident ou dans quelques dizaines d’années par vieillesse.
    Avec un ou deux autres, votre blog constitue ma seule fenêtre pour découvrir la planète médicale inconnue. Constatez simplement votre importance à mes yeux.
    A votre place, je crois que je prendrais mal certains commentaires tel celui que j’évoque ci-dessus. N’en faites rien. En effet, j’ai un égal attrait à lire votre billet que les commentaires, fussent-ils contradictoires dès lors qu’ils sont argumentés. C’est parce que vous écrivez ainsi, que j’ai la chance de lire ces commentaires.

    En vous exposant et en faisant l’effort de rédiger vos expériences, vous tendez la main depuis votre monde vers le mien. Le moment venu, ce sera autant de réduction du choc des cultures, avec des conséquences meilleures pour chacun de nous. Surtout pour moi.

    Je vous en remercie.

  15. Léonie Dit:

    Il est évident que de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas, fini par pour vous faire clouer au pilori par ces mêmes personnes. Il y a des choses qui font mal et qui vous donne envie de ne voir que les belles choses. Quand on aime ne voir que ce qui est moche et dur à supporter c’est qu’on est un peu maso sur les bords c’est pas une question d’humanité. C’est comme si on disait aux pompiers qui ramassent les corps après le crash d’un avion qu’ils se doivent d’aimer le travail qu’ils font. Je crois que Jaddo exerce un métier qui bouffe psychologiquement, qu’elle aime malgré tout et qu’elle veut crier son ressenti afin de se sentir moins seule.

  16. cardiologue de brousse Dit:

    @  » pas d’importance » : ( n’en déplaise à MM )

    in : les Bidochon, assujettis sociaux ( saines lectures )
    – angor de Prinzmetal ?
    – …euh ça fait mal ?
    – fournissez moi encore une réponse de chiotte comme ça et vous finirez médecin du travail

    ça m’a jamais fait rire.

    que celui ou celle qui n’a jamais ressentie une fois ce qu’a écrit Rrr nous jette son stéthoscope à la figure.

    condition minimale pour être Docteur en médecine, avoir un diplôme de : c’est fait, bravo Rrr…

    EXERCER la médecine c’est juste après
    c’est l’œuvre de toute une vie, à la fois métier , profession, crève-coeur, vocation, passion, train-train, et j’en passe

    pas d’UV d’humanité , de compassion,d’empathie dans le cursus, ce n’est pas prévu
    pas de débriefing après les  »utérus qui pètent à la gueule… et les vers qui nécrosent… »

    à chacun de s’arranger avec ça.
    alors de grâce ( j’allais mettre par pitié !)
    pas de sermon, pas de distribution de bon ou mauvais points aux uns et aux autres

    cet ex-futur Pédiatre qui a tourné casaque au premier nounours anémié a sans doute eu raison

    cette médecin scolaire qui a réconforté ces élèves éclopés de la vie n’a sans doute pas perdu son temps et volé l’argent du contribuable

    Ce médecin du travail qui a remué ciel et terre pour obtenir un réaménagement de poste sur son entreprise d’un de mes patients de 55 ans chauffeur poids lourd avec un coeur au tapis et 3 gosses à charge n’a pas ménagé sa peine non plus

    chacun s’arrange avec ça
    chacun s’arrange avec sa conscience
    point n’est besoin de pilori

    ça fait juste du bien de lire qu’on est pas tout seul

  17. Rrr Dit:

    Comme les mots me manquent encore pour vous dire ma reconnaissance (je m’attendais à nettement plus de piloris molletonnés), je passe juste rendre à César son diplôme : j’ai dit « médecin », pas « Docteur ».
    Pas encore en poche, la thèse.

    Merci à tous.

  18. Grr Dit:

    J’aime bien Cardio de Brousse!

    J’aime bien Jaddo aussi, et je la félicite chaudement pour la thèse. DOCTEUR Jaddo, SVP!

  19. Grr Dit:

    Ach Damned, je viens de lire le post de Jaddo…pas encore la thèse. Ben, les félicitations, c’est de l’anticipé.

  20. Léonie Dit:

    Je voudrais dire aussi qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas que des étudiants issus de familles les plus aisées qui font médecine, parce que je connais pas mal de familles à revenus moyens dont les enfants sont devenus médecins et d’autres qui sont en fac de médecine. Alors le coup de la cuillière en argent c’est du dépassé.

  21. dJe Dit:

    « Pas important », je crois que d’une manière inexplicable tu es passé à côté des cascades d’amour, d’empathie, de conscience professionnelle et d’humanité qui transpirent de ce blog.
    Si tu es capable de remettre en doute, à raison, les motivations profondes qui poussent Rrr à faire ce métier, alors peut-être es-tu en mesure de sonder ton inconscient à la recherche de ce qui sont finalement tes propres motivations profondes quant aux kilomètres de bras que tu as enfoncés dans le pu et le vomi.
    Je ne blâme pas, je dis que c’est bien trop facile de se sentir pur dans sa démarche lorsqu’on se complait dans une misère qui finit forcément par affecter ceux qui s’y frottent. Et si ça ne t’affecte pas, alors peut-être y a-t-il autre chose à trouver du côté de ton inconscient.

    J’ai envie de simplifier à mort les choses en disant que Dr A. a certainement tout compris, et que Rrr l’avait compris quand elle l’a écrit (espérant, ou pas d’ailleurs, peut-être un peu trop fort que ce serait reçu ainsi).

    On peut partir du principe que derrière un second degré il y a toujours une vérité profonde. Ce que moi je comprends de ce billet c’est une question à se poser : est-ce que j’aid(m ?)e vraiment les gens qui vont mal ? Est-ce qu’avec cette idée puante qui remonte du fond de mon estomac, lorsque je m’occupe des gens qui sont vraiment en détresse, je fais vraiment quelque chose pour eux ?

    J’aurais tendance à dire qu’il ne faut pas perdre son temps à vouloir se mesurer sur l’échelle du narcissisme en se demandant si on fait finalement tout ça pour eux ou pour se sentir bien de l’avoir fait, pour se sentir utile, pour se sentir meilleur…

    Du haut de mes courtes années, ce que je pense en avoir saisi c’est que même si, au fond, on fait le bien pour faire mieux que les autres, ce qui compte c’est finalement de l’avoir fait. Et laisse tomber cette modestie qui te vient parce que ta maman t’a bien éduquée : oui tu les aides au moins un peu.
    Alors, certes, on ne sauve pas tout le monde d’un bout à l’autre, et on ne sauve pas toujours quelqu’un tout court. Mais c’est ce sentiment de faillibilité qui nous sauve de la suffisance. C’est aussi lui qui nous sauve de la *responsabilité*. Donnez vous des maux de tête à imaginer l’horreur d’une responsabilité totale vis à vis de la perdition d’un être. On souffre déjà assez d’en avoir fait partie, alors ne souhaitez pas tout faire, ne souhaitez pas tout sauver, parce que le jour où ça se passe différemment, c’est dans des abysses de culpabilité que vous vous retrouverez.

    Ne fais pas trop bien, Jaddo, parce qu’à trop bien faire, on porte le désespoir du monde sur ses épaules. Et ça, c’est trop pour toi. Trop pour nous tous.

    Moi je te dis : sois faillible, c’est ça qui te sauvera, toi.

  22. Sybille Dit:

    Moi non plus, j’aime pas les malades. J’aime pas me sentir nulle, puer la souffrance et la peur, flanquer la pétoche, dégouliner la mort, susciter regards torves et remarques débiles, planer seule sur Mars, encaisser le désir presque tangible des autres de se trouver ailleurs, loin de mon corps souffrant.
    Je déteste avoir 5 maladies graves toutes méconnues et rares, toutes incurables, dont la moitié provoquées par des traitements, tous inefficaces. Et la lueur de panique dans le regard du « soignant ». Ou, pire, la lueur d’intérêt scientifique.
    J’aime pas emprunter à la banque pour payer le forfait hospitalier et les dépassements d’honoraires en disant que c’est pour la machine à laver, faut pas que ça se sache.
    J’aime pas que les hostos refusent de me rendre mes examens médicaux, ceux que me réclament les autres hostos, et que je dois recommencer. Ni me faire engueuler à la Poste quand j’utilise ma carte d’invalidité parce Ca ne se voit pas. Ni qu’on me traite systématiquement comme un cas social au prétexte que je suis un cas médical ou une débile mentale parce qu’handicapée physique.
    J’aime pas me taper la énième salle d’attente sur les énièmes chaises qui me brisent le dos, les énièmes jérémiades des enrhumés en bruit de fond, l’œil sur les énièmes épouvantables lithos délavées. J’aime pas perdre le peu de vie qui me reste.
    J’aime pas devoir expliquer aux énièmes toubibs que je ne leurs en veux pas, qu’ils ont le droit de se gourer, que je sais bien que y’a rien à faire, inutile de s’agiter, se sentir triste
    ou menacé. Et, surtout, qu’il n’est nul besoin de m’aimer, j’suis pas là pour ça.
    PS/ Pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité, j’ai adoré votre post…

  23. Léonie Dit:

    Sybille dit :
    Je déteste avoir 5 maladies graves toutes méconnues et rares, toutes incurables, dont la moitié provoquées par des traitements, tous inefficaces. C’est le problème avec les maladies rares ou « orphelines » comme on dit. Le malade en voulant être guéri d’une maladie incurable s’expose aux maladies iatrogéniques en plus d’être un cobaye. Que faire alors? J’opterais pour faire le moins possible pour ne pas empirer l’état.

  24. Medicine Men Dit:

    @ Sybille, merci d’avoir raconté ton histoire
    Pas besoin qu’on t’aime mais tu vas pas nous empêcher non ?

    @ Léonie. Soupir. Un des problèmes avec les gens qui s’expriment comme toi c’est que votre discours pue la souffrance, le mal-être. C’est quoi cette histoire sur les pompiers ?? C’est dans la tête que forcément on n’aime pas son métier si on y voit et fait des choses dures . Ramasser des cadavres et secourir des mutilés fait partie du métier de certains. Et certains aiment leur métier.

  25. Léonie Dit:

    @MM :
    Comme souvent, je me suis mal exprimée dans cette histoire de pompiers. Ces hommes ont des moments forts dans certains sauvetages qui se terminent bien, mais ils ont des moments terribles qu’ils n’aiment pas, que les catastrophes ne se terminent pas toujours bien comme dans les films. Bon je ne pue pas la souffrance comme tu dis ni le mal être. Je souffre oui, mais je suis moi même et je tiens à le rester.

  26. Medicine Men Dit:

    pas toi. ton discours.

  27. Radéchan Dit:

    Bien dit. Pan dans ses dents. Moi aussi je suis moi-même. Quoique non, tu l’es déjà. Je dois donc être un autre. Mais qui ? Bon je retourne avancer (finir ?) Tales of Vesperia avec mes enfants (on en est au chateau dans l’eau, en chasse contre Alexeï !).
    Ce blog est un vrai comptoir de café. Personne n’écoute personne. Trop génial.

  28. Léonie Dit:

    Ah bon, je préfère.

  29. Docdenantes Dit:

    Chère jaddo

    J’ai 28 ans, je suis docteur en médecine générale depuis 205 jours, et je n’aime pas non plus les malades.
    Ce que j’aime, c’est te lire le soir en rentrant ou quand le patient suivant a « oublié » de venir à son rdv. Parce que comme ça, je me dis, au moins, je ne suis pas la seule.
    J’ai les même patients, les mêmes bon médecins que je remplace, les mêmes envies, et, au risque de faire rire, les mêmes bribes d’idéaux.
    Alors quand vraiment ça devient difficile, quand j’en viens à laisser émerger cette idée que peut-être j’aurais dû faire fleuriste (ça sent bon, c beau et soyeux), je fais un break de pratique de ville, et je me consacre à cet autre versant de notre métier, propre,inodore, et non violent : la réflexion sur notre métier, son avenir, son devenir. La FMC, l’EPP et autres gros mots, formation des jeunes et autres stimulations intellectuelles me donnent l’illusion de concourir à une médecine plus humaine.
    Avant de retourner sur le terrain, essayer de mettre en oeuvre mes compétences et mon énergie récemment renouvelées !
    Bonne continuation, en espérant te croiser un jour en chair et en os…
    Profites du soleil pour laver ton esprit :-)

    Bises confraternelles

  30. Sybille Dit:

    @ Euh, Léonie, je n’ai jamais dit que je voulais être guérie de maladies graves méconnues et rares. J’suis pas débile, je sais que c’est incurable. Un peu plus de modestie de la part des « soignants » m’aurait évité d’an choper des nouvelles, c’est tout.
    @ Euh Medecine Men, j’ai besoin d’amour, comme tout le monde. J’ai dit que je n’allais pas chez le toubib – bien obligée et sans aucun plaisir – pour me faire aimer. Je n’ai pas besoin de l’amour de mon toubib ; j’ai besoin de son attention, de son intelligence vigilante et de son respect. S’il m’aime en plus, c’est souvent arrivé, c’est plutôt encombrant dans la mesure où, justement, s’il m’aime, il souffre. Et s’il souffre, il m’encombre.

  31. Medicine Men Dit:

    putain toi je te kiffe !! stp continue à écrire !!

  32. Léonie Dit:

    @Sybille :
    J’ai parlé en général, je ne connais pas ton ressenti personnel, mais il évident qu’au départ de la maladie il y a l’espoir jusqu’au moment ou après avoir compris qu’il n’y en n’a pas, il ne reste que plus que l’acceptation. Je pense que tout malade au début a de l’espoir, sinon il n’irait plus chez le médecin, ce qui explique qu’un malade condamné accepte souvent un traitement expérimental. On dit bien que l’espoir fait vivre. Faut faire confiance en la recherche sinon autant que tout le monde baisse les bras, chercheurs comme malades.

  33. Rrr Dit:

    Juste pour dire qu’il me semble quand même qu’il y a plein d’autres formes d’espoir que l’espoir de guérison. On peut être pétri d’espoir tout en sachant sa maladie « incurable ».
    Il n’y a pas « plus d’espoir », il n’y a « plus d’espoir de guérir de cette maladie ». La nuance me paraît de taille.

  34. Medicine Men Dit:

    Un malade condamnné à quoi Léonie ? Quand est-ce qu’il n’y a plus d’espoir ? De l’espoir de quoi ? Et tout le monde est pareil en plus ? Tous agissent et réagissent de la même façon ?

  35. Medicine Men Dit:

    Tiens c’est marrant l’Hôtesse écrivait au même moment …

  36. Medicine Men Dit:

    je me permets une suggestion … Rrr tu pourrais faire un post sur la guérison

  37. Léonie Dit:

    Je suis tout à fait d’accord avec ce concept. Tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir et il faut la vivre au mieux sans trop se focaliser sur sa maladie au risque de passer à côté de beaucoup d’autres choses. Du moins c’est comme cela que le conçoit.

  38. cardiologue de brousse Dit:

    c’est un métier inhumain…
    un métier où chaque jour on fait connaissance avec sa propre fin à venir, sa propre mort
    un métier où ce qu’on voit de soi fait peur parfois
    un métier où nos défaites sont surtout celles de nos patients
    un métier fabuleux…
    un métier où l’on croise l’étincelle, la flamme qui fait tenir encore celui qui sait mais ne le dit pas
    un métier où les victoires de nos patients sont parfois les nôtres quand ils veulent bien nous les faire partager un peu
    un métier où la connaissance renouvelée nous fait croire aux possibles à venir
    un métier où l’on puise aussi la force de tous les jours pour vivre son autre vie
    c’est un métier quoi !

  39. Marie Dit:

    Jaddo, ce sont des médecins comme vous que l’on veut.

    Surtout, ne changez pas. Pas trop.

  40. HariboDoc Dit:

    Rrr a dit le 26 septembre, 2009 à 22:33
    « Juste pour dire qu’il me semble quand même qu’il y a plein d’autres formes d’espoir que l’espoir de guérison. On peut être pétri d’espoir tout en sachant sa maladie « incurable ».
    Il n’y a pas « plus d’espoir », il n’y a « plus d’espoir de guérir de cette maladie ». La nuance me parait de taille. »

    Oui, on peut avoir un « projet de vie » en soins palliatifs, comme en maison de retraite …

  41. Rodrigue Dit:

    Cher Jaddo,
    On attend la livraison de votre opus comme… le printemps, les vacances! Et c’est toujours aussi bon!
    Continuez de laisser pousser les couettes, quand elles seront assez longues vous vous en ferez une couronne! Et laissez les chiens grogner d’envie lorsque vous passer sur la toile, ils n’ont pas encore appris à faire leur révérence! Total respect! Gente Dame!

  42. toubibe des champs Dit:

    le problème est que l’on est seul
    je leur dit qe je n »ai pas une baguette magique
    des cons il y en a partout
    relativiser
    pour me détendre je fais la poule!!!!!!!!

  43. Léonie Dit:

    Médecine Men dit :
    Un malade condamnné à quoi Léonie ? Quand est-ce qu’il n’y a plus d’espoir ? De l’espoir de quoi ? Et tout le monde est pareil en plus ? Tous agissent et réagissent de la même façon ?
    1)Un malade peut être condamné à mourir (cancer métastasé ou non opérable).
    2)Un malade dont la maladie n’est pas mortelle mais pas curable peut être condamné à une vie de souffrance et d’humiliation parce que ceux qui l’entourent ne comprennent pas ou ne supportent pas la maladie (combien de malade se voient abandonnés par un conjoint, la famille ou des amis qui ne supporte plus).
    3) quand est ce qu’il n’y a plus d’espoir? : Quand le malade est incompris de ceux qui l’entourent.
    4) Tout le monde n’est pas pareil et ne réagit pas de la même façon. Certain se font une raison et essaie de vivre au mieux dans la mesure où l’entourage fait un effort de compréhension, d’autres sombrent dans la dépression parce qu’ils n’ont pas eu cette chance.
    L’espoir dans ces cas là, c ‘est « les autres ».

  44. Dominique Dupagne Dit:

    Bonjour Rrr,
    C’est drôle, en te lisant, j’ai eu envie de relire ça http://www.atoute.org/n/forum/showthread.php?t=81037 et bon, ça n’a finalement aucun rapport. Non pas tant parce que tu commences et qu’il finit, mais parce que tu te poses les bonnes questions suffisamment tôt pour y répondre et que d’ailleurs ce ne sont pas les mêmes questions.

    Il y a les patients que l’on aime et ceux qui ont besoin de nous. Ce ne sont pas toujours les mêmes. Il faut un équilibre pour trouver du plaisir dans son travail, et tout faire pour maintenir cet équilibre. Sinon, on finit comme le Dr JB et c’est terrible.

    C’est amusant, j’avais terminé à l’époque la discussion sur le forum par un lien vers un autre de tes billets sur jaddo : l’hémichauderie…

  45. Sybille Dit:

    @ Juste pour dire qu’il me semble quand même qu’il y a plein d’autres formes d’espoir que l’espoir de guérison. On peut être pétri d’espoir tout en sachant sa maladie « incurable ».
    Il n’y a pas « plus d’espoir », il n’y a « plus d’espoir de guérir de cette maladie ». La nuance me paraît de taille.

    Certes, certes. Je crois surtout qu’il est préférable d’éviter la métaphysique.
    Il y a, me semble-t-il, une pulsion vitale et, chez tout individu sain d’esprit, le réflexe de se protéger de la douleur physique. De là à en faire une philosophie de l’Espoir des Lendemains Meilleurs et/ou tout le baratin sur le Kourage/la Volonté/Les Avancées de la Science, etc. il y a un gouffre. Comme le décrit très bien ce blog, la maladie est un truc sale, con et qui pue. Aucune transcendance cachée là-dedans. Et c’est bien cela qu’il faut d’abord accepter.

