Reprise de contact

7 janvier, 2013

Sans surprise, je n’ai jamais revu la femme au lâcher de ballons. Je ne sais pas si elle avait une sarcoïdose ou un cancer.

Les Martin se portent bien. À peu près. Leur fille se bagarre contre un cancer du colon et c’est dur.
M. Martin a arrêté de venir le vendredi quand c’est moi. Il vient toujours le mardi, maintenant, avec le Dr Carotte.
Je le sais parce que je prends toujours 15 minutes pour lire les dossiers des gens qui ont consulté entre mon dernier jour et aujourd’hui, pour voir ce qui s’est passé dans le cabinet quand je n’étais pas là. La première fois je m’étais dit qu’il avait eu une surinfection, qu’il avait eu raison, que ça pouvait pas attendre vendredi. Et puis il est revenu un mardi pour un autre truc, et puis un mardi pour un renouvellement. J’imagine que j’ai fait ou dit un truc qui l’a contrarié, mais je ne sais pas vraiment quoi.

Je n’ai pas revu Mme-PSA. Elle a vu l’autre remplaçante du Dr Carotte, qui a écrit dans le dossier que ça s’était super mal passé. J’ai été égoïstement soulagée et ravie de voir que ça ne se passait pas mal qu’avec moi.

M et Mme VachesEspagnoles se portent au mieux de leurs âges. Ils viennent régulièrement pour le renouvellement des mêmes médicaments, font les mêmes blagues, me font le même bien.

Mme IVG est finalement restée. M. IVG est revenu. Ils ont une petite fille, belle comme les blés.

Raymond est hospitalisé de plus en plus. Il passe aux urgences pour chute, pour déshydratation, pour altération de l’état général. Il y reste quelques jours, je reçois des courriers laconiques des urgences. On évoque des mises en place de choses, des aides à domicile qui sont déjà là. Il va suffisamment bien pour rentrer chez lui à chaque fois après quelques jours, suffisamment mal pour que les courriers deviennent bi-mensuels, les appels des infirmiers à domicile inquiets bi-hebdomadaires. Sur le fil, mais que faire en attendant que le fil casse ?

Mme Yasmine est morte.
J’y étais allée la veille. J’ai dit qu’elle allait mal, je l’avais dit tellement de fois. On a beaucoup causé, avec sa fille, de l’hospitalisation ou pas. Le temps d’y réfléchir qu’elle était morte. Sa fille a mis quelques heures avant de s’en rendre compte ; elle prenait sa tension et pestait contre l’appareil qui ne marchait plus.
Récemment, je l’ai revue au cabinet. Elle m’amenait sa tante de 96 ans qui avait de plus en plus de mal à marcher et dont elle s’occupait depuis quelques mois.

M. et Mme Gitane ont été hospitalisés en urgence pour une intox au CO. S’en sont sortis d’un poil de cul, après réa et intubation et poly-infections de partout. Ils en ont profité pour arrêter de fumer. N’empêche, M. Gitane a été ré-hospitalisé. À court puis à moyen terme. On attend que se décide le long.
J’en ai profité pour faire hospitaliser Mme Gitane une semaine, pour essayer de remettre un poil de plomb dans le bordel ambiant.
Tout le monde se fout de ses abcès inguinaux alors que c’est ce qui la gêne le plus. On lui a causé de son LDL à la place, et puis elle est rerentrée. Elle a arrêté les deux tiers du traitement prescrit à sa sortie, et elle m’a demandé de faire un certificat pour dire que maintenant ça allait, et qu’il fallait qu’il rentre à la maison.

J’ai jamais eu une crise d’angoisse depuis le braquage, alors que je m’attendais lucidement à. Ni de cauchemars, ni rien.
Juste une fois, y a eu deux types dans la rue avec des casques de moto que ça m’a monté la fréquence cardiaque d’à peine rien du tout, et puis une autre fois où la femme de ménage est arrivée un jour pas prévu et où j’ai eu la frousse.
Sinon on a une caméra foireuse qui marche toujours pas, et ça me va bien comme ça.

De nouvelles preuves ont été amenées contre le dépistage du cancer de la prostate. Je suis toujours un peu fâchée contre Michel Cymes. Des fois moins, des fois pareil, ça dépend du sens du vent, des blagues qu’il fait et des moments où il dit qu’on est contre parce que ça coûte trop cher.

Mon livre s’est vachement bien vendu, genre au-delà de toute espérance. Même qu’il sort en poche en février, ceci dit uniquement pour l’encart publicitaire. J’ai vécu une très chouette histoire, j’ai été chouchoutée par ma maison d’édition, j’ai rencontré de chouettes gens, j’ai eu un chouette chèque.  Parfois on me demande si j’écris moins sur le blog à cause du livre, mais je jure que non. Y a beaucoup de raisons diffuses, le livre n’en fait pas partie.

Je ne veux toujours pas m’installer. Pour les mêmes raisons qu’en 2010. Je vis un bonheur sans faille en remplaçant les Dr Carotte et Cerise, avec mes patients, sans les problèmes de fax cassé.

M. Cachex est mort.
Il a eu un cancer du foie pour lequel je n’ai jamais reçu de courrier. J’ai dû me débrouiller avec lui qui me disait « qu’ils avaient trouvé une tumeur sur son foie ». Je l’ai vu maigrir un peu, oublier ses rendez-vous de plus en plus.
Comme  je prends toujours 15 minutes pour lire les dossiers des gens qui ont consulté entre mon dernier jour et aujourd’hui, j’avais vu que le Dr Carotte l’avait envoyé aux urgences. J’ai appelé pour prendre des nouvelles, il avait infecté son ascite et il était mort.
C’est totalement ridicule et je n’aurais pas dû, et rupture de la ligne mes fesses, mais il m’avait prêté un jour un CD de Barbara qui chante Brassens pour que je le copie.
Pour moi maintenant, Barbara a un blouson en cuir déchiré avec des pins ridicules dessus.

M. DépressionCardiogénique est authentiquement déprimé et j’ai bien du mal à l’aider.

Je sais par la mère de M. Paty qu’il va mal de nouveau, mais comme je ne l’ai pas revu je ne peux pas y faire grand-chose.

Je ne vois plus jamais non plus ma mauvaise malade. Je reçois des comptes rendus d’hospitalisation régulièrement, elle a encore fait une phlébite, elle a encore mal aux jambes, elle a encore raté son rendez-vous.

Mme Stilmox est morte.
Elle est tombée plein de fois, et puis finalement elle a fait un hématome, elle a engagé et elle est morte.
Je l’avais vue pas si longtemps avant, chez elle. Enfin, chez lui. Elle souriait de toutes ses non-dents, elle faisait les mêmes blagues que toujours (« Comme une jeune fille !  » ) et elle disait que c’était pas vrai du tout, les histoires de son gendre comme quoi qu’elle se levait plus et qu’elle mangeait plus beaucoup, que d’ailleurs elle se levait, tiens, voyez. Sans doute que c’est pas plus mal qu’elle ait eu son Stilmox jusqu’au bout et que j’aurais pas dû ruer comme ça.
J’ai un peu peur qu’il s’ennuie fort sans elle et qu’il ne tarde pas à s’arranger pour tomber aussi, on verra ça quand j’y retournerai.
Ça s’trouve, je lui donnerai plein de Stilmox exprès-pour.

M. Macrin est toujours pareil. J’essaie vraiment de diminuer son traitement, et puis entre la fois où j’y arrive et la fois où on le remonte parce que vraiment ça va pas depuis qu’on l’a descendu, c’est grosso modo la même chose.
Il me laisse des pommes dans des sacs plastiques accrochés à la poignée de ma porte quand il voit que j’ai trop de monde et que j’aurai pas le temps de manger, il m’offre des Ferrero à Noël que je déteste ça,  il a toujours envie de mourir et il a toujours l’impression qu’il ne sert à rien, et il a toujours l’impression que je sers vachement. Depuis 2009 qu’on n’a pas avancé d’un poil.

M. Poissard est de pire en pire. Je l’adore mais je soupire comme une perdue quand je le vois sur mon planning, parce que je sais que je vais réussir à caser 5 minutes de médecine dans 35 minutes de social et que je vais être à la bourre jusqu’à la fin de la journée.
Il sent les cataplasmes de moutarde, il ne mange plus rien mais il a pris cinq kilos, il rate tous les rendez-vous que j’essaie de lui avoir pour sa leucémie qu’on a toujours pas diagnostiquée à cause qu’il rate tous ses rendez-vous.
Des fois je gueule, je tape du poing sur le bureau, je dis que c’est pas possible, il dit que je suis méchante.
La fois d’après je m’en veux et je suis gentille et il dit que je suis gentille.
Je serais petite sœur des pauvres que je lui rendrais pas plus service. Enfin si, je lui mets du Renutryl qui est pas médicalement justifié du tout ; c’est juste qu’il a absolument pas de sous pour manger et qu’il m’en demande à chaque fois et que j’arrive pas à dire non.

M. et Mme Brun : ah tiens, uhuh, c’était déjà les Martin.

M. Mehoul fait toujours n’importe quoi. C’est sa femme qui prend rendez-vous pour lui, il vient une fois sur six sans son carnet de glycémie, sans ses bios puisque c’est le diabéto qui les a vues, mais quand même il faudrait que je fasse un renouvellement parce que ça fait trois semaines qu’il a plus rien. D’ailleurs il a encore changé de diabéto.
Je vois ses filles régulièrement, la mère est géniale et fait tout ce qu’il faut et les amène quand il faut. Elle me parle parfois de son mari qui fait n’importe quoi, je reste évasive parce que je n’ai pas le droit de ne pas l’être.

Mme Fernandez est morte. Tranquillement.

Mlle Chrétien a été enceinte et, de ce que j’en sais, n’a plus eu de malaises. Pas revue depuis.

Je n’ai pas revu Mlle Bango depuis, mais ça m’aurait fait plaisir. Totalement uniquement pour le « Ahah ! Vous voyez comme j’ai eu raison ! », elle n’était pas très sympathique.

M. Boutargue avait en fait une hyperthyroïdie explosive sur Cordarone. Il reste imbitable sans ça, mais quand même, on ne m’y reprendra pas.
Non, parce que quand même, hein. La fille qui a demandé une coloscopie pour diarrhées chroniques sans doser la TSH, c’est moi.

Mme Ménopause n’était pas enceinte, c’est moi qui ai hystérisé l’affaire.

Je continue à voir des Pakistanais qui ont soit mal à la jambe, soit des problèmes pour uriner, soit les deux.
Un jour faudra que je publie.

Je suis devenue vachement copine avec M. Rachis.

J’ai caressé l’idée de transgresser l’histoire de l’anonymat pour Mme Pouteau.
J’avais choisi son histoire pour finir le livre. Elle était importante pour moi, Mme Pouteau.
Je prévoyais, peut-être, de le lui envoyer, avec un mot en expliquant que chut. Pour une dame de 96 ans, c’était peu de risque.
Elle était morte l’année d’avant. De ce que j’en ai compris, plutôt vite et bien ; en tout cas pas d’un cancer qui s’éternise. Pas l’arrêt fulgurant non plus, mais bon, entre les deux. Genre pas plus d’une semaine à l’hôpital.

Je ne reçois toujours pas les visiteurs médicaux.

Je n’ai jamais revu la fille de la patiente pas à moi. J’aurais peut-être dû lui envoyer un remerciement pour les fleurs.
J’ai trouvé que ça ne se faisait pas, que j’allais attendre de la revoir pour dire merci. Jamais revue.

M. et Mme CousinsGermains ont une petite fille parfaite.

Merde, je pensais que j’étais à jour de mon frottis.

Mlle Bonbons est devenue une petite fille adorable, pas grosse, hyper sympa.

Je suis super méga contente d’être généraliste et pas dresseuse d’ours.

Il protesta : « Un seul vœu ? Mais d’habitude c’est trois ; ça a toujours été trois vœux !  »
« Oui, mais y a eu réduction de budget » , dit le Génie.
L’homme se pinça le menton, réfléchit quelques minutes et dit :
« Alors, je voudrais la paix et le bonheur pour tous les êtres humains. »
« Nan, ça c’est trop dur » , dit le Génie.
L’homme se gratta la tête, réfléchit quelques minutes et dit :
« Alors je voudrais une mémoire photographique sur commande. Me souvenir de mes cours d’anat de P1, de tout le Vidal, des noms des antibiotiques et de tout ce que j’ai lu pourvu que je le souhaite. »
« Nan, ce serait de la concurrence déloyale » , dit le Génie. « Pis de toute façon c’est trop dur aussi. » ajouta-t-il.
L’homme se mordilla la lèvre inférieure, réfléchit quelques minutes et dit :
« Bon, alors je voudrais deux boutons-pression de plus en bas des blouses d’hôpital.  »
« Voilà le souhait d’un homme sage ! » , dit le Génie.
Il disparut dans un nuage de fumée bleue.
Depuis lors, tous les hommes vécurent mêmes malades sans avoir les fesses à l’air, et ce fut moins pénible.

C’est par ici : http://farfadoc.wordpress.com/2012/07/31/pour-des-chemises-dhopital-respectant-la-pudeur-et-la-dignite-des-patients/

Et pour être un petit Génie : http://www.petitionenligne.fr/petition/pour-des-chemises-d-hopital-respectant-la-pudeur-et-la-dignite-des-patients/2819

.

« Je veux qu’on la change d’hôpital. Je veux qu’elle soit vue par un autre cardiologue. Sinon je vous préviens, je porte plainte. C’est non-assistance à personne en danger. Je vous préviens. Si elle meurt, je me tue, je vous préviens. »

Mlle Yasmine me prévient.
Elle n’est pas prête à voir sa mère mourir, pas prête du tout.
Et pourtant, sa mère va diablement mourir. Bientôt, sans doute, même si bien sûr je ne peux jurer de rien.
Je sais juste que le meilleur cardiologue de la ville n’y changera rien.

Mlle Yasmine sait bien qu’elle va mourir, que ça arrivera, un jour.
Juste, pas maintenant. C’est trop tôt, elle n’est pas prête. Pas encore.

Quand sa mère est tombée malade, elle a tout quitté, tout arrêté.
Elle s’est mise à mi-temps, d’abord. Et puis quand elle s’est rendu compte que le salaire de son mi-temps passait tout entier dans les frais pour payer quelqu’un pour s’occuper de sa mère quand elle travaillait, elle s’est arrêtée complètement.
Elle a pris sa mère chez elle.
Elle l’a nourrie, changée, bercée. Elle l’a massée avec des crèmes et des huiles que j’aimerais bien connaître ; je n’ai jamais vu une peau aussi douce et belle chez quelqu’un d’alité aussi longtemps.
Elle la posait au sol quand elle allait faire les courses, pour qu’elle ne tombe pas du lit en son absence.
Elle mettait des oreillers et des couvertures partout, et elle partait faire les courses en vitesse.

J’étais appelée de temps en temps au chevet de Mme Yasmine.
« Elle respire mal » , « Elle ne mange plus » , « Elle a de la fièvre » .
A chaque fois, dieu du ciel, elle était vivante. Si peu. Suffisamment pour sa fille.
« Elle a froid » , qu’elle me disait.
Il faisait 58° dans l’appart, Mme Yasmine avait 36 couches de pull. J’en remontais 35 pour accéder à un bras épais comme celui de ma nièce.
Je faisais semblant de prendre la tension, mon brassard faisait quatre fois le tour, c’était ridicule.

« Elle a de l’anémie ! » , qu’elle me disait.
Moui, bon, 11,8 d’hémoglobine. Pas si mal.
J’essayais de ne surtout rien faire. Mlle Yasmine prenait des rendez-vous d’elle-même chez le gastro et chez l’endocrino et chez le néphro.
Mlle Yasmine voulait une coloscopie, pour voir d’où ça saignait.
Heureusement, le gastro a dit comme moi. Il a dit que la coloscopie, ce n’était guère raisonnable.

« Elle est constipée, même avec les médicaments. Elle avait mal au ventre l’autre jour, je l’ai vidée, du coup ; ça allait mieux. »
Mlle Yasmine extrait les fécalomes de sa mère. L’idée me glace un peu.

Et puis à un moment où elle a essayé une nouvelle fois de lâcher prise, on a fait hospitaliser Mme Yasmine. Ses reins lâchaient, son cœur lâchait, elle était septique ; cette fois elle allait vraiment mourir. C’est ce qu’on croyait tous, du moins. Y compris le médecin du service, qui a passé vingt minutes avec moi au téléphone, pour m’expliquer le mal qu’il avait à se dépatouiller de tout ça.
C’est la fois où Mlle Yasmine a menacé de suicide et de plainte si sa mère mourait, où elle a réclamé le meilleur cardiologue de la ville.
Elle n’est encore pas morte, elle est encore retournée dans le studio de sa fille.

Mme Yasmine vient de fêter ses 104 ans.
Elle ne parle plus depuis presque 12 ans.
Ça fait 36 ans que Mlle Yasmine a quitté son mi-temps.

Je dois y aller la semaine prochaine.
J’ai pas très envie.

Bon, en dessous de une par an ça ne va plus être tenable.
Voici donc dans la section post-facile-et-sans-effort le 6ème best of des requêtes Google qui ont amené ces douze derniers mois des internautes (égarés ou non) sur mon blog.

Et puisqu’on est dans le hors-sujet, j’en profite pour le dire ici, pour ceux qui n’auraient pas vu les commentaires fantômes ou la nouvelle section « Livre » tout en bas à droite : j’ai créé un espace parallèle à côté, histoire de pouvoir causer librement du bébé sans saouler ceux que ça n’intéresse pas. Vous pouvez  y accéder logiquement en cliquant sur « C’est ici que je cause de mon livre », ou en passant par « catégorie > livre » ou encore en jetant un œil aux archives.

Hop, donc.
Je commencerai avec :

Les catégories auxquelles vous avez échappé :

Mais qui vont peut-être, qui sait, percer l’année prochaine.
Donc déjà, des gens cherchent des dresseuses. De plein de trucs. D’ours sanguinaires, d’hommes, de bites (beaucoup), de macarons (allez savoir), de mal, de mâle, d’enfants, de maris, de mouchants (oui je sais), d’hommes bizarres, d’hommes en bottes, d’anus.
Y a des créneaux à prendre, je pense.
Ensuite, ça cause beaucoup de cages de chasteté. Ça se pose des questions que vous ne voulez pas savoir.
On se questionne aussi beaucoup sur le décalottage, et vous ne voulez pas savoir non plus.
On a même parfois des combos : « décalotté en cage chasteté » .