  46. Léonie Dit:

    La médecine est une science, pourquoi l’avoir inventée? Pourquoi des hommes optent pour ce métier? pour soigner dans la mesure du possible, soulager, accompagner mais pas seulement, du moins je l’espère. Et puis le mot « espoir » pourquoi ne pas l’enlever de toutes les langues existentes s’il est inutile? L’acceptation c’est même pas un choix c’est une obligation sinon il ne reste que la dépression ou le suicide .Pourquoi ne pas espérer une avancée dans la médecine pour les malades à venir ? C’est d’ailleurs ce qui se passe depuis que l’homme à inventé la médecine. C’est seulement un de mes points de vue.

  47. Medicine Men Dit:

    Pour moi la médecine n’est pas une science. Mais plutôt que de faire une thèse sur ce que j’en pense je t’invite à partager ce que tu veux dire par ton affirmation que la médecine est une science. Tu pourrais si tu veux bien, notamment exposer ce qu’est pour toi la médecine, au delà du fait que pour toi ele est une science, ce que j’ai bien compris, et exposer ce qu’est pour toi une science…

  48. cardiologue de brousse Dit:

    les z’animaux n’ont pas inventé la médecine, mais ils ont inventé les vétos, c’est important… OUAAAAAAAAAAAAAA !!

    sinon j’aime bien le terme un peu vieillot  » d’art médical  », ça fait un peu Molière, un peu clystère et saignées, mais ça traduit la subtilité qui devrait habiter tout colloque singulier de la consultation médicale.

  49. Medicine Men Dit:

    Et la Brousse donna le jour à …

    …Cardiologue de Brousse !

  50. sol Dit:

    Moi , chuis contente quand le médecin y sait que j’ai compris…
    Ca me fait plaisir…

  51. HariboDoc Dit:

    @ cardiologue de brousse
    « art médical » renvoie à la notion d’artisanat, de savoir faire, de métier, à tout l’acquis expériencel.
    Pas du tout à la notion d’artiste et du beau !!
    Cela n’a rien de philosophique et la « subtilité » dont tu parles ne doit s’attacher qu’à la saisie des nuances…
    On retrouve cette notion d’ « art(isan) du soins » dans le concept Humanitude de prise en charge des personne âgées.

  52. Le temps qui passe et les fleurs jaunes - Kystes et autres choses - Blog LeMonde.fr Dit:

    […] meurent. La vie a une force et une persévérance étonnante. En écrivant cette note, je pense à Jaddo qui découvre ce […]

  53. Léonie Dit:

    @Médecin Men
    T’a raison, la médecine n’est pas une science, méa culpa, ni un art, alors quoi? une profession? une religion? t’a une idée la dessus, laquelle? Ca me ferait plaisir de savoir.

  54. Medicine Men Dit:

    pour moi, c’est une pratique

  55. cardiologue de brousse Dit:

    @Haribodoc : c’est tout que s’que j’ dis ; en quoi l’art(isanat) médical ne serait-il pas subtil ? ( et on est en droit de le souhaiter, qu’il le soit, subtil, à l’heure de la sacro-sainte EBM )

    @MM : comment prendre ce compliment ? j’hésite…

  56. Medicine Men Dit:

    Tu sais que je t’aime CDB :) et comme j’apprécie de trouver une de tes interventions au beau milieu de la nuit :)

  57. Grr Dit:

    Pour ce que ça vaut, chez wikipedia, l’article sur la médecine en français est à l’état d’ébauche. Après avoir disserté ici, pourquoi ne pas complèter l’article à la bas?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decine

    La version en anglais est plus avancée:
    http://en.wikipedia.org/wiki/Medicine
    et devinez ce qui est écrit (pour ceus-ses qui n’ont pas envie de traduire)? « La médecine est l’art et la science du soin. Elle englobe un ensemble de pratiques de soin pour maintenir ou restorer la santé par la prévention et le traitement des maladies »

    Tout est dit. Sauf que, il me semble, on ne parle pas du nombre de pattes du malade. hehehehe.

  58. doc Holiday Dit:

    Je ne sais pas si la maladie a quelque chose à voir là-dedans. Les premiers sont des patients tout-venant, généralement sympathiques et aisément compréhensible car raisonnablement instruits. Les seconds sont des sociopathes, dont les messages sont difficiles à décrypter, d’où tension nerveuse et fatigue. Le début du burn-out?

  59. Dr A. Dit:

    J’adore votre concept d’artisanat médical.
    Oui c’est un peu ça la médecine, on a des façons de faire, des modes d’emploi, des recommandations et puis dans la pratique, pour que ça colle, ba il faut bidouiller un peu pour adapter au patient, à l’humain.
    Oui ce concept me plait bien … (il est peut être un peu réducteur, mais j’aime bien …)

  60. mag2 Dit:

    j’ai pas compris le titre…

  61. DAURAT Aurélien Dit:

    Je pense qu’il y a deux types de personnes, ceux que la souffrance insupporte, parce que c’est aussi ça l’empathie, c’est d’être mal alaise devant la laideur, la bêtise, la douleur.
    Les autres, les Delarue ou autre, ceux qui se nourrissent de cette souffrance, qui s’en gargarisent, sont des pervers.

  62. DELON Alain Dit:

    Oui, et le pire, ce sont les bébés phoque qui meurent à cause du sida. Et personne n’en parle.

    Alors l’empathie c’est d’être « mal alaise » devant la souffrance ? Et la « cinpati », c’est la fête des Irlandais quand on a la bouche pleine ? Et mon cul c’est du poulet ?

    :un post pour léspasse: +1

  63. spyko Dit:

    Tout soignant je pense a pu ressentir ce qui est écrit dans ce Post. Je met au défi quiconque de me dire n’avoir jamais été agacé, épuisé, en colère contre un patient. Bien sur que si.
    Mais on se cache, on se tait. Soigner doit être un sacerdoce, on doit aimer chaque patient et traiter chacun de la même facon.
    Sauf que c’est impossible. On est humain. Certaines personnes, certaines pathologies nous sont insupportables, c’est comme ça. Autant le savoir.

    Je trouve ce billet admirablement courageux et mature. Exprimer cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas être médecin. C’est simplement exprimer nos doutes, nos peurs, nos ras le bol.
    En avoir conscience, c’est déjà un premier pas énorme ! Combien se mentent en disant accueillir tout le monde de la même facon…
    Autant connaître nos faiblesse, les cerner et de là, essayer de les dépasser.
    Il faut aussi se connaître pour être un bon soignant.

    Merci pour ce billet brut de décoffrage mais déculpabilisant pour les lecteurs, et tellement vrai aussi.

  64. cardiologue de brousse Dit:

    Mince ! Alain DELON s’est trompé de blog ! il croyait poster sur celui de Brigitte Bardot ; ou celui des éléveurs de Louè…

    pourtant ! quel acteur cet Alain !
    ma préférence aux premiers films , quand il ne se prenait pas encore pour lui ( on les reconnait facilement, ce sont ceux où il sourit ):

    Plein soleil ( Ha! Marie Laforêt …)
    Rocco et ses frères ( Ha ! Annie Girardot… )
    les aventuriers ( Ha ! Ha! joanna Shimkus… )
    le guépard ( Hâââââ ! Claudia Cardinale …)

    Putain ! j’aurai dû faire Alain Delon au lieu de Dr Schweitzer !

  65. Léonie Dit:

    @Médecine Men
    Désolée de faire la rabajoie (pas de tacle assassin s’il te plait), en cherchant la définition de pratique j’ai trouvé :
    Application des règles et des principes d’un art, d’une science ou d’une technique. Alors………..

  66. MonsieurJ Dit:

    Tu l’as en toi, accroches-toi à ton stétho!!

  67. Rrr Dit:

    A Stéphane, et à tous les autres : Merci pour ton très beau post à côté. Et oui, vache, la catharsis a marché.
    Ca va mieux de l’écrire, mais ça va mieux de vous lire, surtout. C’est assez inestimable.
    Merci, vraiment.
    Vraiment vraiment.

  68. Isabelle Dit:

    Merci à toi, surtout, la catharsis marche dans tous les sens, c’est ça qui est bien. Même si, depuis toutes ces années que je te lis, je suis toujours un peu jalouse des 20 ans d’avance que tu as sur moi dans l’échelle du coefficient de maturité. Plus admirative et remplie d’espoir que jalouse, cependant.

  69. dr L Dit:

    je suis generaliste depuis 10 ans et installée depuis 3 ans
    je me souviens bien de mon degout des malades lorsque j ai commencé mes remplacements exactement comme toi…
    et puis petit à petit j ai changé mon regard sur les patients douloureux plaintifs angoissés et maintenant j adore le metier de generaliste ,et j aime beaucoup mes patients,je les suis ,les revois parfois toujours pour la meme plainte ,il savent que je ne suis pas magicienne et moi je sais que je ne peux pas traiter tout le monde
    je me suis apercue que certaines personnes ne pouvaient vivre/exister sans leur pathologie et voilà
    bon courage
    dr L

  70. Medicine Men Dit:

    Oui, c’est vrai … et nous on est juste là pour encaisser le prix de la consult en les câlinant et en leur demandant de bien vouloir revenir nous voir pour être bien sûrs que leurs maux persistent et qu’ainsi ils continuent de vivre/exister… Quel métier passionannt !

  71. Comedo Dit:

    J’ai voulu faire médecin pour rencontrer des personnes. En fait j’ai rencontré des malades.

  72. Léonie Dit:

    Que doit être l’état d’âme d’un rhumato, condamné par un cancer fulgurant qui reçoit des patients qui ne peuvent vivre/exister que par leur pathologie? Les patients en questions en aprenant plus tard sa mort vont être un peu choqués pour certains sur le coup mais vont vite oublier et aller se plaindre à un autre rhumato.

  73. Medicine Men Dit:

    Ca a l’ air d’ etre les boules ton truc. Dois-je presumer que tu parles de ton patron?

  74. Léonie Dit:

    Non, le rhumato de ma mère.

  75. Medicine Men Dit:

    Je ne sais pas comment il le vit lui mais ça n’a pas l’air d’être gai pour toi

  76. Léonie Dit:

    En fait il est décédé quelques jour après que ma mère l’ai consulté, ce qui l’a choquée parce qu’il n’a rien laissé paraître alors qu’elle s’est plainte de ses douleurs d’arthroses pour la nième fois.
    Disons que ma mère n’arrête pas de se plaindre et bien que j’y soit habituée, des fois ça m’aggace.

  77. Medicine Men Dit:

    Ouais mais Dr L elle a bien dit que ta mère elle se plaint pour vivre/exister donc ça va occuper son nouveau rhumato qui viendra poster sur les merveilles de la pathologie pour vivre/exister

  78. Léonie Dit:

    Le Dr. L. dit vrai. Beaucoup de gens sont comme cela, ils vivent/existent par leur maladie, en tout cas pour ma mère c’est cela, raison pour laquelle elle est grande consommatrice côté médical, chose que je lui reproche mais rien n’y fait (besoin qu’on s’occupe d’elle).

  79. Medicine Men Dit:

    Grande Consommatrice Côté Médical . Heureusement qu’on a l’ Assurance Maladie et la bonne vieille Dr L pour s’occuper des Grands Consommateurs Côté Médical Chose Qu’On Leur Reproche Mais Rien N’Y Fait Besoin Qu’On S’Occupe D’Eux

  80. HariboDoc Dit:

    Trop drôle!
    Un urgentiste qui se plaint que l’Assurance Maladie rembourse…
    Sans la sécu, SOS, SAMU et autre gaspillage n’existeraient même pas en rêve.
    En revanche le médecin généraliste, le médecin de famille… pas sûr!

  81. Medicine Men Dit:

    mais enfin qu’est-ce que tu racontes là ?? lol n’importe quoi !

  82. Medicine Men Dit:

    Et puis c’est vrai qu’on peut dire comme ça aussi libéralement que le SAMU c’est du gaspillage …

  83. Sybille Dit:

    @ je suis generaliste depuis 10 ans et installée depuis 3 ans
    je me souviens bien de mon degout des malades lorsque j ai commencé mes remplacements exactement comme toi…
    et puis petit à petit j ai changé mon regard sur les patients douloureux plaintifs angoissés et maintenant j adore le metier de generaliste ,et j aime beaucoup mes patients,je les suis ,les revois parfois toujours pour la meme plainte ,il savent que je ne suis pas magicienne et moi je sais que je ne peux pas traiter tout le monde
    je me suis apercue que certaines personnes ne pouvaient vivre/exister sans leur pathologie et voilà
    dr L

    Il y a aussi de vrais malades, ni plaintifs ni angoissés qui, éventuellement, n’en ont rien à faire de votre amour. Vous en faites quoi, de ceux-ci, dans votre Pays de Candy ?
    S’il est juste de remarquer que certains ne peuvent exister sans leur pathologie, qu’elle leur tient d’identité ; il serait juste aussi de remarquer combien il est impossible, parfois, d’échapper à une pathologie. Bref combien, on y revient, la brutalité, la connerie et la crasse de la maladie physique peut sidérer une vie.

  84. Medicine Men Dit:

    Et le blog donna le jour à …

    … Sybille !! j’adore

  85. cardiologue de brousse Dit:

    la médecine de soins est pour assez peu dans l’allongement de l’espérance de vie globale d’une population et le montant des dépenses de soins n’est pas lié mathématiquement à cet item ; l’hygiène, une alimentation équilibrée et un statut social correct minimal font plus en terme de santé publique et d’espérance de vie que la dernière statine sortie.
    Cuba et les USA ont a peu prés une espérance de vie moyenne de leurs populations respectives équivalente pour des dépenses de soins qui varient de 1 à 10 .les meilleurs élèves étant les japonais en rapport  »qualité/ prix  » .

    le SAMU reste en revanche un service et un principe remarquable s’il est imbriqué dans tous les autres dispositifs de prise en charge des patients, et non considéré comme trop souvent par les patients ET les médecins libéraux, comme un service déversoir de toute la bobologie dont personne ne veut; le SAMU est un Service d’Aide Médicale d’Urgence , or en médecine il y a de subtiles différences entre urgence et gens pressés…

  86. Léonie Dit:

    Revoir le post « Mr. Farid » ou Jaddo raconte si bien son ressenti en face de ce Monsieur condamné qui ne se plaignait pas et pour lequel elle ne pouvait rien à part l’écouter. Il n’était pas question d’amour, mais d’empathie.

  87. cardiologue de brousse Dit:

    @ MM : tu peux faire mieux.

    ( crois en toi )

  88. chabada Dit:

    Bonsoir,
    Je ne suis pas médecin… mais comme tout le monde j’ai mon médecin généraliste que je consulte occasionnellement. Je préfère le voir pour un certificat médical ou vérifier que ma choupinette grandit bien que pour une maladie à la con qui ne se soigne pas comme sur le papier.
    Par ailleurs, instit, je comprends aussi ce que tu racontes là. J’aime beaucoup mon métier. J’aime enseigner, voir mes élèves arriver chaque matin avec me sourire. J’ai un pincement au coeur quand ils quittent ma classe… mais je n’aime pas les élèves qui n’entrent pas dans les cases. Plus exactement, je n’aime pas les difficultés qui accompagnent, malheureusement, certains enfants. Je n’ai pas suivi la même formation que Gérard Klein et je me sens régulièrement impuissante avec certains enfants.
    Et c’est plus dur encore quand leurs parents ne comprennent pas ce qu’on leur explique, qui font tout en dépit du bon sens…
    Peu à peu, les années passant, on prend du recul mais ce n’est pas évident d’accepter et de faire accepter que l’on a pas une baguette magique…
    Bon courage pour la suite !
    A bientôt.

  89. Anne Dit:

    J’aime pas les toubibs.

    Ceux que je dégoute avec mon obésité. Ceux que je fais fuir avec ma dépression larvée et mon conjoint suicidaire.

    Ceux qui n’arrivent pas à surmonter leur répulsion pour poser un diagnostic précis, qui refusent d’entendre et qui sont même incapables de faire semblant d’écouter convenablement.

    Ceux qui se débinent plutôt que d’aider à faire hospitaliser une mère délirante paranoïaque et agressive (physiquement).

    Ceux qui vous laissent attendre 4 heures aux urgences sans donner de nouvelles de cette mère à qui on a dit que ses enfants l’avaient laissé et étaient partis (alors qu’ils étaient en train de rassurer le reste de la famille en téléphonant avec leur portable à l’extérieur juste devant la porte en ayant prévenu l’infirmière à l’accueil).

    Ceux qui ne sont pas foutus de prévoir qu’un rendez vous en semaine programmé la veille au soir n’est pas possible (dans le cadre d’une psy de groupe pour la meme mère).

    Ceux qui ne préviennent pas de la sortie d’une bipolaire mal stabilisée par ses médicaments.

    Ceux qui vous infantilisent, qui n’expliquent pas, qui assènent leur science.

    Tout simplement ceux qui vous manquent de respect parce que vous n’arrivez plus à vous respecter assez pour prendre soin de vous. Et qui au lieu de vous aider à retrouver ce respect cette humanité préfèrent vous fuir.

    Pensez vous franchement que vos patients ne le sentent pas ? Avez vous déjà songé que les patients peuvent passer de la catégorie gentil à la catégorie répugnant (et vice et versa) en fonction de leurs histoires, de ce qu’ils vivent dans cette période là ? Imaginez vous combien vous blessez ces patients là qui sont encore capable d’analyse ?

    Oui la maladie, la crasse et beaucoup d’autres choses vous dégoutent.

    En ce qui me concerne, mon dégout va vers ces professionnels qui oublient l’empathie, qui se passent la patate chaude et qui s’auto-réconfortent.

    J’ai été une patiente comme celle que vous décrivez. Celle qui est tellement paumée qu’elle n’a pas ses ordonnances, qu’elle n’a plus le courage de se laver, que l’idée de suivre un traitement l’épuise etc… Mais cette patiente là le simple fait de respirer lui demandait un effort.

    Aujourd’hui, je suis redevenue une patiente agréable, toujours obèse certes, mais présentant bien, écoutant le Docteur qui a la bonté de vous soigner. Oh ce Docteur ne guérit pas forcément il soigne. Mais certains médecins oublient qu’ils sont pour toujours impuissants à réparer l’égo blessé des personnes qu’ils ont méprisé.

    Ces Docteurs ont des effets secondaires bien plus douloureux que les médicaments qu’ils prescrivent.

  90. eosine Dit:

    Aucun lien avec le récit et je m’en excuse, plutôt avec le dernier commentaire.
    Le médecin qui m’a le plus blessée était une femme. J’y était allée à reculons pour un frottis (c’était la 3ème fois que je consultais pour cette raison… Pas réussi à en parler aux autres médecins je sais c’est mal).

    En remplissant le papier d’analyse, elle me demande où je suis dans mon cycle, si pilule ou pas, depuis qd.
    De fil en aiguille elle me parle de PMA alors que nous assayons depuis 6 mois, et que jusque là j’étais heureuse de ce qui se préparait.
    Ont suivi des mois particulièrement pénibles, des annonces de grossesse et de naissance gâchées, et beaucoup de stress.

    Pour rien puisque pas besoin de PMA !

  91. cardiologue de brousse Dit:

    certains patients entrent dans la consultation comme dans un ring
    d’autres comme dans un port, un hâvre
    d’autres comme dans un garage…
    d’autre comme dans une piéce qui sent l’ether et les chaussettes sales
    les uns, qui y étaient entrés la veille comme dans une arène y reviennent le lendemain comme dans un refuge, et vice versa…

    certains médecins…

  92. Sybille Dit:

    @Anne Dit:
    J’aime pas les toubibs.

    Le post de Jaddo, je l’ai ressenti juste. Juste parce que violent, pas politiquement correct, magnifiquement honnête.
    Je ne trouve pas qu’il revienne aux toubibs d’apprendre aux gens à s’aimer et/ou se respecter, comme vous le dites. Ni de les aimer. Ni d’aimer la maladie.
    Ce que j’ai décodé, dans le post de Jaddo, c’est au contraire une santé (!) qui ne peut qu’être profitable à ses patients. Elle est aussi dure, violente et honnête que l’est la condition de malade ; elle parle de la même chose.
    En cela, loin d’être dans le rejet comme vous semblez le comprendre, elle est à mes yeux bien plus proche que tous les compassionnels bêlants.

  93. HariboDoc Dit:

    @ Anne, avec l’expérience que j’ai maintenant et sauf de rares exceptions, j’ose dire que le patient a le médecin qu’il mérite…
    Rien ne lui est dû.

  94. Léonie Dit:

    J’aime beaucoup la vison de Cardio de Brousse du rapport malade/médecin.
    Il y autant de médecins différents qu’il y a de malades différents et on ne peut pas juger du ressenti des autres en fonction de son propre ressenti. Il n’y a pas de malade parfait, ni de médecin parfait, c’est juste la rencontre entre deux personnes, l’un malade, l’autre soignant avec tous les deux leur charge affective (vie privée), leur éducation etc… et un contrat à établir si entente, (on est dans un pays où on peut encore changer de médecins quand on veut mais jusqu’à quand?).
    Dans toute une vie, quel malade n’a pas maudit au moins une fois son médecin ou un soignant quelconque?. Personne n’est tout blanc, ni tout noir dans toute relation, juste que le plus important c’est l’établissemnt d’une relation de confiance entre soigné et soignant, ce que Anne a fini par trouver avec beaucoup de difficulté. Je dirais aussi que malade avec une dépression (même larvée) n’est pas pareil que malade avec toute sa lucidité, la relation est d’avance faussée.

  95. Dr Viovio Dit:

    Jaddo, ce ne sont pas les malades que tu n’aimes pas, ce sont leurs maladies. Certes, nous ne sommes pas des fées, ce n’est pas ce que nous demande les patients. Mais pouvoir être là, les écouter et les entendre, je crois que c’est comme celà que l’on peut les aider. Plusieurs fois on m’a dit que mon cabinet était le bureau des pleurs. C’est parfois vrai et ça fait partie intégrante de mon boulot. J’aime écouter les gens et le simple fait de prendre le temps de le faire permet parfois de les soulager, du moins en partie.
    Tout médecin ressent de temps en temps un ras le bol. Mais franchement, si je ne voyais que des gens en bonne santé, je crois que je me ferais vraiment chier !!!
    Nous sommes tous confrontés à des situations où l’on a le frisson de peur qui nous passe dans le dos. Je l’ai eu la semaine dernière. Une femme, 57 ans, que je vois tous les 3 mois pour son renouvellement de traitement m’appelle pour des douleurs abdo avec une diarrhée. Ca paraît simple comme ça, seulement la patiente a vraiment une sale tête, elle est sub-ictérique. Je prescris une bio qui revient bien sûr bien perturbée, elle a droit à son écho abdominale et là le radiologue m’appelle pour me dire qu’il y a une masse de 18 cm au dépens de l’ovaire droit. Voilà cocotte, débrouille-toi avec ça, va expliquer à la patiente ce qu’il en est. Ce jour-là je n’ai pas du tout aimé les gens malades. En plus c’est une du genre qui comprend rien, « mais docteur on va m’opérer et je serai guérie ! » Bah non, c’est pas si simple, je ne suis pas une fée !!!

    Courage Jaddo, ce n’est que le début. Je n’ai que peu d’expérience (31 ans, 2 ans d’installation), mais pour rien au monde je ne changerai de métier.

  96. Radéchan Dit:

    Le post d’Hariboc, plus haut, résume parfaitement ma pensée à ce sujet.

  97. Anne Dit:

    @Haribodo
    Vous dites « @ Anne, avec l’expérience que j’ai maintenant et sauf de rares exceptions, j’ose dire que le patient a le médecin qu’il mérite…
    Rien ne lui est dû. »

    Je ne suis pas médecin c’est certain. J’ai été en demande d’aide et de soutien en trois occasions précises que je vais détailler un peu ici. Cela vous donnera une idée de ma réaction je pense qui a été un peu épidermique.

    1/ à 24 ans on me diagnostique après pas mal de consultations infructueuses un nodule sur la thyroïde. Il avait des répercussions sur mon état de santé et de fatigue générale. On me dit que tôt ou tard il faudra opérer. Je demande si possible à me faire opérer relativement rapidement. En hôpital public. Délai d’attente ubuesque. Plus de 6 mois. A l’époque le patient n’avait pas accès à son dossier et je devais être bien sotte pour ne pas obtenir de réponses précises de la part de mon toubib. Cas vécu dans le centre de la France. Pourtant des questions j’en ai posé … et pas qu’un peu … Las je devais être encore plus idiote que je ne pensais j’ai fini par aller chercher des réponses dans un Universalis. J’ai aussi abandonné le service public et suis allée me faire opérer dans le privé. Le délai était nettement inférieur et je suis tombée sur un chir super. (comme quoi je ne déteste pas TOUS les toubibs lol)

    2/ 2008, une mère délirante, agressive et paranoïaque. Un père qui épuisé par cette violence finit par quitter le domicile conjugal il avait peur pour sa vie. Pas de bol, le Médecin de famille était mort un an auparavant (pas de bol pour lui surtout). Un autre généraliste suivait ma mère depuis moins d’un an. Il a fallu un trimestre quasi entier pour qu’elle accepte de se déplacer au domicile de maman. Elle refusait toujours disant que c’était à ma mère de prendre le rendez vous. Je n’étais que sa fille et pas sa patiente. Bilan des courses en un trimestre, agressions verbales de tous les voisin qui ont été difficiles à assumer une fois l’HDT passée. Deux mains courante pour violences physiques à l’encontre de ma mère. Une vie de souvenirs jetés dans ses crises de parano. Plus de souvenirs, elle les regrette et moi aussi les photos de famille et autres partis à la poubelle. Cela ne l’a pas aidé à récupérer en post hospi de voir à quel point elle était allée loin. Anecdocte : quand vous faites une demande d’HDT c’est pas simple de réussir à faire venir le malade aux urgences. J’ai demandé avant d’être avec maman aux urgences à rencontrer le psy de garde pour avoir des conseils sur comment la faire sortir en douceur. Refus des urgences je n’étais pas la patiente. En gros je me suis démerdée seule. Avec comme seule mais grande aide les deux ambulanciers qui ont été super. Pour finir maman a été diagnostiquée bipolaire en crise hypomaniaque caractérisée si je me souviens bien.

    3/ 2009 : un conjoint en crise suicidaire qui va jusqu’à acheter la corde la veille de son anniversaire. Il se faisait selon lui un super cadeau. Moi qui fait ce que je peux pour le soutenir. Trois mois d’angoisse que je ne souhaite à personne. La crise est passée mais le malêtre toujours pas soigné. Il refuse de consulter. Je contacte un psychiatre. Pour lui, au départ. Il ne veut toujours pas y aller. Je vais à la consultation à sa place. Pour lui, pour moi, pour nous. Première fois chez un psy c’est assez édifiant. Des questions c’est logique 30 minutes de consultation et aucune piste pour m’aider. Rien nada que dalle à part un autre rendez vous trois semaines plus tard. Et moi je fais comment si il re-sombre ? Comment le soutenir comment l’aider à moins souffrir pour trouver sa vie supportable ? Comment éviter qu’il ne passe à l’acte un soir de blues pire que les autres ? Et si il y arrive comment je gère la culpabilité de ne pas l’avoir aidé, de ne pas avoir trouvé les soutiens médicaux nécessaires ? Je ne m’attendais pas à un miracle ni à une fée mais simplement à des pistes de réflexion. A des conseils éventuels sur comment sentir une rechute etc….

    Alors selon vous Haribodoc j’ai mérité tout cela ? J’ai mérité le manque d’humanité ? Le manque de considération ? Et surtout le manque de soutien ?

    Je suis curieuse de nature. J’aime comprendre (ou au moins essayer), même dans ces périodes de crises même quand je me laissais aller physiquement j’ai toujours tenté de demander de l’aide dans le respect du toubib que j’avais en face de moi. Mais le respect c’est comme le reste cela se mérite pour rester dans le temps. Vos confrères à ces trois occasions ont perdu le mien.

    Il est probable que j’ai réagit trop vivement à ce post. Et je tiens à m’en excuser mais je ne retire en rien ce que je dis « Je n’aime pas les toubibs qui ne sont pas capables d’empathie, pas plus que de comprendre que oui dans certaines situations de vies les humains peuvent sembler dépossédés de leur humanité.

    Pour autant doit on les traiter avec mépris et rejeter la patate chaude ? Je n’en suis toujours pas convaincue.

    Si une chose est due à tout être humain : Le Respect. Et quand c’est un toubib qui en manque je trouve cela navrant.

  98. Anne Dit:

    Désolée message trop long et encore trop agressif je viens de relire le post d’origine et je me rends compte que ma réaction a été bien trop « violente ».

    Mes sincères excuses à Rrr

  99. Makash Dit:

    @HariboDoc
    Wouah je la trouve dure cette sentance.
    Je dois passer à côté d’un élément un peu mystique parce que pour l’instant je lis que seul un patient plein de bonne volonté et pas trop compliqué mérite un médecin qui s’investit dans leurs « relations ».
    Sinon sacré post, plein d’honnetetés, qui s’applique en faite très facilement à tous les mêtiers. On a beau être passionné par ce qu’on fait, ya des matins ou on souhaite que la journée, elle se passe à la cool.

  100. cardiologue de brousse Dit:

    emporte mon fils de 20 ans aux urgences tout venant de l’hôpital général du coin , seule solution pour une admission en psychiatrie dans ledit hôpital, sectorisation oblige.
    il est 23 h00, fils en pleine crise confusionnelle et délirante qui démarre…
    du lourd !
    pas de médecin disponible
    on attends tous les deux dehors, moi essayant de le retenir, lui fumant cigarette sur cigarette, de plus en plus hagard et délirant, apeuré aussi, j’ai mal pour lui plus que pour moi…
    au bout d’une heure, alors que la situation se détériore encore un peu plus et que je ne le tiens plus, pète un cable et entre dans les urgences en hurlant  »c’est une URGENCE psychiâtrique bordel , vous comprenez ? une URGENCE… comme il y a des URGENCES cardiologiques et je sais de quoi je parle puisque je SUIS cardiologue et que je viens faire des vacations dans votre PUTAIN d’hôpital toutes les semaines… »
    sais pas si c’est le scandale ou le fait de balancer à la volée que j’étais médecin, mais entrée dans un box avec infirmier tout penaud pour m’aider à contenir mon fils; 30 minutes ( quand même… ) plus tard admission en secteur fermé par psy de garde, blondinette mal réveillée mais efficace
    c’est dur d’être des deux côtés de la barrière.

    Ha! au fait les médecins ont-ils les patients qu’ils méritent ?

    c’est juste une question…

  101. cardiologue de brousse Dit:

    Haribodoc et Radech’ surement !

    mais on savait la pensée de Radech’ assez résumé…

  102. Medicine Men Dit:

    Je sens l’impatience de Cardio de Brousse à lire de nouvelles réponses. Tu devras m’excuser CDB à part ce clin d’oeil je me sens laconique ce soir. Du reste après avoir apprécié la qualité de certaines interventions je suis moi aussi en haleine de voir si ça va donner une suite aussi intéressante…
    Je te trouve un peu dur encore avec Radéch’ … mais ça fait partie du charme

  103. Léonie Dit:

    Radechan? C’est une carapace, je suis sûr qu’il y a un coeur d’artichaut en dessous. (je vais me faire assassiner je le sens).

  104. cardiologue de brousse Dit:

    meuh non… il aime ça !

  105. Léonie Dit:

    Dommage qu’il ne donne pas son avis.

  106. Radéchan Dit:

    Sploutch ! Comme disait Pervere Pèpère ;)

    Ce soir, je finis plus tôt que d’habitude, dernière patiente à 20h30, je prends le temps de discuter, une sympathique dame grasouillette de 30 ans, qui se met à me raconter sa misère existentielle, un mari qui trime pour 3 sous et demis, des gamins qui fouttent le bordel, une maison isolée (une ferme à retaper), l’impression de ne servir qu’à dépenser des sous qu’elle ne gagne pas (et elle ne dépense que pour la bouffe, elle ne s’achète pas d’habits, c’est sa mère qu il’habille !), un mari qui lui fait comprendre qu’elle ne fout rien, et des journées passées à trimer pour recommencer le lendemain. Si elle reprend le boulot, sa paie ira à l’assistante maternelle, et la dernière a laissé sa fille se coincer sous le canapé tant elle s’en occupait bien…Arrivé à la fin de la consultation, qui a du duré 45 minutes, elle avait oublié son motif initial (mal de garge) et moi aussi ;)

    Oui, je m’oblige à être efficace et froid, sinon d’une part nerveusement je vais m’épuiser avec des patients que je ne peux pas aider (un antidépresseur et une benzo n’ont jamais fait revenir un mari, ou trouver du travail, ou rendre le bonheur dans le foyer, pour ne pas parler des douloureux chroniques…) et d’autre part des consultes à rallonge, avec beaucoup de « psys », qui sont attirées par une bonne écoute (ma femme a récuperé la quasi totalité de mes psys ;) ) ne permet pas de faire tourner la boutique, or je commence à gagner ma vie quand j’ai fait 3000 €, donc avec une passe à 100 balles (ce qui reste d’une consulte à 22 e moins les charges), ben on ne peut pas garder les patients 30 minutes chacun sinon c’est la faillite en 6 mois…
    Mais je rêve de faire une médecine d’écoute, calme, réflechie et qui chercherait la participation active du patient pour en faire l’acteur de sa santé toussa cui-cui, mais je sais que je suis pas au pays de Oui-Oui…Alors je m’adapte. je suis un prolétaire de la médecine, même pas un OS. Un paysan, en fait.

  107. Radéchan Dit:

    D’ailleurs fils de paysans ;)

  108. HariboDoc Dit:

    @tous : Je n’imaginais pas que mon post déclencherait tant de ire.

    @Makash : Oui, dure cette affirmation. Un peu provoc même. Le ton de cette conversation pourtant…
    Au moins a-t-elle le mérite de faire réfléchir.
    Je persiste et signe en disant que tout se mérite et se construit pas à pas…
    Oui, je dois être le plus mauvais des médecins quand je vois débarquer de partout et nulle part un patient, nomade, multi demandeur et vindicatif.

    @Anne : Comment est-il possible de répondre quoique ce soit à la narration de votre détresse ?
    Peut être qu’en 1 vous avez fini par trouver le médecin que vous méritiez (ou que vous désiriez)? A-t-il pourtant, à ce moment là, agi en médecin ? Qu’en 2 et 3, aussi importante soit-elle vous décrivez là la détresse de l’aidant (vous) face à l’univers psychiatrique, pas du patient et que nous ne parlons donc pas de la même chose.
    Je ne suis pas psychiatre et ne répondrai pas à leur place.
    En gériatrie, nous essayons de faire mieux et d’accompagner les familles. Zarit nous aide parfois mais je n’en dirai pas plus puisque les outils d’évaluations n’ont pas la cote sur ce blog. Nous pouvons sûrement encore nous améliorer.

    @cdb enfin, gratuitement et inutilement méprisant : Ta propre souffrance te donne-t-elle le droit d’affirmer que tu as tout compris de la relation patient-médecin ? Ou bien est-ce ta propre désespérance de spectateur impuissant mais meurtri dans sa chair qui te rend compétent ? Tu ne pourras parler de »l’autre coté de la barrière » que lorsque toi-même tu seras patient, pas aidant. Parce que tu as souffert, tu penses mieux écouter le patient et mieux le comprendre ! Faudrait-il connaitre la maladie, la mort, pour pouvoir en parler ?
    Je te laisse à tes certitudes…

  109. Léonie Dit:

    @Radechan
    Tu dis : « je m’oblige à être efficace et froid », donc ce n’est donc pas le vrai Radechan, c’est celui du boulot.

  110. cardiologue de brousse Dit:

    pas méprisant, juste ironique, mais ça n’est pas le problème…
    tu dois lire de travers si tu a pu penser que j’avais tout compris de la relation médecin-patient, ou que je me sentais plus compétent qu’un autre ( ou que toi ? ); le seul point sur lequel tu as raison est je n’ai pas encore été personnellement de l’autre côté de la barrière, mais je l’ai vu d’assez près crois moi.
    enfin, c’est précisément parce que je n’ai aucune certitude solidement établie que j’ai du mal à supporter celles qui sont assénées par les autres.
    voila , c’est tout; merci quand même pour avoir pris la peine de me répondre.

  111. isa Dit:

    Moi je suis infirmière. Dans mon service, y’a que des vrais malades ( des 12 pathologies dans 1 personne). Des qu’ont « fait exprès » comme je dis, d’autres pas!
    Quand ils sont trop demandeurs, pour pouvoir un peu respirer mentalement, je leur dis , interieurement, « Pinaise! T’as qu’à pas être malade!! »

    … mais je sais bien qu’ils n’ont pas fait exprès, je trouve ça bizare qu’il n’y aie que des gens miséreux et pauvres, sans éducation ni soutien, des gens qui « comprennent rien » dans le service où je bosse…

    Bon je l’envoie mon message, il n’est pas aussi bô et bien écrit que les autres m’enfin vous serez indulgents hin.

  112. Anne Dit:

    @Isa puis @HariboDoc

    Bonjour,

    Peut être que les miséreux et pauvres sans éducation ni soutien ont tellement dépensé d’énergie à survivre qu’ils ne sont plus à même de réfléchir comme quelqu’un qui a toujours eu du temps pour le faire ?

    Peut être qu’à force de se sentir sous homme du fait de leur perpétuelle survie, ils ont arrêté de croire en eux et en leur capacité de réflexion

    Peut être qu’ils ont été tellement déçus par eux même et par les autres qu’ils ont décidé inconsciemment de ne plus réfléchir ?

    Peut être certains sont ils simplement bêtes ?

    Je pense que l’éducation apprend à réfléchir, que l’égo aussi (pas dans le sens égocentrique mais dans le sens estime de soi). Quand on perd cet égo, pour essayer de comprendre si les autres sont plus intelligents si on se sent en dessous de tout ? Pour s’auto décevoir une fois de plus si on n’y comprend au final que goutte ? Je pense que cela doit freiner.

    Je n’ai aucune certitude c’est ce que m’a inspiré votre message, spontanément.

    Je conçois aussi fort bien que les médecins ne puissent être toujours dans une empathie profonde avec leurs patients au risque de se laisser bruler par les douleurs des mêmes patients.

    Je comprends aussi que les charges liées à la profession libérale puissent contraindre le professionnel à rester neutre tenir un emploi du temps pour ne pas mettre la clef sous la porte.

    )HariboDoc

    Je conçois votre différence entre l’aidant et le patient. Mais l’aidant devient malade (et justement plus patiente dans mon cas lol) quand à force d’énergie brulée pour rien il finit par lui même faire une dépression. Et là on en revient à ce que je disais sur certains professionnels de la santé.
    Vous savez lors de l’HDT de ma mère, il s’en est fallu de très peu pour que je ne bascule dans une violence physique et sauvage envers la connasse qui a annoncé que nous étions partis alors que nous nous étions signalés à l’extérieur car je voulais respecter l’interdiction du téléphone portable dans l’hôpital. Si j’avais basculé j’aurai été quoi ? Un accompagnant qui devient malade ? Ou une justiciable comme les autres ? Ou une forcenée qui pête un plomb aux urgences ?

    L’interconnexion aidant malade est réelle. Et bien souvent les accompagnants sont malades à leur tour. Aucune étude sur ces chiffres ces assertions sont juste le fruit de mon expérience et de l’expérience de certaines personnes de mon entourage.