 

Catégorie « Ils sont venus me faire coucou gentiment », et c’est bien naturel que je réponde :

Oui mais c’est plus possible, hein. Y en a trop. Ça me fait super plaisir, que y en ait trop, mais y en a trop. Et ça va être super relou à lire si je mets tout. Déjà, ça va être bien moyen relou à lire en mettant pas tout.
Donc, je tronçonne sec, pardon pour tous les nominés pas retenus (Et merci et bisous et tout ça).
(Et puis à partir de l’an prochain, ce sera la catégorie « Ils sont venus me faire coucou et ça m’a fait très plaisir dans ma tête. »)

1) Sous-catégorie « Vous êtes trop meugnons »

- combien il reste d’ours polaire en 2010 ? jaddo soit mon medecin traitant !!!!
Je peux pas, je compte les ours polaires. On verra en 2012.
-jaddo, j’ai la varicelle ! a moins que ce soit un psoriasis ou un eczema… que faire ?
Demande à :
- coucou jaddo j’adore vraiment ton blog (une consoeur dermatologue)
Oh la vache, avec tout le mal que je dis de la dermatologie, vous me faites bien plaisir :)
(PS : vous voulez pas venir sur Twitter ? On rêve tous d’un dermato à qui montrer nos photos en plein désarroi consultationnesque…)
- jaddo tu fais chier, maintenant je suis accro à ton blog et en exams, j’ai plein de posts à lire et je suis même pas en médecine
Agad on a même pas besoin d’être en médecine :
- jaddo je suis une épicière mais j’adore ton blog quand même
Mon éditeur est lui-même épicier. C’est des chouettes gens, les épiciers. (Bien mieux que les dermatologues)
- jaddo, on ne se connaît pas mais sache que j’ai réussi mon concours p1 ! yesssss !!
Mais bravo ! Bienvenue ! Fais médecine générale.
- jaddo le lundi, semaine réussie
J’essaierai de balancer celui-là peu après minuit, alors.
- c’est quand même vraiment classe de se faire secourir par jaddo un 1er janvier!
Le monsieur était un peu trop occupé à perdre conscience dans son vomi pour s’en rendre compte, hélas.
- france cette source est un blog http://www.jaddo.fr
Entends-tu, France ? Cette source est un blog.
- jaddo peux tu dire à vincent r de créteil que je hais sa fac et qu’en tant qu’interne de médecine générale je prefererais me tirer une balle dans le pied que de choisir créteil si j’avais de nouveau le choix ? merci, bisous.
Vincent R de Créteil, quelqu’un hait ta fac et en tant qu’interne de médecine générale préfèrerait se tirer une balle dans le pied que de choisir Créteil si il ou elle avait de nouveau le choix. (Bon, on en gardera une comme ça en running gag par an, mais c’est vraiment parce que j’aime le comique de répétition)
Edit : Interne qui hait la fac de Créteil, Vincent R dit que ce n’est pas la peine de te tirer des balles dans le pied ou ailleurs pour éviter sa fac, car il détesterait être responsable de séquelles locomotrices juste car ils essaient de former des docteurs qui vont à des vrais congrès de Médecine Générale où ce n’est pas les spécialistes hospitaliers qui leur expliquent leur métier qu’ils ne connaissent pas, mais des docteurs qui lisent Prescrire et Exercer, des docteurs qui font attention à leurs patients, et qui leur soient vraiment utiles et pas nocifs. Il va continuer avec tous les internes de Médecine générale qui sont heureux d’être à Créteil.

- jaddo, (genoux à terre), veux tu devenir mon medecin traitant?
…huit cent cinquante-sept, huit cent cinquante-huit, huit cent cinquante-neuf…
- regarde les etoiles de la grande ourse et pense a jaddo. bon courage pr tes patients de demain!
Roh c’est kroooo meugnoooon :D
- salut la dresseuse d’ours - »++ sous l’bus ! » - »bon allé on te laice ;) ont kiff tro ske tu fé mè si ont pe ce pairmaitre lol t trot pa kraidibl de ke tu nou dir tu jouer as wow alor ke t medess1 looool »
Non mais alors là je ferais dire que c’est de la triche en mettant des – « des-trucs-qui-sont-pas-sur-le-blog ». Ça vaut pas.
- les petits externes qui galerent a faire des points aiment jaddo
Je les aime aussi.
- jaddo tu es mon subutex
\o/
- dieu veut que jaddo poste
Ahah ! Peut-être mais :
- jaddo is the law
Donc toc.
- à quand jaddo ministre de la santé, bordel
… mille onze, mille douze, mille treize…

2) Sous-catégorie « Hey, ho, jvais pas me faire engueuler non plus, hein »

- jaddo comment oses tu porter ce nom si tu ne sais même pas combien d’ours il reste dans ma salle de bain, on croit rêver
Bin j’ai prévu de finir par ta salle de bains, et là j’en suis à mille quatorze. J’arrive.
- jaddo elle a jamais reparlé de lithotypographie. :(
Rah, oui, j’avais promis pourtant.
- jaddo elle sait pas tanker
Maiheu.
- jaddo a obtenu son diplome dans un paquet bonux
Toi-même.
- jaddo bien fait grosse vache graisse
D’acc.
- jaddo est moins bien que mon pingouin, mais pas mal pour une ourse
Merci !
- bon, jaddo, grosse feignasse, t’as rien écrit depuis un mois
- jaddo la qualité des posts diminue
>> Je vous renvoie à la blague de Woody Allen sur la nourriture du restaurant qu’est dégueulasse et qu’en plus les portions sont toutes petites.
- jaddo meurt sur tous les boss
Maiheuuu.
- je suis sûr que jaddo serait décevante en vrai
Ouaip.
- jaddo tu pourrais répondre aux commentaires !!
Rah, heu oui mais heu :
- jaddo comment va ta thèse
Voilà.

3) Sous-catégorie « J’invente la drague par recherche Google sauf que ça va finir éculé »

- jaddo je t’aime, fais moi des bébés
C’est pas bien drôle, comme requête, mais quand même, 139 visites, je me devais de souligner l’effort.
- il est minuit dix huit et j’ai fait ma déclaration d’amour à jaddo
On se retrouve à minuit dix neuf pour la 140ème.
- jeune homme beau, fort, intelligent, drôle, cherche jaddo pour aventure folle
- je crois que je suis en train de tomber amoureux de jaddo
- séduire jaddo pour obtenir un rdv avec ses bottes, sa mini-jupe et ses couettes
Vous cassez pas, je suis décevante en vrai.
- jaddo allons dresser une de ces saloperie d’ours ensemble
Toi tu sais parler aux femmes :D
- michel cymes tué par un ours
Épouse-moi.

4) Sous-catégorie « Ils sont venus me faire bonjour gentiment et ils se posent de drôles de questions »

- jaddo aime-t-elle la cuisine italienne?
Oui. Ça se mange. J’aime ce qui se mange.
- jaddo aime-t-elle les ours autant que moi ?
Bin ça dépend, tu les aimes comment, toi, les ours ?
- jaddo c’est bien ici?
Bin ça dépend. Si tu demandes si jaddo, c’est bien ici ? > oui. Si tu me demandes si c’est bien, ici ? > oui.
- chère jaddo, dis, quand tu étais petite, tu voulais vraiment être dresseuse d’our
Oui. Quand on faisait la marelle-bidule, là, qui devait dire si on allait vivre dans un château ou dans un tonneau, je mettais dans la ligne des métiers « Dresseuse d’ours » « Danseuse étoile » et « Neurochirurgien ». (Et je finissais toujours avec un avenir de neurochirurgien mariée avec Alexandre, millionnaire, dans un tonneau avec 7 enfants. Tu parles d’une vie.)
- ppcs, mais qu’est-ce que ça veut dire ? c’est vrai, quoi merde, on n’est pas tous des twitter-dependent !
Première Phrase de ConSult’.
- jaddo as tu vraiment des couettes?
Oui.
- jaddo est-elle une elfette ?
Oui. Avec des couettes.
- mais quand même, à quoi ressemble donc jaddo?
Bin à une elfette avec des couettes décevante.
- s’il te jaddo, parle nous de l’hypothyroïdie !
C’est quand la thyroïde elle marche pas bien et qu’on a pas assez d’hormones thyroïdiennes, et que ça nous rend grosse, déprimée, frileuse et constipée.
- jaddo fait moi rrr comme un ours
rrr. A ton service.

5) Sous-catégorie Tabloïds (c’est l’été)

- guy birenbaum aime les dresseuses d’ours
- jaddo a-t-elle couché avec guy birenbaum
- jaddo et eolas
- jaddo et boulet
- jaddo et winckler
- jaddo a poil avec boulet
- jaddo met un doigt a michel cymes
- jaddo la met bien profond à michel cymes
Et on se demande pourquoi je n’ai plus le temps de répondre aux commentaires.

 

Catégorie « Urssaf » :

- urssaf incompetent
- urssaf merde
- urssaf nimporte quoi
- urssaf je n’en peux plus
- urssaf allez vous faire foutre
- l’urssaf, c’est le mal
Et voilà, ça y est, on a trouvé la solution pour ne pas avoir de problème avec l’urssaf :
- pas de probleme avec urssaf prostituee

(Ceci est ma catégorie « Action discrète qui insulte les flics pour pas un rond » à moi)

 

Catégorie « Les ours, on sait toujours pas combien il en reste dans le monde, et maintenant on se pose d’autres drôles de questions. »

1) Sous-catégorie « Ours tout court »

- un ours obèse voit-il son espérance de vie diminue ?
- comment soigner un ours restant dans mon bol?
J’invoque Boules de fourrure.
- forme ours couleur cheveux (couette blanche)
Voilà. La plupart du temps.
- mon ours est déprimé
Meuh non, il est juste hypothyroïdien.
- combien reste il d’ours sur la terre entière?
Sur la terre ENTIÈRE hein.
- combien d’ours blancs ont des dents ?
Le chiffre exact : 89% des ours blancs vivants sur la terre entière. Gniark Gniark.
- combien d’ours sous extranase
Trop.
- combien reste t’il de renard polaire dans le monde
Merci, ça nous change un peu.
- quel cri fait un ours
rrr. A ton service.
- des liste de nom d’ours en français commençant par la lètte ou
Toi j’ai vraiment hésité à te classer dans la catégorie « Dieu Google ».
- facteur de risque d’etre ours
- combien de temps mais un ours pour garder son bébé
- combien y a t il dès peste d’ours
Vous j’ai vraiment hésité à vous classer dans la catégorie « Gneu ? »
- j’ai un ours contrarié en face de moi que faire
Run, you fool.

2) Et, par la magie de Google, sous-catégorie « Ours et urssaf ». (Oui je sais ça pète comme catégorie)

- conseillers urssaf dévorés par un ours
- ours qui mort un conseiller urssaf
- attaquer l’urssaf avec des ours
- dresser un ours pour aller a l’urssaf a ma place
- dresser un ours pour le manger et ensuite aller à l’urssaf à ma place
Je sens qu’un vent de révolte se met en place. J’aime.

 

Catégorie « En médecine aussi on se pose des drôles de questions » :

- appendicite gauche ou droite
Droite
- est ce que la rate est a gauche du cor ou à droite ?
Gauche
- apprendre a branler un garcon
Gauche droite gauche droite gauche droite. Ah non. Je confonds.
- comment faire gonfler le coude avant aller cher le medecin
En apprenant à branler un garçon. Par exemple.
- faire semblant pour aboir un platre
Même réponse.
- avoir une bite acier avec homeopathie
Bon. Assieds-toi. Faut qu’on cause. Sois fort.
- comment renouveler son sperm au plus vite apres un rapport
Même réponse.
- elle l’étrangle en gonflant un tensiomètre
La salope.
- en quoi est ce grave d’être nulle en cardio
En rien. Suffit d’avoir 5 ou 6 correspondants différents pour pouvoir renouveler les appels du genre « Je lui aurais bien fait un ECG, mais la machine est cassée, vous pourriez le recevoir aujourd’hui ? » et tout roule.
- problèmes erection apres amygdalectomie
Es-tu le mari de la dame qui se demandait en 2009 « quand prevoir une grossesse apres une amygdalectomie » ?
- ou est mon petit colon
Dans ton petit ventre.
- yat il de la coupe de cocaine avec movicol
Non mais ça pourrait être rigolo.
- l’ostéopathie peut elle soigner l’embolie pulmonaire
Question qui reste sans réponse. On manque de survivants pour en témoigner, mais les études restent en cours.
- est ce que les dartres peunt suinter?
Oui. C’est une des règles de la dermatologie, après « Mettons-y des dermocorticoïdes » . TOUT peut suinter. C’est comme ça que c’est plus rigolo à diagnostiquer.
- feuille qui sert de médicament pour le problème contre le pipi
Cranberry. De rien. Bisous. (Dieu Google, en vrai c’est moi)
- fatigue vomissement mal de ventre apres week end arrosé
La gueule de bois. De rien. Bisous.
- les dilutions homéopathique à base d’alcool peuvent-elles faire monter les gamma gt
Il a mangé un sanglier qui avait mangé quelque chose.
- comment conjurer les poussee dentaires des nourrissons
Toum ta ! Toum ta !
- donne moi le medecin traitement des varices aux jambes trois-rivieres
Kalimaaaaa Shoooptide !
- femmes borée qui font pipi
J’invoque Borée.
- que mon fils a bu la bouteil de doliprane que faire
Alors je suis désolée de répondre si tard, mais va aux urgences, hein. Genre vite. (Ceci était une réponse sérieuse, pardon)
- vidal pour femme enceinte en ligne
Le Crat. De rien. Bisous. (Ceci était encore une réponse sérieuse, blabla, utilité publique tout ça.)
- comment s’écrit hypochondre
Alors troisième réponse sérieuse dans la foulée. Moi, on m’avait dit en cours d’étymo que « chondre », c’était pour cartilage : genre chondroplaste. Alors que « condre » , c’était pour côte, genre « hypocondre ». C’était la seule fois de ma vie où j’avais trouvé ce prof vomitif intéressant, et je n’ai jamais retrouvé de confirmation par la suite. Il semble que tout le monde écrive « Hypochondre », et je suis tristesse.
- betadine a la place de cocaine
NON MAIS ÇA VA BIEN DEUX MINUTES À LA FIN.
- qui délivre gynecologue n’a^pas le droit de prescrire les bons de transport
Permettez moi de me gausser. Sinon je m’énerve, alors bon, je préfère me gausser.
(Note pour ceux qui savent pas : les spécialiste – ou les urgences – qui vous disent qu’ils n’ont pas le droit de faire un arrêt de travail / un bon de transport mentent. Genre comme des arracheurs de dents. C’est pas le droit qui leur manque, c’est l’envie. Ils ont la FLEMME, voilà.)
- qui veut écrire ma thèse de médecine générale
Si tu trouves, sache que mon mail est disponible dans la page contact, là, en bas à droite. Sois béni.
- salope de la pharmacie 28 r bourets
On transmettra. (Running gag n°2)
- extranase à quoi ça sert bordel
Mais t’énerve pas, putain. Ça fait quinze fois qu’on te dit que ça sert à rien. Faudrait que ça finisse par rentrer, hein.
- test pipi sel nuage au milieu
Non mais visiblement, y a un truc, hein. En 2008, quelqu’un se demandait déjà « le test de pipi dans du sel » . Je veux toujours bien la réponse, ça a toujours l’air rigolo.

 

NOUVELLE Catégorie « Tu sens » :

tu sens la chamelle
tu sens le babouin
tu sens le bledar
tu sent le book
tu sens le brie
tu sens le chameau
tu sens le coumba
tu sens le fennec
tu sens le guacamol
tu sens le gymnase
tu sens le koudi
tu sens le manioc
tu sens le ranci
tu sens le ratapon
tu sens le srtoudels
tu sens le sushi

Bin autant vous dire que je suis épatée que tous ces mots soient dans mon blog.

 

Catégorie « Je cherche un truc, mais ULTRA PRÉCIS (et de cul) » :

- belles founfounes
- regardé un zizi et founfoune
La founfoune, ce territoire inexploré.
- je met mes photo de mon vaguin sur le net
- photo d’un vaguin propre sans agréssivité ni pornographique
Le vaguin, ce mystère. (mais propre)
- voir la plus belle vagin de france
- recherche des putes sur cannes pour faire l’amour
Ouais, parce que des putes pour faire un tennis, ça fait cher la partie.
- voir des video des femme qui fait pipi gratuit qui fait pipi au bore d une route
Non parce que dans des toilettes de gare payantes c’est moins rigolo.
- femmes enculées sur un tourniquet sur arte
Ok, oui, mais quel mois ? Sois précis, que diable.
- blog des femmes medecins sur le toucher rectal effectuer sur leur patient
Bon. Alors tout un blog là-dessus, va falloir être inspirée.

 

Catégorie « Dieu Google » :

Ça, pour les nouveaux, c’est la catégorie des gens à qui on a trop répété que Google était leur ami. Qui ont fini par y croire vraiment. Et qui lui posent des questions en s’imaginant que la Voix Ténébreuse de Google va sortir des enceintes pour répondre.

- j’ai eu mes regles le 3 aout 2010 prise de pilule le 04 aout2010 arrete le 10 aout a quelle date j’aurais mes prochaines regles le ou plus tard
Tu auras tes prochaines règles le 6 septembre. Au plus tard le 12.
- comment soigner un pouce avec une épine de rosier dans le doigt celui ci fait trés mal et gonfle
Zut, j’avais la réponse mais avec « épine de cactus ». Désolée :/
- traduire en francais tango charly
Tango charly. De rien. Bisous.
- il a t il des pede chex transport mercier et fils
Non mais merde, quoi, c’est vrai, ON EST QUAND MÊME EN DROIT DE SE POSER LA QUESTION !!
- je suis bientot a la retraite anticipée et je souhaite faire un petit discours de départ pouvez vous m’aider
Moyen.
- comment dire à une personne désolé je ne peut pas continue avce moi la mémoire de fin d’etude
Désolé, je peux pas continuer avec moi le mémoire de fin d’étude. Mais je peux continuer avec toi, si tu veux. Si nous allons mieux.
- metier pour ceux qui aiment les vaches , qui aiment réussir, d’ etre un vraix medcin ,aiment bien l ecole ,recommencer s’ils ont rate et d’ etre juste
Toi je t’aime d’amour.
- réponse à 1 mail avec beaucoup d’humour quelqu’un qui ne viendra plus imprimer dans mon service
Bon alors c’est un fou qui repeint son plafond, et tu vois, l’imprimerie ? Bin un autre fou arrive…
- what does « je suis trop fereme » mean?
Je suppose que ça veut dire « Je suis trop fereme ». Ça ne t’avance pas beaucoup.
- cherche des images rigolotes qui parle d’un copier coller
Bon alors imagine l’image d’un fou qui…
- coucou comment tu vas?j’espere tout baigne chez toi et je suppose que tout les jours te comblés de compliments et que la longue tu as la tête pleine,mais je ne peux me retenir et te dire a quel point tu es ravissante je me nomme youssouf et toi?
Moi je me nomme Jaddo. Uhuh, Youssouf, grand fou, va.