  113. cardiologue de brousse Dit:

    Anne et Sybille
    merci de vos interventions…interpellantes

  114. Haribodoc Dit:

    cardiologue de brousse Dit:
    Anne et Sybille
    merci de vos interventions…interpellantes

    Oui, « interpellant » est le mot.

    Deux témoignages, deux expériences de patients, deux approches diamétralement opposées.
    L’une cherche le professionnel au fait de sa technique, l’autre le professionnel compassionnel…

    Ce qui interpelle dans ces témoignages c’est qu’ils renvoient à multiplicité des facettes que doit avoir le professionnel.

    Ce professionnel parfait existe-t-il ? Je veux dire à l’état naturel ou après une formation ? Et pour tout le monde, à tous les moments, en toute occasion ? Véritable Dieu vivant…

    Ou bien n’est-il pas plutôt, pour chacun, le fruit d’une construction, d’échanges … entre le patient et son médecin ?
    Ce fameux colloque singulier plein de « subtilités » dont parlait Cdb.
    Si vous répondez oui à la construction, c’est que vous êtes d’accord :

    Rien n’est dû au patient, tout se construit … le patient a le médecin qu’il mérite.

  115. cardiologue de brousse Dit:

    le patient a le médecin qu’il mérite… au fil du temps

  116. Anne Dit:

    @HariboDoc

    Rien n’est dû au patient, tout se construit … le patient a le médecin qu’il mérite.

    Arf vous me faites enrager :) et réfléchir encore un peu plus c’est bien et ça stimule :p

    Je persiste à dire que non le patient n’a pas forcément le médecin qu’il mérite.

    Malade ou accompagnant, je pense qu’on cherche surtout du respect et de l’efficacité en terme de prise en charge et non pas forcément en terme de guérison ou de miracle.

    Pouvez vous entendre qu’un médecin peut aussi rendre malade ?

    Comment peut on construire quand le médecin est dans le rejet ou le dégout ? Comment peut on construire quand on sert de patate chaude échangée à tout va ? A force de servir de balle de ping-pong on perd l’énergie pourtant nécessaire soit pour se soigner, soit pour guérir, soit simplement pour rester accompagnant et ne pas devenir malade. Dans tous les cas l’énergie n’est pas inépuisable ni pour le médecin ni pour le malade, ni pour l’accompagnant mais qui en a le plus besoin ? Celle qui doit apprendre à s’essuyer d’avant vers l’arrière pour éviter les cystites ou celle qui vient avec moult pathologies et qui est perdue, vide et semble bête ?

    Je comprends tout à fait qu’un médecin ne soit ni un surhomme, ni une fée. Je comprends qu’il puisse être dans le rejet. Il est humain et c’est tout.

    Pour autant, si d’aventure, le malade vient consulter un professionnel le jour où ce dernier n’est pas apte à assurer sa fonction comme il le devrait, on ne peut pas dire qu’il le mérite.

  117. Sybille Dit:

    @ Haribodoc Dit:
    Ce qui interpelle dans ces témoignages c’est qu’ils renvoient à la multiplicité des facettes que doit avoir le professionnel.

    Je ne pense pas, au contraire de ce qu’a écrit Médecin de brousse supra, que les gens changent radicalement d’attitude selon les circonstances. D’humeur oui, mais pas de caractère. Bref il me semble qu’il y a une certaine continuité au contraire dans la façon qu’a chacun d’aborder une consultation. Trouver le « bon » médecin, c’est tout bêtement établir une relation avec celui qui vous convient – et vice-versa.
    Pourquoi donc en ce cas tant d’erreurs de distribution – en dehors des situations d’urgence ? Serait-ce parce que, pour chercher qui vous convient, il faut réfléchir au moins un petit peu et connaître ses propres besoins ? De plus, chercher qui vous convient est une démarche active, pas la plus courante dans le monde des « patients » et pas facile, il faut le reconnaître.

  118. Radéchan Dit:

    Alors tout les monde est copain, à la fin ?

    Comme dans Starksy et Hutch ?

  119. Anne Dit:

    Bien sur :)

    Les désaccords sont possibles tant qu’on arrive à se parler en se respectant.

    Mieux que cela, je crois que ça m’a aidé à digérer partiellement mes rancoeurs vis à vis de certains de vos confrères. Pas de pardon mais au moins bcp moins de colère c’est déjà énorme.

    Ceci dit j’attends avec impatience la réponse de HariboDoc :)

  120. Haribodoc Dit:

    @Sybille : Peut être faudrait-il s’entendre sur le mot attitude mais je vous assure que je peux en changer radicalement ! Passer d’une attitude réservée, froide, distante à une attitude chaleureuse, empathique, accompagnatrice selon le patient ou l’aidant…
    Et cela dans la même journée selon la nature de l’entretien et/ou de l’interlocuteur (demande, expertise, conflit …)
    Tout à fait d’accord en revanche pour dire que « Trouver le « bon » médecin, c’est tout bêtement établir une relation avec celui qui vous convient – et vice-versa. ». A charge pour le patient, comme vous le dites d’entreprendre une démarche active.
    Et à mon avis s’il y a tant d’erreurs de distribution c’est que le patient investi un médecin souvent au hasard (parfois par défaut) en pensant que parce qu’il est médecin, avoir trouvé un double de lui-même. Ce double qui aurait en plus le savoir et la connaissance médical et donc le pouvoir de le sauver. Comme si la fonction de médecin vous rendait caméléon ….

    @Anne : Votre discours se nuance (« …pas forcément … ») et bien sûr qu’il faut en introduire ! Ne l’ai-je pas fait d’ailleurs dès le début (« …sauf de rares exceptions… ») !

    Au lieu de vous répondre, je vais vous poser une question : Pourquoi ?

    Pourquoi le professionnel ne répondait-il pas à vos attentes ? Lui avez-vous donné le droit de ne pas être compétent, efficace ? De ne pas être d’accord avec vous ? Quelle motivation (ou non) avait-il ? Lui avez-vous laissé le droit de ne pas s’investir ?

    Pourquoi, sauf urgence vitale (et j’insiste sur le coté vital) le médecin s’occuperait-il de vous ?
    Parce qu’il est médecin … et qu’il n’a pas le choix ?
    Parce que vous le payez … et que le client est roi ?
    Parce que …
    Parce que …na … c’est votre volonté …

    ET LUI ???

    Il ne suffit pas de demander pour obtenir. Tout se construit… tout se mérite…

  121. Isabelle Dit:

    Juste pour dire, non, finalement, pas seulement merci à Rrr, merci à tous, parce que ouahhh !!! Tous vos commentaires sont stimulants et suscitent en moi des tonnes d’autres réflexions qui n’ont aucunement leur place ici parce que hors sujet, mais qui me sont infiniment précieuses, même et y compris quand je ne suis pas, a priori, d’accord avec la position du contributeur.

  122. cardiologue de brousse Dit:

    à testé pour vous :
    http://www.liberation.fr/livres/0101594318-martin-winckler-dans-le-cabinet-du-dr-karma
    peut donner du grain à moudre…

  123. cardiologue de brousse Dit:

    Désolé! je me suis rendu compte que l’article ne pouvait être lu que par les abonnés; achetez plutôt le journal papier chez votre buraliste préféré , ou d’emblée le livre de Winckler
    ( je ne touche aucune royalties)

  124. Anonyme Dit:

    @DocteurBonbon ;)

    Évidement que mon discours se nuance, rien n’est jamais blanc ou noir dans la vie. Mais en tant que patiente avec de mauvais souvenirs j’avoue que j’ai pris la première fois le texte de manière très violente.

    Bon pour tenter de répondre à vos questions même si vous ne répondez pas aux miennes :

    Pourquoi le professionnel ne répondait-il pas à vos attentes ?
    Parce qu’il n’a pas pris le temps de m’expliquer les choses. Parce qu’il ne m’a pas expliqué que d’autres soucis de santé pouvaient être liés. Parce qu’il a fallu que je découvre seule à quoi servait la thyroïde. En gros parce qu’il m’a donné un traitement sans explication et parce que j’ai eu la sensation d’avoir un Dieu omniscient qui condescendait à me traiter. Il ne fallait pas que je lui fasse perdre du temps. C’est en tous les cas mon ressenti de l’époque j’avais 24 piges de beaux diplômes tout neuf et un job et surtout une sacrée curiosité. Il n’a pas assuré le minimum d’information. Si il n’avait pas le temps ou l’envie il aurait au moins pu me filer des sources pour que j’aille chercher des infos mais même pas.

    Lui avez-vous donné le droit de ne pas être compétent, efficace ?

    Il avait le droit d’être incompétent je pense (je n’en suis pas sure). Le droit que je ne lui accordais pas c’était de me laisser avec mes interrogations, un délais de 6 mois pour une chir, et pas d’infos sur le post chir. Devais avoir une ablation partielle ? Totale ? Conséquences en terme de médicaments ou en terme de qualité de vie il ne m’a vraiment rien dit.

    De ne pas être d’accord avec vous ?
    Bien sur qu’il avait le droit de ne pas être d’accord. Mais comme je ne connaissais rien à ma pathologie je n’ai pas rué dans les brancards je voulais juste comprendre. Après nous aurions pu être en désaccord.

    Quelle motivation (ou non) avait-il ?

    A postériori je pense qu’il y a deux hypothèses, soit il était en burn out et travaillait au radar, soit il se foutait comme une guigne de la personne porteuse de la maladie.

    Lui avez-vous laissé le droit de ne pas s’investir ?

    Je ne demande pas à un toubib qu’il me tienne la main. Je demande de l’information et du respect. Et quand un patient ressort de consultation avec une annonce d’opération à venir, mais sans délai, un traitement à prendre scrupuleusement, mais sans informations sur le pourquoi de ce qui déconne et des effets des médicaments j’estime que le toubib a au mieux eu un comportement de mécano en confondant son patient avec un engin en panne. Mais un engin ça n’a pas d’état d’âme un patient si.

    Si vous pensez que rien n’est du au patient c’est votre droit le plus strict mais je campe sur ma position le patient au même titre que tout être humain a le DROIT au respect. Le toubib a le DEVOIR de prendre ce paramètre en compte car quand quelqu’un consulte c’est qu’il est rarement au mieux de sa forme.

    J’espère tout de même recevoir votre point de vue sur les interrogations que je vous ai adressé dans le précédent commentaire.

  125. Sybille Dit:

    • Haribodoc Dit:
    @Sybille : Peut être faudrait-il s’entendre sur le mot attitude mais je vous assure que je peux en changer radicalement !

    Vous pouvez changer d’attitude. «Radicalement », j’en suis moins sûre. Vous puisez toujours dans votre propre identité. Le toubib empathique mais-qui- peut –aussi bien- se montrer -froid -et -distant, est un profil tout à fait repérable. Tout comme, j’imagine, le patient immature passé à l’âge adulte, etc.

    Les erreurs de distribution seraient liées, d’après vous, à une sur ou plutôt mé estimation du rôle et de la place d’un soignant. Assez d’accord là-dessus. Pour généraliser, on peut dire, à la décharge des patients passifs (pléonasme ?), d’une part que le discours scientiste domine notre société, d’autre part que le bon sens semble l’avoir désertée. Avoir mal est intolérable, se sentir mortel idem, etc.
    La confusion systématique (que l’on retrouve sur ce fil et qui me colle des boutons) entre état pathologique (réalité d’une maladie) et état psycho-social (états d’âme, chômage, etc.) joue aussi en défaveur d’un comportement vivant et responsable.
    Pour résumer, d’accord avec « Tout se construit » ; mais on zappe le « mérite », valeur morale sans rapport avec cette histoire.

  126. trop sérieuse Dit:

    une remarque en passant

    pour un généraliste
    (celui qui sait à peu près rien sur à peu près tout)
    la psychiatrie est la pathologie la plus chronophage à prendre en charge
    surtout une HDT
    et en plus (presque) jamais payé

    alors c’est vrai qu’on y va à reculons
    et avec toute notre conscience professionnelle
    mais ça n’est pas toujours suffisant

    existe-t-il des psychiatres qui se déplacent à 20h30 au domicile, pour prendre en charge un (ou une) patient(e) délirante (ou suicidaire ou les 2…) et son entourage qui n’en peut plus?

  127. Anne Dit:

    Vous dites :

    La confusion systématique (que l’on retrouve sur ce fil et qui me colle des boutons) entre état pathologique (réalité d’une maladie) et état psycho-social (états d’âme, chômage, etc.) joue aussi en défaveur d’un comportement vivant et responsable.

    Je suis navrée de vous donner de l’acnée.
    Dans mes différents posts je ne pensais pas avoir confondu, simplement on ne peut nier qu’une maladie réelle sera accentuée ou minorée en terme de perception de compréhension et de douleur en fonction d’un état moral. Quand vous avez du mal à payer un traitement, quand vous vous inquiétez d’un forfait hospitalier car vous n’avez pas une bonne mutuelle cela a forcément une répercussion sur votre état de santé global.
    De là à dire que cela joue en la défaveur d’un comportement vivant et responsable je trouve que vous allez un peu loin. Même un « cas social » peut être responsable vous savez … Même si il ne se bat pas avec les mêmes armes il est capable. En revanche c’est probable que si il n’est pas satisfait de l’approche d’un médecin il n’aura pas les ressources financières pour aller en chercher un autre.

    M’enfin bref pour ma part je cesse là mes petits messages je n’ai pas envie d’engendrer d’autres crises d’urticaire.

    Bonne continuation

  128. Anonyme Dit:

    @Sybille : Peut être qu’effectivement « mériter » n’est pas le mot qu’il faut compte tenu de son sens moral. Disons « Gagner » alors. Tout se gagne …

    Pour le reste, je suis d’accord avec votre perception et votre analyse.

  129. HariboDoc Dit:

    @Sybille : Peut être qu’effectivement « mériter » n’est pas le mot qu’il faut compte tenu de son sens moral. Disons « Gagner » alors. Tout se gagne …

    Pour le reste, je suis d’accord avec votre perception et votre analyse.

  130. Little Louise Dit:

    J’aime aller chez mon médecin du sport pour mon certificat de rugby. J’aime le voir rigoler en constatant que mes os partent dans tous les sens sauf le bon. J’aime quand il me remet en ordre en plaisantant, en me disant que je ne suis vraiment pas soigneuse. J’aime attendre dans sa salle d’attente entre un tennisman et une gymnaste. J’aime arriver à vélo, comme une sportive en bonne santé, et repartir à vélo sans faire de crochet par la pharmacie.

    J’aime pas aller chez mon généraliste. J’aime pas les vaccins, j’aime pas qu’elle m’ausculte, j’aime pas le bâtonnet au fond de la gorge. J’aime pas quand elle me fait des ordonnances de six kilomètres parce qu’elle me trouve un peu pâle, une tension un peu basse, la gorge un peu irritée. J’aime pas aller chez le pharmacien.

    J’aime pas être malade parce que que mon médecin du sport est vachement plus sympa que mon généraliste. A la limite, je préfère encore me faire mal que choper la crève.

  131. Lavrenti Petrus Dit:

    Très intéressant ce post et les contributions qui suivent.

    A lire tout ça, j’ai l’impression de retrouver tous les éléments constitutifs des relations client/prestataire dans le cadre d’une démarche technique.

    Qu’il s’agisse de garagistes, d’informaticiens ou de médecins, la situation est la même : un individu vient quémander une expertise technique et une relation se noue autour de cette démarche.

    La nature de la prestation a relativement moins d’influence sur le comportement des protagonistes que le contexte dans lequel elle se déroule, les attentes du client ou ses habitudes.

    Dans tous les cas l’attitude que l’on pourrait qualifier de commerciale du prestataire a énormément d’influence sur la perception qu’a le client de la qualité du service rendu.

    De même que la perception du niveau de qualité de sa propre démarche qu’a le prestataire est en général erronée ou faussée par la compréhension qu’il a de la demande du client et par l’idée qu’il se fait de la nature de sa démarche technique et commerciale.

    En fait, la partie affective de ces rapports a tellement d’importance qu’elle a tendance à noyer le reste.

    C’est pourquoi je pense qu’il est important pour les médecins d’adopter un comportement un peu plus humble lorsqu’ils jugent péremptoirement leurs patients ; qu’ils se rappellent un peu de leur propre attitude lorsqu’il faut faire faire la révision des cent milles kilomètres ou réparer le moteur cassé dans un bled inconnu ; ça permet de relativiser sans trop faire d’effort et ça aide à faire couler.

    Quand à cette idée selon laquelle un patient a le médecin qu’il mérite, je la trouve assez étrange. Soit que le patient n’ai qu’un toubib consultable, auquel cas il n’a pas de choix et il me semble difficile de parler de mérite, soit qu’il en ai plein l’annuaire auquel cas il a fait un choix, bon ou mauvais, sur lequel il peut ou ne peut pas toujours revenir. La encore pas de question de mérite, c’est simplement un choix.

    Prétendre que la qualité du prestataire dépend de la personnalité du client revient à dire que le niveau de technicité est variable suivant la personnalité de celui qui la sollicite.

    J’ai plutôt l’impression que ce type de critère est plus lié à l’accroche commerciale du prestataire et à l’attente du client. C’est une variable d’ajustement qui est liée au comportement des protagonistes mais n’est que faiblement dépendante de la réalisation technique en l’occurrence.

    Alors que s’il y a effectivement une déficience dans la démarche technique, le technicien en est forcement le principal responsable.

  132. pied Dit:

    Merci pour cet article bien écrit et à partager votre expérience avec nous tous.

  133. Léonie Dit:

    Je reviens sur :
    « La confusion systématique (que l’on retrouve sur ce fil et qui me colle des boutons) entre état pathologique (réalité d’une maladie) et état psychosocial (états d’âme, chômage, etc.) joue aussi en défaveur d’un comportement vivant et responsable ».

    Cette assertion est franchement dérangeante à moins qu’il n’y ait une subtilité que ne n’ai pas comprise.
    Je n’irais pas d’ailleurs fustiger les médecins bien qu’ayant été irritée aussi par certains d’entre eux, parce qu’en fait ils font ce qu’ils peuvent pour la plupart avec les moyens qu’ils ont et sont respectueux dans la mesure du possible, mais il aura toujours des exceptions.

    Dissocier le psychisme du corps est une hérésie parce que celui-ci est responsable de bien des maladies et que si on savait le soigner autrement que chimiquement la médecine ferait des énormes progrès

    Un aidant investi dans sa mission, peut aussi tomber malade parce que la maladie des autres lamine et bouffe psychologiquement, c’est certainement une des raisons qui fait que le métier de médecin semble si difficile, parce qu’il se trouve aussi en position d’aidant. Je pense que l’inégalité qui existe entre tous doit être aussi respectée.
    Il ne faut pas tout ramener à soi sinon on oublie que les autres sont différents de nous.

    Pour ne pas faire une « confusion systématique » entre un « état pathologique » et un « état psychosocial », Il y a longtemps que j’ai opté pour le zapping pour ne pas enquiquiner les médecins et pour éviter que cela ne joue en défaveur d’un « comportement vivant et responsable ». Alors la phrase magique quand je vais chez le toubib c’est : « tout va bien très docteur ».

    Faut pas oublier que si le cerveau grille, c’est foutu et alors la vie « physique » n’aura plus aucun sens. Alors arrêtons donc de vouloir séparer le corps de l’âme.
    Je parierais qu’il y a des lecteurs qui ne mouftent pas, mais qui n’en pensent pas moins :))

  134. Grr Dit:

    @Haribodoc: Vous dites des choses bien bizarres. Ou que je comprends très mal

    « Et à mon avis s’il y a tant d’erreurs de distribution c’est que le patient investi un médecin souvent au hasard (parfois par défaut) en pensant que parce qu’il est médecin, avoir trouvé un double de lui-même. »

    « Double de lui-même? » C’est quoi cette histoire? Je pensais aller chez le médecin parce que c’était un professionnel de santé, et que j’en avais besoin. Pour me soigner. Pour un certif médical. Un vaccin. etc etc. Si je veux un double de moi-même, je regarde dans la glace! Je pense que Anne et Sybille, ainsi que la majorité de votre patientelle ne me contrediront pas: on veut un professionnel qui fait bien son boulot (même si on n’est pas d’accord sur ce qui constitue « bien »).

    « Lui avez-vous donné le droit de ne pas être compétent, efficace ? »
    NON! Et le droit/code de déontologie ne donne pas le droit au médecin d’être incompétent, non plus. Obligation de moyens, pas de résultats, etouça. Donc, droit à l’erreur, oui. Droit à l’apprentissage, oui. Droit de réferer, oui. Droit à l’incompétence???
    Aïe.

    Enfin, s’imaginer qu’un patient doit « mériter » un médecin compétent, c’est vraiment insultant pour la profession médicale, non?

  135. cardiologue de brousse Dit:

    je trouve très intéressante la contribution de lavrenti pétrus et son angle de vue  »commercial » du colloque médical , et le déplacement vers une relation technicien / usager qu’elle sous-tend.
    sauf que…
    la responsabilité d’un médecin n’est pas, sans mépris aucun, celle d’un garagiste ou d’un informaticien; on pourrait la comparer , pour ne pas être taxé de prétentieux arrogant, et toujours dans le secteur  »technico-commercial » à celle d’un pilote de ligne ( mais dans ce cas , en cas d’erreur de pilotage, le pilote paie aussi la facture )
    la compétence, ou plutôt la connaissance qu’ont les médecins de leur propres limites de compétence , est à mon sens la condition sine qua non de l’exercice médical et du premier vrai respect dû envers le  »client » .
    le reste est du domaine de l’interaction humaine entre deux individus.
    et là, on peut effectivement tout voir…

  136. Ut Dit:

    Bonsoir Docteur,
    Cette belle écriture me fait penser à une dame d’âge qui a cru pouvoir être utile sur le tard dans la fonction publique. Elle avait réussi au doux nom de Gardien de la Paix. Maintenant, cinq ans après, elle sait qu’elle ne peut plus, qu’elle n’a plus la force de vivre l’envers du monde, de couvrir les larmes et les coups et les cris d’un simple geste ganté et agrippé à la radio. Qu’elle ne veut plus compter les morts ou les pendus; ni prendre contre son gilet pare-balles, pour le menotter, le pauvre fou qu’il faudra bien enfermer.
    L’âge lui a appris aussi qu’il est urgent de ne pas se tromper de métier, sinon c’est l’âme qui est en danger.
    Tous mes voeux pour votre avenir Docteur.
    Amicalement votre.

  137. HariboDoc Dit:

    @Petrus : Vous n’êtes pas le premier et probablement pas le dernier à comparer une consultation médicale à une démarche commerciale dans le cadre d’une « prestation de service ». Le médecin vent sa compétence en tant qu’expert technique de soins. Tout s’inscrit donc dans une sorte de démarche commerciale gagnant-gagnant où chacun des protagonistes y trouverait son compte. Le reste ne serait qu’enrobage autour de l’expertise technique, élément central de la transaction.
    Bien des énarques ou autres penseurs s’intéressent à cette vision réductrice de la médecine parce qu’elle permet une gestion plus rigoureuse et surtout prévisionnelle. Un peu comme dans l’automobile : un changement de plaquettes de frein : 0,20 heure et donc xx euros. Un vaccin c’est tant, un rhume c’est tant etc…
    On retrouve également cette approche au niveau des entreprises médico-sociales où les gestionnaires (publiques ou privés) aimeraient rentrer le soin dans des petites cases, des colonnes, des bilans comptables…
    Malheureusement pour eux, le médecin n’est pas qu’un technicien du soin et surtout, principal biais de ce concept, le patient ne veut pas se contenter d’une simple approche technique…
    Il suffit de lire les post précédents des patients pour se rendre qu’à l’évidence ils attendent beaucoup plus qu’un acte technique et d’ailleurs la plupart du temps c’est de l’appréciation de ce qui accompagne l’acte technique que viennent les difficultés, l’achoppement, le conflit.
    La preuve Grr juste au dessus qui ne fait pas la différence entre la compétence technique qui évidemment est due au patient et qui d’ailleurs fait rarement défaut et l’approche psycho sociale (comme le dit si bien Sybille) où là le professionnel peut être, en fonction de l’interlocuteur, incompétent et avoir le droit d’être incompétent…
    Pour faire court, je dirais que dans le colloque singulier qu’est l’acte médical, l’acte (l’expertise) technique lui-même représente une toute petite partie de la consultation ; que sauf exception et pour l’immense majorité des consultations il est de bonne qualité (j’insiste) mais que la perception de cette bonne qualité est biaisée par la non qualification technique du patient, son manque de référence voire de référent, qui font que ses critères à lui de qualité (du médecin) sont des éléments subjectifs d’écoute, d’empathie, de disponibilité etc..
    Pour ces raisons, non Petrus, vous ne pouvez pas réduire un acte médical à une transaction commerciale.

  138. cardiologue de brousse Dit:

    pas mieux !

  139. Isabelle Dit:

    Finalement si, il en est une qui n’est pas complètement hors sujet, parmi mes réflexions :

    Je ne suis que très rarement malade, et jamais gravement, jusqu’à présent. Il me semble que, dans ces conditions, les rares fois où j’entre dans un cabinet médical, je peux m’offrir le luxe de choisir un praticien avec lequel « l’interaction humaine » entre lui et moi n’est pas, à tout le moins, source de déplaisir. En revanche, le jour où j’ai été confrontée – en tant que mère, certes, et non patiente, mais je ne sais pas si ça aurait changé grand-chose – à une pathologie cardiaque bien lourde et dont le seul traitement relevait de la chirurgie, j’ai complètement passé outre toutes les souffrances liées au fait que j’ai eu affaire à quelques médecins très violents et destructeurs dans leurs propos, parce que je savais malgré tout que le sort de mon enfant était entre les mains de techniciens remarquables. Adulte aujourd’hui, elle n’a jamais envisagé de changer de service, même si elle ressent les mêmes réticences que moi lors des consultations.

  140. cardiologue de brousse Dit:

    imaginez vous un seul instant dans un bloc opératoire glacial, sous la lumière d’un scialytique, un masque qui vous recouvre le nez et la bouche, le bistouri à la main devant un cœur ouvert et vous comprendrez ( sans excuser ! ) le comportement de certains médecins qui doivent continuer tous les jours ce boulot…
    à ce stade, on préfère le technicien compétent à l’empathique maladroit…

  141. Léonie Dit:

    Pour sûr qu’on préfère cela, mais un technicien compétent et empathique ça existe aussi non?

  142. Radéchan Dit:

    Ben non. Si on réfléchit avec son coeur, comme le fait une mère par exemple, on fait des conneries. Désolé.

  143. cardiologue de brousse Dit:

    oui, et des incompétents désagréables aussi…

  144. HariboDoc Dit:

    Le pire sont les incompétents agréables…

  145. Léonie Dit:

    @Radechan
    T’à l’air de dire qu’une mère qui réfléchit avec son coeur fait forcément des conneries, que veut tu dires par réfléchir avec son coeur? n’étant pas une mère toi même, que sais tu du coeur d’une mère?

  146. Léonie Dit:

    Il y a aussi les compétents qui un jour donné ne sont pas compétents.

  147. Sybille Dit:

    Le problème de la parabole de Petrus est qu’elle ne fait que comparer deux modalités de l’échange. L’une, commerciale, aujourd’hui très prisée quoique longtemps déconsidérée ; l’autre disons thérapeutique. Pour tenter de qualifier cette dernière, il serait sans doute plus utile de se référer aux structures mêmes de l’échange, via les travaux de Mauss par exemple.
    L’échange patient/soignant reçoit un autre éclairage si on le pense selon la dynamique du don, telle qu’il la définit en 3 phases (pas nécessairement successives) : 1) l’obligation de donner
    2) l’obligation de recevoir 3) l’obligation de rendre. « Obligation » étant entendu comme nécessité pour « ça marche », bref pour qu’il y ait échange.

  148. Isabelle Dit:

    « à ce stade, on préfère le technicien compétent à l’empathique maladroit… » Belle synthèse !

    « Ben non. Si on réfléchit avec son coeur, comme le fait une mère par exemple, on fait des conneries. Désolé. » Mon expérience me dit que pas toujours, mais le vrai bordel serait que le cardio-chirurgien ait un coeur de mère et la mère une tête de cardio-chirurgien.

    Quant à la technicienne émérite dotée d’une empathie hors pair, je l’ai rencontrée aussi : 5 minutes qui ont beaucoup compté dans ma vie.

  149. Medicine Men Dit:

    C’est bon ? l’EMPATHIE a remplacé l’HUMANITé dans le débat ?

    Certains chirurgiens sont indignes d’exercer ce métier, par un comportement méprisant ou autre envers les malades qui les consultent.

    Cependant personne ne vous oblige à vous faire opérer par quelqu’un en qui vous n’avez pas confiance.

    Isabelle dit  » j’ai complètement passé outre toutes les souffrances liées au fait que j’ai eu affaire à quelques médecins très violents et destructeurs dans leurs propos  »

    je suis très prudent envers les affirmations de  » violence  » ou  » destruction  » par le propos puisque s’il est vrai qu’un tel propos peut exister, il existe des personnes dont la sensibilité est telle que même si on leur dit simplement bonjour poliment elle se sentent agressées.

    Et maintenant si vous demandez au Chirurgien Cardiaque de réfléchir avec son coeur heureusement que personne n’a parlé de son opération des hémorroides …

  150. Léonie Dit:

    Ah !! les relations entre humains….. c’est un vrai poème, c’est d’un compliqué.

  151. sol Dit:

    juste un petit coucou en passant… Comme ça… juste comme ça (…)

  152. Isabelle Dit:

    @mm : « si votre fille en était morte, cela aurait été de votre faute » ça vous va comme propos violent et destructeur ?

    Après, on comprend… le stress que peut engendrer d’être quotidiennement confronté à la mort de nourrissons parce que la science n’a pas suffi, stress qui ne permet pas de supporter une minette de 25 ans en larmes perpétuelles, alors qu’on vient, « techniquement », de réussir quelque chose dont on n’était pas sûr soi-même et que c’est quand même sacrément miraculeux, la médecine…

    On comprend, à force de fréquenter le service, que cette violence, cette colère inutile et ravageuse, ce n’est pas vraiment à vous qu’elle est adressée, mais qu’elle exprime surtout la rivalité entre plusieurs professeurs qui n’ont pas exactement les mêmes avis en staff…

    On comprend surtout au fil des années qu’il est sans doute plus facile, pour les médecins comme pour les patients, de triompher de la maladie ensemble, et non l’un contre l’autre et que chaque acteur a son rôle à jouer dans la construction de l’humanitude, de l’empathie, appelez cette relation comme vous voudrez, ça m’est égal.

    On comprend aussi, une bonne fois pour toutes, que ce triomphe n’est que provisoire, que toute notre ambition de mortels – médecins ou pas – ne peut être que de reculer ce moment et d’apporter quelque soulagement à la souffrance auparavant : Es gibt ein Leben vor dem Tod

  153. Grr Dit:

    Depuis quand les relations commerciales ne sont elles basées que sur la technicité?
    La relation patient-soignant est une relation tout ce qu’il y a de plus commerciale. Elle est occultée en France par, d’une part, une espèce de mythification du médecin-Dieu et d’autre part, pour paraphraser un autre commentateur « la sponsorisation de la sécu ». Ben oui, quand on ne paie pas, on est beaucoup moins exigeant sur le service/produit rendu et le sourire qui va avec! Ce qui ne rend service à personne, que ce soit le soignant ou le soigné.
    Je vous assure que le patient américain qui paie bien plus que 22 euros la consultation, qui ne lui sont pas remboursés par un état-papa, se permet d’être exigeant sur la technicité et le relationnel de ses soignants. Le médecin compétent techniquement ET qui ne méprise pas ses clients (j’utilise ce mot exprès) ET avec le sourire en bonus pourra se payer une plus grosse bagnole. Parce qu’il est aussi un bon commercial.
    Je ne cherche pas à faire ami-ami avec mon médecin. Ni plus ni moins qu’avec le poissonier ou le mécanicien. Je veux d’abord de bons et honnêtes professionnels. A compètence égale, c’est évident que je choisirai celui avec qui les échanges sont les plus cordiaux, celui qui me donne/renseigne/gratifie/fait rire (cochez les cases qui s’appliquent) le plus.
    Ce que j’ai aimé dans ce billet de Jaddo, c’est qu’elle admet qu’elle n’est pas Dieu (ok, plutôt, qu’elle n’est pas une fée, mais elle a encore ses couettes). Elle dit ouvertement n’être qu’un simple mortel, desemparée devant la maladie et la souffrance, les attentes et les incohérences de ses malades. Très sain de sa part, mais je comprends qu’elle attendait une volée de bois vert. Elle plombe le mythe du médecin-Dieu pour tout le monde!

    PS pour ceux qui aiment se lamenter de n’encaisser que 22 euros la consult’ en lorgnant les comptes bancaires des médecins outre-atlantique: je ne fais pas l’éloge du système de santé à l’américaine.

  154. Bruno Dit:

    Comme en écho à votre prose très chère couette voici ce qu’en écrivait l’un d’entre nous au siècle passé…

    « Tu les crois malade ?… ça gémit… ça rote… ça titube… ça pustule… Tu veux vider ta salle d’attente ? instantanément? même de ceux qui s’en étranglent à se ramoner les glaviots ?.. Propose un coup de cinéma!.. un apéro gratuit en face !.. tu vas voir combien qu’il t’en reste… S’ils viennent te relancer c’est d’abord parce qu’ils s’emmerdent. T’en vois pas un la veille des fêtes… Aux malheureux, retiens mon avis, c’est l’occupation qui leur manque, c’est pas la santé… Ce qu’ils veulent c’est que tu les distrayes, les émoustilles, les intrigues avec leur renvois… leur gaz… leurs craquements… que tu leur découvres des rapports… des fièvres… des gargouillages… des inédits!… Que tu t’étendes…que tu te passionnes…
    C’est pour ça que t’as des diplomes… Ah! s’amuser avec sa mort tout pendant qu’il la fabrique, ça c’est tout l’homme, Ferdinand ! Ils la garderont leur chaude-pisse, leur vérole, tous leur tubercules. Ils en ont besoin!
    Et leur vessie bien baveuse, le rectum en feu, tout ça n’a pas d’importance! Mais si tu te donnes assez de mal, si tu sais les passionner, ils t’attendrons pour mourir, c’est ta récompense! Ils te relancerons jusqu’au bout. »

    L.F. Céline in « mort à crédit » 1952

    bon quand je dis l’un d’entre nous je ne me pousse pas du col je parle du médecin pas de l’ecrivain…

    En tout cas c’est pas politiquement correct visiblement de se plaindre de ses patients quand on est médecin.
    Et pas l’inverse !
    Nous on ne sent pas le droit de réagir vivement quand un patient raconte comment son médecin l’a mal_traiter.

    C’est rigolo ça et pourquoi donc ?
    Parce qu’on a le pouvoir ?
    Parce que le patient est (se vit comme?) une victime et qu’une victime ne peux pas être un bourreau ?
    Et quand il y a une victime il y a surement un coupable ?….suivez mon regard …
    Parce que c’est de sa peau qu’il s’agit et pas de la notre ?

    A votre avis ?

  155. Medicine Men Dit:

    @Isa : la phrase que tu cites, tu l’as comme on dit communément, sortie de son contexte. c’est tout ce que je peux répondre à ta question.

    Aucune envie de polémiquer donc note juste stp que je ne t’ai accusée de rien en disant ça.

    Sinon je trouve intéressant ton propos qui a suivi.

    Et sinon à part ça, les gens qui vous plaignez tout le temps des médecins, ça vous arrive de vous relativiser un peu et de vous documenter sur la vie pour devenir un peu +responsables de la votre ?

  156. Léonie Dit:

    Je sais les toubibs ça sauve des gens qui veulent vivre et des gens qui ne veulent pas vivre, mais ce qui veulent vivre, je pense qu’il font ce qu’ils peuvent en matière de responsabilité, mais aujoud’hui t’es là mais demain est un autre jour.

  157. Grr Dit:

    Les toubibs ne « sauvent » pas, ils « soignent ». Le Petit Jesus « sauve ».

    OK, je me casse.

  158. Léonie Dit:

    Si si ils sauvent…mais des fois des miracles se produisent dont ils n’ont pas l’explication.

  159. Medicine Men Dit:

    Combien on parie que Bruno va se faire traiter de fachiste pour avoir cité Céline ?

  160. Bruno Dit:

    @Léonie
    les toubibs ne sauvent pas ne guérissent pas ne soignent pas. Il aident leurs patients à se soigner à se guérir à se sauver (?)….. Parfois…

    @MM
    La révérence habituelle devant le génie littéraire devrait me sauver de cette infamie au moins sur ce coup là…

    @ Grr; le mot « dieu » ou fée que vous utilisez à plusieurs reprise est loin d’être anodin mais contrairement à ce que l’on pourrait croire le problème n’est pas que certains soignants se prennent pour des dieux (Ca arrive aussi … je sais) mais que les patients ont un peu trop souvent tendance à nous prendre pour des dieux tous puissants et des dieux qui craquent ou qui crachent dans la soupe vraiment ça ne le fait pas…

  161. Léonie Dit:

    Pourquoi donc? il n’a fait que citer pour choquer peut être? C’est pas pour autant que c ‘est un fachiste, à moins que………….. C’est vrai que Céline même s’il était toubib était un antisémite un pro nazi et quand on connaît les horreurs dont sont responsables les médecins nazis on est en droit de se poser des questions, à savoir s’il voyait la médecine comme de la boucherie.

  162. Grr Dit:

    @ Bruno: d’ac avec vous. J’ai bien précisé « tout le monde ».

    C’est la fête: Jaddo nous gratifie d’un gogglar!

  163. Léonie Dit:

    @Buno
    Si certains patients prennent les médecins pour des dieux c’est que pendant longtemps ils l’ont laissé croire, étant persuadé eux même de l’être. Aujourd’hui avec les progrès de l’information, la tendance a changé, certains patients les prennent pour des épiciers, genre le client est roi. D’ailleurs on dit de plus en plus « la clientèle ».

  164. Bruno Dit:

    @ Beaucoup dans cette conversation :
    Ben non je suis désolé c’est pas du commerce et les patients ne sont pas des clients… un petit rappel ?

    extraits du code de déontologie médicale articles 19, 20 ET 21 :

    Article 19 (article R.4127-19 du code de la santé publique)
    La médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce.
    Sont interdits tous procédés directs ou indirects de publicité et notamment tout aménagement ou
    signalisation donnant aux locaux une apparence commerciale.

    Article 20 (article R.4127-20 du code de la santé publique)
    Le médecin doit veiller à l’usage qui est fait de son nom, de sa qualité ou de ses déclarations.
    Il ne doit pas tolérer que les organismes, publics ou privés, où il exerce ou auxquels il prête son
    concours utilisent à des fins publicitaires son nom ou son activité professionnelle.

    Article 21 (article R.4127-21 du code de la santé publique)
    Il est interdit aux médecins, sauf dérogations accordées dans les conditions prévues par la loi, de
    distribuer à des fins lucratives des remèdes, appareils ou produits présentés comme ayant un intérêt
    pour la santé.
    Il leur est interdit de délivrer des médicaments non autorisés.

    Ca veut dire quoi pour moi ?
    Que je ne pratique pas mon exercice dans le but de donner satisfaction à des clients mais dans celui d’améliorer la santé de mes patients.
    Si de surcroit ils sont satisfait de ma façon d’exercer tant mieux pour eux et pour moi car ils reviennent me voir.
    Si cela ne leur convient pas tant pis pour eux (et pour moi)et ils vont voir ailleurs.