 

Catégorie « Gneu ?? » :

- pupuce top chef :
Juste en hommage à ce type qui ne me cherchait visiblement pas et qui est resté 35 min sur mon blog.
- « dont je suis persuadée qu »
Sérieux, je suis la seule fille au monde à avoir écrit ça ?
C’est pas français, « … dont je suis persuadée qu’il… » ?
- allez-vous m’envoyer aussi copie de votre correspondance avec votre belle-soeur? au fait, suce-t-elle?
Parce qu’on aimerait savoir.
- esque urssarf et pres a payer mediator
Même pas en rêve.
- faire 1 phrase avec vestiaire sonnerie et bouée
J’étais dans le vestiaire avec ma bouée quand soudain (là je dis soudain mais c’est une clause de style destinée à éveiller votre intérêt de façon à peine honnête dans la mesure où c’est en vain qu’on pourrait tenter de déceler la moindre trace de soudaineté dans l’action qui va suivre) la sonnerie sonnait.
- j’ai besoin d’une dame du sexe de l’amitié dans le courrier électronique en ligne à france email 2009
Ok. On transmet.
- je vais faire semblant de taper histoire de faire genre je bosse mais putain j’ai pas envie.
Je te comprends.
- mon stylo noir va te réduire en bouillit saloperie de test
Dans ton fion, face de test.
- s’il suffit de se faire des couettes et de manger une sucette je signe.
J’ai signé. Vas-y sans crainte.
- si pas cucu pas toto
C’est vrai.
- ta aucune permission de toucher au lion mais dit moi ton fantasme ma le controler
Certes.
- la galle du chêne les petie doqument pour quoi il y a des mouche
Pour égayer.
- traiter quelqu un de parano est ce une insulte ?
POURQUOI ?? QUI A DIT ÇA ??

Il est 18h45.

Je suis à deux doigts d’écrire sur Twitter : « Ahahah trop peinard, je vais rentrer chez moi à 19h. #RicanementsOrgasmiques »
Et puis je me dis que ce serait sans doute pas fabuleusement constructif, comme tweet, alors je n’envoie pas.
Journée cool, des rendez-vous l’après-midi sans surcharge, avec des annulations de dernière minute qui transforme le « A l’aise » en « Super cool ».

Je reste donc sur mon tweet de l’avant-dernier patient que j’ai failli oublier de faire payer : « #Tip Venez me voir sur ma dernière demi-heure de boulot. Je suis détendue, je prends le temps et j’oublie de faire payer à chaque fois. »
J’accueille mon dernier patient. Je lui présente mes excuses pour les 15 minutes de retard. Il me sourit, il me dit c’est rien.
Je me souviens de lui, même si je ne l’ai pas vu souvent. Toujours le soir. Il était venu me parler de ses angoisses, on avait déjà passé plusieurs fins-de-soirée-tranquilles-y-a-personne-derrière-on-a-le-temps à les décortiquer.
Il vient pour un problème somatique, cette fois, qu’il commence à me raconter.

Ça sonne à l’interphone.
Je n’attends plus de patients, je suis sur rendez-vous, mais j’ouvre. Peut-être quelqu’un qui ne sait pas que je suis sur rendez-vous. Peut-être quelqu’un que je viens de voir et qui  me ramène l’ordonnance (Vous avez oublié de mettre « pour 3 mois » Docteur…), ou peut-être une urgence, comme la semaine dernière.
Enfin j’ouvre, quoi. Ça sonne, j’appuie sur le bouton qui ouvre. C’est Pavlovien.

Je dis à mon patient : « Excusez moi, je vous abandonne une minute, je n’attends plus personne, je vais voir qui c’est« .
Il me sourit, il me dit c’est rien.
J’ouvre la porte qui sépare le cabinet et le couloir.
Y a deux types. Plus grands que moi, un à droite, un à gauche. Ils sont habillés tout en noir, ils ont deux casques de moto sur la tête. Tout fermés, tout noirs, je ne vois pas leur visage, et ils ne disent rien.
J’ai reculé d’un demi-pas et ma bouche a dit « Ouh, vous me faites peur. »
A ce moment là, j’y croyais encore à moitié, que j’étais en train de leur dire gentiment « Ahahah mais enfin, faut pas sonner chez les gens comme ça avec des casques de moto, c’est un coup à leur faire peur » .

Et puis celui de droite a dit « La caisse. »
Enfin je crois, je ne sais plus trop bien ce qui s’est passé dans les 30 ou 40 secondes qui ont suivi.
Est-ce qu’il a dit « La caisse » avant que j’aille me rasseoir, est-ce que j’ai reculé toute seule, est-ce qu’il a dit autre chose, à quel moment ai-je vu le flingue… Dur à dire.
Je me suis retrouvé assise avec les mains en l’air comme les gars dans Top Chef qui doivent s’arrêter parce que TOP le chrono est fini, avec l’idée en tête qu’ils voulaient la caisse. Les détails sont flous.

Je suis très raisonnable, dans ces cas-là.
Enfin je dis « Je suis très raisonnable dans ces cas-là » comme si ça m’arrivait tous les quatre matins…
Non. Je me suis toujours dit « Si ça m’arrivait, je serais raisonnable, je donnerais tout sans broncher tant que nous pouvons rentrer moi et mon vagin en bonne santé à la maison. » Genre « Oh, et je peux vous signer un chèque si vous voulez ? Et attendez, j’ai une jolie montre au fond de mon sac, bougez pas… »
Je ne l’avais jamais mis à l’épreuve avant ce soir.

Bin figurez-vous que j’ai été super raisonnable.
Hyper stoïque, même. D’un calme olympien qui m’étonne encore à l’heure où je tape ces mots.
Comprenons-nous bien. Pas « Je fais style genre je suis calme alors que j’ai envie de me chier dessus à l’intérieur. » En vrai, hyper calme, rien dans le ventre ; que de la tranquillité. Passées les premières secondes d’hébétude où on réalise que c’est vraiment en train d’arriver.
Super calme.

Ils ont demandé la caisse, j’y ai donné la caisse.
Ils ont demandé ma carte bleue, j’y ai donné ma carte bleue. La perso, celle où j’ai moins de sous dessus que la pro (maligne comme un singe que je suis). Même pas essayé de refiler la périmée que je gardais dans mon portefeuille au cas où.
Ils ont demandé le code, j’y ai donné le code. Le vrai, sans broncher.

Monsieur n°1 (celui avec la lacrymo) est parti avec ma carte.
Monsieur n°2 (celui avec le flingue) est resté avec mon patient et moi.
Il a pris les sous de mon patient. Pas son chéquier, pas sa carte bleue qui étaient pourtant en évidence. J’ai réprimé l’envie de dire « Hey maiheu mais pourquoi vous prenez ma carte et pas la sienne ? C’est pas juste ! » : je suis carrément un super médecin.
Monsieur n°2 essayait de garder son calme, et je ne dis pas ça pour me balancer des fleurs mais il y arrivait beaucoup moins bien que moi.
Il a dit une fois ou deux que si on bougeait « il nous trouait ».
J’avais bien vu (ou cru voir ?) entre temps que son flingue était en plastique que même mon neveu de 4 ans il en aurait voulu un plus crédible.
Figurez-vous que j’ai quand même pas tenté le coup de « Tu bluffes Martoni ».

Il a demandé « Il est pas là le médecin de d’habitude ? »
J’ai dit que bah non, pas de bol, aujourd’hui c’était moi. J’ai ajouté « C’est mon jour de chance » dans un élan de bêtise.
Il s’est tourné vers mon patient, il a dit cette phrase, la seule que je regrette, la seule que je voudrais changer si une fée sortait ce soir d’un buisson en me disant que j’ai le droit de changer un seul truc à ma soirée de ce soir, il a dit à mon patient : « Et toi, on t’a jamais dit qu’il faut jamais aller chez le médecin après 18h ? »
Genre mais c’est bien connu, passé 18h on peut se faire braquer dans tous les cabinets médicaux de France et de Navarre. Merci pour la phrase, les gars, ça va me permettre de retourner bosser sereinement les prochaines semaines…
Là, j’ai dit le deuxième truc que je changerais si la fée patati-patata… ,  j’ai dit  : « Et moi je fais quoi ? Je change de métier ? »
Il a dit « Ouais. »
J’ai dit « Ok. » (c’était fini, les élans de bravoure)

Il a essayé de nous attacher les mains avec les espèces de trucs en plastique flexibles avec un cran d’arrêt qu’on fixe à l’endroit où on veut.
Juy ai dit que c’était ridicule, qu’il voyait bien qu’on était super sages et qu’on faisait tout ce qu’il voulait.
Il a quand même essayé de lier les poignets de mon patient.
Il tremblait un peu, et il a pas réussi. Il a clipsé le truc-qui-clipse beaucoup trop tôt, ça faisait une espèce de rond ridicule de 20 cm de diamètre qui pouvait pas lier les poignets de qui que ce soit. Il a dit « J’y arrive pas », avec son flingue en plastique.
On pourrait croire que ça aurait été le bon moment pour réagir un peu, ou pour planquer mon Iphone, mais nan, je suis restée bien sagement sur ma chaise avec les mains bien à plat sur le bureau.