    J’ajoute pour calmer les âmes sensibles que j’exerce dans une commune urbaine où il y a plus de 20 toubibs généralistes. Le libre choix du médecin existe… encore faut il l’exercer.

  165. Bruno Dit:

    Merci Jaddo pour le googlar et cerise sur le gâteau cette vidéo de Brassens qui comme toujours cache sa pudeur sous ses « gros mots » et son fou rire.

    @ Léonie
    Pas plus Céline ou jaddo en écrivant que moi en le citant ne sommes dans la provocation. Il s’agit juste d’une fenêtre ouverte sur l’autre coté du miroir…

    En ce qui concerne Céline on a tout intérêt à ne pas mélanger l’homme public (répugnant) l’auteur (gigantesque ET dérangeant et parfois aussi répugnant cf « bagatelle pour un massacre ») et le Docteur qui a fini dans la misère en continuant bien souvent à soigner gratuitement les indigents.

  166. Léonie Dit:

    Aurait-il voulu se racheter?

  167. Lavrenti Petrus Dit:

    @ Bruno

    La date de parution de Mort à crédit est 1936, pas 1952.

    Et Céline a beaucoup travaillé son image lorsqu’il est revenu d’exil, se faisant passer pour un misérable soignant des misérables, ce qui est totalement faux. Il a peu exercé la médecine durant sa vie et ses droits d’auteur, aussi bien en ce qui concerne ses ouvrages d’avant guerre que ceux qui ont suivi, lui ont permis d’avoir une existence plus que confortable.

    En résumé, c’était une ordure, ce qui ne l’a pas empêché d’être l’un des plus fabuleux auteurs français du XX eme siècle.

    En ce qui concerne le terme « commercial », il ne faut pas se focaliser.

    Un marchand de voitures procède dans son métier d’une démarche commerciale.

    Mais toute personne proposant un service rémunéré en fait autant.

    L’activité du marchand de bagnoles est peut être à 90% commerciale alors que celle du garagiste ne l’est qu’à 50% mais les deux comportent une part de vente ou de recherche de satisfaction du client ou de fidélisation ou de quoi que ce soit que vous puissiez rattacher à une démarche commerciale.

    Et lorsque vous dites que vous cherchez à améliorer la santé de vos patients et pas de donner satisfaction à un client, vous entrez tout de même dans une démarche de ce type.
    Si vous vous plantez dans un diagnostique mais que votre patient repart satisfait parce qu’il a l’impression que son cas a été traité comme il le mérite, vous avez fait une erreur technique mais réussi la partie commerciale de votre prestation.
    Si à contrario vous réalisez correctement votre diagnostique et la prescription qui suit mais que votre patient repart en ayant l’impression d’avoir eu affaire à un sale con incompétent, c’est l’inverse qui se produit.
    En supposant que vous vous situiez systématiquement dans le premier cas et pour peu que vos patients ne soient que très marginalement atteints de pathologies graves, vous prospérerez professionnellement. Alors que si vous vous cantonnez au deuxième cas, vous crèverez de faim et devrez fermer boutique.

    Ce sont des exemples caricaturaux mais qui permettent de mettre en valeur la nécessité de cette partie commerciale ou humaine ou quoi que ce soit d’autre dans le cadre de la pratique de votre activité professionnelle.

    D’une manière générale, vos patients peuvent vous juger sur cette partie de votre prestation alors qu’ils ne peuvent pas le faire sur la partie technique.

    Et comme la réalisation de votre activité se fait à l’initiative de vos patients, il vous est impossible de faire abstraction de ces éléments.

    Encore une fois ne vous focalisez pas sur ce que le terme commercial peut avoir de négatif.

  168. Bruno Dit:

    @ larventis Petrus
    merci pour ces précisions concernant Céline (il est vrai que le copyright de 56 m’avais fait tiquer)
    Ceci dit les interviews filmés de lui à la fin de sa vie ne montre pas quelqu’un qui nage dans l’aisance.

    Mais peut importe j’adhère tout à fait à :
    « c’était une ordure, ce qui ne l’a pas empêché d’être l’un des plus fabuleux auteurs français du XX eme siècle »

    En ce qui concerne vos 2 exemples je ne les trouve pas si caricaturaux que cela,d’autant que le même toubib peut selon le jour et le patient qu’il a en face de lui osciller entre les 2.

    Et enfin dernière nuance le coté relationnel avec le patient fait aussi et même beaucoup en MG partie de l’aspect « technique » du métier qui ne se réduit pas à « faire un diagnostic (sous entendu organique) et la prescription qui va avec » mais il s’agit là d’un moyen et non d’une fin.

    C’est la fin , le but, qui différencie
    – la relation commerciale : vendre un service un objet et pour cela satisfaire au mieux les attentes et les demande de la clientèle voire les susciter…
    – Et l’exercice de la médecine qui doit tendre vers l’amélioration de la santé de nos patients..

    Je ne prétends pas qu’il n’existe pas un aspect commercial dans le boulot que je fais mais je dis que le réduire à cet aspect, dont je comprends bien ce qu’il peut avoir de rassurant pour le patient, est juste une erreur fondamentale.

  169. cardiologue de brousse Dit:

    une amie ( enseignante ! ) a vécu quelques années au moyen-orient et a eu a passer un jour une fibroscopie gastrique dans une clinique médico chirurgicale privée; avant même de voir notre confrère , on lui avait demandé sa carte bleue ( et non verte ! ) et fait une empreinte de carte ; ayant eu l’innocence de demander le coût de la fibro en question et trouvant la note sacrément salé ( et surtout non remboursé par la  »MGEN » ) elle est allé négocier ( ça faisait quelques années qu’elle était dans le pays ) le tarif de sa fibro avec le gastro, lequel, pas chien, a baissé celui-ci de moitié …
    elle m’a avoué cependant n’avoir été que modérément rassurée par la suite lors de l’examen , terrorisée à l’idée ne d’être soignée qu’au prorata de la somme versée !
    il n’est pas besoin d’aller si loin pour jouer les marchands de tapis et les secteurs II sauront de quoi je parle.
    Alors vive le petit commerce et la libre entreprise !

  170. Léonie Dit:

    Que dire des patients qui ne sont pas satisfaits des prestations de leur médecin mais qui n’en changent pas parce qu’il est gentil, cool, reçoit à toute heure, dévoué et surtout prescrit les médocs désirés voire les arrêts de travail selon besoin?

  171. Bruno Dit:

    que dire de ces mêmes patients qui le jour où ils se sentiront vraiment malades iront voir son confrère peut être un peu moins complaisant et plus « rugueux » ???

    Que dire ?

    Mais qu’ils n’ont pas besoin, eux, de lire ce blog pour comprendre la # entre le commerce et la médecine et qu’ils savent très bien quand ils ont besoin de l’une ou de l’autre !

  172. l'elfe Dit:

    Je suis fan de sybille.
    Sybille ton témoignage est émouvant mais surtout la façon dont tu en parles me remplit d’admiration. Malades ou pas malades, peu de gens posent un regard aussi lucide sur la vie. Quelque part ce que tu dis ça fait mal et en même temps ça secoue, ça réveille, ça sonne vrai… C’est très beau et très moche…
    Bon je suis aussi fan de jaddo :) mais on l’est plus ou moins tous.

  173. Sybille Dit:

    Sûr, j’suis aussi fan de Jaddo – dans la mesure où capable d’être fan.
    Merci pour le commentaire, ça fait toujours du bien à l’égo !
    J’ai toujours rêvé de faire entendre la voix du malade, hors de la plainte et du cri, de la supplique, la colère, la frustration, la tristesse.
    Hors du silence que forgent en fait ces réactions attendues, inévitables, parfois utiles, mais au fond stériles. Peut-être que je commence à y arriver – un peu. Le culot de Jaddo aide beaucoup…

  174. Maubouss Dit:

    medecine man, je dirais qu’une certaine rage te tient lieu de verve. ( comprends qui peut comme dirait Bobby).

  175. mirisa Dit:

    je suis le 173è commentaire et je ne sais que dire….
    que j’aime ce billet âpre et vrai ?
    que j’aime les réactions qu’il induit et qui m’emmènent loin dans la réflexion ?
    c’est peut-être là que réside le véritable don de fée de Jaddo,il y a quelque chose de magique dans son écriture.
    en tout cas,j’en suis éblouie.

    merci Jaddo

  176. blobette Dit:

    « Je ne trouve pas qu’il revienne aux toubibs d’apprendre aux gens à s’aimer et/ou se respecter, comme vous le dites. Ni de les aimer. Ni d’aimer la maladie ».

    On ne demande pas à un toubib d’aimer ses patients – ce serait même contre-productif – ni de leur « apprendre » quoi que ce soit. Mais les respecter, c’est quand même un minimum. Y compris quand ils sont hors d’état de se respecter eux-mêmes. J’ai un trouble de la personnalité qui a occasionné plusieurs hospitalisations au temps de ma jeunesse folle (ça va beaucoup mieux, merci). J’ai parfois été traitée avec un respect impeccable, mais en d’autres occasions je me suis retrouvée face à des professionnels de santé qui suintaient le mépris voire le dégoût et ne se souciaient pas de le cacher; je suppose qu’ils avaient l’impression que dans l’état où je me trouvais ça n’avait pas d’importance. J’ai ressenti très durement ce manque de respect; je me suis sentie traitée comme moins qu’humaine. Je comprends bien que les toubibs sont des êtres humains comme tout le monde, qu’ils ont des sentiments et qu’on ne peut pas leur demander d’en faire totalement abstraction, mais je trouve cet étalage de mépris particulièrement choquant, notamment en psychiatrie où ledit toubib se trouve face à un patient particulièrement fragilisé. C’est déjà assez graves dans les autres disciplines (où là aussi j’ai eu l’expérience de médecins exprimant sans retenue leur répugnance).

    (ceci est en réponse à Sybille, pas au post de jaddo qui sonne extrêmement juste et que j’ai adoré)

  177. Medicine Men Dit:

    avec un trouble de la personnalité on peut prendre de la bienveillance pour du mépris. Je suppose que dans les exemples que tu cites on saura jamais.

  178. Léonie Dit:

    MM : Toujours aussi vachard.

  179. Medicine Men Dit:

    ah beh nan … juste précis

  180. Léonie Dit:

    Précis de quoi? de quelque chose qu’on ne saura jamais?

  181. Medicine Men Dit:

    Vas-y fais pas ta lourde, avec un trouble de la personnalite on peut croire n’ importe quoi c’ est tout.

  182. Léonie Dit:

    Mais croire c’est comme le père Noël, c’est pas une certitude, c’est tout.

  183. Medicine Men Dit:

    Ben si . Le Pere Noel c’ est une certitude qu’il viendra dans la nuit du 24 au 25 decembre prochain. et je l’ attends alors merci de ne pas tenter de m’ en dissuader.

  184. Léonie Dit:

    Pourquoi? t’a commandé déjà tes jouets?

  185. Sybille Dit:

    @ blobette Dit:
    10 octobre, 2009 à 5:10
    On ne demande pas à un toubib d’aimer ses patients – ce serait même contre-productif – ni de leur « apprendre » quoi que ce soit. Mais les respecter, c’est quand même un minimum.

    Vous avez raison, d’une certaine façon. Je n’ai pas de trouble de la personnalité, si j’ai le sentiment qu’un médecin me manque de respect, je le regarde dans les yeux et lui signifie tranquillement, ce n’est pas très compliqué. Le problème est que j’entends – et lis- non stop des témoignages d’autres patients qui n’ont pas non plus votre ex pathologie, ni même de pathologie psy d’ailleurs, exposant Comment et Combien il leur a été manqué de respect.
    A posteriori, donc. Sous forme de colère ou de frustration ou de douleur, peu importe. C’est toujours après. Je demande : Pourquoi pas sur le moment et en face ?
    On me répondra que le système hiérarchique, la relation médicale paternaliste, la fatigue et la peur, etc. Cela me paraît quand même insuffisant pour expliquer cette mollesse de dignité et de franchise qui réclame le respect. En cela, il me semble effectivement que, hors peut-être pathologies psychiques auxquelles je ne connais rien, le patient bénéficie de la relation thérapeutique qu’il construit, à ses risques (se faire envoyer sur les choux) et périls (souffrir et/ou mourir).
    C’est très loin d’être facile, y compris pour ceux qui n’ont pas de pathologies psy caractérisées, mais c’est justement le boulot, me semble-t-il, auquel il faut s’atteler quand on se souhaite/veut/désire respectable.

  186. HariboDoc Dit:

    @ Sybille et Bloblette

    Il faudrait aussi définir le « manque de respect »!

    Combien de patients parlent « d’attitude non respectueuse » alors qu’ils n’ont simplement pas obtenu ce qu’ils désiraient … et souvent parce qu’au delà de ce que pouvait faire (professionnellement) le praticien.

    Ou, sans définir, revenir à une explication de texte (dans le texte) du déroulement de la consultation…

  187. Léonie Dit:

    @ Sibille
    Quelques phrases ont retenu mon attention :
    « Si j’ai le sentiment qu’un médecin me manque de respect, je le regarde dans les yeux et lui signifie tranquillement, ce n’est pas très compliqué ».

    Pas compliqué? Cette façon de faire n’est pasdonnée à tout le monde, il ne faut pas l’oublier. C’est une démarche très personnelle, une question de caractère.

    « A posteriori, donc. Sous forme de colère ou de frustration ou de douleur, peu importe. C’est toujours après. Je demande : Pourquoi pas sur le moment et en face ? »

    Simplement à cause de la « différence » liée encore au caractère de chacun, et à beaucoup d’autres paramètres (éducation, vécu, habitat, niveau social etc….). Si on peut comparer sa façon d’être à celle des autres, on ne peut pas les obliger à être comme nous, sinon c’est du dictat.

    « Cela me paraît quand même insuffisant pour expliquer cette mollesse de dignité et de franchise qui réclame le respect »

    Voilà une chose qu’il m’arrive de penser mais que je rejette ensuite, parce que penser comme cela équivaut à se sentir mentalement supérieur aux autres, ce qui est faux, si on prend la peine d’y réfléchir. Savoir se faire respecter, ce n’est pas inné, c’est un travail sur soi qui demande de l’énergie, que tout le monde n’a pas appris et ne maîtrise pas forcément.
    Il faut rester humble en ce qui concerne le caractère de chacun….Juger c’est tellement facile……

    @Haribodoc
    Définir le manque de respect entre deux parties, dans le déroulement d’une consultation? sans une tierce personne, qui peut dire qu’il y a eu manque de respect? C’est la parole du toubib contre celle du patient. On ne peut être juge et partie.
    Cela dit comme je l’ai déjà dit, les relations humaines sont compliquées parce qu’il y a trop de sentiments diverd de part et d’autres qui entrent en jeu et qui demandent une maîtrise que tout le monde n’a pas. Peut être que vous les médecins avez une formation pour apréhender une consultation? Enfin de l’espère.
    De toutes façons si tous les patients étaient tous pareils avec toutes le qualités que les médecins aimeraient trouver chez eux, eh bien Jaddo n’aurait pas matière à alimenter son blog et nous ……………..

  188. Medicine Men Dit:

    Ton discours est malsain Léonie. Il y a des gens qui ont envie de s’en sortir et je tends à croire d’après son propos que Sybille en fait partie. peut-être pourrais-tu t’inspirer de ce qu’elle dit.

    Si tu préfères porter le malheur du monde et faire porter les autres avec toi … c’est un autre programme

  189. Léonie Dit:

    Excuses mais si je dis des conneries et des discours malsains autant que je la ferme carrément. Adios Amigo

  190. Léonie Dit:

    Ps : je ne voudrais pas encore blesser d’autres gens, si c’est ce que tu penses. Bye

  191. Léonie Dit:

    Re @ MM
    Autre chose
    Penses tu m’avoir autant épargnée certaines fois?

  192. Sybille Dit:

    HariboDoc Dit: Il faudrait aussi définir le « manque de respect »!

    Le respect me semble, comme le reste, identifié à la demande.
    A cet égard, il est certes plus simple de relever d’une énorme pathologie vitale avec lésions et le tintouin, bref d’offrir à la fonction médicale une proposition bien calée que de se faufiler dans un tas de symptômes vagues plus ou moins tangibles. C’est sans doute le secret de la « chance » qui me caractérise et qu’évoque Léonie. La demande, elle est simple et je me fous comme de l’An 40 qu’on me cause avec des subjonctifs ou des interjections, du moment qu’on ne me cause pas à l’imparfait.
    A cet égard, ces histoires de caractère, moyens divers, accessibilité, culture, etc.
    me semblent du pur baratin. S’il existe une ligne de fracture – sans jugement ni hiérarchie -, elle est dans la conscience de ce qu’est le travail de vivre.
    La maladie ne la modifie pas, elle l’amplifie au contraire et, bien souvent, la révèle.
    C’est un long et dur travail que de construire sa vie avec sa mort et personne ne peut le mener sans, sciemment, en avoir fait le choix. Ce choix, un ou des médecins peuvent l’accompagner mais en aucune façon le faire à votre place. Et, s’il faut absolument un jugement de valeur,
    je dirais que demander à un autre de faire ce choix impossible, c’est ne pas le respecter.

  193. HariboDoc Dit:

    Sybille Dit:
    13 octobre, 2009 à 0:44
    « Le respect me semble, comme le reste, identifié à la demande. »

    On est bien d’accord. Si la demande est « inaceptable » pour le professionnel de santé, alors cette demande ne sera pas honorée. Peut-on, pourtant, parler de « manque de respect » envers le patient?
    J’ose même poser la question: le « manque de respect » ne vient-il pas du patient lui-même?
    Respecte ton médecin et tu seras respecté(e)…

    Il est certes plus facile d’identifier la bonne ou mauvaise demande dans un cas dit « lourd » (« énorme pathologie »). Il n’en reste pas moins que le processus de résistance doit être le même dans tous les cas.
    Et puis, est-il plus facile de refuser de prescrire telle ou telle prescription (ordonnance, examen, arrêt de travail …)non médicalement justifiée que d’accéder à la demande d’une euthanasie?
    Bien au contraire je dirais !
    Dans ce dernier cas, il y a la Loi. Dans le premier que la conscience que l’on a de bien faire notre métier…

    Bien d’accord en revanche pour reconnaitre que le projet de vie en fin de vie appartient au patient et non pas aux professionnels de santé … si tant est qu’on ne leur demande pas de faire ce qu’ils ne peuvent pas faire.

  194. Léonie Dit:

    @MM
    N’ayant pas eu le loisir de vider vraiment mon sac au moment opportun, je m’en vais t’en vider une partie pour l’alléger. Tu le prends comme tu veux, de toute façon je m’en fous royalement n’espérant aucune excuse de ta part, ni de réponse, de toute facon je ne répondrais pas.

    Tu as le don d’interpréter les paroles des autres à ta façon. Je ne pense pas que mes discours soient plus malsains que les tiens quand tu attaques systématiquement, gratuitement et sans prendre de gants certains sans en connaître les conséquences. Où est-il le « respect » qui est au top 50 sur ce post ? Quand à m’inspirer de ce que les autres disent, je pense encore avoir la « Liberté » de m’inspirer de qui je veux, sans que l’on me le préconise. En outre, tu te fais une idée de ma vie alors que tu ignores tout de celle-ci. De grâce, réfléchit avant dire n’importe quoi quand tu ne sais rien, je t’en serais reconnaissante.
    Alors voilà quelques paroles : Il n’y a que le silence qui ne trahit pas, qui ne condamne pas, qui ne se moque pas, et ne rejette point, pourquoi l’ai-je oublié ? Ce n’est pas de moi, mais il n’y a rien de plus vrai.

    Pour ce qui est de poster j’aurais du m’en tenir uniquement à la lecture de ce blog comme je le faisais auparavant. Pour éviter donc d’avoir l’air de « porter le malheur du monde et faire porter les autres avec moi ……. et aussi tous discours malsains comme tu le dis si bien, (après tout tu as peut être raison), alors vaut mieux que je continue donc de lire dans mon coin, les posts de Jaddo, ils n’en seront que meilleurs.

  195. cardiologue de brousse Dit:

     »…la médecine française (…) se targue d’être  »neutre et bienveillante  ». Alors qu’un médecin n’est jamais ni l’un ni l’autre.Parce qu’un médecin n’est pas un robot, mais le double de celui qu’il soigne .(…)En interdisant aux soignants en formation d’exprimer- voire même de ressentir- leurs émotions les plus troubles et en leur faisant croire qu’ils constituaient une élite distincte du reste de la population, en ignorant le discours des malades ou en le filtrant au travers de leurs grilles diagnostiques, en érigeant le mensonge par omission en règle éthique et en traitant les patients comme des incapables majeurs, la médecine française est responsable du fossé extraordinaire qui s’est creusé entre elle et la population.
    Et l’une des principales manifestations de ce fossé est la sur-spécialisation d’une majorité de praticiens , et leur mépris pour la médecine générale. Non pas pour les généralistes, mais pour leurs conditions d’exercice, la nature des relations qu’ils établissent avec les patients, leur lutte quotidienne contre les éléments sociaux, politiques, administratifs qui n’ont rien à voir avec les maladies décrites dans les manuels, mais tout à voir avec la souffrance de ceux qui les consultent.

    voila, c’était écrit en 2000 par Martin Winckler, dans  » en soignant, en écrivant »- indigène éditions-

    ça me semblait toujours d’actualité

  196. Léonie Dit:

    J’aime beaucoup les écrits de Martin Wincker.

  197. Ausecoursmonfilsmapprendlavie Dit:

    Wah. Que d’amour dans cette déclaration de j’aime-pas. Sur le cul, je suis. Et c’est pas une maladie. Wah.
    J’ai découvert ce blog hier ou avant hier, je sais plus, et je reviendrai y piocher ces perles d’émotion et de sincérité tous les jours, je crois. Wah. Sur le cul.

  198. toche Dit:

    Je vous implore de changer immédiatement de métier et/ou de faire une psychanalyse d’urgence. C’est comme si le poissonnier vomissait en voyant un poisson. Ne continuez pas à soigner. Vous êtes dangereuse.

    Signature : une cancéreuse depuis 15 ans (comme quoi on ne meure pas forcément comme vous dites !).
    Toche

  199. Dr A Dit:

    @toche
    ma pauvre si tu savais à quel point ce genre de réaction est fréquente chez les médecins … mais regarde un peu le billet suivant (allez je t’aide, « Nougats et Tartinettes » 3eme paragraphe) tu vas être rassurée …

  200. Radéchan Dit:

    « on ne meure pas » du verbe meurer ?
    J’imagine que c’est un cancer de la conjugaison ?

    Moins sérieusement, accuser la gentille couetteuse de n’être pas humaine, elle qui garde ses petits patients 1 heure à 15 € net -quand je paie le prof d’anglais de mes enfants 20 € de l’heure-, elle qui avoue ses faiblesses, ses dégoûts avec une humilité qui force le respect, c’est manquer de jugement ! Pardon, c’est manqué de jugement. Voyé, Je madapte à votre handicape ;) et sa me coutent !

  201. Léonie Dit:

    RADECHAN c’est bien toi? ou c’est MM qui se déguise?
    J’ai jamais payé de cours d’anglais à mes gosses, bon, j’ai pas eu de mal, ils sont bons en anglais et en langues en général, n’empêche que j’aurais pas eu la thune s’ils avaient été mauvais.
    Je omprend la colère de Toche, parce qu’elle n’a pas compris le post de Jaddo. Comme le dit le Dr. A, il faut qu’elle lise le post suivant mais aussi bien d’autres posts pour changer son jugement.

  202. Medicine Men Dit:

    ^^Ha ça fait plaisir de vous relire ;)

    mais attention Radéchan … Madame s’est annoncée comme  » cancéreuse  » . On ne peut donc peut-être pas tout lui dire… parodiant Desproges je demanderais si on peut tout dire à une  » cancéreuse  » … mais bon ce serait peut-être méchant non pour elle mais envers d’autres qui interprèteraient mal cette provocation …

  203. cardiologue de brousse Dit:

    MM est méchant …mais pas bête !

    Mais Radech’ fais comme Alphonse Allais le préconisait:  » apprenez l’Anglais facilement en allant vivre 10 ans à Londres  »
    d’une part tu seras débarrassé de tes rejetons, qui pourront en outre s’initier à l’art subtil de maniement de parapluie par temps de brouillard
    et d’autre part tu cesseras d’engraisser ces foutus profs qui te coûte aussi cher qu’une consultation de Docteur… ( les salauds ! ils ne reculent devant rien…)

    je vous prie de m’excuser pour cette remontée de bile, j’ai dû mal digérer à midi; mais des fois les conneries de Radech’ me restent sur le jabot.
    je vais manger léger ce soir, ça ira mieux après…

    Et puis un petit post de Jaddo relancerait le manège !

  204. cardiologue de brousse Dit:

    Où l’on apprends aussi par Radech’ que l’HUMANITE c’est 15 euro net de l’heure.

    très net…

  205. Medicine Men Dit:

    :) Où l’on apprend que les 4 losers Léonie, Cardio, Medicine Men, Radéchan sont connectés en même temps sur http://www.jaddo.fr samedi soir…

  206. Léonie Dit:

    J’adore DESPROGES, ces sketchs sont décapants, dommage qu’il nou ait quitté.

    Tiens ce matin je me baladait dans le rayon petites culottes, 15 euros pour en avoir une à peu près de qualité, 45 pour une affriolante…..bon je m’arrête là.
    Bon 15 euros d’humanité = une petite culotte.

  207. Medicine Men Dit:

    C’est Cardio qui va être tout émoustillé …

  208. cardiologue de brousse Dit:

    hum… pourquoi pas ?

    Léonie, passant deux fois par jours devant le Monoprix de Knotte le zout, avait bien fini par le remarquer au milieu des cartons disposés le long du magasin, cet amas de pull-overs dépareillés qui sentaient la crasse à dix mètres et qui de temps à autre s’animaient de mouvements reptatoires dans la direction des passants et d’où s’échappait toujours la même complainte  » siou plaît m’sieur-dames, z’auriez pas une petite pièce ? »
    elle n’avait jusqu’à présent jamais véritablement détaillé le bonhomme de laine mais maintenant que les journées fraichissaient, l’amas était devenu assez incontournable au fur et à mesure des couches empilées en mille-feuille multicolore.
    L’empathie naturelle de Léonie la poussait donc à envisager comment aider ce pauvre clochard, mais les nombreuses bouteilles vides de jaja infâme lui laissaient peu d’illusions sur le destin que risquait de suivre sa monnaie résiduelle d’après Flunch du midi.
    alors, un soir, s’attardant un peu devant la vitrine du Monoprix en faisant mine de s’intéresser à la vaisselle arcopal et aux promotion de Décembre ,et mû par une inspiration qui n’appartenait qu’à elle , elle s’arrêta à hauteur du clochard et d’un geste auguste mais déterminé et assuré , retira prestement sa petite culotte à 15 euros et la glissa dans les mitaines du clodo.
    leurs regards se croisèrent …
    Léonie s’en allait déjà le rouge au joues ne sachant le froid y était pour quelque chose, quant elle entendit dans son dos ce cri du coeur :
    …MA PRINCESSE !
    elle ne regretta alors pas ses 15 euros.

  209. Medicine Men Dit:

    Cardiologue de Brousse honteux d’avoir réservé un si peu glorieux sort, fût-il fictif, à la pauvre Léonie, de qui la vie était déjà si difficile comme ça sans avoir à supporter de surcroît de la misère de son quotidien accablant de désespoir, le sarcasme cinglant, cynique, de Cardiologue de Brousse, qui, bien qu’il s’affichât en solidaire de la cause des opprimés n’était qu’un nanti de bourgeois de notable de médecin, fit un profond examen de conscience. A l’issue de plusieurs jours de méditation pendant lesquels il ne vit pas la lumière du jour, pour se consacrer à sa quête métaphysique, il se rendit compte qu’il avait oublié d’assurer ses consultations régulières, et les spéculations sur son sort dans la petite bourgade où il avait l’habitude de soutirer la monnaie des petits vieux en échange de la Mort à Crédit, allèrent bon train. Il a dû partir avec une femme plus jeunes avançaient certaines. Il est certainement mort affirmaient d’autres. Qu’à celà ne tienne! Ils consulteraient désormais le Dr Petiot. Un homme discret aux manières un peu pincées. Pas comme celles de Cardiologue de Brousse affirmeraient bien vite ses anciens débiteurs. « Il ne nous comprenait pas! »…  » Il ne m’a jamais écoutée !  » …  » Pas étonnant qu’il soit parti avec une femme plus jeune, coureur de jupons comme il était !  » …  » Et pis s’il est mort eh ben tant pis !  » . Cardiologue de Brousse eut beaucoup de peine et se repentit d’avoir été aussi méchant fût-ce fictivement avec Léonie, elle qui ne demandait qu’à vivre. En souffrant, certes, puisque comment sentir qu’on est vivant si on ne s’en rend pas compte en souffrant ? Et puis, elle en était intimement convaincue. On ne pouvait pas être heureux. Ca ne pouvait pas se produire du jour au lendemain. Ni jamais d’ailleurs.
    Elle qui s’était depuis peu mis à peindre. Peindre des morceaux de charbon. Avec des morceaux de charbon. Peindre davantage de charbon avec davantage de morceaux de charbon. Davantage de réalisme. C’est noir, le charbon. Black is black. C’est pas de sitôt qu’on la prendrait à être heureuse. Hein!. Ils ne l’auraient pas, les Autres. -Je le sais qu’ils me regardent … . Une grimace tordant son visage, crissant des dents, la bouche de travers … . Elle savait qu’ils la regardaient. Les Autres. Ils ne pouvaient pas être heureux. Ce n’est pas elle qui leur prouverait que l’on peut l’être, en affichant une once de bonne humeur sur son visage. D’ailleurs la bonne humeur… c’était la mauvaise. Dans ce monde noir. Froid. Dans lequel il ne lui resterait plus qu’à se diriger dès le lendemain matin, comme tout les matins, vers l’officine de son Thénardier à elle. L’endocrinologue. Ce sale fils de pute. Mais ce serait une autre histoire. Toujours la même. La même autre histoire de chaque jour. … Quel fils de pute cet endocrinologue … je suis sûr qu’il me regarde … Elle savait qu’ils la regardait. Ils ne pouvait pas être heureux. Ce n’est pas elle qui lui prouverait que l’on peut l’être, en affichant une once de bonne humeur sur son visage. D’ailleurs la bonne humeur…

  210. Radéchan Dit:

    Ben oué, je suis fils de paysans. Je travaille pour de l’argent, moué. Alors, quand Jaddo passe 1 heure avec une maman et sa petiote pour traiter sa rhinopharyngite ou sa bronchite, en prenant le temps de tout bien expliquer et de pas faire pleurer l’enfant, toussa pour 15 € net (22 c’est la consult, faut enlever les charges), moi je dis bravo, c’est d’une générosité de bonne soeur ou de prince. Moi j’suis un prolo, j’ai besoin de sous. Alors faut que je bosse. Pis c’est pas avec mes gardes que ça rentre, à l’instant de 20 à 24, pour un acte. Très utile la PDS. Mais attention, un truc super grave urgent, une méatite paucisymptomatique du méat, avec à la BU même pas des protéines. Le truc grave quoi. Encore un nenfant sauvé. La routine. MM comprendra, lui qui sauve des vies pareil. CDB c’est pas pareil, il côte des fractions d’éjections. Le cambouis, le front, c’est pour les médecins du peuple, comme moi et MM. Ouaip.

  211. Medicine Men Dit:

    Et voilà que tu m’enrôles Radèch lol tu as un rôle très important. Pis avec un joli nom et tout :) Qu’est-ce que ça sonne bien quand-même!  » Permanence des soins « ! Pis y’a la Permanence de la Connerie aussi mais on ne veut pas choquer , hein ? non … non non … on ne veut pas choquer …

  212. Radéchan Dit:

    Oué, bien dit. Reprend une bière, on est potes.

    Tiens, r’garde passer la BM, c’est CDB ; il a jamais le temps de boire une mousse lui, entre son Rotary et son Lion’s club !

  213. cardiologue de brousse Dit:

    MM…le grand retour !!!!

    Radech’… , le retour aussi… , mais bon…

  214. toche Dit:

    Je n’avais pas compris que ce forum était un ramassis de pédants méchants. Je peux vous apprendre l’orthographe, je suis de la génération qui sait encore écrire, mais pas de celle qui tape sans faute ! Et on ne se relit pas, voilà l’erreur (errare humanum est). Cancéreuse vivante depuis 15 ans … et en pleine forme, pourquoi me dirait-on que je vais mourir alors que je le ferai comme tout le monde un jour ? Et vous même aurez certainement un cancer un jour, peu y échappent …
    Je vous laisse à vos méchanceries (ah !!!) et à votre handicap de la comprenoire (eh !).
    Toche

  215. Léonie Dit:

    Minuit passé, les zombies sont sortis pour pondre de belles histoires pour les petits enfants, cherchent même un éditeur pour leur prochain bouquin.
    CB connaît bien les habitudes du bonhomme de laine, c’est effectivement près du monoprix qu’on le trouve avec un gros chien bien gras, mais pas à côté du magasin ou l’on trouve les petites culottes à 45 euros, peut même pas fantasmer en les regardant (stationnement interdit pour lui). Bon je crois que Jaddo va être obligée de nous sortir un petit post vu la tournure que prend les choses….Cosette et ses thénardiers….

  216. cardiologue de brousse Dit:

    les stéréotypes ont ceci de pratique qu’on y croit d’autant plus volontiers par paresse intellectuelle et commodité que par réel souci d’objectivité . libre à chacun de penser que les cardiologues ( et/ ou les  »spécialistes » ) ne sont que des abrutis roulant en BM grâce à leurs game boys échographes , qui soulagent leur conscience de bourgeois bobo par d’altruistes causeries Rotalionnes…
    certains pourront s’y reconnaître…
    Le cas personnel de CDB ne présente qu’un intérêt modeste pour ce blog et je ne m’étendrai pas.
    que Radech’ rallume la guerre MG/spé me gonfle car si lui est venue trouver sur ce blog  » la déconn’  » comme l’a t-il écrit un jour, je n’y viens pour ma part que pour l’étonnement souvent ravi que me procure les posts de Jaddo ainsi que certains commentaires qui les suivent, et dont jamais Radech’ n’a été l’auteur.
    Bon! le dîner non plus n’a pas eu l’air de passer…

  217. Radéchan Dit:

    Comme ça pas d’histoire, chacun chez soi.

    A toi le ravissement étonné, à moi la déconne.

  218. cardiologue de brousse Dit:

    CQFD

  219. Léonie Dit:

    C’est drôle, dans mon bled, certains MG (que j’apprécie dans le boulot) donc pas des spécialistes, font part du lions club. RADECH’ t’es un peu raide avec CB non? ou c’est de la provoc.? Si c’est le cas, MM est battu.

  220. Medicine Men Dit:

    ^^ :D suis en train de me pisser dessus de rire.

  221. Medicine Men Dit:

    ^^ :D suis en train de me pisser dessus de rire

  222. Léonie Dit:

    Avec un peu d’imagination, je me suis fait le film : MM en train de se pisser dessus de rire, bah! ça laisse rêveur.

  223. aznat Dit:

    jai toujours cru que la medecine etait liéé par une forte conviction humaine ,d’aide et d’amour pour son prochain,a mon grand regret et tous ceux qui comme moi en vu le mepris glacial de ces pretendus medecin et specialiste au regards froid ,glacial qui sur un ton ironique et hautain fieres ,vous disent que votre pathologie est grave ,que cest votre faute et que vous les faites chier ,et qui s’empressent de vous sortir , cest clair mon respect pour cet article au moins il ya le merite de dire une verité trop ,souvent ignorer ,masquer par une grande hyprocrisie de la proffession , le bon doc comme la maison dans la prairie ,juste et humain ,et un cru de plus en plus rare ,dommage

  224. Medicine Men Dit:

    … un peu comme les petites nanas en robes à fleurs qui gambadent dans les champs …

  225. cardiologue de brousse Dit:

    …sans culottes…

  226. Radéchan Dit:

    Ha non, ce sont les infirmières qui sont nues sous leur blouse, et qui laissent leurs mains aux ongles parfaitement manucurés parcourir nos torses velus de malade, tout en gémissant de plaisir difficilement contenu, toussa en prétextant qu’un petit massage nous aidera à nous détendre. C’est bien cela ?

    Attention Aznat, je crois que vous devriez consulter un grammairien, vous pouvez possiblement être potentiellement porteur, peut-être, d’un cancer de la conjugaison, comme la petite dame outrée plus haut.

    Et je ne parle même pas de l’espace devant la virgule : c’est que je suis trop humble pour cela.

  227. aznat Dit:

    hiiiiiiiii grammairien ,sa soigne ,mais autre chose je pense pas

  228. Radéchan Dit:

    CQFD.

    Sinon vous êtes trop dur avec vous, vous avez une certaine forme de pensée autonome, quoique la respiration, la digestion, soient plutôt automatiques.
    Finalement vous avez raison.

    Next player ?

  229. Léonie Dit:

    J’aime bien le doc HOUSE, trop cool!!!
    Tiens, pour CB, j’ai eu l’occasion de consulter un cardio (en remplacement du mien super sympa absent à ce moment là) réputé pour être très froid et aimable comme une porte de prison. Effectivement il s’est comporté comme on me l’avait décrit, mais je me suis dit que cela pouvait être une carapace et je lui ai posé une question ne me concernant pas et que je pensais banale pour dérider l’atmosphère , mais à ma surprise, ça l’a intéressé, on a discuté quelques minutes et j’ai découvert un homme pas si désagréable que cela. Mais bon c’est peut être pas une généralité, mais bon faut essayer de nouer le contact.

  230. cardiologue de brousse Dit:

    un petit coeur sensible bats toujours derrière la plus froide des blouses…

    House est effectivement un cas à part et intéressant de production télévisuelle sur l’univers médical; évidemment ce sont les ricains qui ont trouvé le filon et l’air du temps après le pavé dans la mare qu’avait été  »urgences  » qui à l’époque ( 1990 environ )nous changeait singulièrement des niaiseries de  »la clinique de la forêt noire  »; j’imagine assez bien MM en Dr House à vrai dire…
    même ton politiquement incorrect et au final tout pour le malade quand même en faisant un bras d’honneur à la hiérarchie, oui décidément Dr House C’EST MM !!!!!

  231. Léonie Dit:

    MM = Dr House? j’y ai pensé aussi.
    Quand à « urgences », faut pas en parler à mon frangin, ça l’a traumatisé. A l’hosto où il travaille (chauffeur au SMUR) il s’est fait appeler « Dr. BENTON » par tout l’hôpital pendant toute la période où l’acteur était présent dans la série, faut dire qu’il en est le sosi tout craché. J’ai failli me faire tuer quand je lui ai dit que je l’avais vu à la télé.

  232. sol Dit:

    C’est un compliment de comparer MM avec Dr. House!…
    Moi j’aime beaucoup son côté déjanté… de House…

  233. Medicine Men Dit:

    ^^ Merci !!! à votre service :D

  234. Léonie Dit:

    Radech aussi nous la joue à la House???

  235. Radéchan Dit:

    Moi je joue la petite culote de Lisa Cuddy. Un rôle écrit pour moi. Du sexe moite, de l’action, du suspense, un talent pour lire sur les lèvres et un peu de poil mais pas trop.