Il m’a demandé « éhé ». J’ai dit « quoi ?? » . Il a répété « éhé !! » J’ai dit « Heuuu vous voulez que je sorte les pieds de sous le bureau ?? Heu, ok. » et j’ai sorti les pieds de sous le bureau.
Il a dit « NON ! LÉHÉS ! Pour fermer le bureau, là, pour fermer la porte. »
Je lui ai donné les clés. Il a dit qu’il partirait, qu’il fermerait et qu’il laisserait les clés dehors et que je pourrai les récupérer après.
J’ai demandé comment je pouvais récupérer les clés si il m’enfermait à l’intérieur, il a eu l’air de réfléchir à la question.

Monsieur n°1 tardait à revenir. N°2 m’a dit que j’avais intérêt à avoir donné le bon code. Je me suis bénie intérieurement d’avoir donné le bon code.
Il m’a répété que j’avais intérêt à avoir donné le bon code, sinon « il nous trouait tous ».
J’ai dit que j’avais donné le bon code, que peut-être il essayait de tirer plus que ce qu’il y avait sur mon compte, que dans ces cas-là forcément, mais que j’avais donné le bon code.
Il m’a demandé de le noter sur papier.
Je l’ai noté sur un papier.

Monsieur n°1 est revenu. M2 lui a demandé combien il avait eu, M1 a dit « Ça va, ça va, assez » (merci à ma banque et à son autorisation de découvert)
M2 a posé ma CB sur le bureau (heu, merci tout court)
Ils ont redit quelques menaces que j’ai oubliées (merci à mon cerveau et à sa mémoire sélective)
Ils allaient partir. M2 a vu mon Iphone que conne-comme-je-suis je n’avais pas planqué et l’a empoigné.
J’ai supplié. J’ai dit que non, vraiment, non,  mon IPhone c’était pas possible. Que j’avais des trucs trop importants dedans, des trucs professionnels, des trucs dont j’avais besoin.
Il a dit « Tu le veux pour la puce ? » et moi, dans mes neurones qui ne savaient plus ce qu’il y avait dans la puce et ce qu’il y avait dans la mémoire-même du téléphone, j’ai dit « Heuuu je veux pour ce qu’il y a dedans »

Alors il l’a jeté par terre. L’est tout fracassé, mon Iphone. Je vous ferais bien une photo si j’avais mon Iphone pour prendre la photo de mon Iphone, mais vous m’accorderez que c’est compliqué.
Je sais pas. Les flics plus tard ont pas compris. Quitte à le casser, autant le prendre, ils disaient. Et moi j’avais dit « Merci » pendant qu’ils fracassaient mon Iphone par terre.
Voilà,  mes braqueurs, avec leur flingue en plastique, avec leurs tremblements, avec leur « je te rends ta CB et j’essaie de te rendre tes clés », je crois que c’était pas des méchants-qui-ont-bourlingué. C’était des nouveaux-méchants-on-est-un-peu-perdus-mais-on-essaie-fort.
C’était « Ok, tu m’as attendri avec ton besoin viscéral de ton Iphone, mais je vais le casser QUAND MÊME pour que tu voies bien que c’est moi le chef. »
Ok, ça me va.

Ils sont partis.
J’ai éclaté en sanglots, devant mon patient un peu surpris visiblement de la fracture entre mon stoïcisme précédent et les hululements actuels. Jui ai dit que c’était pas grave, que j’étais une fille, que les filles ça pleure, que ça allait.
Il m’a tendu la main. Je l’ai prise.
Là, et putain je me demande ce qu’il y a dans mon cerveau mal-foutu, là, j’avais une idée en tête : finir ma consultation.
J’ai dit qu’on allait finir, qu’on allait appeler la police, qu’on allait appeler le Dr Carotte.
Et puis on a attendu. Parce qu’on ne savait pas trop bien quoi faire d’autre.
Pendant qu’on a attendu, et putain je me demande ce qu’il y a dans mon cerveau mal-foutu, j’ai twitté : « Salut, je viens de me faire braquer, bisous ! ».
On a attendu, on dit quelques phrases inutiles, on a gardé la bouche ouverte et le silence un moment.
Pis j’ai dit « Non mais en fait non, je suis vraiment désolée, mais on va pas finir la consult’, là, je vais pas y arriver. Visiblement y a pas d’urgence, vu ce que vous m’avez dit, vous reviendrez à l’occasion mais là je vais pas pouvoir. »

J’ai appelé le Dr Carotte, j’ai appelé le Dr Cerise pour lui dire que je pourrai sans doute pas aller bosser demain, j’ai pris le numéro de téléphone de mon patient, mon patient est parti par la fenêtre, je me suis sentie désolée pour cette consultation qui n’allait probablement pas contribuer à améliorer ses angoisses, j’ai appelé les flics.

Les flics sont arrivés. Ils sont entrés par la fenêtre. Je vous passe le moment d’incertitude entre quand ça a frappé à la fenêtre et quand j’ai entendu « Madame ! Police ! » .
J’ai ouvert la fenêtre et ma bouche a dit « Oh ça va oh c’est vraiment la police » .
J’ai repleuré un coup, en disant pardon, pardon, ça va passer.

Après comme dans les films, on a pris des photos, on m’a demandé 15 fois de répéter 15 fois la même chose, on a pris mes empreintes.
J’ai demandé si du coup je ne pouvais plus tuer quelqu’un rapport qu’ils avaient mes empreintes, ils ont dit que non, ce serait détruit après l’enquête. Une petite folle hystérique attardée au fond de moi a été déçue.
Pendant ce temps, j’ai appelé ma sœur, j’ai appelé ma mère, j’ai appelé mon meilleur ami, j’ai appelé ma banque, j’ai eu 150 messages de soutien sur Twitter.
Demain, je dois aller au commissariat pour re-porter plainte.

Mon ventre va bien.
Ma tête se demande si mon ventre ira bien la semaine prochaine à 18h.
Ma tête craint qu’il n’y ait pas beaucoup de messages rationnels pour la rassurer. Non, ce n’est pas un hasard ; non, ça ne peut pas forcément ne plus arriver ; oui, le message « Y a un Docteur hyper docile qui donne son n° de CB, et puis jolie avec des bottes toute seule à partir de 19h » peut circuler.

On va voir.
En attendant, j’ai des choses à faire, des parents à rassurer, et à m’occuper de moi.
Même s’ils avaient un flingue en plastique et qu’ils étaient pas fichus d’attacher des poignets correctement.

Il y a quelques temps, j’ourdissais de poser quelques bombes dans quelques maisons de retraites.
Mes plans ont changé (tout fout le camp ma bonne dame), je vais poser quelques bombes dans quelques pharmacies. Une surtout.
Ce soir, 19h30, je reçois mon patient de 19h. Pas dans ses habitudes d’être en retard, mais comme je l’étais aussi, et que je l’aime bien, et qu’il est vraiment assez pas bien pour ne pas rater une occasion de le voir, je le reçois.
Je le grondouille gentiment que 30 min de retard ça se fait pas, mais j’arrête vite mon râlage : il est vraiment pas bien.

M. Cachex est un de mes rares patients toxico. Le seul, même, je crois.
Vraiment toxico, vraiment attachant, vraiment respectueux, vraiment pas manipulateur. On forme, je crois, une assez bonne équipe depuis les quelques mois où je le vois régulièrement. Paumé jusqu’à la lie, avec toute la désocialisation et les emmerdes physiques que 40 années d’héroïne-cocaïne-subutex-et-substituts-divers-et-variés entraînent, et j’ai un demi-4-tonnes d’anecdotes rigoloto-émouvanto-pathétiques à son sujet, que je ne vous raconterai pas parce que je suis trop folle de rage pour le faire d’une part, et parce que d’autre part je ne pourrais pas le faire sans risquer de grosses entorses au secret médical.
Donc, un patient mal-mal-mal mais pas-si-mal-quand-même.

Depuis un moment, on était dans le pas-si-mal-quand-même. Sous subutex et un peu de cocaïne quand même, réguliers à ses rendez-vous, jamais un coup de travers.

Je le vois ce soir, donc, dans un état où je ne l’avais encore jamais vu.
Mal mal mal, rupture de Subutex depuis plusieurs jours, ayant ENCORE perdu des kilos alors que c’était humainement pas possible de faire plus maigre, TS récente, cris, pleurs, la totale.
J’ai passé une heure et demi avec lui (vos gueules les blasés, j’avais pas raid ce soir rapport que j’ai plus internet, j’avais rien qui m’attendait à la maison rapport que tout le monde est enceinte sauf moi, et il allait vraiment pas bien). Pas moyen de le convaincre pour une hospitalisation, mais j’arrive déjà à apaiser un peu les choses-du-là-tout-de-suite-maintenant.
Sauf que le temps de le faire aller un peu mieux, il est 20h10 et sa pharmacie habituelle est fermée.
Pharmacie qui le connait bien, qui me connait bien, qui connait mon écriture et qui ne râle pas quand je trafique une ordonnance non sécurisée en ordonnance sécurisée en traçant un petit carré en bas à droite en tirant la langue. (Grangeblanche, je te fais des bisous au passage.)**

Bref nous voilà fort dépourvus quand la bise fut venue.
Surtout que des ordonnances ALD sécurisées, j’en ai encore pas.

J’appelle l’hôpital du coin, j’ai une charmante interne en pharmacie (vraiment charmante, sans ironie aucune) qui voudrait bien, mais qui peut point, parce qu’ils peuvent pas filer du subutex à un patient pas hospitalisé. Elle me conseille la pharmacie du coin ouverte 24h/24.
J’appelle la pharmacie du coin, ça répond pas.
J’appelle la pharmacie du coin sur le numéro n°2, ça répond pas.
J’appelle la pharmacie du coin sur le numéro n°3, ça répond pas.
Je cherche une autre pharmacie de garde sur internet, j’ai deux numéros, ça répond à aucun des deux.
J’appelle le commissariat du quartier pour avoir le numéro des pharmacies de garde, ça répond pas.
J’appelle la pharmacie du coin, ça répond pas.
J’appelle l’autre pharmacie de garde n°2, ça répond pas.
J’appelle l’autre pharmacie de garde n°3, ça répond.
- « Aaaaaaaaah, on fait pas le Subutex » qu’il me dit, avant même que j’aie eu le temps de lui raconter mon problème d’ordonnances.
- « Oh. Heuuu, oh, et pourquoi ? » ose-je.
- « Parce qu’on veut pas de cette clientèle-là chez nous« , qu’on me répond.
- « Mmm, ok, je peux envoyer mon patient où ? » tente-je.
- « Ah bah que voulez-vous que j’en sache, je connais pas toutes les pharmacies de la ville« , qu’on me répond.
Cela-dit, c’est un concept à creuser. Ça m’arrangerait pas mal, en fait. « Aaaaah, désolée monsieur, mais le diabète, je fais pas. Allez voir ailleurs s’il vous plaît, XOXO. »
J’appelle la pharmacie du coin, ça répond pas.
J’appelle la pharmacie du coin sur le numéro n°2, ça répond pas.
J’appelle la pharmacie du coin sur le numéro n°3, ça répond pas.

Je finis par me décider : je fais ma prescription sur une ordonnance-sécurisée-pas-ALD, en rajoutant « ALD » en haut à droite, option qui me semble préférable à une ordonnance-ALD-pas-sécurisée en rajoutant un tit carré en bas à droite.
Je ré-essaie dans un moment d’optimisme / bêtise / naïveté intense de rappeler la pharmacie du coin, ça décroche toujours pas. Je l’envoie là-bas quand même, parce que je suis sûre que c’est ouvert et parce que c’est pas loin.
Pour faire un truc vraiment béton, je joins à mon ordonnance un courrier, sous pli que pour une fois je cachette.

Parce que dans la vie, et cet aparté vaut ce qu’il vaut, mais dans la vie, je cachette jamais les courriers que je remets au patient. C’est à son sujet, ça parle de son dossier, c’est à lui, et il a charge de le faire lire au médecin à qui je le confie.
Bref, pour une fois je cachette. J’écris en substance « Bonjour blabla, M. Cachex il est vraiment réglo, je suis vraiment médecin, je suis vraiment en rupture de stock d’ordonnances-qui-vont-bien, je vous promets de vous faxer une ordonnance-qui-va-bien si besoin dès que possible, mais là vraiment faut le dépanner, merci bisous. PS : voilà mon numéro de téléphone perso en cas de besoin, parce qu’il est 20h45 et que là je vais rentrer chez moi. »

22h, coup de fil.
De M. Cachex.
Sur mon téléphone perso.
Ils avaient pas de Subutex à la pharmacie du coin, ils ont refusé de m’appeler, ils avaient pas d’adresse à lui donner où il pourrait trouver son Subutex, il a demandé 3 boîtes de Néocodion **, ils y ont donné, il a boulotté son Néocodion dans la rue et là il va se coucher.

Donc, putain de bordel de merde, cette pharmacie injoignable à qui je m’étais fendue d’un joli courrier pour faire style genre essayons de faire du réseau pluridisciplinaire, il se passe vraiment quelque chose et voilà mon numéro perso pour qu’en cas de problème on essaie de régler ça ensemble pour le bien du patient (non mais je suis vraiment trop CONNE, hein…), cette pharmacie injoignable donc (à quoi ça sert d’être ouvert 24h/24 si c’est pour filer du débouche-nez et du paracétamol, je pose la question) a envoyé chier mon patient, ne lui a donné aucune info sur l’endroit où il pouvait aller, a refusé de m’appeler, et lui a filé dans la foulée mon numéro de portable.
Parce que je l’aime vraiment bien, M. Cachex, mais il est suffisamment instable pour que ça me réjouisse moyen sur l’échelle de Richter de savoir qu’il pourra m’appeler en plein milieu de la nuit à la prochaine occasion.

J’essaie de les appeler depuis bientôt 40 minutes pour leur expliquer ma façon de penser.
Ça répond pas.
Ils ont pas de chance, ils sont pas loin de chez moi.
Demain, moi et mes pieds, on a un petit programme sympathique prévu.

* Pour les non-médecins :
Il y a différents types d’ordonnances, avec du papier différent et tout.
Il y a des ordonnances « sécurisées » pour le produits dont l’usage est contrôlé, comme le Subutex : en bas à droite, il y a un petit carré où on inscrit le nombre de médicaments prescrits, ce qui diminue les risques de traficage d’ordonnance.
Il y a des ordonnances « ALD » pour les malades qui sont pris en charge à 100% pour certaines pathologies : en haut, on écrit les médicaments en rapport avec la pathologie prise en charge à 100%, en bas les autres.
Il y a les ordonnaces ALD-sécurisées qui cumulent tout ça gaiement dans la joie et la bonne humeur.

** Pour les non-médecins :
Le Néocodion, c’est un médicament contre la toux largement utilisé par les toxicomanes rapport qu’il contient un peu de produit qui fait marrer, qui est disponible sans ordonnance, et qu’ils utilisent à dose éléphantesques pour pallier quand ils ont rien d’autre à se mettre dans le coude.

Y a-t-il un médecin ?

8 octobre, 2008

TGV Paris-TrouPaumé.

Je suis réveillée en sursaut par Nicole. (Nicole, c’est la fille universelle qui cause dans les trains, dans les répondeurs de téléphone et qui me dit de faire demi-tour dès que possible dans mon GPS)
Là, Nicole veut savoir s’il y a un médecin parmi les voyageurs pour un passager malade en voiture 5.

Je fais semblant de soupirer un peu et je me lève, pour aller voir ce qui se trame du côté de la voiture 5.
Ca va sûrement me passer avec l’âge, mais je continue à trouver ça super jouissif, de se lever au milieu du train quand Nicole demande un médecin.
Pour la prochaine fois, je prévoirai une jupe à volants rouge et ma ceinture dorée.
Et puis c’est toujours fastoche, dans les trains. Des petits malaises, des petits bobos, jamais rien de grave. Enfin jusqu’ici du moins. Je croise les doigts pour que ça continue.
Parce que le jour où il faudra injecter en IV un truc en urgence à un gars qui va vraiment mal, Nicole aura intérêt à trouver un autre médecin fissa.

En plus, dans leurs trousses SNCF, qui sont soit dit en passant à peu près aussi épaisses que leurs sandwiches, à part un stéthoscope de poupée que même sans le tchoutchoutrrrrrrrrrrrKKrrrrrrrtchou du train on n’entendrait rien, y a que de l’IV.
Paracetamol IV, Spasfon IV, Primperan IV.
Ce qui est passablement idiot, étant donné que le type, si c’est d’un peu de Doliprane dont il a besoin, personne va aller s’amuser à lui faire une IV pour ça.
Bref.

Je me rends donc voiture 5, traversant majestueusement l’allée centrale, au milieu des voyageurs qui ont tous l’air de m’envoyer des pétales de roses et des palmes d’or avec les yeux.
C’est que personne ne leur a dit que j’étais infoutue de faire une IV.
Mais ça fait plaisir quand même.

Je tombe sur le contrôleur en début de voiture 4, qui a toute la panique du monde accrochée sur le visage. Il bégaie d’effroi, il met des points d’exclamation à la fin de toutes ses phrases, et moi, je suis encore un peu embrumée.
Il est accompagné d’un grand type, qui se présente : il est médecin, mais biologiste, et heuuu, ça fait longtemps qu’il n’a pas fait ça, alors heu si je peux m’en occuper, bon, lui ça l’arrange.
Je libère l’affable biologiste et me tourne vers le contrôleur désemparé.

- On a une personne qui va très très très mal !! Il faut que vous alliez la voir ! Elle est dans un état pas possible !
- …
- !!!!
- Voui, qu’est ce qui se passe ?
- Elle dit qu’elle s’est faite violer !

Rassemblant avec effort tout ce que je peux de connexions neuronales, je demande :
- Heu… Hein ???
(Oui, ça a l’air pas terrible, comme ça, mais je tiens à souligner que mon effort intense de concentration m’a permis de décider en quelques millisecondes que le moment était passablement mal choisi pour expliquer au monsieur qu’on ne dit pas « Elle s’est faiteuh violer », sauf Desproges qui a le droit parce qu’il fait exprès et parce qu’il a tous les droits, et qu’il était préférable de demander quelques précisions.)