    Le parfum ennivrant du show-bizz ;)

  236. Léonie Dit:

    Jouer la petite culotte de lisa Cuddy, c’est plutôt osé, que va penser MM, s’il joue le Dr. HOUSE.

  237. Romain Dit:

    Cet article m’as dégouté, écoueré, si t’aime pas les malades fait autre chose, plutôt que de faire médecine comme papa et après laisser les gens qui te demandent de l’aide dans la merde… à 28 ans tu peux encore recommencer des études et éviter de bousiller des vies.

  238. Léonie Dit:

    @Romain
    Vous n’avez rien compris du tout à cet article, faut le relire encore et encore, décrypter quoi, ça ne se lit pas brut de décoffrage.

  239. Léonie Dit:

    A moins que Romain soit MM, là ça change tout.

  240. Medicine Men Dit:

    Flatté que tu me voies partout.

    @Romain: ce blog est fictif. y’a pas de médecin derrière le pseudonyme Rrr. Dors tranquille.

  241. Radéchan Dit:

    Oué, moi je vends des merguez les soirs de ma’ch, MM est garniture de péage d’autoroute, et CDB est contrôleur de gestion.

    Quand à Rrr, elle s’occupe de sa marmaille, l’a eu son premier avec un accident de préservatif à 17 ans, le seond à 19, l’était bourrée et le dernier, kevin, se souvient pas,l’était bourrée. Donc deux fois bourrée.

  242. cardiologue de brousse Dit:

    la couche d’humanité de la ( presque ) Docteur Nougatine se serait-elle lassée et laissée entamée par l’acide de certains commentaires de lecteurs acerbes et se pourrait-il que ses couettes soient recroquevillées dans un monde parallèle de WoW, où dit-on , tout est virtuel, les bons comme les mauvais coups ?
    si tel est le cas , quoi faire pour lui faire retrouver le chemin de JADDO – juste après dresseuse d’ours- ?
    oui ! quoi faire ?
    d’intelligent… !

  243. Medicine Men Dit:

    Imiter le cri d’ un ourson blessé ?

  244. cardiologue de brousse Dit:

    apparemment, ça ne suffit pas …

  245. Léonie Dit:

    Jaddo a peut être signé ailleurs, entrain d’écrire pour un éditeur quelconque? Qui sait?

  246. Radéchan Dit:

    Oui, un livre sur comment faire faillite en médecine libérale en 6 mois, tout en étant pétrie de bonne volonté ? Ou comment s’épuiser nerveusement en essayant de faire au mieux avec des patients qui ne comprennent rien à rien, sont cons comme des balais, puis finir par se suicider ?

  247. cardiologue de brousse Dit:

     »…intelligent… » , j’avais dis !

  248. Medicine Men Dit:

    allez CDB distrais nous, lache nous un texte

  249. cardiologue de brousse Dit:

    Nan! nan! nan !
    toooooooooooouâ même !!!

  250. Léonie Dit:

    Arrêtez donc de vous faire des politesses, écrivez donc un texte tous les deux, peut être que Jaddo va montrer le bout de son nez qui sait?

  251. Radéchan Dit:

    Bon j’ai des nouvelles. Elle remplaçait cette semaine. Lundi elle a vu deux bébés, elle a fini à 23 h, épuisée. Mardi elle voit trois bébés. J’emploie le présent, elle est encore en train de voir le bébé de mardi, mais c’est presque bon, il tient déjà tout seul l’abaisse-langue et cherche sa bouche. Pas facile à 7 jours. On a bon espoir qu’il l’a trouve d’ici vendredi. Le problème, c’est que vendredi elle a un planning très chargé : une personne âgée à vacciner.

  252. Medicine Men Dit:

    Oooooh Coquinou

  253. Anonyme Dit:

    # cardiodebrousse Dit:
    7 décembre, 2008 à 23:38

    4 heures du matin.vite.le froid.vite.sirènes hurlantes. s’habiller .gyrophares oranges.vite.froid dehors.portes qui battent. pavés sous les roues.vite. où ça? mike 45. écho . fox 33 . delta.ha ?.froid dedans.vite encore.l’asphalte maintenant.oui. arrêt . fossé. pantin sans fils . épave fumante. cris .un peu. douleur à revivre.numéro 8.vite. airox. voie centrale. retour.asphalte. vite. pavés maintenant. on rembobine. on ne rembobine jamais tout à fait pareil.

  254. Medicine Men Dit:

    # cardiodebrousse Dit:
    7 décembre, 2008 à 23:38

    4 heures du matin.vite.le froid.vite.sirènes hurlantes. s’habiller .gyrophares oranges.vite.froid dehors.portes qui battent. pavés sous les roues.vite. où ça? mike 45. écho . fox 33 . delta.ha ?.froid dedans.vite encore.l’asphalte maintenant.oui. arrêt . fossé. pantin sans fils . épave fumante. cris .un peu. douleur à revivre.numéro 8.vite. airox. voie centrale. retour.asphalte. vite. pavés maintenant. on rembobine. on ne rembobine jamais tout à fait pareil.

  255. Medicine Men Dit:

    # Léonie Dit:
    2 janvier, 2009 à 18:32

    Ben moi, je commence simplement à découvrir ce blog, et je trouve ce post émouvant, comme dans un film de science fiction où il ne faut pas changer certaines choses au risque de mofifier le futur… Je l’ai lu une première fois et j’ai aimé, puis j’ai lu tous les commentaires…., puis j’ai relu une seconde fois le post par curiosité, eh bien je reste sur mes positions. On peut rester terre à terre et trouver cela gnan gnan ou léviter un petit peu (je ne dirais pas s’élever, ce serait trop prétentieux) pour s’imprégner du contenu du texte, se mettre à la place du personnage principal, c’est à dire la femme du malade. Il y a beaucoup à dire sur ce post, mais les mots manquent.
    Bonne continuation.

  256. Léonie Dit:

    ouh! là là, MM tu déterres des vieux coms!

  257. cardiologue de brousse Dit:

    les vieux cons !?
    …nerci Léomie !

  258. sol Dit:

    ou tout simplement… jaddo n’aurait-elle plus d’inspiration….

  259. Medicine Men Dit:

    inspirez… ex-pirez …

  260. cardiologue de brousse Dit:

    et dites trentedouze…

  261. Léonie Dit:

    plutôt quarantedouze

  262. Solène Dit:

    C’est vous qui puez, faitez un autre métier !

  263. Solène Dit:

    Vous me faites tellement vomir que j’en fais des fautes dans une seule phrase !

  264. sol Dit:

    a quand un nouvel article?…
    Bise

  265. Lip Dit:

    J’ai pensé au Dr House qui n’aime pas les malades non plus et qui s’aime encore moins (ou alors bien trop, ce qui revient au même). Je préfère lire ce texte au second degré sinon je suis un peu inquiet pour la santé du Docteur Jaddo à qui je conseille de prendre des vacances, de faire un peu de « Balint »,de ne pas abandonner la MG, et de continuer à écrire mais en se méfiant d’une possible dérive vers le poujadisme.
    PS: c’est souvent vis-à-vis des gens qu’on aime qu’on éprouve des déceptions; sans doute en attendions-nous trop ….?
    Lire le livre « Visites buissonnières » de Carl Vanwelde. Weyrich Editions (www.weyrich-edition.be)

  266. Remplatus Dit:

    Le combat avec le démon.

    (Zweig)

    Palabres, palabres. Et si simplement ton démon intérieur labourait ton esprit de ses lames brulantes et acérées chaque fois qu’un « emmerdeur » franchissait le pas de ta porte, s’insinuant en chacun de tes pores à la vu de (par exemple), ce patient avec son œil torve. Démon qu’il serait bien illusoire de vouloir dompter. D’où à mon humble avis l’origine de certains burn out : victoire au Démon. (Pas seulement, je sais.) Et c’est tout l’intérêt du remplacement. Par exemple, je sais pertinemment que toute installation de ma part me vaudrait,et ce inéluctablement, la visite de Dame Burn Out dès les quatre premiers mois écoulés. Franchement : je ne comprends pas de quelle manière il est possible d’exercer la profession de généraliste autrement qu’en tant que remplaçant. A moins de… A moins de se retrouver dans la petite case « Passionné, vocation, abandon de toute vie personnelle etc. ». Passionné par la médecine générale j’entends. Mais un tel passionné ne peut-il avoir pour seul champ d’intérêt le près carré des quatre murs de son cabinet ? Réponse : non. La médecine générale, c’est la vie dans toute sa splendeur et sa médiocrité. L’aimer revient à aimer la vie, les gens. Et alors, à quoi bon s’enfermer toute la sainte journée entre ses 4 murs, si ce n’est par un vain combat contre sa nature profondément passionnée, lutte qui ne fera qu’exacerber le caractère mutin du petit démon qui un jour lancera l’autodafé de l’installé dans les flammes de Dame Burn Out.
    Bref, s’installer, c’est crever.
    Oh! J’entends déjà la lever de bouclier! Peu m’importe, je ne suis qu’un quidam tentant de le demeurer, un crevard de remplaçant traçant son chemin, parcourant les routes, libre, oui, libre, abhorrant les tentacules subversives de l’installation et les kilomètres de vaines paperasses justifiant la nécessité d’une consultation à 23E. Je les respecte ces bonshommes qui se battent pour ces quelques deniers, tant d’énergie déployée, tant de temps passé… Et tout ça pour… 1 Euros ?

    1 Euros ?
    Hypothèse : je respecte les obligations de la Sécu : moins d’anxiolytique, moins d’antidépresseurs, moins d’arrêt de travail.
    Ok ! Pas de problème ! ça tombe bien, j’apprécie les dépressifs. Je passe donc 1 heure avec 10 dépressifs dans la journée, histoire de bien leur expliquer l’inutilité de tel ou tel traitement (hypothèse respectée). En une heure, j’ai le temps. Quoique… Bref : dix patients, dix heures, aucun arrêt, aucun traitement médicamenteux. Et… 100 Euros en fin de journée (charges déduites). Soit 400 par semaine (jour de repos oblige). Soit 1600 par mois. Bien ! Tout ne tourne pas autour de la finance mais tout de même !
    J’entends déjà la Sécu qui ricane.

    Bref, ces lubies de C à 23E, de déserts médicaux et tout le toutim : ce n’est pas mon problème. Rien à battre ! Moi, je remplace (ad vitam eternam), et si, un jour prochain, l’on me disait : »Fini ! Fini le remplacement ! Vous avez l’obligation de … vous installez! – Mourir, vous avez dis mourir ? ».

    De toute manière, après nous le déluge. Je soigne les gens. J’aime la variété, la liberté. Le reste n’est que veule futilité.

    A tchao bonsoir.

    Remplatus.

  267. sol Dit:

    va-t-il tous les faire???
    Aïe, aïe, aîe!!!

  268. Remplatus Dit:

    @sol ça ne te plait pas ?

  269. Remplatus Dit:

    Bon… Je ne faisais que passer en ce jour d’avril. Poursuivez ainsi, la voie me semble des plus juste. Je retourne à mes occupations de Quidam Anonyme.

    Adieu et bonne route (un mot en appelle 1000, alors, autant stopper le moteur dès à présent et conserver son suc créateur (à deux sous je sais) pour Le Writer d’Open Office. L’écriture est pour moi une spirale infernale et son ébauche m’entraine généralement dans un torrent de mots, déversoir de mon pathos de médecin remplaçant.

    Cette fois je coupe. Clic.

  270. Remplatus Dit:

    Un dernier truc en Repassant.
    Parfois, j’eus la tête si lourde, au bout de quatre semaines de remplacements intensifs (ceux du Nord savent) que la seule manière (bien peu laborieuse certes) qu’il m’eusse été donné de découvrir afin d’alléger ma pauvre colonne cervicale fut la suivante : tirer la langue et grimacer dans le dos des patients. Oh! Juste une ou deux fois par jour. Histoire d’expulser un peu le trop plein.
    Ça vous arrive aussi ?

  271. leonie Dit:

    @ remplatus s’il revient par ici
    J’ai entendu ce petit refrain de la part du remplaçant de mon généraliste et paf cette année il a vissé sa plaque. Ayant eu l’occasion de le contacter pour le boulot, je lui ai demandé quelle mouche l’avait piquée. Il a avoué qu’il avait eu l’occasion de trouver un cabinet près de chez lui à la campagne avec une clientèle qui lui plaisait, alors je me dis qu’il se pourrait qu’un jour vous changiez d’avis, parce que c’ est comme les hommes qui jurent les grands dieux qu’ils ne se marieront jamais et qui finissent la corde au coup comme les copains.

  272. cardiologue de brousse Dit:

    je connais certains remplatus :

    – qui vous font chier pour une écho veineuse  »en urgence » sans attendre le résultat des Ddimères et s’en s’être foulé à faire une HBPM en attendant…( en général pour un oédème bilatéral chronique d’une sympathique mamie obèse )

    – qui demandent des troponines aux labos de ville devant des douleurs thoraciques merdiques, sans prendre la peine de brancher l’ECG de leur remplacé.

    – qui me foutent deux sartans différents ensembles quand ce n’est pas de l’Isoptine° avec du diltiazem

    – qui se sont dèjà cassé vers un autre rempla quand on prend la peine de les appeler pour leur expliquer la médecine de la vraie vie

    – qui au final terminent sur la liste rouge de mon secrétariat avec consigne de les orienter direct vers mes confrères hospitaliers ( qui me doivent bien ça depuis qu’ils font du privé à tour de bras )

    – qui, qui, qui … mais tous ne sont pas comme ça !

    – et toi Remplatus, de quel côté es-tu ? de quelle liberté , de quelle variété parles-tu donc ?
    je vois assez bien en revanche la futilité dont il est question…

  273. Remplatus Dit:

    Et oui : Remplatus se doit d’être cardiologue, de disposer d’un ECG, et d’être présent quand on l’appelle (et non point déjà dans une autre contrée chez un autre remplacé) et puis… Que dire du gastro, du diabétologue, du neurologue etc. (la liste s’allonge avec le temps)…. Je comprends ton point de vue et m’accorde tout à fait avec. A ta place, je penserai de même. Mais je ne suis pas à ta place, et quand, comme dans certains cabinets du Nord, tu commences les visites à 6H00 (après une heure de route), pour finir en fin de journée (vers 21H – Soixantième patient), après donc quelques 23 visites et 37 consultations, comment concilier l’efficacité que tu es bien en droit de réclamer de notre part avec la demande croissante des patients ? Comment satisfaire la demande de soins croissante sans que la qualité n’en pâtisse ? Ici ans le Nord, mais pas que, la plupart des installés te déconseilleront formellement de t’installer : « A ta place, je ne me poserais même pas la question, je continuerai à remplacer ». C’est un comble. Ici, le comble, c’est le trop plein. Déjà trop de boulot en remplacement, alors… en tant qu’installé…. Depuis que je remplace, j’ai bien du faire une centaine de cabinets différents, et peut-être seulement une dizaine ne cherche pas d’associé. Les autres craquent ou vont craquer (ou faire un IDM) (je rappelle ici que l’une des première cause de décès chez les généralistes demeure le suicide). Je sais pas comment ils tiennent les gars. Une vie de chien, vraiment. Car en plus, il y a la formation… Pas facile de trouver le bon créneau lorsque la journée ne fait que 24 heures.
    Enfin bref, j’arrête cette litanie qui pourrait s’allonger sans fin.

    On sait que la demie-vie du savoir du médecin est de cinq ans. Alors, qu’on ne s’étonne pas que certains fassent des conneries voire « mal » leur boulot. Face à l’hyperspécialisation galopante, le généraliste a du mal à suivre, il faut bien l’avouer. « Je sais que je ne sais pas ». Ferais-tu bien ton boulot Cardiologue de Brousse si tu devais prendre des gardes de médecine générale en ville (ou en campagne), comme cela risque d’arriver dans les prochaines années, face à la pénurie qui s’annonce ? [c’est bien là l’une des pistes d’avenir : spé et généralistes confondus dans la permanence des soins primaires]. La peut-être comprendras-tu la difficulté de l’exercice. Toutefois, je resterai d’accord avec toi sur le fait qu’un « minimum syndical » est exigible de la part du généraliste. La faute au temps sans doute. Jamais le temps.

    Bref : Girone della merda.

    Remplatus.

  274. Remplatus Dit:

    Pour Léonie.

    Certes, je puis changer d’avis. Mais Dame statistique ne va pas en ton sens (augmentation de plus de 500% du nombre de remplaçant selon les derniers chiffres). Si la courbe ne s’affaisse pas, cela donnera du 5000% dans quelques années. Affaire à suivre. (Je ne suis pas un chiffre).

  275. Renarde Dit:

    Franchement là tu me bluffes
    C’est dingue d’être capable de dire ça tellement c’est vrai

  276. Rapiat Dit:

    Au bureau des réclamations : Je proteste avec furie véhémence et préméditation: Bayrouth c’est très joli depuis que ça a été reconstruit.

    Sinon bonne continuation ;) une vraie thérapie pour externe désenchanté ce blog.

  277. Eloclaire Dit:

    C’est original ce post.
    Je vis exactement .. L’inverse.
    Plus mes malades sont « pourris », plus je les aime et plus j’ai de compassion, et de disponibilité. Les beaux et biens m’emmerdent. Les mères qui racontent à la télé leur enfant malade en souriant me dégoutent..
    C’est ainsi d’ailleurs que je m’occupe de patients neurovégétatifs, de tétraplégiques, de ceux en soins palliatifs à domicile.. Tous ceux qui font perdre du « temps », dont les familles sont exigeantes..
    Mais en même temps, quel chemin de croix et quelle souffrance ils traversent, et si je peux une fraction de seconde leur rendre la vie plus légère, plus belle, moins douloureuse, c’est ma plus grande joie et ma vocation je crois.

  278. Docmam Dit:

    Particulièrement touchée par ce texte, parce que je pense aussi que le soignant qui n’a jamais ressenti ça se ment à lui même.
    Mais parce que Rrr arrive à l’écrire avec des mots vrais, une sincérité…mais qui laisse voir ce qu’il y a derrière, c’est à dire plus que ce que Toche, Solène ou Romain ont pu voir.
    Bref, ça réveille plein de choses, plein de choses que j’essaie de partager parfois, avec mes mots à moi, mais Jaddo elle le fait beaucoup plus avec ses mots à elle.

    C’est une évidence qu’on préfère voir en consultation un malade bien sympathique, à qui on fait le bon diagnostic et qui guérit gentiement en nous envoyant des fleurs pour nous remercier.
    Évidement qu’on préfère ça qu’une obèse avec des mycoses dans tous les plis, qui se plaint de tout et tout le temps, qui n’est jamais contente, jamais à l’heure, jamais respectueuse de notre travail. Ca paraît évident, on ne vit pas chez les bisounours. Mais on n’a pas le droit de le dire, c’est absolument pas politiquement correct. Elle oui elle a le droit de descendre son médecin incompétent qu’arrive même pas la soigner mais l’inverse…
    Bref merci pour ce texte, et pour les 273 commentaires qui suivent, ça a bien occupé ma soirée, et mon esprit ;)

  279. cardiologue de brousse Dit:

    Tiens ! Docmam a pris la place vacante de Léonie…

    Bienvenue et namaste Docmam.

  280. Docmam Dit:

    Merci, j’ai pas fini, j’ai décidé de tout lire… commentaires compris !

  281. cardiologue de brousse Dit:

    prends ton temps…

  282. leonie Dit:

    Bah quoi Cardio faut bien laisser de temps en temps sa place non? j’aime partager vois tu :)

    Bon dimanche

  283. Doc Junior Dit:

    Je vois très bien ce que tu veux dire. Un peu comme si les personnes malades avaient une forme d’énergie noire qu’il te déversaient dessus te rendant encore plus fatigué. La souffrance et leur douleur qui cherchent à s’insinuer en toi…

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