- Oui ! Oui ! Elle dit qu’elle s’est faite violer ! Elle est dans un état pas possible !
- Heu… Mais, heu, là, dans le train ??
- Non ! Non ! A Paris ! Enfin avant !
Et là, je vous jure que c’est la vérité vraie, il ajoute :
- Il faut que vous alliez l’examiner avec la trousse de s’cours !!

Bin oui, l’examiner avec la trousse de secours, bien sûr, je vois ça d’ici… « Bonjour Mademoiselle, pourriez-vous écarter les cuisses s’il vous plaît, j’en ai pour deux minutes… »

- Bon, écoutez, je dis, d’un ton que j’essaie de faire très genre « Papa est là, maintenant, alors tout le monde va se calmer très vite avant de s’en prendre une paire », je vais aller la voir, mais à part essayer de la calmer et de la conseiller comme je pourrai, je ne vois pas bien ce que je pourrai faire de plus.
- Bin comme ça au moins vous nous direz s’il faut appeler le samu !!
- …

Je m’approche de la plateforme suivante, talonnée par le contrôleur soigneusement aggripé à ma jupe à volants rouge. Je profite de ce court répit pour essayer de prévoir ce à quoi je peux m’attendre, et ce que je vais bien pouvoir faire de tout ça.
Grosso modo, j’arrive à la conclusion qu’il y a une urgence à éliminer : grande psychotique en décompensation. Si oui : pompiers et hôpital au prochain arrêt. Toute autre situation : calmer, rassurer, et voir ce qu’on fait en fonction d’où elle va, de qui l’attend et de comment elle peut se rendre au commissariat et/ou à l’hôpital.

On finit par arriver à la plate-forme qui sépare les voitures 4 et 5, alors que le train ralentit pour s’arrêter en gare de TrouPaumé.
Elle est recroquevillée dans un coin, le menton posé sur les genoux. A première vue, comme ça, elle n’a pas l’air d’une grande psychotique en pleine décompensation. Juste d’une petite marmotte dont on aurait enfumé le terrier.
Je m’agenouille, je me mets à son niveau, je pose une main sur la sienne.
« Bonjour, (que je lui dis), je suis médecin, je viens voir… »

Je suis coupée par Nicole, qui me demande de m’éloigner avant la fermeture automatique des portes.
Je me tourne vers le contrôleur : « Mais heuuu, on repart, là ?? On ne s’arrête pas ? »
- Bin non ! Non, on ne s’arrête pas ! C’est votre arrêt ??!! Sautez ! Sautez !

Le gars, y a cinq minutes, il voulait appeler le Samu, et là, même pas il s’arrête trois minutes en gare le temps de voir ce qu’on fait.
Prise de court, j’ai sauté.
En priant pour que les amies qui m’accompagnaient aient eu la présence d’esprit de débarquer avec elles mon sac et mon manteau.
Petite marmotte, je suis désolée de t’avoir plantée là.
Gentil biologiste, je suis désolée aussi de t’avoir refilé le bébé.
Mais bon, ça m’a fait une histoire à raconter à mes copines, en échange de mon sac et de mon manteau.

L'hôpital qui se fout…

6 octobre, 2008

Ce matin, je m’encafouille avec mes lentilles.
Je les mets, et puis je me rends compte qu’il en reste une dans le boîtier, et que probablement j’ai dû ranger une lentille hier soir dans un boîtier où y en avait déjà une.
Après ça, je ne sais plus trop ce que j’ai fait. Ca va pas, elle me gêne, elle doit être vieille, toujours est-il que je finis par en prendre une nouvelle dans une jolie boîte nouvelle. Elle me gêne aussi un peu, mais je suis habituée, les nouvelles me gênent toujours un peu plus, paradoxalement, que les un peu vieilles.
Et je pars bosser en me disant que quand même, je vois beaucoup plus flou que d’habitude, et que j’ai dû m’encafouiller encore un peu plus que je ne le croyais.

Ce soir, après ma journée de boulot, je jure de ne plus jamais me moquer des filles qui arrivent aux urgences gynéco parce qu’elles ont mis deux tampons sans faire gaffe.
Parce que oui, deux lentilles sur le même oeil, c’est possible.

La force de la perversion

5 octobre, 2008

Un presque hors-sujet, que je vais me permettre pour trois excellentes raisons et demi.
- Il va être nécessaire à la compréhension d’un post que j’ai du mal à écrire, mais que je veux réussir à accoucher.
- Je vais parler du meilleur conseil qu’on m’ait donné de toute ma vie, et qui m’a sauvée bien des fois, et dont je suis persuadée qu’il mérite d’être dit.
- Si on part du principe que la médecine englobe la prévention, ce n’est peut-être pas si hors-sujet que ça.
- J’ai envie.

Le temps d’un post, donc, j’accroche ma blouse au vestiaire et j’enfile ma jupe.

Au fil du temps et de la vie, j’ai fini par me faire ma théorie toute personnelle à moi que j’ai sur le fonctionnement des pervers.
Quant à définir au préalable ce que j’appelle les pervers, c’est très simple : ce sont ceux qui fonctionnent selon ce fonctionnement. Fastoche.
Il va donc s’agir de mes pervers à moi, sans chercher à savoir ce qu’on doit mettre, ou ce qu’on peut mettre, ou pas, derrière ce mot. Question de vocabulaire et de définition personnelle : voilà une case, rangez-y ce que vous voudrez.

Mes pervers jouent avec le doute, et jouissent du malaise.
Mes pervers ne brandissent pas de couteau en hurlant « Je vais te tuer salope, et après j’irai sodomiser le cadavre d’un chiot du même sexe que moi ».
Ceux-là, ils fichent la trouille, mais ils n’angoissent pas.
C’est facile. Ils portent sur leur front l’étiquette « Fou dangereux qui peut faire du mal », et on peut aller dire : « Monsieur le policier, y a un type là-bas, il a brandi un couteau en disant qu’il allait me tuer salope ».

La force du pervers, c’est de laisser planer le doute.
C’est de faire de tout petits pas, tout petits, l’un après l’autre, en emmenant à chaque pas sa victime par la main.
A chaque pas, le pas est si petit, l’étiquette si absente, qu’on se dit « Ce n’est pas bien grave, ce n’est qu’un tout petit pas, c’est moi qui suis folle de tout prendre de travers, c’est moi qui voit le mal partout« . On doute un peu, on se sent vaguement mal à l’aise, mais on attrape la main, et on se laisse emmener sur un tout petit premier pas. Puis sur un second, puis sur un troisième. Ce sont de si petits pas, ridicules, millimétriques… Fatalement inoffensifs.
Au bout d’un petit nombre de petits pas, finit par arriver le suivant décisif, celui qui va franchir une ligne qu’on ne veut pas franchir. On voit la ligne, on prend peur, on s’arrête, on lâche la main, on se retourne et on veut faire marche arrière.
En se retournant, on découvre ahuri(e) tout le chemin qu’on a déjà parcouru, main dans la main avec l’autre. On se dit « Oh mon dieu, je l’ai laissé m’amener jusqu’ici ?? Comment refuser ce tout petit pas de  plus alors que je n’ai rien dit, alors que j’ai laissé faire, alors que je l’ai encouragé tout ce chemin ? J’aurais dû réagir avant, c’est trop tard, c’est de ma faute, j’ai déjà donné mon accord « .
Et la victime est devenue complice.
Parfois même, au cours de tout ce chemin parcouru en étant vaguement mal à l’aise, en se demandant si la route mène bien là où on n’ose pas avoir raison de soupçonner qu’elle mène, on décide de faire nous-mêmes un pas de plus histoire d’en avoir le cœur net.
Et la victime est devenue coupable.

C’est redoutable d’efficacité, et c’est toute la force du pervers.
On ne peut pas aller dire « Monsieur le policier, y a un type, là-bas, il veut me faire faire un tout petit pas qui me rend vaguement mal à l’aise ».
Et de pas en pas, comme ça, l’air de rien, en sifflotant, le pervers vous isole, vous affaiblit, vous culpabilise, jusqu’à vous transformer en petite chose édentée et consentante.

Et le meilleur conseil qu’on m’ait donné de toute ma vie, la plus grande leçon de vie que j’ai reçue, je l’ai reçue de ma mère quand j’étais toute petite.

« Fais toi confiance et écoute toi. Si la personne d’en face te met mal à l’aise, et même si cette personne est un adulte, ce n’est jamais, jamais toi qui a tort. Tu as un signal d’alarme en toi, écoute le toujours quand il sonne. »

Cette idée que j’avais une alarme en moi, et qu’elle avait toujours raison, m’a permis de toujours prendre la fuite dès le premier pas.
Ce vague malaise, ce n’est pas un vague malaise. C’est mon alarme qui sonne. Et si elle sonne, c’est qu’elle a raison de sonner. Fin de l’histoire.
Aujourd’hui que je suis grande, ou presque, j’ai perdu le compte de toutes les fois où cette alarme m’a sauvée. Et je ne l’ai encore jamais entendue sonner à tort. Les rares fois où je ne l’ai pas écoutée tout de suite, parce que le pas était si minuscule que je l’ai crue déréglée, les pas suivants m’ont prouvé qu’elle avait eu raison, encore, dès le début.

Bien sûr, à l’origine, il s’agissait de me protéger contre les pervers.
Et puis je me suis rendu compte qu’elle me protégeait aussi contre les pervers-non-sexuels.
Et puis je me suis rendu compte qu’elle me servait dans plein d’autres occasions.
C’était elle qui sonnait, par exemple, face à ma manipulatresse.